Chrétiens d’Orient à l’IMA – 2000 ans d’histoire

EXPOSITION TEMPORAIRE A L’INSTITUT DU MONDE ARABE

jusqu’au 14 janvier 

Plaques d’ivoire 6ème et 7ème siècle

Exposition importante couvrant 2000 ans d’histoire et tout le Moyen Orient, de l’Egypte à l’Anatolie, du Liban à l’Arménie……réunissant des pièces d’une valeur inestimables, certaines prêtée par des communautés et couvents. Grande variété aussi des objets, mosaïques et chapiteaux, icônes, manuscrits et textiles sans oublier les photographies et même des films…Chacun y trouvera ce qu’il cherche.

Bible arménienne enluminée

Pièces antiques des premiers chrétiens et objets liturgiques. Une étude très exhaustive présente  les courants du christianisme avec les influences, les conciles, les théories qui les différencient: christianisme alexandrin, nestorien, arménien, melkite, maronite…. La naissance du monachisme, des stylites aux monastères du désert égyptien occupe une salle entière.

icône

Après la Conquête Musulmane au 7ème siècle, les Croisades au 11ème, et la Constitution de l’empire Ottoman, les influences se mêlent, les cultures s’hybrident, se répondent. Les objets s’échangent : objets de la vie quotidienne fabriqués par les artisans chrétiens pour les dignitaires musulmans,  ou gravure des commerçants turcs à la Foire de Beaucaire.

maquette des lieux saints à destination des pélerins

Une Bible polyglotte en sept langues, imprimée à Paris par l’orientaliste Savay de Brèves, ambassadeur à Constantinople 1591-1614 – publiée de 1620 à 1645 permettait aux érudits de comparer la version hébraïque du texte sacré à sa traduction grecque, syriaque, copte, araméenne….J’ai été aussi très impressionnée par la lettre de Soliman à François 1er accordant les capitulations.

Détail du rideau d’autel en coton de madras

Un rideau d’autel de la chapelle arménienne de Jérusalem est en coton de Madras, venant d’Inde, illustrant le rôle des chrétiens dans le négoce des textiles dans la région et surtout à Alep…

Difficile de ne pas évoquer dans l’histoire récente, les persécutions :  le Génocide Arménien ainsi que les massacres des Syro-Chaldéens au début du 20ème siècle. Une exposition photo des Pénélopes, femmes attendant un  mari, un fils disparus, un film libanais…

 

 

 

 

retour par la route de l’Araba

CARNET DE JORDANIE

Attention dromadaires!

Nous suivons Wassef jusqu’à la station service. Il fonce. Nous le perdons vite. Passons encore deux postes de police. On devine les montagnes jordaniennes à contre-jour. Après l’aéroport d’Aqaba, on distingue très bien la frontière : le grillage et du côté israélien les cultures irriguées très verte. Côté jordanien, cailloutis et acacias africains, à droite la montagne très aride.

Les tamaris en buissons poussent sur les premières dunes de sable clair, dans les creux les arbres sont très verts.

Rahma :  une oasis avec des palmiers, des serres et des eucalyptus  protégeant des vergers.

Les camions chargés de potasse vont à notre rencontre. On nous avait fait peur décrivant une route étroite, sans bas côté. Certes, c’est une deux-voies et pas une autoroute comme la Desert Highway, mais on se croise très bien.

Après Rahma, retour des dunes, très belles. En face, côté Israélien, les cultures irriguées sont bien vertes. La plaine de l’Araba s’élargit, les montagnes s’éloignent. Des chameaux paissent librement dans les dunes ; le sable empâte les reliefs.

Le vent soulève le sable. Nous roulons dans un brouillard jaune. Deux petits cars surgissent en face ; on ne les avait pas vus arriver. Heureusement, ce n’est qu’une alerte, pas une vraie tempête de sable.

voila les dromadaires sur la route!

Après le barrage Basaga, une palmeraie, des serres. Puis on retrouve le désert de cailloutis.

Appels de phare : dromadaires sur la route !

La brume de chaleur a complètement avalé les sommets. De l’autre côté de la frontière toute proche on voit les voitures circuler. Après la route vers la Réserve de Dana,  des villages et des cultures maraîchères : oignons, pastèques, courgettes, aubergines…mûrissent à la chaleur . Le thermomètre de la voiture marque 31°C.

Le musée du point le plus bas du globe

Le musée du point le plus bas du globe

Un  peu à l’écart de la route, le bâtiment de pierre s’enroule un pue à la manière des loges d’une ammonite, le Musée à thème géologique est plutôt un musée historique. Les premiers peuples établis dans la région entre 13.000 et 10.000 ans étaient des agriculteurs ayant domestiqué les animaux< ; Dans les vitrines, des meules et mortiers de basaltes ainsi que de petites flèches, des aiguilles pour coudre le cuir en silex avec des perles de pierres colorées.

Au Néolithique (_5000ans) âge de Bronze, se déroulaient déjà des cérémonies funéraires. De nombreuses poteries datent de cette époque.

– 3500ans âge de fer, les habitants sont les Moabites

Ensuite les Nabatéens , par la route romaine passant dans l’Araba. On y cultivait les palmiers pour les dattes et  ils exportaient du sel et du bitume.

le puzzle des archéologues

En 1988, on découvrit la « cave de Lot », un monastère (573-605-691 après JC). Dans la basilique à 3 nefs on a mis à jour des mosaïques. Divers objets trouvés au monastère se trouvent au musée dont un balai en feuille de palmier, bien humble qui m’a touchée. Une corde m’a fait penser aux monastères grecs perchés en haut d’une falaise. Des tissus luxueux montrent que le monastère jouissait d’une certaine richesse. Les lampes à huile étaient délicieusement décorées. Au bout du hall d’exposition dans les laboratoires, les archéologues travaillent ; Certains reconstituent le puzzle géant de la mosaïque du monastère. Ils ont coulé du plâtre à l’envers des tesselles et tentent d’emboîter les pièces. Comme pour n’importe quel puzzle ils ont commencé par les frises des bordures. Au centre dans u n médaillon il y a un  texte en grec, des oiseaux, des plantes. Le travail des archéologues me fascine.

Dans les environs se trouvent d’autres chantiers de fouille dont celle d’une sucrerie à Mazara-as-Safi et Fifa de la période Ayyoubide et mamelouke (12-13ème siècle), on cultivait aux alentours de la canne à sucre ; occasion de rappeler une courte histoire du sucre connu en Asie depuis plus de 2500ans. Le secret de fabrication fut bien gardé par les Arabes et rapporté en Europe par les Croisés

les citernes du monastère de saint Lot

Nous montons au monastère, la route est carrossable jusqu’à l’escalier qui monte à l’église .   A la sortie du Musée  il fait très chaud (34°C). Les œufs durs pris au petit déjeuner ne nous tentent pas. Dominique fait cadeau de toutes nos provisions et de deux bouteilles d’eau au gardien de la « cave of Lot » pendant que je monte l’escalier. C’est un  escalier bine cimenté au muret de galets n a collé une plaque : « point le plus bas du globe vous êtes sur le rift Africain, les roches sont très anciennes Précambrien ». Une structure métallique protège le monastère particulièrement bien conservé ; L’église est construite sur trois niveaux, la nef en bas encadrée de colonnes, plus haut une estrade au fond le chœur. La mosaïque a été déposée au Musée. Le plus intéressant est à côté du monastère :  la citerne 17x7m avec une profondeur de 10m couverte de troncs de palmiers pour réduire l’évaporation et revêtu de ciment hydraulique ; tout un système de canalisation approvisionnait cette citerne de 880.000 l suffisant pour une petite communauté pendant plusieurs mois.

lampe à huile du monastère

Il nous faut donc chercher un restaurant. Dans la ville minière rien. Sur le bord de la route au village suivant nous nous arrêtons devant le premier boui -boui « Turkish restaurant » : dans une rôtissoire tournent des poulets, sur un grand barbecue grille une brochette de tomates cerises. Nous commandons un « kebab » une saucisse d’agneau haché est grillée, enveloppée dans un pain très fin d’au moins  35cm de diamètre tartiné d’une sauce rouge (tomate, pas harissa,  j’ai eu des frayeurs) puis garnie avec de la salade hachée et des oignons. Le tout enroulé passe à nouveau au barbecue pour rendre la pâte plus croustillante, servi avec des variantes, carottes au vinaigre, gros cornichon malossol dans une barquette en polystyrène. Pas de couverts. J’ai quelques doutes sur la propreté de la salade. Comme nous rentrons demain en France, on verra bien ! (on n’a rien vu et bien digéré).

la Mer Morte s’évapore

Nous passons devant une usine de Potasse et  une autre de Brome. Autour du Potash Township. La paysage est lunaire exploité, puis raviné. Je ne sais pas faire la part de l’exploitation industrielle des sels de la Mer Morte et de l’évaporation physique (disparition de la mer).Les grandes tranchées visibles de la route correspondent –elles à l’extraction ? après les deux grandes usines , la mer se manifeste sous la forme d’un rectangle vert puis bleu hérissé de vaguelettes blanches.

La route longe ensuite en corniche la Mer Morte, bleue profond, qui pourrait aussi bien être un océan puisque la rive d’en face est invisible.

Sur un parking, un petit bazar vend des bouées et des ballons. Une plage accessible imprévue nous tente. La descente est introuvable. Sous une grande tente, on a installé des fauteuils Voltaire et des canapés recouvert de velours et de brocards comme dans un salon d’une maison bourgeoise. Deux touristes français nous laissent la meilleure place, surplombant la mer, encadrée par des lauriers roses fleuris. Le café turc est excellent (3JD quand même) . Nous ne sommes pas pressées d’arriver à Amman. Nous faisons durer la pause ; en dessous de nous des américains flottent. Je vis maintenant le raidillon mais il fait tellement chaud (34°)que je n’ai pas le courage de descendre et surtout de remonter toute salée.

Nous reconnaissons la route à partir du « complexe panoramique » prise pour rejoindre Madaba par un matin plus clair. La brume s’épaissit ; le ciel devient franchement gris quand on amorce la remontée dans les collines derrière les camions.

Sur les bords de la route, les maraîchers vendent les primeurs des bords de la Mer Morte. Tomates, courgettes, melons et même pastèques. Les camions de légume sont peints à la main de motifs géométriques.

Le GPS nous conduit à Zahran Street sans encombre. Nous rentrons « chez nous » accueillies chaleureusement par Omar de Wadi Rum qui prend en main le check-in comme il avait fait au campement.

Mensaf et boites de pâtisserie chez Jabri.

Le grand rangement occupera une partie de la soirée. Vestes, chaussures et sacs qui traînaient dans le coffre de notre grande Hyundai Elantra doivent impérativement entrer dans les valises. Il faut retirer de ma valise cabine tous les objets indésirables. !Retour dans le monde des actualités avec la BBC. Finalement mes 15 jours « sans écran » se sont bien passés.

 

 

 

 

 

 

 

Aqaba : une journée à la plage

CARNET DE JORDANIE

le port d’Aqaba

Avant de quitter le camp, Dominique a demandé la provenance des tentes :  est-ce de la laine bédouine ? Non, tout vient prédécoupé de Syrie, les coussins, les tapis, seul le montage se fait en Jordanie !

De grosses gouttes de pluie s’écrasent sur le pare-brise. J’aurais aimé voir les rocher ruisseler en cascades, aucune chance aujourd’hui.

Sur la Desert Highway, il y a un immense parking à camions avec même une mosquée verte. Nous entrons dans la zone franche d’Aqaba, on passe un poste de douane, il faut montrer les passeports.

La géologie a changé, le granite du socle est à nu. Il est découpé par des filons colorés rouge, noirs ou vert foncé qui s’entrecroisent et se recoupent. Il se débite en boules rondes – classique – L’autoroute court près d’un oued ; Le train en parallèle sur un  remblai. Justement deux locomotives oranges tirent une trentaine de wagons de minerai. Omar, le guide, nous a donné les indication pour trouver l’hôtel Raed : demander le Restaurant Captain bien connu, c’est en face.

Réception charmante. Notre chambre a une vue sur la mer, tout le confort, très vaste. U n décor, blanc violet, un grand frigo, une petite table carrée et deux fauteuils confortables.

10h30, nous sommes prêtes pour la plage. Pas de visites culturelles prévues : la Mer Rouge et ses coraux ! L’hôtel Raed vend les tickets d’une plage privée La Plage Bérénice qui  14km après la sortie de la ville, du côté de l’Arabie.

Bougainvillées

La Plage Bérénice est un complexe balnéaire de luxe avec une entrée sécurisée. Après la fouille des sacs on nous donne un grand et lourd drap de bain en éponge. Nous empruntons des allées fleuries de bougainvillées, verbena, plumbago et passons devant trois piscines, une mini-piscine pour les enfants, une belle piscine ovale à débordement en face du restaurant et une troisième pour s’exercer à la plongée. Il y a également une belle boutique, un centre de plongée.

Eilat en face d’Aqaba

Sur la plage, sous de grands parasols, il y a des lits en plastique garnis de matelas confortables. Le sable est plutôt du gravier rose, rose et blanc, granite et débris de coraux. Je me trempe d’abord en face de nos lits de plage, pieds nus. A peine suis-je entrée dans l’eau que je tombe sur les coraux. Ils sont au ras de l’eau à 4 ou 5 m du bord colorés, jaune, verts, bleus….Attention à ne pas les heurter ! Je sors avec des égratignures sur la cuisse et décide donc d’utiliser les escaliers du ponton qui descendent en eau plus profonde et de prendre mon masque. Avec le masque, je découvre les oursins qui ont de très longs piquants. Autre raison pour ne pas venir en marchant de la plage. Les baignades sont courtes ; l’eau est très fraîche. Le vent fait des vaguelettes qui ont assez de force pour me déshabiller. Le haut de mon maillot s’est enroulé et je me retrouve les seins à l’air. Désormais je nage le long de la corde à flotteurs qui sécurise les baignades en interdisant les bateaux, l’eau est assez profonde pour que je risque pas de me grafigner à nouveau.

C’est la première fois que je vois tant de coraux multicolores. En Thaïlande, je m’étais blessée en marchant sur des coraux blancs, morts, et j’en avais gardé un souvenir cuisant plusieurs semaines après notre retour. A Cuba, le mauvais temps et le vent nous avait privées de barrière de corail. De même à Dahab, il y avait trop de vagues. Je suis donc ravie, je ne les imaginais pas bleus ou violets. Une espèce vert fluo est de bonne taille, elle ressemble à un paquet de lanières qui seraient emmêlées, un vert ressemble à un cerveau. Et les poissons….

Vers 15h30 Dominique découvre les fauteuils confortables près de la piscine à débordement.Le parasol ne faisait plus d’ombre, nous nous préparions à rentrer. Nouvelles baignades en piscine, si vaste. C’est plus confortable pour nager. Je suis presque seule en dehors de deux jeunes hommes et d’une fille en burkini. J’ai suivi la polémique mais je n’en avais pas vu : tenue noire, pas très pratique ; Le mari tire sur les bas  pour que pas un centimètre de peau ne soit à découvert.

vue de notre chambre hôtel Raed

Le buffet de Raed est encore pire que celui d’Edom. Ce dernier n’était guère appétissant, celui-ci est vide ! Et pourtant nous sommes en demi-pension ! Au diable l’avarice ! Nous choisissons une table en terrasse au Fishmarket (qui n’est pas une poissonnerie mais un restaurant de poissons). Cadre très agréable, un peu cher mais tellement mieux que notre cantine. Riz aux crevettes. Les grains sont très long, le riz très parfumé. Les deux américains rencontrés à Wadi Rum dînent à la table voisine ; Ils ont commandé des mezzés et trois énormes poissons arrivent. Nous nous verrons demain matin, leur guide a proposé qu’on se suive sur la route de l’Araba

Wadi Rum : trek et convivialité au Dream camp

CARNET DE JORDANIE

un olivier dans le désert

7h30,  prêtes pour l’expédition avec Mohamed et son fils qui dernier conduit le pick up, tandis que Mohamed marche avec moi.En l’absence paternelle, le fils met de la musique et danse. Dominique le filme. Il regrette que l’appareil photo ne soit pas bluetooth pour récupérer le film. La marche est facile sur le sol caillouteux et dur, sous les nuages dans la fraîcheur du matin dans le canyon. De temps en temps on suit les traces des pneus dans le sable meuble et c’est beaucoup plus pénible.

Je guette les traces d’animaux : souris, lapin, renard. Les animaux se font rares avec la multitude des touristes motorisés. Aucune chance de rencontrer le farouche ibex présent dans la réserve. Les corbeaux sont les oiseaux les plus fréquents. L’un d’eux n’hésite pas à chasser un petit rapace (faucon sans doute). Il y a aussi des petits passereaux au dessous rouge. Ce ne sont pas des rouge-gorges, ils sont beaucoup plus fins et leur ventre tire sur le rose thyrien. Le plaisir vient surtout du calme, du silence de la paix. Le canyon Al-Barra est dans l’ombre, à la sortie après 2h30 de marche, on progresse lentement dans le sable. Le soleil chauffe et il n’y a plus d’ombre. Je remonte à l’arrière du pick up. La chaleur a eu raison de ma volonté de continuer le trek d’autant plus que Mohamed propose de faire un grand circuit pour nous montrer les curiosités du Wadi Rum.

Rocher « champignon »

Nous passons par le Rocher-champignon, (moins impressionnant que ses homologues du Désert Blanc d’Egypte). Les randonneurs expérimentés peuvent monter au Djebel Burdah  (1h30) sur la petite arche naturelle qu’on distingue vers le sommet. Il y a une autre arche beaucoup plus accessible sur laquelle on peut se prendre en photo après une petite grimpette. J’ai la flemme après la marche dans le sable et les grimpettes à l’arrière du pick up (il y a une échelle mais je l’ai snobée). Près de l’arche il y a une buvette, je suis assoiffée.

Autre arrêt obligé : la maison de Lawrence, un pan de mur écroulé. En vérité, Lawrence vivait sous la tente, le mur correspond à des fortifications britanniques. Il existe d’autres murets analogues ou les trekkers intrépides peuvent bivouaquer.

De retour au camp pour le déjeuner-buffet, puis translation générale  à l’ombre du rocher sur les tapis et banquettes. Magdi apporte le thé. Hier, thé à la sauge, aujourd’hui à la menthe sauvage. La petite communauté bavarde en français avec les guides. La famille avec ordinateur nous a quittés pour Aqaba, une autre famille l’a remplacée avec des enfants sages qui lisent l’histoire des Croisades. Deux franco-algériennes voilées de Bordeaux sont en colère contre Enjoy Jordan, leur chauffeur les abandonne et elles pestent contre les dîners de l’Hôtel Edom de Petra qui ressert trois jours de suite la même nourriture insipide ; Non seulement ce n’est pas bon mais ce n’est pas sain. Après les récits des mésaventures et des découvertes de chacun, la conversation s’oriente vers la politique. Via Lawrence, omniprésent au Wadi Rum  où David Lean a tourné le film, argument touristique de poids, mais considéré comme un traître par les guides. Il étatit au courant des accord Sykes Picot et a utilisé les bédouins dans la guerre  contre les turcs sachant que La Grande Bretagne et la France allaient dépecer l’Empire Ottoman à leur profit. On parle ensuite des Printemps arabes,  les filles voilées sont très virulentes aussi bien contre la France qu’elles considèrent encore comme une puissance coloniale « quand il pleut à Paris on sort les parapluies à Alger » et que contre les « laïcs » . La révolution tunisienne ne trouve pas gré à leurs yeux et elles en viennent à regretter Kadhafi et Ben Ali….On glisse sur la campagne électorale française. » Pitié ! Nous sommes en vacances ! »

Ceux qui sont arrivés ce matin partent en 4×4 pour le coucher du soleil.

Pendant que les autres parlent j’ai sorti mon carnet moleskine et je dessine.

Autour du feu, le soir, tout le monde se rassemble. Deux théières restent au chaud, la grosse peu sucrée, la petite très sucrée. On prépare l’étape suivante. Vers 8h, cérémonie du repas cuit sous le sable. Magdi et sa pelle… il porte en triomphe les plateaux brillants de papier alu avec mes légumes et la viande.

Les nuages ont éclipsé le coucher du soleil, toujours pas d’étoiles.

 

Wadi Rum en 4×4 au coucher du soleil

CARNET DE JORDANIE

15h30, nous embarquons dans le 4×4 de Mohamed – le patron du camp – conduit par son fils qui fait moins que les 20 ans annoncés. Dominique dans l’habitacle, moi à l’arrière en plein air. La conduite est souple, plutôt lente, sans à-coups, donc confortable.

les 7 piliers de la Sagesse

Les massifs émergent du sable, énormes chicots tantôt massifs tantôt déchiquetés. Le grès subit l’érosion qui façonne la roche. Elle ressemble à des bougies géantes de cire qui fond en dégoulinades, des vasques qui débordent d’un liquide qui se fige. Parfois, tout s’enroule

erosion

…Despans de montagne sont tombés, laissant une face plane, les blocs éboulés plus loin. Ailleurs ce sont des cavités, creux arrondis ou colonnes. Comment se sont-elles formées et surtout quand ? Certaines de ces dégoulinades ou draperies ressemblent à des stalactites. Dans une caverne je connais le mécanisme des concrétions mais ici, quel est le ciment ? siliceux ou calcaire ? Un taux d’humidité est nécessaire ? Les écroulements sont plus facilement explicables dans cette région sismique subissant de grands écarts de température.

Autre observation : les différences de couleur. Le long d’un massif, le sable est rose, ailleurs il est jaune, plus loin encore plus clair. Un arrêt sur un rocher pourpre. Des enfants l’émiettent pour obtenir un sable violet, ils se sont amusés à écrire sur le sable clair.

l’entrée du siq

A l’entrée d’un défilé, la végétation est plus dense et plus verte, indice de la présence de l’eau. Mohamed nous montre les escaliers nabatéens creusés dans le rocher menant à une source. Encore aujourd’hui, les bédouins viennent y chercher de l’eau. Un autre guide-chauffeur montre comment les bédouins utilisent une plante pour faire du savon. Ils pilent ses feuilles charnues. En versant de l’eau, cela mousse comme du savon et cela lave aussi.

savn bédouin

Autre arrêt devant un vénérable olivier vieux de plusieurs siècles, isolés parmi les genêts blancs en fleur. A y regarder attentivement, ce désert a beaucoup de buissons, certains secs d’autres verdoyants. Un arbre non identifié est même d’un  vert si vif qu’il semble artificiel.

Je ne sais pas décrire la splendeur. Je regarde, éblouie, le paysage changeant, les formes des rochers que Mohamed nomme : ici les Sept Piliers (référence à TE Lawrence) , ici, la pyramide… j’aimerais que cette promenade dure encore…

Nous ne sommes pas seuls, les 4×4 se suivent sur le même itinéraire et convergent à la grande tente noire où on nous offre le thé et qui est une boutique de souvenirs. Rien de tapageur. Je suis tentée par des sachets de sauge et cardamome – thé bédouin – il y a aussi du khôl, des savons naturels et bien sûr des chèches pour ceux qui auraient oublié !

Au coucher du soleil nous grimpons au « sunset point » sur un gros rocher ; Une caravane approche, occasion de tester le zoom x12 du nouveau Lumix. Le ciel est embrumé, le soleil est avalé. Pas de coucher du soleil ? tant pis !

 

Avant le dîner, Magdi a allumé le foyer, un beau feu de 4 bûches. On boit le thé. Chacun fait part de ses découvertes. La nuit tombe, on attend les étoiles. La lune est pleine, et il y a des nuages. Le spectacle des étoiles sera aussi pour une autre fois. Issa appelle « venez pour le repas ! ». tut le monde se lève et le suit… non pas vers la tente-restaurant mais derrière le camp. Pas de table ni de casserole ni de feu, un tas de sable.

un four sous le sable!

Magdi, une pelle à la main déblaye le sable, découvre un couvercle métallique, l’essuie soigneusement. Dans un bidon métallique, les légumes et la viande ont mijoté trois heures sous le  sable ; les braises sont sous le bidon. Enorme four. Le poulet est excellent, l’agneau fondant, les carottes un peu caramélisées et les courgettes confites.

le dîner sorti du bidon25

Wadi Rum – le train de Lawrence – arrivée au Dream camp

CARNET DE JORDANIE

 

le chemin de fer que Lawrence attaquait!

Wadi Rum débouche à l’est de la Desert Highway

Le sable est rose, les massifs pointent, déchiquetés. La route suit le chemin de fer du Hedjaz que Lawrence et ses guerriers bédouins harcelaient pour empêcher les forces turques de convoyer troupes et armement. La petite gare exhibe le train de 1916 (locomotive ancienne mais pas d’époque, japonaise de 1955, pour les puristes). La locomotive tire des wagons de bois, il y a même un drapeau turc. Tous les touristes s’arrêtent et se prennent en photo.

Arrivée au camp

Au check point, les militaires nous font signe de passer. Les points de contrôles sont assez nombreux dans la région. Au Centre des visiteurs de Wadi Rum, les visiteurs motorisés sont invités à laisser leur véhicule sur un vaste parking gardé. Les employés sont très efficaces. Enjoy Jordan ne nous a laissé qu’un numéro de téléphone pour joindre le chauffeur du 4×4 qui doit nous emmener au campement (pas d’adresse, pas de nom, ce serait trop facile).  Le ranger dit qu’il connait le chauffeur et le camp. Nous ne sommes pas sur le bon parking  le Dream Camp est à Disey, une dizaine de km plus loin. Il téléphone lui-même. Le chauffeur nous attendra là-bas.

déjeuner sus la tente

En effet, au volant d’un beau pick-up blanc, un bédouin très souriant nous fait signe de le suivre jusqu’au camp. Le trajet dans le sable est très court. Caché par de hauts rochers, le petit camp est discret. Deux rangées de tentes noires assez hautes et rigides , une grande tente restaurant et le rocher délimitent un carré avec des banquettes garnies de coussins rouge orange à rayure. Sur un tapis,  de curieuses selles de dromadaires garnies de tapis colorés ; elles servent à s’accouder. Au centre, un feu.

Nous arrivons à l’heure du déjeuner, avant de découvrir notre tente (qui est plutôt un bungalow avec toutes les commodités, électricité, salle d’eau et toilettes) plus de confort, moins d’aventure ? nous déjeunons dans la grande tente. Enjoy Jordan a prévu la demi-pension seulement. Qu’en est-il du déjeuner ? Un guide francophone, Omar,  d’Enjoy Jordan, nous entendant pester contre les ambiguïtés de notre feuille de route, m’emprunte mon téléphone. Il appelle Omar pour lui demander de les lever. Nous avons aujourd’hui, une balade en jeep au cocher du soleil (3h) mais demain que fera Dominique pendant mon trek de 6h avec pique-nique ? Les deux Omar plaisantent au téléphone, à mes frais, ce qui ne m’amuse qu’à moitié(le crédit fond comme neige dans le désert).

Le restaurant est meublé de banquettes aux tapis rouges, noirs et blancs, sable ; sur les tables d’épais tapis fleuris. Au centre le buffet : poulet au riz, salades et même des gâteaux orientaux. D’autres touristes déjeunent accompagnés par leurs guides. Tous d’Enjoy Jordan,  et francophones sauf un couple d’Américains .

Pour la sieste, tous les occupants du camp, touristes, guides, bédouins, sont installés à l’ombre du grand rocher dans la brise pour profiter de la température délicieuse (dans les tentes c’et un four).

De Pétra à Wadi Rum en passant par el- Humayma

CARNET DE JORDANIE

Wadi Musa : la ville moderne au dessus de Petra

La route monte beaucoup pour quitter Petra, d’abord par le bourg de Wadi Moussa, où se trouve la Poste et les commerces, puis encore et encore jusqu’à un plateau cultivé alors que je croyais être dans un désert aride. Les champs sont de petites bandes vertes horizontales séparées par des talus caillouteux. Selon la topographie, les proportions entre blé et cailloux varie.

Une coupe le long de la route révèle un  calcaire jaunâtre marneux.

Au village d’ Ayl-el-Jadida :quelques vergers et oliveraies. Ensuite les cultures disparaissent. Les collines sont pelées caillouteuses avec juste des buissons ras. Une buse perchée s’envole à notre passage. A Wahida, nombreux troupeaux.

Nous avons perdu la Route du Roi, des panneaux nous ont fait couper pour rejoindre plus vite la Desert Way qui est l’autoroute empruntée par les camions venant du port d’Aqaba. Les campements bédouins sont nombreux avec de gros 4×4. La Desert Highway descend, le panorama est embrumé. Des crêtes violettes se succèdent, des massifs isolés comme des chicots pourpres violacés surgissent du fond de la plaine. Sur le bord de la route

El-Humayma

Le site archéologique de El Humayma  est indiqué par un panneau marron. Il se trouve à 12km vers l’ouest. La petite route moonte et descend comme des montagnes russes. Sur les côtés on extrait un minerai blanc pulvérulent et meuble. Sel ? Sable ou postasse ? Aucun indice pour le savoir, c’est écrit uniquement en arabe. Le site est précédé d’un magnifique Centre des Visiteurs en pierre équipé de panneaux photovoltaïques, mais désert. Même pas un panneau explicatif ou un plan. Un berger juché sur son bourricot, de curieuses converses roses aux pieds, pousse son troupeau devant lui à travers les ruines.

Je pars à l’exploration de la petite cité nabatéenne. Les fondations ont été soigneusement cimentées, tout un quartier de maisons de pierre avec des pièces de petite taille. Dans un bâtiment plus grand, une arche tient encore. Je ne trouve ni église, ni bains publics n i aqueduc annoncés par le Guide Bleu. Notre expérience des cites grecs ou romains ne nous est d’aucune aide. Un peu déçues, nous retournons à l’autoroute et ses camions.