Wadi Rum : trek et convivialité au Dream camp

CARNET DE JORDANIE

un olivier dans le désert

7h30,  prêtes pour l’expédition avec Mohamed et son fils qui dernier conduit le pick up, tandis que Mohamed marche avec moi.En l’absence paternelle, le fils met de la musique et danse. Dominique le filme. Il regrette que l’appareil photo ne soit pas bluetooth pour récupérer le film. La marche est facile sur le sol caillouteux et dur, sous les nuages dans la fraîcheur du matin dans le canyon. De temps en temps on suit les traces des pneus dans le sable meuble et c’est beaucoup plus pénible.

Je guette les traces d’animaux : souris, lapin, renard. Les animaux se font rares avec la multitude des touristes motorisés. Aucune chance de rencontrer le farouche ibex présent dans la réserve. Les corbeaux sont les oiseaux les plus fréquents. L’un d’eux n’hésite pas à chasser un petit rapace (faucon sans doute). Il y a aussi des petits passereaux au dessous rouge. Ce ne sont pas des rouge-gorges, ils sont beaucoup plus fins et leur ventre tire sur le rose thyrien. Le plaisir vient surtout du calme, du silence de la paix. Le canyon Al-Barra est dans l’ombre, à la sortie après 2h30 de marche, on progresse lentement dans le sable. Le soleil chauffe et il n’y a plus d’ombre. Je remonte à l’arrière du pick up. La chaleur a eu raison de ma volonté de continuer le trek d’autant plus que Mohamed propose de faire un grand circuit pour nous montrer les curiosités du Wadi Rum.

Rocher « champignon »

Nous passons par le Rocher-champignon, (moins impressionnant que ses homologues du Désert Blanc d’Egypte). Les randonneurs expérimentés peuvent monter au Djebel Burdah  (1h30) sur la petite arche naturelle qu’on distingue vers le sommet. Il y a une autre arche beaucoup plus accessible sur laquelle on peut se prendre en photo après une petite grimpette. J’ai la flemme après la marche dans le sable et les grimpettes à l’arrière du pick up (il y a une échelle mais je l’ai snobée). Près de l’arche il y a une buvette, je suis assoiffée.

Autre arrêt obligé : la maison de Lawrence, un pan de mur écroulé. En vérité, Lawrence vivait sous la tente, le mur correspond à des fortifications britanniques. Il existe d’autres murets analogues ou les trekkers intrépides peuvent bivouaquer.

De retour au camp pour le déjeuner-buffet, puis translation générale  à l’ombre du rocher sur les tapis et banquettes. Magdi apporte le thé. Hier, thé à la sauge, aujourd’hui à la menthe sauvage. La petite communauté bavarde en français avec les guides. La famille avec ordinateur nous a quittés pour Aqaba, une autre famille l’a remplacée avec des enfants sages qui lisent l’histoire des Croisades. Deux franco-algériennes voilées de Bordeaux sont en colère contre Enjoy Jordan, leur chauffeur les abandonne et elles pestent contre les dîners de l’Hôtel Edom de Petra qui ressert trois jours de suite la même nourriture insipide ; Non seulement ce n’est pas bon mais ce n’est pas sain. Après les récits des mésaventures et des découvertes de chacun, la conversation s’oriente vers la politique. Via Lawrence, omniprésent au Wadi Rum  où David Lean a tourné le film, argument touristique de poids, mais considéré comme un traître par les guides. Il étatit au courant des accord Sykes Picot et a utilisé les bédouins dans la guerre  contre les turcs sachant que La Grande Bretagne et la France allaient dépecer l’Empire Ottoman à leur profit. On parle ensuite des Printemps arabes,  les filles voilées sont très virulentes aussi bien contre la France qu’elles considèrent encore comme une puissance coloniale « quand il pleut à Paris on sort les parapluies à Alger » et que contre les « laïcs » . La révolution tunisienne ne trouve pas gré à leurs yeux et elles en viennent à regretter Kadhafi et Ben Ali….On glisse sur la campagne électorale française. » Pitié ! Nous sommes en vacances ! »

Ceux qui sont arrivés ce matin partent en 4×4 pour le coucher du soleil.

Pendant que les autres parlent j’ai sorti mon carnet moleskine et je dessine.

Autour du feu, le soir, tout le monde se rassemble. Deux théières restent au chaud, la grosse peu sucrée, la petite très sucrée. On prépare l’étape suivante. Vers 8h, cérémonie du repas cuit sous le sable. Magdi et sa pelle… il porte en triomphe les plateaux brillants de papier alu avec mes légumes et la viande.

Les nuages ont éclipsé le coucher du soleil, toujours pas d’étoiles.

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

4 réflexions sur « Wadi Rum : trek et convivialité au Dream camp »

  1. Tes photos sont superbes ; dommage que la chaleur ait eu raison de ta randonnée, mais je l’aurais encore moins supportée que toi je pense ! Lawrence d’Arabie pour moi, c’est Peter O’Toole !

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