Espelette sous la pluie

CARNET BASQUE 2021

Pluie et ciel bas.

Nous retournons à Espelette pour acheter nos souvenirs et cadeaux. En coupant par Laressore qui est juste en face de Halsou c’est tout près. Espelette est un bourg formé de deux quartiers, l’un haut avec de nombreuses belles boutiques, un autre plus bas autour de la belle église moins touristique, plus authentique, sans boutiques ni galeries pour touristes. La grande route fait une courbe à la périphérie. De grosses boutiques modernes, showrooms, avec parking attendent les touristes.

Nous pensons offrir à nos familles et amis, du piment d’Espelette, bien sûr, du chocolat (une autre spécialité) et j’aimerais acheter du linge, nappes et torchons basques. Il y a aussi les plats cuisinés, le jambon, le fromage de brebis, les gâteaux basques.

Les barons d’Ezpeleta édifièrent un château vers l’an mil. Il fut remplacé au 15ème siècle par une forteresse avec 5 tours et une enceinte qui enserrait le quartier. A la fin du 17ème la baronne fit don du château à la paroisse. Il ne reste plus qu’une tour d’angle ronde et un corps de logis de trois étages rectangulaire. La Mairie y est installée, les services municipaux au niveau le plus bas, l’Office du tourisme au premier étage et en haut deux expositions, la première célèbre une reine de beauté des années 30 et un abbé naturaliste qui « découvrit » les pandas  et des plantes exotiques, un jardin botanique en son souvenir se trouve au pied du château. L’exposition sur le piment est plus intéressante. Belles photos, le piment est photogénique avec son rouge éclatant. Panneaux explicatifs : le piment est originaire d’Amérique. Maintenant il est cultivé majoritairement en Chine, mais aussi au Mexique, en Turquie, en Espagne. Le climat, presque subtropical, du Pays Basque lui convient parfaitement et Espelette et les communes voisines ont obtenu une AOC.

L’église du 17ème entourée du cimetière est dans un creux, des stèles anciennes discoïdes ou  carrée très décorées sont plantées dans le gazon sous un bel arbre. La tour-porche est massive, la nef grande entourée par trois rangs de galeries de bois sombre. Le retable baroque doré, avec des colonnes torses portant des grappes de raisin est impressionnant.

En cette saison on ne peut pas observer la culture du piment en extérieur (on sème sous serre et on ne repique les plants qu’en mai. Il y a une vidéo au Centre d’Interprétation (fermé sur la place) et dans un autre Centre que nous n’avons pas trouvé.

Nous revenons presque bredouilles.  Les nappes, torchons, les tissus pour les transats ou pliants sont de toute beauté, rayures de toutes couleurs, rouge et blanc, vert et blancs traditionnels mais aussi des bleus, orange fuchsia qui flashent, même le second choix est hors de prix. Je me contente d’une petite pochette.

 

 

 

 

 

 

 

Vallée des Aldudes

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Vallée des Aldudes, au dessus d’Urepèle

Nous remontons la vallée de la Nive sur la D 918 jusqu’à Osses.

D 948 en direction de Saint Etienne-de Baïgorry sous le soleil dans un paysage très gai avec les pêchers en fleurs, petites feuilles vert tendre.

Erreur! nous nous retrouvons sur la D15 dans le village viticole de Irouléguy, maisons blanches où le grès rose aux encoignures et autour des portes en forme de bouteille sont très harmonieux. Les vignes sont perchées au flanc de la colline en gradins le long des courbes de niveau ou selon la ligne de pente.  Sauf que nous ne sommes pas sur la bonne route !

Retour à Saint Etienne-de-Baïgorry où nous trouvons un panneau Pampelune-Banca. (D.948).

Banca : Haut Fourneaux

A l’entrée de Banca contre la falaise noirâtre, un canal, et les ruines d’un établissement industriel. Le Centre d’Interprétation du Patrimoine minier se trouve au milieu de village 300 m plus haut, fermé. Dommage, je me passionne pour ces sites industriels et ces musées racontant ces techniques anciennes et les conditions de vie des ouvriers. Un circuit libre dans le village avec des panneaux explicatif me permet de découvrir le site. Les mines de cuivres furent exploitées depuis le temps des Romains. Les filons affleurent sur le versant en face. Les pierriers sont  les déblais des stériles évacués par les mineurs de l’Antiquité. Une fonderie de cuivre fut créée en 1746 par un Suisse exploitant les filons cuprifères. Cette exploitation avait une renommée nationale en France qui manquait de cuivre. Cette fonderie fut anéantie en 1793. De 1825 à 1860 un haut fourneau était alimenté par du minerai venant du nord de la vallée, le combustible était le bois des forêts. Les marteaux étaient actionnés par l’eau du canal. La bâtisse était longue de 80 m de haut. On peut encore observer le haut-fourneau.

Le village fut construit au 18ème siècle autour des mines de cuivre et de la fonderie.

Banca : pisciculture

Au 17ème siècle un moulin à grain fut installé sur le ruisseau, la Nive des Aldudes. A sa place, en 1960, une pisciculture fut implantée. Elle est alimentée par l’eau de la source Arpa à 3 km de débit et de température constants toute l’année très oxygénée de qualité. La pisciculture se visite, une vidéo présente l’élevage des truites et la transformation  en produits vendus dans la boutique. Un parcours extérieur équipé de panneaux explicatifs détaille cette exploitation. La  reproduction, les alevins sont transférés  en amont là où l’eau est la plus pure où ils restent 5 à 6 mois. Les truitelles de 70 à 90 g et 15/18 cm, restent jusqu’au 18 mois sont extrêmement méfiantes et remontent le courant en tentant d’échapper aux plus grosses. Les plus grosses font jusqu’à 5 kg et ont 5 ans. Elles sont saumonées grâce à la présence de gammares et musclées parce qu’elles remontent le courant.

caviar de truite (pique-nique du lendemain à Hendaye)

Nous avons acheté des tranches de grosse truite fumée, des œufs de truites (à conserver au frigo et consommer rapidement), des rillettes de truite et un bocal de truite à la basquaise avec tomates et poivron à déguster avec des pâtes fraîches. Des bocaux variés sont proposés à la vente. On peut préférer des poissons frais : truites-portions, darnes ou filets…

Continuant la route vers le village d’Aldudes nous dépassons une grosse fromagerie avec de grosses cuves brillantes. Les fromageries sont nombreuses, le passant est invité dans les fermes sur le bord de la route à déguster et acheter du fromage.

cochons basques

Oteiza – boucher et éleveur de porc basque – a une grosse boutique rouge sur le bord de la route. En face un panneau détaille le circuit du porc basque. Si nous avions pris le temps de le lire nous aurions su qu’à un certains point nous avions un point de vue sur Ronceveaux mais  nous nous sommes contentées de suivre les flèches portant un petit cochon, d’abord en voiture (le circuit est presque entièrement goudronné) puis à pied pour observer les animaux. Les cochons sont installés sur tout le versant boisé de la montagne dans des enclos très vastes. Ils sont en semi-liberté. La plupart sont roses avec des taches noires, têtes et culs noirs. Mais plus loin dans la montagne nous en avons rencontré des tout noirs. Comme ils sont à l’extérieur ils sont très propres et ne sentent pas mauvais.

Château d’Etchauz6

C’est l’heure du pique-nique. Chercher un coin est un des plaisirs de la journée. Il faut un emplacement pour la voiture et de préférence une belle vue.

Nous dépassons Urepel et arrivons vers le Pays Quint territoire reconnu à l’Espagne mais donné en bail aux habitants des Aldudes qui ont le statut de ressortissants français à l’étranger. Attention à ne pas entrer en Espagne, nous n’avons pas de test PCR ! A un panneau Sorogain une petite route s‘élève dans la montagne. Des fils barbelés sont retenus par des piquets de bois. Là aussi il y a des porcs sous les arbres ! La route conduit à une ferme et on peut faire demi-tour et trouver l’endroit rêvé avec le plus beau des panoramas. Après le déjeuner, je descends la petite route sans rencontrer personne. Agréable balade.

A Urepel nous avions prévu d’acheter du fromage, mais le fermier est au téléphone me fait signe d’attendre et continue sans se presser. Tant pis !

Dernière étape à Saint Etienne de Baïgorry, visite de l’église Saint Etienne, on entre en passant sous un arc de triomphe accolé au porche, trois étages de galeries de bois, un grand retable et le chœur peint avec des décoration florales, un retable baroque(pour changer) et un orgue tout récemment installé.

Le château d’Etchauz est perché sur une éminence un peu à l’écart du village. Nous faisons le détour pour nous en approcher (privé il ne se visite pas). Mais la route est un cul de sac, elle mène à la cour d’une ferme gardée par des chiens très remontés. On s’éloigne en marche arrière.

La Côte des Basques

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Beau temps, malgré des prévisions météo détestables.

Allons à la mer !

Délaissons le GPS pour la carte! Dominique découvre la Côte des Basques, une route en corniche de Ciboure à Hendaye, et une petite route d’Ascain à Ciboure. Une petite route va d’Ustaritz à Saint Pée-sur-Nivelle en traversant la très belle forêt d’Ustaritz plantée d’ arbres magnifiques : hêtres géants, chênes séculaires sur une colline d’où les vues sont très étendues.

Forêt d’Ustaritz

Mauvaise surprise : la route Ascain-Ciboure est barrée. Il faut faire un crochet plus au sud par Olhette.

La route en corniche de Socoa à Hendaye est proche de la côte. Il n’y a ni parkings ni miradors, on passe sans s’arrêter et les échappées sont brèves. Nous retrouvons avec grand plaisir Hendaye et sa plage immense. La marée est basse, la plage très dégagée. Il y a beaucoup moins de monde que samedi dernier. Je me déchausse et marche pieds nus dans la frange d’écume. 14° dans l’air, ciel sans nuage, l’eau n’est pas froide. J’atteins la falaise vers le nord, et la digue qui sépare la plage de la marina. 4 km de long, 7 km de marche !

Le pique-nique est luxueux, caviar de truite acheté hier à la pisciculture de Banka. Vrai caviar, gros grains oranges, fondants, délicieux sur de la baguette fraîche et croustade feuilletés aux pommes.

Retour à Socoa par le sentier littoral sur la corniche (8.5 km). Malheureusement le sentier a presque disparu pour cause de risque d’éboulement de la falaise. Une déviation est organisée sur le bord de la chaussée, une barrière de bois sécurise le cheminement piéton et cycliste. Sécurisé, mais avec la circulation intense et le bruit, la promenade n’est pas franchement agréable. De petits tronçons subsistent encore derrière une haie d’épineux. J’emprunte aussi un petit parcours interdit par une barrière qui me rapproche pendant quelques centaines de mètres du bord de l’eau.

Retour par le même chemin, à la limite du couvre-feu. Nous au gîte à 17h55.

Biarritz

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Biarritz sous la tempête

Prévisions météo : pluie toute la journée. La pluie est moins gênante au bord de mer.

Biarritz est une station mondaine depuis le XIXème siècle, promue par l’Impératrice Eugénie  fréquentée par les têtes couronnées, Victoria et Sissi…avec des établissements dessinés par des architectes de renom et des villas grosses comme des manoirs.

les belles villas avenue de l’impératrice

Nous commençons la visite par l’Avenue de l’Impératrice qui débute par l’Hôtel du Palais, palace énorme. L’ église russe  grise et terne est fermée pour cause de Covid, sur la porte un papier est placardé indiquant que seulement 29 fidèles peuvent assister aux liturgie, masquées et qu’ils ne doivent pas embrasser les icones ni les mains du pope. Elle fut construite en 1892 pour répondre à la demande des russes venant en villégiature. La villa de la Roche Ronde (1884) est spectaculaire avec sa tourelle, le profil aigu vers la mer.

En haut de l’avenue, le Phare est posé à 73 m sur la falaise. Construit en 1834, 44 m de haut, posé sur une pelouse verte dans un jardin planté de tamaris très vieux aux troncs noueux. Halte spectaculaire l’Atlantique déchaîné est blanc d’écume. Les vagues se fracassent sur les rochers. Posé sur une très haute falaise grise. Je suis surprise, je ne m’attendais pas à une telle vue. En tournant autour du jardin, je découvre la grande plage qui s’étend d’Anglet à Bayonne, battue par les déferlantes.

La circulation automobile est compliquée par de nombreux sens uniques et des travaux. Nous faisons confiance au GPS  pour arriver aux Halles, métal et briques, classiques. La Halle à  poissons est fermée, la plus grande est bien achalandée de produits de luxe : fromages et charcuterie, bien entendu !

Biarritz : Rocher de la Vierge

Non loin, la plage du Port-Vieux est nichée entre le Rocher de la Vierge et une pointe d’où se détache la Villa Belza. Dans le creux un établissement de bain bien caché héberge un club nautique. Des arcades de ciment peint en beige permettent aux baigneurs de s’abriter et de pique-niquer au sec ; trois fresques donnent un peu de couleur. Il pleut, la température de l’air est de 12° mais des dames en maillot et bonnet de bain nagent tranquillement et discutent comme en plein été. Art Déco

Une promenade bordée de rambardes de ciment, végétalisée, équipée de bancs, de petits recoins suit la ligne de rivage, conduit au rocher de la Vierge, rocher creux relié à la côte par une estacade. Malheureusement on y conduit des travaux de consolidation et la passerelle est actuellement fermée. Le sentier côtier arrive devant l’Aquarium dans un beau bâtiment Art déco.

Aquarium Art Déco

Malheureusement fermé. J’arrive sur une petite plateforme : Le Plateau de l’Ataya et découvre le Port vieux, port miniature avec des maisons minuscules blanches aux toits de tuile, aux murs décorés d’azulejos. Deux restaurants ont installé leurs terrasses au bord de l’eau (fermés). Nous y pique-niquons (hamburger et salade César). Des passerelles et des digues forment un labyrinthe dans l’eau cassant la vague et procurant un abri aux bateaux.

z : Port Vieux

Je longe sur la digue la Plage des Basques où seuls les surfeurs s’aventurent. Après les Thermes marins, sous des barnums sont installées les écoles de surf. La promenade s’interrompt par un chantier pharaonique. Une grue, des pelleteuses travaillent à conforter la falaise attaquée par l’érosion. Pour prolonger le parcours je grimpe sur la Perspective et l’avenue Bellevue par des marches et des plans inclinés.

Le soleil est sorti, nous terminons la journée sur la Grande Plage d’Anglet.

Hendaye

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L’immense plage de Hendaye et les jumeaux

Nous aurions pu prendre l’autoroute à Bayonne et filer directement à Hendaye, nous avons préféré passer par les villages d’Espelette, Saint Pée-sur-Nivelle, Ascain, Urrugne et arriver par la montagne. Sous un soleil radieux, les prés sont vert vif, les moutons font des taches blanches. Le printemps explose un peu avant l’heure : épines en fleur, pêchers et ce matin, les poiriers commencent leur floraison. Juste avant de descendre sur Hendaye, je remarque les asphodèles. Les glycines explosent sur les façades de certaines maisons. Nous traversons les villages sans nous arrêter sur la D. 918 qui nous avait conduites à Saint-Jean-Pied-de-Port. Puis on passe vers Urrugne sur la Nationale 10 – amusant de penser qu’avant les autoroutes la RN10 était l’un des routes les plus importantes et que maintenant c’est une route secondaire comme les autres, bordée de beaux platanes quand même !

L’arrivée sur Hendaye selon les conseils de notre GPS est étrange, nous descendons par une toute petite rue à travers des HLM ; le GPS annonce « vous êtes arrivés ! » au milieu de nulle part, dans des rues en pente. Sens interdits, on arrive à la Gare (importante) mais dans un chantier. Non loin, l’Espagne, nous avons un peu peur de nous y retrouver, la frontière n’existe pas trop sur les routes secondaires et en ce moment de Covid, nous n’avons pas de test PCR. Sur la RN10,  les gendarmes veillent.

Enfin, nous trouvons le port de pêche et une poissonnerie ! C’est une merveille cette poissonnerie : GO EL MAREE 4 rue des orangers. Le banc de poisson est impressionnant surtout les grondins dont les nageoires étalées en éventail sont de taille, on aurait dit des ailes. Les plats cuisinés sont très appétissants : calmars apprêtés de façons variées, en anneaux frits, à la basquaise rouge, dans l’encre noirs, farcis, les poissons aussi présentés de façon originale. On aurait envie de tout acheter. Je me laisse tenter par la paella au poisson (on est à deux pas de l’Espagne) et pour le pique-nique je me tourne vers la table des tapas : croquettes, brochette de crevettes dans une sauce au safran et au piment d’Espelette, minuscule poivron rouge farci au thon, et crevettes roses.

L’Espagne vue de Hendaye

Le port de pêche se trouve sur l’estuaire de la Bidassoa, en face l’église très espagnole de Fuenterrabia et une forteresse médiévale sont inaccessibles. Sur le plan d’eau, la baie de Chingoudy des rameurs et des rameuses font la course dans d’étroites embarcations avec une quinzaine de personnes, le barreur ou la barreuse crient pour marquer le rythme, en quelle langue ? Ce sont plutôt des onomatopées que je ne distingue pas. Une promenade conduit à une vaste esplanade ou des jeunes font du skate ou de la trottinette, certains parlent Espagnol – les frontaliers sont autorisés à passer. Un peu plus loin, le port de plaisance et le yacht-club.

Aviron sur le port de Hendaye

Nous trouvons la plage après avoir traversé des quartiers de très belles maisons de style basque, presque toutes fermées, ce sont sans doute des maisons de vacances. La plage est immense, large et longue de plusieurs kilomètres. Ce matin samedi il y a un peu de monde, surtout des surfeurs qui traversent la plage, la planche sous le bras. Il y a aussi des familles. On parle Espagnol. Chance, la marée est basse, mais la mer remonte. J’ai le temps d’aller jusqu’aux rochers du côté de Saint Jean-de-Luz sur le sable mouillé. Je passe devant les villas puis le grand hôtel de style basque transformé en appartements. Protégé par un enrochement important, l’ancien casino de style mauresque, lui aussi transformé en appartements. Plus loin, quelques immeubles modernes et des villas plus traditionnelles.

Les falaises et les deux rochers, les deux Jumeaux, sont impressionnants, ils sont colorés, feuilletés. Les petits bancs de roche rose ou orange. Au niveau de la falaise d’autres couleurs : bleu, mauve et même blanc ou jaune. Au-dessus l’herbe est bien verte et on voit le château d’Abbadia. La pointe appartient maintenant au Conservatoire du Littoral, c’est une réserve pour la flore et la faune mais pour trouver le sentier il faut monter au-dessus du camping des deux Jumeaux et de l’Hôpital de Hendaye et aller un peu plus loin (c’est fléché).

La mer monte et bientôt on ne peut plus passer à pied sec surtout au niveau du Casino.

Le casino mauresque de Hendaye

Dernière avanie du Covid : les toilettes publiques sont fermées ! La plage est pourtant bien équipée. Je parcours toute la corniche sans en trouver d’ouverte, une seule, dégoûtante ! Il ne me reste plus qu’à me cacher dans un buisson.

Sans cet inconvénient (mineur mais bien désagréable) la promenade est vraiment très agréable. Des massifs fleuris ornent toute la digue. Des vipérines bleues hautes d’un bon mètre cinquante me rappellent Madère ou les Canaries, déjà en fleurs aussi quelques agapanthe. Le climat est vraiment doux à Hendaye.

Après déjeuner, quelques nuages sont apparus et surtout le vent s’est levé projetant le sable dans les yeux. Nous prenons la route du retour par le chemin des écoliers, nous arrêtant à chaque village.

Urrugne, un peu à l’écart de la RN 10, tranquille, blanche avec les colombages bruns rouge mais sans les afféteries pour touristes, pas de cordes de piments  ni de grosses potiches, un village tout simple. L’église est un peu différente de celles de la région, le clocher-porche n’est pas pointu mais tronqué, c’est une église de la Renaissance. Son plafond est vert parsemé de fleurette alors que les autres ont un ciel étoilé. Le plafond du chœur a des poutres formant des ogives gothiques. Bien sûr il y a un retable baroque monumental quelque peu dédoré. Le 21ème siècle a posé sa marque avec un orgue tout neuf.

Le centre d’Ascain est également décalé de la circulation. Petite place charmante. Quatre pelotaris jouent. Des randonneurs qui passaient par là apprécient la justesse des coups. J’entre dans  l’église (en temps de Covid ce sont les seuls sites visitables) rien d’original si ce n’est la présence de commères qui parlent à haute voix et médisent sur les absentes.

Arrêt à Saint Pée-sur-Nivelle, visite rapide de l’église. A l’arrière le parc des berges contient des statues modernes massives. Il est très animé cette après-midi. Les vieux jouent aux boules, des familles ont organisé des goûters sur les tables de bois et les adolescents se promènent en groupe. Il y a un moulin sur la Nivelle. C’est une maison qui n’a rien d’extraordinaire si ce n’est une arche où coule l’eau qui actionne les meules invisibles aujourd’hui.

Bayonne et la plage à Anglet

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Bayonne : quais de la Nive

Les prévisions météo sont détestables, nous allons en ville.

Visiter Bayonne avec le Covid est frustrant : deux beaux musées sont fermés, pas de visites guidées, impossible d’aller au restaurant alors que le temps n’invite pas au pique-nique. Ce serait le jour pour un restaurant !

Bayonne : Château Vieux

Le Château-Vieux a de belles tours rondes. Terrain militaire, il ne se visite pas. Une plaque nous informe que Le Prince Noir, du Guesclin, Pedro le Cruel roi de Castille, Louis XI, François 1e, Louis XIV furent les hôtes de ce château

Cathédrale de Bayonne

Il ne reste que la Cathédrale Notre Dame à visiter sous la pluie ! Grande Cathédrale gothique édifiée au 13ème siècle sur les ruines de la cathédrale romane ravagée par un incendie en 1258. Très haute nef achevée en 1404. Très haute, avec deux flèches élancées et un porche très orné. Ces tours élégantes sont dues à une restauration néo-gothique du 19ème siècle par un disciple de Viollet-le-Duc, Boeswillwald. Les chapelles du déambulatoire s’ornent de peintures du Steinheil (1814_1885) dans le style du 14ème, elles ont été restaurées et les couleurs sont magnifiques. D’ordinaire je n’aime pas trop les décors 19ème mais celles-là sont très belles.

Autres œuvres colorées : les vitraux. Le plus fameux est le vitrail de la guérison de la Cananéenne Renaissance, les vitraux du chœur sont très colorés, il y a également des vitraux 19ème avec de grands personnages sur le thème du rosaire.

Peintures de Steinheil dans le déambulatoire

La cathédrale possède aussi de nombreux tableaux mais ils ne sont pas toujours bien éclairés.

Le cloitre gothique est très grand, complet mais il est fermé (Covid)

Il ne reste plus qu’à me promener dans les petites rues, regarder les façades des étroits immeubles tous de même hauteur. Certains sont de style basque à pans de bois peints en rouge mais pas toujours, vert et bleu. D’autres sont en pierre de taille claire, de style classique avec moulures et balcons en ferronnerie. Les noms des rues rappellent les corporations : Rue des Faures (forgerons). La rue de la Boucherie arrive à la Tour-vieille-Boucherie dans le système défensif romain, le mur est constitué de petits moellons cubiques utilisés par les Romains. Nombreuses boutiques sont attrayantes, surtout de très belles librairies (mais avec le Covid on n’ose pas manipuler les livres pour le plaisir).

Porte de la boucherie remparts romains

Je retrouve facilement la voiture garée au parking Charles de Gaulle tout près du Théâtre au bord de l’Adour.

Dernière promenade : les berges de l’Adour et de la Nive, le confluent est tout proche, je choisis de longer la Nive bordée d’immeubles tous de même taille alignés se reflétant dans la Nive. J’arrive aux halles quand une belle ondée me repousse sous les arcades pour m’abriter où je marche pour rentrer au parking.

Tempête sur la Barre

Où pique-niquer puisque les restaurants sont fermés et qu’il pleut ? Nous suivons l’Adour jusqu’au port, la rive droite est vraiment peu accueillante, sur la rive gauche nous passons devant les poissonniers qui ont des étals le long de la rivière. Puis devant le port de plaisance avant de suivre une route entre des pavillons et des hauts pins. On arrive à la mer à Anglet. Enorme parking devant une patinoire.

Plage d’Anglet et retour du soleil30

La mer est déchaînée, de grosses vagues se brisent avec des gerbes d’écume sur les digues et les brise-lames. Le long de la grande plage une promenade piétonne et cycliste est aménagée sur 4.5 km. Les vagues sont tellement puissantes que je n’ose pas descendre sur le sable. La promenade est très agréable : d’un côté les vagues déferlent blanches d’écume, de l’autre un beau golf très calme. Contraste ! Je fais demi-tour après 3 km sur la Plage des Corsaires. La grande plage me tente, je descends pour rentrer par le sable. Marcher sur le sable sec en chaussures s’avère pénible, je remonte sur la promenade cimentée pour rentrer.

De chair et d’os – Dolores Redondo

POLAR BASQUE

J’avais envie de rester dans les montagnes basques, rien de mieux qu’un polar bien épais (608 p.) pour me scotcher et m’emmener dans la vallée du Baztàn, à Elizondo (tout près d’Aldudes où nous avons piqueniqué) et me raconter  les secrets cachés dans ces Pyrénées navarraises.

la vallée de Baztán on a envoyé au bûcher des douzaines de femmes accusées de sorcellerie, dénoncées bien souvent par leurs propres voisins, et elles étaient de la vallée depuis toujours. Tout comportement un peu « anormal » était soupçonné d’avoir quelque chose à voir avec le diable,

Ces  villages enclavés recèlent des traditions de sorcellerie, de monstres des forêts  en plus des ours et des secrets familiaux que tout le monde connaît.

Le Tarttalo, connu également comme le Tártaro et comme le Torto, est une figure de la mythologie basco-navarraise, un cyclope de taille gigantesque, extraordinairement fort et agressif, qui se nourrit de brebis, de jeunes filles et de bergers.

Histoires aussi des cagots, qui remontent aux temps médiévaux ayant souffert de discrimination pendant des générations qui ne sont pas oubliés.

Vous êtes de la vallée, vous avez forcément entendu parler des cagots. — Les cagots ? Tu veux dire ceux qui vivaient à Bozate ?

Les historiens ne sont pas d’accord sur l’origine des cagots. Ils estiment qu’ils sont arrivés en Navarre par les Pyrénées, fuyant les guerres, la faim, la peste et les persécutions religieuses au cours du Moyen Âge. La théorie la plus répandue c’est que c’étaient des cathares, membres d’un groupe religieux persécuté par le Saint-Office ; d’autres pensent que c’étaient des soldats goths déserteurs, réfugiés dans des léproseries du sud de la France, où ils ont contracté la lèpre, une des raisons pour lesquelles on avait peur d’eux ; selon une autre hypothèse, ce serait un mélange de proscrits et de parias amenés ici pour servir le seigneur féodal de la région, qui était alors
Pedro de Ursúa, dont il reste un palais fortifié à Arizkun.

Attends, si je comprends bien ce que tu me dis, la ségrégation envers un groupe racial au Moyen Âge est la
raison historique à laquelle faisait référence le père Sarasola pour expliquer les dernières profanations dans
l’église d’Arizkun

Influence de l’Eglise et surtout de l’Opus Dei, puissance occulte. Un étrange prêtre en Armani.  Dépaysement garanti!

L’inspectrice de police est une jeune femme, nouvellement mère, native de la vallée. Policière brillante, très bien notée :  on fait appel à ses services dans les affaires délicates comme la profanation de l’église d’Arizkun. Elle est aussi très impliquée dans des cas de féminicides et de violences conjugales (malheureusement bien fréquents dans ces régions qu’on imaginerait tranquilles).

Un gros pavé, thriller plein de rebondissements et de pistes, de personnages bien campés et pittoresques dans un décor magique, entre pluies, brumes, routes givrées, torrents et barrages. Belles maisons basques anciennes qui sentent bon la cire d’encaustique.

Un bon moment de lecture malgré de petits bémols : l’allaitement et les biberons du nouveau-né occupent une place non négligeable dans le roman.  Certes, la maternité et les bébés font partie de l’intrigue policière mais les nuances de piaillement des bébés ne me passionnent pas. La question de l’instinct maternel est intéressante.

Je ne suis pas une bonne cliente pour le surnaturel et le paranormal. Que l’on fasse appel aux traditions locales anciennes de sorcellerie m’intéresse. En revanche les phénomènes de transmission de pensée (avec l’agent du FBI américain) parasitent le récit le rendant peu crédible. Les références au « diable » ou au « mal » me sont complètement étrangères.

Du sang, c’est le genre qui veut cela dans un polar, mais point trop n’en faut…c’est un peu Grand Guignol.

Malgré ces réserves (qui me sont personnelles) je reviendrai lire les deux autres opus de la trilogie quand j’aurai envie de retourner dans les Pyrénées. A mettre dans la valise pour les journées pluvieuses!

Le Pas de Roland et le mont Artzamendi

CARNET BASQUE 2021

Le Pas de Roland

Le pas de Roland

Nous quittons la D.918 qui longe la Nive à Itxassou pour une petite route qui   s’engage (comme le train) dans une gorge . Goudronnée la semaine dernière, la route est en excellent état mais elle est très étroite. Un panneau nous enjoint d’utiliser les passages aménagés pour se croiser. Impossible de faire des arrêts-photos, il vaut mieux marcher le long du parapet pour voir l’eau bouillonner. Dans le rocher, une petite arche naturelle : Roland qui aurait fendu la roche avec son épée Durandal dans la retraite de l’armée de Charlemagne. Nous aurions aimé prendre la Chanson de Roland pour guide et visiter Roncevaux. Mais Roncevaux est en Espagne. Avecle Covid la frontière nous est fermée (sauf test PCR de moins de 72h). Nous n’allons pas nous faire tester pour aller voir un col de montagne probablement désert et un monastère . L’opérateur téléphonique nous a repéré en haut du Mont Artzamendi et souhaité bonne arrivée en Espagne.

A 100 m du Pas de Roland,l’auberge est fermée pour cause de Covid. La route tourne dans le village de Laxia et grimpe vers le Mont Artzamendi.

Je marche, téléphone à la main.  Il sert de GPS et d’appareil photo. Dominique, dans la voiture, continue tout droit sur le petit pont sur le ruisseau Laxia juste avant le confluent sur la Nive. Le GPS en main m’ordonne de tourner, je grimpe d’abord dans le village et arrive dans une très belle forêt. Au bout de quelques temps, ne voyant pas la 108, j’essaie de téléphoner mais il n’y a pas de réseau. Je marche 25 minutes d’un bon pas en montée, espérant que Dominique trouvera la bonne route. Juste avant la sortie de la forêt elle me dépasse. Nous n’avions pas imaginé que la route serait compliquée. Je suis admirative de la technique du GPS, il n’y a pas de réseau téléphonique, pas de 4G non plus et pourtant le smartphone continue à nous guider : il y a beaucoup plus de chemins et de maisons qu’on ne l’imaginait. La route est toujours aussi étroite et elle est tellement raide qu’au sommet d’une côte on ne sait pas bien vers où se dirige la route. Il reste encore 6 km jusqu’au sommet et le chemin parait interminable. Plusieurs fois il enjambe le ruisseau, quitte la forêt pour la prairie rase. Le paysage  est celui de moyenne montagne alors que l’altitude est moins de 700 m . Un parking est installé à un col. La 108 n’ira pas plus loin sur la pente raide !

Col de Méhatché (719 m)

Potok

L’arrêt était obligatoire pour laisser refroidir la voiture.  La vue est très étendue jusqu’à la mer. Le sommet de la Rhune est reconnaissable et les crêtes bleues se succèdent à 360°. Je suis fascinée par les Pottoks, poneys basques, chevaux sauvages qui ne sont pas farouches et qui paissent au col et plus haut. Certains sont équipés de cloches comme les vaches. Ils ont une épaisse toison, une crinière longue, des poils jusque sur les sabots. Un panneau signale les Betizu – des vaches sauvages qui ne vivent que dans deux massifs des Pyrénées dont le Massif de Mondarrain . Ces vaches vivent en pleine liberté. Il est conseillé de ne pas chercher à les approcher même pour les photographier. Les vaches qui protègent les veaux peuvent être agressives. Mais elles ne se trouvent pas au col et je n’aurai pas le plaisir de les voir de loin.

Site archéologique : cromlech reconstitué

Ce col est un aussi un site archéologique : la Nécropole de Meatse d’Itxassou Cromlechs et DolmenTerre de Bergers – lieu sacré de mémoire de plus de 5000 ans. Le site fut découvert par J M de Barandiaran et compte 19 monuments, sépultures majoritairement du rite de crémation. Tous les monuments laissés à l’air libre ont subi des dégradations du fait de l’érosion. Avec l’accord de la DRAC d’Aquitaine il a été décidé de les recouvrir pour les protéger.

Sont visibles deux cromlechs tangents mais d’âges différents (1041-605 av JC) et (1313-1004 av JC). On voit aussi les restes d’un coffre dolménique (3000-2000 av JC) mis au jour lors de la construction de la route comprenant deux dalles verticales et la Chambre orientée à l’Est.

Un cromlech a été reproduit pour l’observation : un cercle de pierres couchées et des dalles verticales forment le péristalithe ; au centre se trouve le « ciste » coffre de pierre. Parfois les dalles sont disposées en « pelure d’oignon ».

Je continue à pied sur la route vers le sommet où est installée une station de télécommunication : des antennes et un petit dôme à côté d’un affreux bâtiment. Il reste une belle grimpette. J’ai toujours la compagnie des pottoks. Un grand vautour plane au-dessus de moi. Impossible de le photographier, il disparaît dès que je règle le zoom. J’arrive sous les barres rocheuses du sommet mais la route fait encore un coude et continue sous la ligne de crête. Je me lasse un peu inquiète de voir le ciel se voiler. Il faut redescendre et dans le brouillard ce serait un cauchemar.

En descendant, je croise des cyclistes, un groupe, probablement un club et seul, un monsieur plus très jeune, qui transporte sa tente et son matériel pour camper sur un lourd VTT. Respect ! Monter de telles charges !

Au col la brume monte.  Une drôle d’odeur arrive à nous. Ce n’est pas de la brume mais de la fumée. Un peu plus bas une affiche jaune plastifiée se balance : FEUX PASTORAUX EN COURS. Il y a quelques semaines un feu d’écobuage a entraîné un incendie étendu et des randonneurs ont été surpris par le feu.

Pour descendre nous nous séparons à nouveau et je descends à pied avec grand plaisir : sur les bords de la route je regarde les fleurs : une très bizarre cloche jaune qu’il faudra identifier, des tapis de violettes en sous-bois, des pâquerettes dans les prés, des fleurs blanches un peu mauves genre de moutarde sauvage, et des nappes de primevères jaunes.

Nous pique-niquons à un tournant où l’on peut se garer au soleil.

Très belle journée un peu aventureuse !

Saint Jean de Luz – Ciboure

CARNET BASQUE 2021 

Le port de Saint Jean de Luz

Enfin le soleil brille et une belle journée s’annonce, une journée de plage !

Saint Jean de Luz est équipée de nombreux parkings mais la circulation automobile y est très compliquée. Pas évident pour les handicapés.

maison Louis XIV

La Maison Louis XIV:

Bâtie en 1645 par l’armateur Lohobiague, elle accueillit  le jeune roi  avant son mariage en juin 1660. Actuellement, elle est occupée par une brasserie et un magasin de très belles céramiques, des jarres vernissées très grand format avec de belles couleurs éclatantes. Le musée Place Louis XIV est  fermé. L’épisode du mariage royal avec l’infante d’Espagne Marie-Thérèse est attaché à Saint Jean de Luz. Mais les façades ne sont pas bavardes. Celle de la Maison de l’Infante, beau palais rose sur les quais, en racontera encore moins.

La maison de l’Infante (palais rose) et le port

Entre les deux la Place Louis XIV est très séduisante bordée de bâtiments élégants, Mairie et maisons basques. Un kiosque meuble la place. Les platanes fraîchement élagués se détachent sur le ciel bleu.

La rue Gambetta est bordée de magasins chics, produits basques alimentaires et tissage, cuirs cloutés. Promenade lèche-vitrines. Je reviens en passant par les Halles où on vend des produits de luxe. et du poisson local.

Feu amont et port

Sur le  port, les filets entassés ont de belles couleurs, du pourpre au violet et bleu vif peu communs. Les bateaux de pêche sont verts blancs rouge – couleurs basques. Ciboure – en face est photogénique à l’arrière des mâts. Deux tours m’intriguent,  blanches l’une est soulignée de vert, l’autre de rouge ;  ces Feux de Saint Jean de Luz (1937) sont l’œuvre d’un architecte : André Pavlovsky qui a construit d’autres bâtiments dans la ville.

la plage et le front de mer

Promenade sur la digue au-dessus de la plage qui protège les belles maisons du front de mer des coups de mer, des inondations et des dégâts des tempêtes. Elles sont construites en contrebas  reliées par des passerelles qui enjambent la rue.  Je passe devant la Pergola de Mallet Stevens, hôtel-casino. Malgré la notoriété de l’architecte, je ne suis pas séduite par son style moderniste et maritime. Le bâtiment a mal vieilli.

les belles maisons devant la digue

Un panneau raconte l’histoire des Kaskerots, les descendants des cagots. Hier, j’avais découvert ces réprouvés qui devaient assister à la messe sous l’auvent sans entrer dans l’église Saint Joseph de Guéthary ou qui avaient un bénitier à part à l’extérieur à Arbonne.

Ces cagots « fils des goths », établis dans la région autour de l’an mil, arabes errants. Exclus au Moyen Âge, ils étaient accusés de transmettre la lèpre et étaient repoussés à l’extérieur des villages, interdits de boire l’eau des fontaines ou de s’approcher des aliments. En 1320, le roi Philippe le Long les accusa d’empoisonner les puits et ordonna qu’on les massacre.

Le bois n’étant pas réputé transmettre les maladies ils devinrent bûcherons, tonneliers ou charpentiers de marine. Les femmes cartomanciennes, guérisseuses furent accusées de sorcellerie.

En 1684, Louis XIV leva les interdits les concernant contre paiement de l’impôt dont ils étaient dispensés auparavant.

Leur communauté s’installa dans les maisons dévastées par les inondations. Les hommes souvent partis à la guerre ou à la pêche. Les femmes se consacrèrent aux travaux les plus durs. Elles se chargeaient de vendre les sardines pieds nus. Les sardines étaient déchargées sur la plage les pêcheurs de morue interdisant le port aux sardiniers.

Un autre panneau explique les ouvrages de protection de la plage et du port : digues devant les maisons et digue à l’avant du port.

La promenade sur la digue me conduit jusqu’à la pointe Sainte Barbe très verte, jardin public avec des bancs sur l’herbe rase. Un cheminement monte en haut des falaises.

Nous déjeunons de crevettes et d’avocats en face du club nautique. Les évolutions des surfeurs nous amusent : les jeunes sont regroupés par 5 ou 6 planches, allongés ou à genoux ils avancent très vite en moulinant et battant des bras et des jambes en formation groupée ou organisant des courses.

Des femmes en combinaison font du longe-côte, d’autres en maillots se baignent comme si nous étions en été. Il ne fait que 15° mais elles bavardent dans l’eau tranquillement.

Il fait si beau qu’il y a foule, tout le monde est masqué sur la digue, démasqué sur le sable. Tous les bancs sont occupés. Le soleil tape et je regrette de ne pas m’être tartinée de crème.

Ciboure vue de Saint Jean de Luz

Nous reprenons la voiture pour aller à Ciboure. Passons sans nous arrêter devant la maison où est né Ravel. Puis continuons jusqu’à la plage de Socoa. Le fort de Socoa fut construit au 17ème siècle pour protéger la baie de Saint Jean de Luz et le petit port de Socoa. Une longue digue s’avance en mer terminée par un édifice peint en blanc et vert. Une autre digue est une île artificielle. Au bord du petit port les terrasses des restaurants sont désertes mais paraissent bien sympathiques.

le fort de Socoa

Guéthary – Bidart – Arbonne – Arcangues – Espelette

CARNET BASQUE 2021

Le port minuscule de Guéthary

Le port de Guéthary est vraiment minuscule.  Après la voie ferrée, la route est  si étroite et si raide que la circulation est alternée. Quelques barques sur une chaussée pavée, un hôtel Art Déco et un autre plus petit. C’est tout !

Guéthary Hôtel Guétharia Art Déco

Nous garons la voiture sur un parking pour les surfeurs et trouvons la promenade piétonne. Nous avons de la chance : il fait soleil. La mer est verte, opalescente, agitée de belles vagues sur lesquelles glissent les surfeurs.

Guéthary : de belles vagues pour les surfeurs

Les rochers feuilletés sont pittoresques. Un panneau explique que le flysch sédimenté dans une fosse très profonde il y a 80 Millions d’années, a été pris en compression des plaques européenne et ibérique il y a 40 Millions d’années lors de la formation des Alpes et la surrection des Pyrénées. Les plaques de calcaire clair contiennent des couches de silex en sandwich. La surface des plaques présente des ripple-marks, plages ou haut fonds fossiles. Les algues rendent l’accès à la plage très glissant.

Sur le sentier côtier de Guéthary à Bidart : la plage de Bidart

De nombreux randonneurs empruntent le sentier littoral vers Saint Jean de Luz. Ils sont bien équipés avec de bonnes chaussures et des bâtons. Comme je suis en tennis, je ne les suis pas et me dirige sur le sentier dans l’autre direction vers Bidart. Je traverse la haute rampe pavée où l’on monte les barques à l’aide de filins métalliques. Cette rampe était autrefois utilisée pour découper les baleines franches noires pêchées dans le Golfe de Gascogne. Je longe les hôtels  puis la plage.

Guéthary chapelle saint Joseph

Le sentier grimpe ensuite sur la falaise, entre de belles maisons labourdines, je découvre la petite chapelle Saint Joseph avec son porche une grille de bois permettait aux cagots d’assister à la messe sans entrer. Le sentier quitte alors le bord de l’eau pour rejoindre Bidard entre de belles villas et une petite résidence d’immeubles bas décorés en style basque. Il domine la grande plage de l’Uhabia .

Après la promenade le long de la plage, nous montons sur la petite terrasse face à l’hôtel Guétaria  qui a de hautes verrières remarquables puis nous nous promenons en voiture dans les rues de Guéthary avant de retrouver la grande route pour rejoindre Bidart.

Le centre de Bidart est très pittoresque avec le fronton où deux jeunes hommes s’exercent en frappant vraiment très fort, la Mairie, les cafés (fermés) autour d’une grande place. A l’église il y a des funérailles, je ne m’approche pas.

Nous déjeunons sur la grande plage. En plus des surfeurs,  certain sont debout sur des paddles  paddles malgré les grosses vagues.

Pour rentrer,petit circuit par des villages de l’intérieur proposé par le Guide Vert.

Arbonne

Arbonne

L’église Saint Laurent (12ème siècle) est grande pour un petit village d’autant plus qu’il y a deux étages de galeries. Comme nombreuses églises basques, le plafond de bois est peint en bleu en ciel étoilé et le chœur est très richement décoré et doré. Ici aussi il y a un dispositif pour les cagots : un petit bénitier extérieur.

Benoiterie

Benoîterie : petite maison de la benoîte (la dernière 1908) qui était la femme qui s’occupait de l’entretien de l’église. Elle est mignonne, beaucoup plus petite que les grandes maisons de la place.

Arcangues

Le château  d’Arcangues se visite ( fermé avec la Covid) caché dans son parc, on ne l’apercevra même pas. Il y a aussi un golf et les résidences touristiques qui vont avec. Le village est touristique (peut-être un peu trop) la place est ravissante avec sa grande église (plafond étoilé, chœur doré, galeries) comme nombreuses églises basques. Sur la place, le grand fronton (comme sur les autres places). Il y a une grande auberge avec de grandes tables de pierre à l’extérieur, de la glycine grimpe sur la façade elle est prête à fleurir. Certains pans de bois sont bleus et non pas rouge comme dans les autres villages. C’est joli, léché, trop joli peut être. Les grands parkings à l’extérieurs sont prévus pour de nombreux touristes.

Espelette

Espelette : piment sur cordes

Espelette est le village du piment. Aussi très très touristique, très joli mais c’est un peu artificiel. De nombreuses boutiques proposent des produits gastronomiques les plus appétissants les uns que les autres : piments et épices, conserves de plats au piment d’Espelette mais pas seulement. Fromages. Chocolats. Charcuterie…Sans oublier les espadrilles et les tissages à rayures coloré. Les façades sont toutes ornées de piments « en corde ».