Le Pas de Roland et le mont Artzamendi

CARNET BASQUE 2021

Le Pas de Roland

Le pas de Roland

Nous quittons la D.918 qui longe la Nive à Itxassou pour une petite route qui   s’engage (comme le train) dans une gorge . Goudronnée la semaine dernière, la route est en excellent état mais elle est très étroite. Un panneau nous enjoint d’utiliser les passages aménagés pour se croiser. Impossible de faire des arrêts-photos, il vaut mieux marcher le long du parapet pour voir l’eau bouillonner. Dans le rocher, une petite arche naturelle : Roland qui aurait fendu la roche avec son épée Durandal dans la retraite de l’armée de Charlemagne. Nous aurions aimé prendre la Chanson de Roland pour guide et visiter Roncevaux. Mais Roncevaux est en Espagne. Avecle Covid la frontière nous est fermée (sauf test PCR de moins de 72h). Nous n’allons pas nous faire tester pour aller voir un col de montagne probablement désert et un monastère . L’opérateur téléphonique nous a repéré en haut du Mont Artzamendi et souhaité bonne arrivée en Espagne.

A 100 m du Pas de Roland,l’auberge est fermée pour cause de Covid. La route tourne dans le village de Laxia et grimpe vers le Mont Artzamendi.

Je marche, téléphone à la main.  Il sert de GPS et d’appareil photo. Dominique, dans la voiture, continue tout droit sur le petit pont sur le ruisseau Laxia juste avant le confluent sur la Nive. Le GPS en main m’ordonne de tourner, je grimpe d’abord dans le village et arrive dans une très belle forêt. Au bout de quelques temps, ne voyant pas la 108, j’essaie de téléphoner mais il n’y a pas de réseau. Je marche 25 minutes d’un bon pas en montée, espérant que Dominique trouvera la bonne route. Juste avant la sortie de la forêt elle me dépasse. Nous n’avions pas imaginé que la route serait compliquée. Je suis admirative de la technique du GPS, il n’y a pas de réseau téléphonique, pas de 4G non plus et pourtant le smartphone continue à nous guider : il y a beaucoup plus de chemins et de maisons qu’on ne l’imaginait. La route est toujours aussi étroite et elle est tellement raide qu’au sommet d’une côte on ne sait pas bien vers où se dirige la route. Il reste encore 6 km jusqu’au sommet et le chemin parait interminable. Plusieurs fois il enjambe le ruisseau, quitte la forêt pour la prairie rase. Le paysage  est celui de moyenne montagne alors que l’altitude est moins de 700 m . Un parking est installé à un col. La 108 n’ira pas plus loin sur la pente raide !

Col de Méhatché (719 m)

Potok

L’arrêt était obligatoire pour laisser refroidir la voiture.  La vue est très étendue jusqu’à la mer. Le sommet de la Rhune est reconnaissable et les crêtes bleues se succèdent à 360°. Je suis fascinée par les Pottoks, poneys basques, chevaux sauvages qui ne sont pas farouches et qui paissent au col et plus haut. Certains sont équipés de cloches comme les vaches. Ils ont une épaisse toison, une crinière longue, des poils jusque sur les sabots. Un panneau signale les Betizu – des vaches sauvages qui ne vivent que dans deux massifs des Pyrénées dont le Massif de Mondarrain . Ces vaches vivent en pleine liberté. Il est conseillé de ne pas chercher à les approcher même pour les photographier. Les vaches qui protègent les veaux peuvent être agressives. Mais elles ne se trouvent pas au col et je n’aurai pas le plaisir de les voir de loin.

Site archéologique : cromlech reconstitué

Ce col est un aussi un site archéologique : la Nécropole de Meatse d’Itxassou Cromlechs et DolmenTerre de Bergers – lieu sacré de mémoire de plus de 5000 ans. Le site fut découvert par J M de Barandiaran et compte 19 monuments, sépultures majoritairement du rite de crémation. Tous les monuments laissés à l’air libre ont subi des dégradations du fait de l’érosion. Avec l’accord de la DRAC d’Aquitaine il a été décidé de les recouvrir pour les protéger.

Sont visibles deux cromlechs tangents mais d’âges différents (1041-605 av JC) et (1313-1004 av JC). On voit aussi les restes d’un coffre dolménique (3000-2000 av JC) mis au jour lors de la construction de la route comprenant deux dalles verticales et la Chambre orientée à l’Est.

Un cromlech a été reproduit pour l’observation : un cercle de pierres couchées et des dalles verticales forment le péristalithe ; au centre se trouve le « ciste » coffre de pierre. Parfois les dalles sont disposées en « pelure d’oignon ».

Je continue à pied sur la route vers le sommet où est installée une station de télécommunication : des antennes et un petit dôme à côté d’un affreux bâtiment. Il reste une belle grimpette. J’ai toujours la compagnie des pottoks. Un grand vautour plane au-dessus de moi. Impossible de le photographier, il disparaît dès que je règle le zoom. J’arrive sous les barres rocheuses du sommet mais la route fait encore un coude et continue sous la ligne de crête. Je me lasse un peu inquiète de voir le ciel se voiler. Il faut redescendre et dans le brouillard ce serait un cauchemar.

En descendant, je croise des cyclistes, un groupe, probablement un club et seul, un monsieur plus très jeune, qui transporte sa tente et son matériel pour camper sur un lourd VTT. Respect ! Monter de telles charges !

Au col la brume monte.  Une drôle d’odeur arrive à nous. Ce n’est pas de la brume mais de la fumée. Un peu plus bas une affiche jaune plastifiée se balance : FEUX PASTORAUX EN COURS. Il y a quelques semaines un feu d’écobuage a entraîné un incendie étendu et des randonneurs ont été surpris par le feu.

Pour descendre nous nous séparons à nouveau et je descends à pied avec grand plaisir : sur les bords de la route je regarde les fleurs : une très bizarre cloche jaune qu’il faudra identifier, des tapis de violettes en sous-bois, des pâquerettes dans les prés, des fleurs blanches un peu mauves genre de moutarde sauvage, et des nappes de primevères jaunes.

Nous pique-niquons à un tournant où l’on peut se garer au soleil.

Très belle journée un peu aventureuse !

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

5 réflexions sur « Le Pas de Roland et le mont Artzamendi »

    1. @eimelle : ils sont très sympas ces chevaux, pas farouche mais pas serviles comme certains prisonniers de leurs prés et qui s’ennuient. Ils me laissent m’approcher et vivent leur vie de chevaux en liberté.

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