retour par la route de l’Araba

CARNET DE JORDANIE

Attention dromadaires!

Nous suivons Wassef jusqu’à la station service. Il fonce. Nous le perdons vite. Passons encore deux postes de police. On devine les montagnes jordaniennes à contre-jour. Après l’aéroport d’Aqaba, on distingue très bien la frontière : le grillage et du côté israélien les cultures irriguées très verte. Côté jordanien, cailloutis et acacias africains, à droite la montagne très aride.

Les tamaris en buissons poussent sur les premières dunes de sable clair, dans les creux les arbres sont très verts.

Rahma :  une oasis avec des palmiers, des serres et des eucalyptus  protégeant des vergers.

Les camions chargés de potasse vont à notre rencontre. On nous avait fait peur décrivant une route étroite, sans bas côté. Certes, c’est une deux-voies et pas une autoroute comme la Desert Highway, mais on se croise très bien.

Après Rahma, retour des dunes, très belles. En face, côté Israélien, les cultures irriguées sont bien vertes. La plaine de l’Araba s’élargit, les montagnes s’éloignent. Des chameaux paissent librement dans les dunes ; le sable empâte les reliefs.

Le vent soulève le sable. Nous roulons dans un brouillard jaune. Deux petits cars surgissent en face ; on ne les avait pas vus arriver. Heureusement, ce n’est qu’une alerte, pas une vraie tempête de sable.

voila les dromadaires sur la route!

Après le barrage Basaga, une palmeraie, des serres. Puis on retrouve le désert de cailloutis.

Appels de phare : dromadaires sur la route !

La brume de chaleur a complètement avalé les sommets. De l’autre côté de la frontière toute proche on voit les voitures circuler. Après la route vers la Réserve de Dana,  des villages et des cultures maraîchères : oignons, pastèques, courgettes, aubergines…mûrissent à la chaleur . Le thermomètre de la voiture marque 31°C.

Le musée du point le plus bas du globe

Le musée du point le plus bas du globe

Un  peu à l’écart de la route, le bâtiment de pierre s’enroule un pue à la manière des loges d’une ammonite, le Musée à thème géologique est plutôt un musée historique. Les premiers peuples établis dans la région entre 13.000 et 10.000 ans étaient des agriculteurs ayant domestiqué les animaux< ; Dans les vitrines, des meules et mortiers de basaltes ainsi que de petites flèches, des aiguilles pour coudre le cuir en silex avec des perles de pierres colorées.

Au Néolithique (_5000ans) âge de Bronze, se déroulaient déjà des cérémonies funéraires. De nombreuses poteries datent de cette époque.

– 3500ans âge de fer, les habitants sont les Moabites

Ensuite les Nabatéens , par la route romaine passant dans l’Araba. On y cultivait les palmiers pour les dattes et  ils exportaient du sel et du bitume.

le puzzle des archéologues

En 1988, on découvrit la « cave de Lot », un monastère (573-605-691 après JC). Dans la basilique à 3 nefs on a mis à jour des mosaïques. Divers objets trouvés au monastère se trouvent au musée dont un balai en feuille de palmier, bien humble qui m’a touchée. Une corde m’a fait penser aux monastères grecs perchés en haut d’une falaise. Des tissus luxueux montrent que le monastère jouissait d’une certaine richesse. Les lampes à huile étaient délicieusement décorées. Au bout du hall d’exposition dans les laboratoires, les archéologues travaillent ; Certains reconstituent le puzzle géant de la mosaïque du monastère. Ils ont coulé du plâtre à l’envers des tesselles et tentent d’emboîter les pièces. Comme pour n’importe quel puzzle ils ont commencé par les frises des bordures. Au centre dans u n médaillon il y a un  texte en grec, des oiseaux, des plantes. Le travail des archéologues me fascine.

Dans les environs se trouvent d’autres chantiers de fouille dont celle d’une sucrerie à Mazara-as-Safi et Fifa de la période Ayyoubide et mamelouke (12-13ème siècle), on cultivait aux alentours de la canne à sucre ; occasion de rappeler une courte histoire du sucre connu en Asie depuis plus de 2500ans. Le secret de fabrication fut bien gardé par les Arabes et rapporté en Europe par les Croisés

les citernes du monastère de saint Lot

Nous montons au monastère, la route est carrossable jusqu’à l’escalier qui monte à l’église .   A la sortie du Musée  il fait très chaud (34°C). Les œufs durs pris au petit déjeuner ne nous tentent pas. Dominique fait cadeau de toutes nos provisions et de deux bouteilles d’eau au gardien de la « cave of Lot » pendant que je monte l’escalier. C’est un  escalier bine cimenté au muret de galets n a collé une plaque : « point le plus bas du globe vous êtes sur le rift Africain, les roches sont très anciennes Précambrien ». Une structure métallique protège le monastère particulièrement bien conservé ; L’église est construite sur trois niveaux, la nef en bas encadrée de colonnes, plus haut une estrade au fond le chœur. La mosaïque a été déposée au Musée. Le plus intéressant est à côté du monastère :  la citerne 17x7m avec une profondeur de 10m couverte de troncs de palmiers pour réduire l’évaporation et revêtu de ciment hydraulique ; tout un système de canalisation approvisionnait cette citerne de 880.000 l suffisant pour une petite communauté pendant plusieurs mois.

lampe à huile du monastère

Il nous faut donc chercher un restaurant. Dans la ville minière rien. Sur le bord de la route au village suivant nous nous arrêtons devant le premier boui -boui « Turkish restaurant » : dans une rôtissoire tournent des poulets, sur un grand barbecue grille une brochette de tomates cerises. Nous commandons un « kebab » une saucisse d’agneau haché est grillée, enveloppée dans un pain très fin d’au moins  35cm de diamètre tartiné d’une sauce rouge (tomate, pas harissa,  j’ai eu des frayeurs) puis garnie avec de la salade hachée et des oignons. Le tout enroulé passe à nouveau au barbecue pour rendre la pâte plus croustillante, servi avec des variantes, carottes au vinaigre, gros cornichon malossol dans une barquette en polystyrène. Pas de couverts. J’ai quelques doutes sur la propreté de la salade. Comme nous rentrons demain en France, on verra bien ! (on n’a rien vu et bien digéré).

la Mer Morte s’évapore

Nous passons devant une usine de Potasse et  une autre de Brome. Autour du Potash Township. La paysage est lunaire exploité, puis raviné. Je ne sais pas faire la part de l’exploitation industrielle des sels de la Mer Morte et de l’évaporation physique (disparition de la mer).Les grandes tranchées visibles de la route correspondent –elles à l’extraction ? après les deux grandes usines , la mer se manifeste sous la forme d’un rectangle vert puis bleu hérissé de vaguelettes blanches.

La route longe ensuite en corniche la Mer Morte, bleue profond, qui pourrait aussi bien être un océan puisque la rive d’en face est invisible.

Sur un parking, un petit bazar vend des bouées et des ballons. Une plage accessible imprévue nous tente. La descente est introuvable. Sous une grande tente, on a installé des fauteuils Voltaire et des canapés recouvert de velours et de brocards comme dans un salon d’une maison bourgeoise. Deux touristes français nous laissent la meilleure place, surplombant la mer, encadrée par des lauriers roses fleuris. Le café turc est excellent (3JD quand même) . Nous ne sommes pas pressées d’arriver à Amman. Nous faisons durer la pause ; en dessous de nous des américains flottent. Je vis maintenant le raidillon mais il fait tellement chaud (34°)que je n’ai pas le courage de descendre et surtout de remonter toute salée.

Nous reconnaissons la route à partir du « complexe panoramique » prise pour rejoindre Madaba par un matin plus clair. La brume s’épaissit ; le ciel devient franchement gris quand on amorce la remontée dans les collines derrière les camions.

Sur les bords de la route, les maraîchers vendent les primeurs des bords de la Mer Morte. Tomates, courgettes, melons et même pastèques. Les camions de légume sont peints à la main de motifs géométriques.

Le GPS nous conduit à Zahran Street sans encombre. Nous rentrons « chez nous » accueillies chaleureusement par Omar de Wadi Rum qui prend en main le check-in comme il avait fait au campement.

Mensaf et boites de pâtisserie chez Jabri.

Le grand rangement occupera une partie de la soirée. Vestes, chaussures et sacs qui traînaient dans le coffre de notre grande Hyundai Elantra doivent impérativement entrer dans les valises. Il faut retirer de ma valise cabine tous les objets indésirables. !Retour dans le monde des actualités avec la BBC. Finalement mes 15 jours « sans écran » se sont bien passés.

 

 

 

 

 

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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