La ville des prodiges – Eduardo Mendoza

BARCELONE

J’ai découvert Eduardo Mendoza avec deux polars déjantés La grande embrouille et le Mystère de la crypte ensorceléeJ’avais beaucoup aimé son humour, beaucoup ri et je m’étais promenée avec plaisir dans un Barcelone un peu équivoque de marins prostituées et miséreux, le héros sortant de l’asile….

La ville des prodiges était bien enfoui sous ma pile à lire depuis une éternité. Comment était-il arrivé chez moi? Dans l’opération de faire baisser la PAL, je l’ai ressorti et je m’en félicite! Pas vraiment récent, c’est un grand livre!

Grand et gros livre : 505 pages.

C’est le livre d’une ville :  Barcelone. Géographie et histoire : le roman se déroule entre la première Exposition Universelle de 1888 et la seconde de 1929. Remontant aux origines de la ville, Mendoza raconte l’expansion urbaine des guerres de Succession d’Espagne (1701) jusqu’à la veille de la Guerre d’Espagne. D’une ville close entourée de murailles qui furent détruites au milieu du 19ème siècle, Barcelone est devenue une métropole après des plans d’urbanismes racontés de manière humoristiques. Cette extension de la cité fut, bien entendu accompagnée de spéculation immobilière à l’origine de la richesse du héros du livre. La rivalité de la cité catalane et du gouvernement de Madrid est aussi plaisamment racontée.  Roman presque d’actualité après les événements récents autour de l’indépendance catalane. Ce n’est pas la Barcelone des touristes. Il n’est pas question des anciens quartiers ni de la Cathédrale, on passe à peine sur les Ramblas, la Sagrada Familia  -en construction – n’est évoquée qu’en passant p 446. C’est le Barcelone des dockers, des ouvriers, des miséreux qui affluent de la campagne pour s’entasser dans des baraques. Histoire : on assiste à une réunion secrète à la veille du Pronuciamento de Primo de Rivera le 13 septembre 1923.

 

C’est l’histoire d’un homme Onofre Bouvila qui débarque de son village de montagne, adolescent pour chercher fortune. Le petit campagnard la trouvera dans le chantier de l’Exposition. Embauché par les anarchistes pour distribuer des brochures, il fait le camelot en vendant de la lotion capillaire. Sa carrière lancée, il s’acoquine avec les voleurs et les enfants pour faucher tout ce qu’il peut dans les objets entreposés pour l’Exposition. Remarqué par des hommes de main, il prend rapidement le contrôle de bandes de véritables bandits. Trafics d’armes et spéculation immobilière l’enrichissent . La haute société ne l’acceptera jamais mais sa fortune considérable et l’amitié d’un marquis lui ouvrent certaines portes. Personnage complexe qui évolue au cours de l’histoire, qui sait aussi se souvenir du passé.

Les prodiges? La fin du 19ème siècle, le début du 20ème est une période prodigieuse pour la technologie et les inventions. Les Expositions universelles  sont les vitrines de l’industrialisation. Au fil du roman, on voit les automobiles remplacer ânes et chevaux, la ville s’électrifier, les transports aériens prendre leur essor. Le héros devine les possibilités du cinématographe qui vient d’être mis au point. Du film ridicule du chien qui pisse, il invente les films à succès avec une vedette féminine. La fin du livre est un feu d’artifice ou une bombe, le précurseur d’un monde à venir avec le krach de 1929. Mais cela n’est pas dans le livre, c’est une autre histoire.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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