Très grand format, très étrange ce paysage aquatique où les reflets jouent avec le paysage. On sent la proximité avec les nymphéas.
la petite salle est toute emplie de ces trois toiles
par la force des choses Ensemble de trois peintures 2026
Comme je ne connais pas du tout ce peintre je préfère recopier le cartel
« Alexandre Lenoir, né en 1992 peint depuis les année 2010 à partir de photographies comme des souvenirs de moments heureux quoique dominés par une nature impérieuse. Les protocoles techniques u’il instaure donnent naissance à des peintures paraissant avoir été crées presue sans son intervention accodant une place au hasard. Il utilise le papier adhésif pour masquer et révéler certaines zones du tableau. En laissant une partie de la toile au sol, il recueille les aléas de la vie d’atelier: coulures, taches, traces de pieds, pliure. Il tient la formule de Niele Toroni, un artiste qu’il admire : « travailler à ce que la peinture travaille d’elle-même…. »
On croit tous connaître le douanier, qui n’était pas douanier mais employé de l’Octroi. On le qualifie de « naïf », alors qu’autodidacte, il cherche à être un peintre à part entière qui envoie ses tableaux aux Salons, concourt pour des commandes officielles et cherche la reconnaissance institutionnelle.
moi-même portrait paysage (1890)
Avant d’aborder ses tableaux les plus connus comme la Charmeuse de Serpents ou La Guerre qu’on ne présente plus, l’exposition présente des petits formats, souvent des portraits. Rousseau se voulait peintre, vendre des portraits lui permettait de vendre. Il a inventé le concept de « portrait-paysage » où le sujet se trouve dans un environnement fleuri (remarquer le petit chat plein de fantaisie)
Portrait de Madame M/ (1895)
la charrette du Père Junier lui a permis de rembourser une dette . Il fut remarqué par Apollinaire qui l’acheta
la charrette du Père Junier (1908)
Petits formats encore, ces paysages de Paris (Pont de Grenelle), des Rives de la Bièvre près de Bicêtre, ou de l’octroi, petits tableaux adaptés au budgets de bourgeois modestes.
Le Pont de Grenelle avec la statue de la Liberté et l’ile des Cygnes (1892)
j’ai beaucoup aimé ces tableaux de plus grand format représentant des arbres très élégants comme le Soir de Carnaval
Soir de Carnaval (1896)
Toute une salle est occupée par cette jungle imaginaire et fantaisiste sortie de son imagination (et de l’observation de plantes tropicales dans les serres du Jardin des Plantes) . J’ai adoré les singes farceurs et cherché, perchés, les hiboux .
les deux farceurs (cherchez le hibou!)
vous ne verrez pas la Guerre, ni les autres chefs d’oeuvres, je les ai photographiés à Orsay en 2016 CLIC
Clélia, fille naturelle du Grand Cardinal, Alessandro Farnèse, nacquit à Parme et fut mariée à 13 ans à un fils de bonne famille Giovan Giorgio Cesarinià peine plus âgé qu’elle. Mariage de convenance, mais union heureuse, les jeunes mariés sont amoureux. Ils s’établissent à Rome où rivalités et médisances se distillent par écrit dans les avvisirédigés par les menanti les Pasquinade (placards satiriques). Le Petit cardinal, Ferdinando Medicis,ami de Giovan Giorgio amant de Clélia complète un trio scandaleux.
Le Grand Cardinal Fanèsequi brigue la tiare, éloigne pour un moment Clélia après la naissance d’un héritier Giuliano.
On se distingue en construisant de fastueux palazzi ou en collectionnant les statues antiques. Farnèse et Medicis rivalisent avec la Farnesina en plus du Palais Farnèse tandisque que Medicis occupe les hauteurs du Pincio. Dans les jardins de la Villa Medicis, le Pavillon des Oiseaux abrite les amours de Ferdinando et de Clelia.
Très joli roman historique qui nous fait visiter les splendeurs de la Rome de la fin de la Renaissance, voyager à Florence chez les Medicis, assister à un conclave. Fastes et intrigues, assassinats même. vous ne vous ennuierez pas!
Renoir est à sa place au Musée d’Orsay dans ses collections permanentes mais ce printemps deux expositions Renoir s’ouvrent. Est-ce bien nécessaire de se déplacer au risque d’affronter la foule? Même si les tableaux-phares : Le Moulin de la Galetteet le Déjeuner des Canotiers , sont archi-connus, j’ai eu l’impression de redécouvrir le peintre. Je suis sortie ravie.
Renoir peint par Bazille 1863
En introduction, faisons connaissance avec le peintre jeune. Deux estampes dessinées par Desbartin, le portrait que Bazille a fait de lui, jeune à 22 ans et un autoportrait en 1875
Renoir autoportrait 1875
L’exposition s’organise autour de quelques thèmes. Un chef d’oeuvre est mis en majesté. On peut s’assoir sur un banc pour l’étudier à loisir tandis que derrière la banquette de nombreuses explications sont fournies. La scénographie invite à une visite lente et approfondie.
Scène de la vie de Bohème
le Cabaret de la mère Anthony à Marlotte
Les artistes se réunissaient à Marlotteprès de la forêt de Fontainebleau. On reconnaît Sisley (de dos) à son chapeau, Murger est caricaturé sur le mur avec un chapeau melon, le personnage imberbe n’est sans doute pas un peintre. Le Cabaretest un grand tableau mis à l’honneur. Autour on a acroché la Grenouillère et une jolie vue de Bougival et la Promenade (voi plus haut)
A Bougival
Fêtes galantes
Cette section regroupe des tableaux de groupes ou de couples avec une vision harmonieuse des échanges amoureux dans une liberté joyeuse.
le tableau à l’honneur est le Moulin de la Galette avec beaucop d’explications et encore un banc pour prendre son temps à découvrir les personnages assis au premier plan, les couples, les lumières. Les taches claires de lumière sur les robes des femmes, sur les bancs et les dossiers, au sol semblent la marque de fabrique de Renoir.
Moulin de la Galette
Les autres tableaux qui accompagnent le tableau principal sont presque tous des couples dont les visages rapprochés suggèrent les confidences ou une conversation intime. Avec, en permanence ces taches de lumière.
Rencontres en ville
Le Pont des arts
le Pont des Arts surprend par sa netteté des traits,. Point de taches de lumière, de grands coups de pinceau flous, ici c’est net et précis. Dans le tableau voisin des Grands boulevards je retrouve à travers le léger feuillage les taches de lumière.
Chez la modiste
Uen série de petits formats décrit la vie parisienne : chez la modiste, dans la loge à l’opéra avec un magnifique bouquet offert à la chanteuse, dans une loge au théâtre, au café….
Renoir reçoit ses amis dans son atelier, on reconnaît Rivière et Pissaro
Une partie de campagne
A pour chef d’oeuvre le Déjeuner des Canotiers qu’on croit si bien connaître mais qui m’a surprise par sa taille. Plaisir de chercher les détail de cette composition si riche : le raisin sur la nappe, les miettes, les verres presque finis. Plaisir de reconnaître les convives : Ephrussi porte un haut de forme, grande bourgeoisie qui se mêle aux canotiers plus modeste, il y a aussi Jules Laforgue aui fut le secrétaire du banquier. C’est encore la célébration du loisir et des liens humains.
Tout autour se trouvent des tableaux sur le thème du canotage et de la vie au bord de l’eau
La yole
Pas de jeunes hommes en maillot blanc dans cette yole, deux femmes rament seules dans ce tableau à la facture très impressionniste.
Fin du déjeuner
Cette fin de déjeunerm’a beaucoup plu. C’est un thème que le peintre affectionne. plutôt que de montrer les victuailles dans les plats il préfère témoigner de la satiété, du bonheur de se retrouver ensemble.
les parapluies
les parapluies
Avec ce grand tableau Renoir s’éloigne de l’impressionnisme. Il a été peint en deux étapes avec plusieurs années d’écart. Sur la gauche, un jeune homme propose un parapluie à la jeune fille au panier qui fait mine de ne pas le regarder. A droite les deux enfants avec le cerceau ne semblent pas craindre de se mouiller.
Les danseurs
la salle ronde avec un banc rond ne contient que trois tableaux : trois couples de danseurs de taille humaine décrivant trois milieux sociaux différents : un se trouve dans des salons bourgeois, un autre à la campagne,
Je n’ai pas continué dans la deuxième exposition Renoir Dessinateur me réservant le plaisir pour une prochaine fois; le privilège de la Carte Blanche !
EXPOSITION TEMPORAIRE DU 7 février au 12 avril 2026
Ocean’s lament
Le parcours de l’exposition commence dans l’Auditoirepar une vidéo : une femme dans le cercle d’un grand hublot contemple l’océan agité. Au About de quelques minutes, je sens le mal de mer. Mon cerveau ne sait plus interpréter les repères entre la figure immobile et l’eau mouvante. Déstabilisation océanique.La suite est à l’intérieur de l‘Orangerie. Deux tables au centre de la pièce, des photos et des objets aux murs.
La médiatrice me conduit à l’installation Ocean’s Lament. Aucune explication, elle me conseille de respirer, sentir l’odeur qui se dégage, puis de deviner l’origine de ces petits tubes crème montés somme les perles d’un improbable collier. Ce sont les tubes de pipes des marins provenant de la vase de la Tamise. J’ai déjà lu quelque chose sur les trouvailles dans les sédiments de la rivière à Londres. Combien de tubes? combien de pipes? combien de marins? de voyages transatlantiques? Cette matière première fait rêver et se relie au titre « Des océans et des ombres »
Une sorte de tapis tissé de cylindres rouge et blancs évoque clairement les bandes du drapeau étatsunien. Ce n’est pas un hasard. Nadia Myre est canadienne et algonquine; ses œuvres mettent en évidence les mémoires et les héritages coloniaux. les cylindres sont en céramique fabriqués par l’artiste elle-même
After the fire
les douze photos carrés au même motif m’interpellent : de loin je crois voir des radiographies de poumons . Quand je m’approche j’ai la surprise de découvrir des mocassins, des chaussons d’enfant sagement rangés par paire; la médiatrice m’explique qu’ils ont été trouvés dans une institution où sont morts de nombreux enfants enlevés à leurs parents autochtones pour être élevés par des soeurs. Histoire poignante de ces enfants enlevés, acculturés, puis décédés.
chaussons d’enfants
Un objet est la clé de l’installation : le wampum . A l’origine le Wampum est un collier de coquillages porté parfois comme une écharpe ou une ceinture. Le Wampum symbolisait un accord, un traité comme un document signé ou un sceau. Les colons britanniques ou français rapportèrent des wampum témoignant de la conquête de territoires autochtones
nadia myre : wampum
la plasticienne s’est inspirée de cet objet traditionnel pour construire cette installation. Les perles sont ici en céramique, comme dans le tissage à rayures rouge et blanches. Le collier de tubes de pipes procède probablement de la même inspiration.
Des plumes en porcelaine blanches rappellent encore les traditions algonquines.
Cette installation m’a fait beaucoup voyager, elle m’a aussi émue
Chamarande est un village de l’Essonne situé à une cinquantaine de kilomètres de Paris non loin d’Etampes accessible en voiture par la RN20 et en train par le RER C, la gare se situe tout près du domaine. en revanche, se munir de son pique-nique, pas de commerces ni cafés au village, seulement une boîte distributeur de pain, qui a volé mes 2€ et pas délivré la baguette attendue.
Château de Chamarande côté cour
Le château (1654)d’architecture Louis XIII, briques et pierre, toit d’ardoises, parfaitement symétrique. Il abrite les Archives départementales et un centre d’Art Contemporain. Il ne se visite pas actuellement (en travaux, ouverture prévue 2028). Les expositions sont dans l’Orangerie : du 7 février au 12 avril 2026 Nadia Myre : Des océans et des ombres.
Le Parc des 98 ha offre plusieurs parcours de promenade avec des bornes commentées et même un QR code pour encore plus d’explications. Il est équipé nombreuses tables de pique-nique ainsi que de parkings (obligatoires parce qu’on ne peut pas se garer dans le village).
L’église de Chamarande
Avant d’explorer le domaine, le village mérite un détour à pied. Il est ravissant et très calme.
Du parking, j’ai découvert le grand potager aménagé au XVIIIème siècle par Pierre Contant d’Ivry qui a dessiné le jardin à la française. Carré, enclos de quatre murs de pierre palissés de vieux arbres fruitiers en espaliers, il était cultivé selon un plan original où des losanges remplacent les carrés habituels. Plusieurs bassins ronds étaient prévus pour l’arrosage. on y cultivait les légumes consommés au château, pois, fraises….
L’auditoire
L’auditoire n’était pas un pavillon d’agrément mais le lieu où se tenaient les audiences de justice. C’était le symbole de la puissance de la Noblesse sur les bourgeois. Le seigneur, propriétaire du château avait droit de justice. Sous le bâtiment se trouvaient deux cachots.
A côté de la belle grille, on a construit une grande volière semi-circulaire. Un peu plus loin, l’Orangerie. Pierre Contant d’Ivry a aménagé le parc en 1737 avec plusieurs fabriques et pavillons d’agrément.
le Pavillon des grâces, est une curieuse construction, plutôt un abri pour s’isoler. Il est défiguré par une statue rouge figure biface assez grossière due à Elmar Trenkwalder. Les grâces auraient été effrayées par cette horreur.
Je découvre la glacière partiellement enterrée pour conserver la glace nécessaire pour les sorbets et rafraîchissements.
jeu de l’Oie
Le Jeu de l’Oie (1742)se pratiquait à l’extérieur suivant deux allées circulaires bordées de dalles matérialisant les cases. Des buissons, des petits charmes, des boules de graminées bordent le parcours tandis que des petits cyprès graphiques rythment le jardin. Les restaurations datent de 1999 et 2018. Au centre se trouve une oeuvre contemporaine : un marbre de Denis Macrez
Denis Macrez : corps en éclosion
C’est l’œuvre contemporaine que j’ai préférée.
« corps en éclosion, en devenir, un corps qui se fond dans la roche, dans le bloc de marbre en disparaissant et en retournant aux origines »
J’ai été beaucoup moins sensible aux diverses installations présentées dans le parc.
le belvédère
Le Belvédère,1745, perché sur un tertre artificiel, domine le paysage ; il était dédié à la détente, pavillon de chasse et de musique où l’on donnait des concerts et des collations;
L’allée s’engage dans une partie plus sauvage du parc, une forêt de très beaux arbres. On devine de loin la grande perspective avec le château.
canal des houx, plus de houx, ce sont des platanes
En descendant j’aboutis à la Juine et au marais parcouru de canaux ménageant des perspectives et des tableaux d’eau et de végétaux comme l’île artificielle à la jonction de deux canaux bordée des racines des cyprès chauves
île artificielle
je longe un moment la Juine, affluent de l’Essonne assez large qui permettait le transport local avant l’arrivée du chemin de fer en 1850. Retour au château par le Canal des amoureux en cherchant les sculptures contemporaines cachées (un vieux camion, une feuille d’acier Corten pliée : Busto N°7 de Francesco Moreti) et d’autres réalisations du même acabit : grandes plateformes en croix blanches Troisième système de Bert Theis en référence au jardin à la française (?) et pire s’inspirant du Plan pour la ville de Paris de e Corbusier (1922) !
Echelle 1.0 de Phiklippe Ramette
Non! ce ne sont pas des couvreurs géants qui font la réfection des toits et qui ont posé une échelle disproportionnée. C’est une sculpture qui est censée offrir une illusion d’optique en laissant imaginer au spectateur que le château aurait rapetissé. Pour l’art contemporain, je fais des efforts mais je ne pige pas toujours.
Platane Hybride
je préfère laisser le dernier mot à la nature et au Platane Hybride qui se marcotte
Dès l’entrée Picassonous éblouit avec sa Tête Rouge , tellement parfaite. En face un Minotaureesquissé sur un grand tableau coloré. Ils sont tous là, ceux qu’on attendait : Matisseet un collage bleu de la danse, Modiglianidessin et tête sculptée. Et puis Chagallque j’aime tant, moins attendu dans ses évocations de sa Russie natale, 6 dessins (1911) comme un roman graphique de son enfance.
Chagall: ma mère au four à pain
Moins attendus, cette série de Balthus, illustrations des Hauts de Hurlevent
Balthus : hauts de Hurlevent
Voyage en métro très coloré pour Dubuffet (11 planches)
Dubuffet : voyage en métro
Derain, Fernand Léger, Kupka, Giacometti, Camoin, Cocteau, et j’en oublie. Comment choisir? J’aimerais les garder tous. Dessins mais aussi caricatures pour certains : Ubu par Rouault
Derain : Femmes
Je suis restée scotchée dans la petite cellule où est projetée l’animation Other Faces de Kentridge
En face de Kentridge le thème de la cimaise est « Hurlements » qui pourrait également caractériser la vidéo où on voit littéralement le personnage cracher ses hurlements à la figure d’un autre.
George Grosz, déjà en 1920, dans Volkes Stimme ist Gottes Stimme dénonce la violence nazie, déjà la croix gammée figure sur la tasse.
Grosz Volkes Stimme ist Gottes Stimme
Julio Gonzalez(1941) a dessiné des femmes criant, cris aussi de Basquiat
Balbutiements est le thème suivant illustré par 4 œuvres de Paul Klee et Alechinsky avec une série de dessins danois et néerlandais que je ne connaissais pas. Inconnue de moi Miriam Cahn et bien dans le thème des gribouillages d’Henri Michaux.
On monte à l’étage pour découvrir des œuvres plus déroutantes, moins connues (de moi) pas seulement du dessin mais aussi des performances de dessins à l’aveugle, de danse avec Trisha Brown.
Brion Gysin
Influences orientales et calligraphies, près de Zao WouKi
4 mains
j’aurais dû citer Penone, Tapiès,
Et voici dans al section Superposer reviennent Picasso, ,Juan Gris, Braque, Fernand Léger et Picabia pour ne citer que les plus connus. Dommage que l’exposition ferme bientôt ses portes. Je serais volontiers revenue pour faire connaissance avec ceux que je découvre.
Je n’avais encore jamais visité le Panthéon. Ces grandes bâtisses, Sacré- Coeur de Montmartre, Notre-Dame-de-la-Garde….ne me fascinent pas du tout alors que j’adore flâner au Luxembourg tout proche, au Musée de Cluny…
Récemment, les panthéonisations de Simone Veil(2018) Joséphine Baker(2021), Missak Manouchian (2024) et Robert Badinter (2025) m’ont interpellée. J’ai écouté Robert Badinter,15 épisodes du podcast Radio France la série Mémorables. J’ai eu envie d’aller voir l’exposition qui lui est consacrée jusqu’u 8 mars 2026 au Panthéon. Je viens de finir Après Dieu de Richard Malka dans la collection, ma nuit au musée ; l’auteur a choisi de passer la nuit au Panthéon. Il fallait alors que je fasse cette visite.
Richard Malka raconte l’histoire de la basilique construite par Soufflot à la suite d’un vœu de Louis XV de manière très amusante dans Après Dieu et conclue :
« je déambule dans un bâtiment conçu pour être une église qui existe grâce à un Juif et qui a fini temple républicain. C’est un édifice multiculturel »
Le 4 avril 1791, l’Assemblée nationale Constituante le transforme en temple laïc « Panthéon des Grands Hommes » pour recevoir le corps de Mirabeau et les corps de Voltaire, Jean Jacques Rousseau et Marat y furent transférés. Trois ans plus tard Mirabeau et Marat en furent expulsés. Sous Napoléon 1er la nef fut rendue au culte. A la mort de Victor Hugo, le Panthéon retrouve sa fonction de temple laïc.
la coupole : le dôme le plus haut de Paris
J’entre dans une magnifique nef abondamment décorée avec des colonnes corinthiennes, des décors peints, des sculptures. L’abondance de décorations éblouit à l’entrée. je suis un peu perdue d’autant plus que la visite guidée a été annulée au dernier moment. Le Pendule de Foucault dont le savant fit l’expérience en 1851 attire mon regard . Je sais qu’il prouve la rotation de la Terre mais des explications supplémentaires me seraient nécessaires
Le Pendule de Foucault
Je passe entre la grande installation OMBRE EST LUMIERE de Nicolas Daubannes (exposition temporaire jusqu’au 8 mars 2026). Deux grands panneaux 4m x 11 m poudre d’acier aimantée représentant l’ancien camp de concentration du Struthof : dessin d’un paysage de forêt qui dissimule un mirador, l’image de la forêt masquant l’activité du camp.
Ancien camp de concentration de Natzweiler-Struhof
En face, un autre panneau de même dimension s’intitule Mont Valérien, une sorte de caverne où j’ai cru voir un rideau.
Ces deux grands tableaux masquent les décors de la nef. Une vidéo montre l’artiste au travail sur une autre œuvre à Rome : Seul(s) contre tous durée 11″34, il réalise un photogramme d’après l’occulus de la cellule de Galilée. Fils d’ouvrier métallurgiste, Daubanesa choisi d’utiliser les outils du métallurgiste : disqueuse, chalumeau pour souder. il projette de la limaille de fer qu’il incruste dans le verre par des étincelles. Ce procédé est fascinant mais je suis un peu déçue du résultat : le photogramme semble plutôt banal.
prison de Monluc
Dans le transept, il a installé deux autres œuvres : un mémorial de la Prison de Montluc à Lyon le photogramme est enfermé dans un échafaudage et en face un polyptique de œuvres, photogrammes et dessins.
Cette installation contemporaine , même si elle ne m’a pas conquise, est tout à fait à sa place dans la basilique. Elle a l’avantage de masquer les peintures fin XIXème des héros chrétiens qui ont marqué l’Ancien Régime : La Bataille de Tolbiac, le Couronnement de Charlemagne, La Réforme de la justice par Saint Louis etc…ou le cycle de la vie de Sainte Geneviève signé Puvis de Chavannes témoignant de la vocation hésitante du Panthéon, oscillant entre église et temple laïc, entre la restauration de l’église par Napoléon 1er et les funérailles de Victor Hugo. De toutes les façons, ces peintures ne me plaisent ni ici ni dans les musées.
Anselm Kiefer
Six vitrines ont été réalisées parAnselm Kiefer à l’occasion de l’entrée au Panthéon de Maurice Genevoixet de Ceux de 14. Elles sont accompagnées d’une œuvre musicale de Dusapin qui résonne de temps en temps. Je suis toujours impressionnée par le travail de Kieferqui trouve toute sa place ici.
Après l’art contemporain, j’ai regardé distraitement les sculptures avant de descendre dans la Crypte. L’escalier nous conduit au pied de l’urne du Cœur de Gambetta. Dans le Vestibule Voltaire et Jean-Jacques Rousseause font face
Voltaire a droit à une statue
Comme je viens de finir Après Dieu de Malka l’endroit m’est presque familier.
La suite est une sorte de pèlerinage auprès de tous ces panthéonisés que je souhaite visiter : Missaket Mélinée Manouchian ont chacun une rose, une famille de gens très bruns (peut être des Arméniens) se tassent contre les sarcophage. Je n’ai aucune attention pour les dignitaires de l’Empire mais je m’arrête pour honorer Zola,Hugoet Alexandre Dumasqu’on a regroupés ensemble sans doute se tiennent bonne compagnie comme les scientifiques Langevin, Berthelot Perrin et Painlevé (sur les photos dans le couloir on a oublié – comme par hasard – Sophie Berthelot. Marie et Pierre Curie sont à part. Félix Eboué et Victor Schoelcher sont avec Jean Jaurès, Toussaint Louverture et Delgrèssont honorés par une inscription. Bien sûr, je cherche Simone Veil proche de Monnetet Cassin, je n’ai pas trouvé le chat de Malraux
Exposition Badinter
C’est une très belle présentation qui montre Robert Badinter, ses origines familiales, et les grands portraits de Hugo et Zola. On peut visionner son intervention à l’Assemblée, sa plaidoirie pourrait-on dire pour l’Abolition de la Peine de Mort mais aussi la lire sur une grande feuille pliée. Très belle exposition qui mérite toute seule le déplacement.
Et comme j’aime prolonger mes visites à Paris et les faire résonner en marchant dans la forêt, j’ai écouté un dernier podcast : le Panthéon ou les intermittences de la mémoire nationale dans les Nuits de France Culture CLIC Comme il est un peu ancien, il ne rend pas compte des panthéonisations récentes mais il est très intéressant.
juillet Exposition temporaire jusqu’au 19 juillet 2026
Artes 110 – autoportrait symbolique
Une découverte pour moi ! Leonora Carrington (1917 – 2011) née en Angleterre, peint très jeune. Ses aquarelles peintes à Florence à l’âge de 15 ans sont bluffantes. on peut y trouver de nombreux thème qu’elle exploitera tout le long de sa vie : sa crinière rousse (venant peut être de l’Irlande de sa mère) et qu’on retrouvera dans celle des chevaux, le goût des belles robes et les petites fées fantastiques. Déjà, on note ce qui deviendra le Surréalisme.
Sisters of the Moon : Juliette (1932)
Elle voyage en Italie, pour « Le Grand Tour » et sera marquée par la Renaissance italienne
Leonora Carrington et Max Ernst (inachevé)
En 1937, elle rencontre Max Ernst avec qui elle s’installe à Saint Martin-en-Ardèche. Leur maison est une oeuvre d’art : Max Ernstsculpte à l’extérieur, elle peint les portes, les fenêtres.
Fenêtre peinte
Avec l’occupation nazie, Max Ernstest interné au Camp des Mille, comme allemand. Ils cherchent à fuir et à rejoindre l’Amérique.
Leonora Carrington et Max Ernst
Leonora passe par l’Espagne et connaît un passage difficile, à la suite d’un viol collectif, elle est internée dans un hôpital psychiatrique à Santander dans des conditions terribles
max Ernst : Le médecin Espagnol (c’est le monstre à côté du cheval, Leonoral s’enfuit et le mouchoir représente Max Ernst..
Elle finit par retrouver les surréalistes à New York en 1941 puis s’installe à Mexicoen 1942
Kati Horna (1947) Portrit de Leonora Carrington
Sa production est présentée dans la section Le voyage de l’héroïneet Cuisine Alchimique. Le plus souvent ésotérique, toujours surréaliste. je retrouve ses obsessions : le cheval, son alter-ego, les oiseaux parfois familiers, souvent effrayants,
ladies run there is a man in the rose garden
Souvent de nombreux personnages peuplent le tableau. Il faudrait rester longtemps pour découvrir les détails. Malheureusement on se bouscule dans les salles du Musée du Luxembourg.
Certains tableaux sont effrayants d’autres très amusants comme cette sorcière qui donne une perle à un aigle observée par deux spectateurs cachés
Nourrissant la table
Avec Leonora Carrington, le surréalisme peut être très amusant!
Bodys Isek Kingelez – projet pour Kinshasaa aménagé le
J’ai toujours beaucoup aimé la Fondation Cartier,Bld Raspail, dans le beau bâtiment de JeanNouvelavec le jardin. Le nouveau site se trouve dans un emplacement prestigieux place du Palais Royal, en face du Louvre, dans un immeuble haussmannien édifié pour l’Exposition universelle de 1855.
Au premier plan sculpture de bois de Véio au fond Ribalta d’Eliane Duarte
Pour son ouverture, l‘Exposition Générale présente les collections sous 4 thèmes : Machines d’Architecture, Etre nature, Making thingset Un Monde réel . Les œuvres sont réparties sur trois niveaux ouverts les uns sur les autres : on peut découvrir le niveau -1 en surplomb. Cette présentation ne facilite pas la visite. J’ai été déconcertée par la variété des œuvres, des artistes, des provenances. Pas de rétrospective d’un plasticien. Encore moins d’aire géographique, un Japonais côtoie des Français, des Brésiliens, un Chinois. Art textile et sculpture de bois. Dessins minutieux noir et blanc et grande installation.
Garouste – Indienne
Heureusement, pour orienter le visiteur perdu, la Fondation a prévu de nombreux médiateurs tablette numérique à la main qui vont compléter les explications des cartels. Il y a aussi des visites-flash.
Plutôt que de tout voir et de passer vite devant les œuvres proposées, j’ai préféré me limiter au rez-de-chaussée
petite Cathédrale Alessandro Mendinii
les Machines d’Architecture accueillent le passant dès l’entrée . Devant la petite église de mosaïque : Petite Cathédrale(2002) d’Alessandro Mendini, j’hésite, est-ce une maquette? Elle est plus grande que certaines chapelles. Ni croix, un autel doré étrange, un campanile qui pourrait être un minaret, ce n’est pas un projet réalisable, plutôt une rêverie, suggère le cartel.
Une feuille de béton ondulante est une véritable maquette d’une chapelle au milieu d’une forêt chinoise. Chapelle en couloir ondulant, dépouillée. A-t-elle été construite? Nul ne le sait, l’architecte japonais n’a peut-être pas eu l’autorisation du pouvoir chinois. On peut aussi rêver….
le sapin sur la colonne
A quel stylite est destiné cette colonne? Comme Syméon le Vieux (392-459) dans le désert de Syrie. C’est un petit arbre, un conifère, il semble qui attend son arrosage automatique hebdomadaire. Encore un objet sont la seule fonction est de nous interroger.
Perchée sur un arbre en bois, un vrai tronc, la chatte Nini en bronze d’Agnès Varda. Clin d’oeil sympathique!
Bodys Isek Kingelez projet Kinshasa utopique
Ma préférence va au projet de Kinshasautopique de Bodys Isek Kingelezavec ses jolies maquettes colorées, son stade Lumumba, sa promenade le long du fleuve Congo, on s’y croirait presque.
Caï Guo-Qiang : papier de riz et poudre à canon
Une grande salle claire regroupe les œuvres diverses sans lien apparent entre les unes et les autres. Heureusement, une médiatrice explique comment le plasticien chinois a dispersé de la poudre à canon, a recouvert d’ un panneau pour contenir les explosions. Caï Guo-Qing est un artificier qui a fait des spectacles pyrotechniques remarqués dont la fête de fermeture du Centre Pompidou CLIC
Simon Hantai
Sans transition, un très beau panneau orange de Hantai obtenu par de multiples pliages.
Othoniel paysage amoureux
Le paysage amoureux d’Othonielm’a beaucoup touchée : les fines perles forment un très long réseau rouge comme le sang des veines et des artères passant par de grosses perles rouge comme des cœurs, et d’autres organes. « objet rituel et érotique » note le cartel.
Ribalta Eliane Duarte (Brésil)
Les cordons de tissu tressés avec des plumes, du lurex, des matériaux recyclés, contiennent des « trésors » sorte de cristaux ou petites mains de plastique. On dirait qu’elle a voulu y enfouir des secrets. A quoi correspondent ces cordes qui ressemblent à des racines d’arbres ou peut-être à la mangrove. Des centaines de mètres, peut-être des kilomètres de travail manuel patient, méditation, ou rituel .
Impossible de rendre compte de toutes les objets exposés, des installations luxuriantes ou minimalistes . Je reviendrai. Pas pour tout voir, pour choisir encore des oeuvres qui me parleront.