Iles Eoliennes

CARNET DU MEZZOGIORNO (SICILE)

Stromboli

L’excursion est bien organisée. Une navette vient nous chercher à 7h dans le virage juste à côté du cancello. Au port, à Tropéa, notre bateau n’est pas encore là, il est pris d’assaut dès son arrivée pour occuper les sièges du pont découvert. Nous trouvons des banquettes bien rembourrées en bas ; Dominique sera bien à l’ombre  et je bougerai tout le long de la traversée.

Trois îles au programme : Vulcano, Lipari et Stromboli.

Vulcano

Nous quittons Tropea , ses falaises et son église sur le rocher, le navire vire au large. Presque deux heures en pleine mer sans rien à voir ? Rien, si ! La guide crie d’excitation « Delfini ! » Je monte sur le pont. Toute une troupe de dauphins, je n’en ai jamais vu autant, ils sautent, font des pirouettes avec un mouvement d’ensemble, une véritable chorégraphie. Ils suivent longtemps le sillage du bateau et sautent dans l’écume. Evidemment, je ne réussis pas à les filmer, il y a toujours une tête, un bras, une perche à selfie dans le viseur. Ces selfies sont vraiment ridicules.  Que des adolescentes prennent la pose, c’est de leur âge. Quand il s’agit de Russes largement ménopausées, mais très apprêtées, qui se recoiffent et minaudent et qui s’échangent les clichés sur leurs téléphones, c’est affligeant. Parmi les passagers, il y a un bon tiers d’Allemands, autant de Russes et le reste des Italiens et de rares Français. Le voyage est commenté en Italien d’abord, puis en Anglais, en Russe et enfin en Français. La guide francophone, Manuela, est très sympathique et vient souvent prendre de nos nouvelles.

Un peu avant 10 heures, nous approchons de Vulcano et de Lipari qui sont voisines. Vulcano est un volcan, de son cratère blanchi on devine des fumerolles. Ses roches sont très colorées, rouge, jaune mais aussi turquoise et vert.

Bains de boue sur Vulcano

1h30 d’arrêt sur Vulcano. Au choix, des bains de boue chaude (+ de 35°C) 3€ l’entrée et 1€ jeton pour la douche ou une baignade gratuite sur la plage de sable noir. Je choisis la boue (j’aurais trop regretté se ne pas avoir sauté sur l’occasion) ; Un bassin contient une eau boueuse agitée de bulles, jacuzzi naturel. Seules les têtes de baigneurs émergent, ils ressortent couverts de boue(c’est le but de garder cette boue le plus longtemps possible, elle est censée guérir les affections rhumatismales ou dermatologiques). Pour simplifier les déshabillages je décide de me baigner en slip et soutien-gorge blancs, ils seront sales et gris de toutes les façons. La boue est vraiment diluée, rien à voir avec Lidia en Macédoine. Ce n’est pas une expérience exceptionnelle. Je respire les émanations sulfureuses et m’attarde devant les dépôts de soufre puis fils me débarrasser de la boue sous la douche. Je me suis rhabillée trop tôt : il existe un accès à l’eau de mer par des rochers noirs fumants ; J’aurais pu également me baigner dans la mer.

Affleurement de soufre

Quand j’arrive sur la plage noire, c’est trop tard. Je me contente de marcher les pieds dans l’eau. Le sable noir est recouvert par des graviers beiges par endroits. Avec ses installations de plage trop nombreuses, elle a perdu de son charme. Je flâne dans la rue pleine de boutiques qui proposent des blocs de soufre, des pierres ponces, de l’hématite et des bombes, ou plutôt des géodes coupées en deux. Galerie marchande sans intérêt qui vend aussi t-shirts, paréos et chapeaux pour les touristes imprévoyants. Je regarde avec envie le cratère fumant au-dessus du port ; pas le temps de s’approcher, il faut déjà remonter à bord.

Tour de LIpari

15 minutes de traversée entre Vulcano et Lipari où débarquent les passagers qui n’ont pas payé le supplément « tour de l’île »(10€). A petite vitesse le bateau s’approche des rochers spectaculaires dressés en pleine mer comme des colonnes géantes (60 m pour la plus haute) , ou rougeâtres de lave solidifiée en formes bizarres qui permettent d’imaginer un profil ou un cheval…couleurs changeantes passant du rouge au noir avec des traces vertes. Devant une petite arche un beau voilier blanc a jeté l’ancre. La piscine de Vénus est une piscine naturelle d’eau turquoise, on raconte qu’Aphrodite, après avoir trompé Héphaïstos, y aurait retrouvé sa virginité.  Le petit tour enchanteur a duré une heure.

Escale d’une heure et demie à Lipari pour déjeuner ou visiter la ville. Sur le port on trouve bars et terrasses des restaurants. La capitale de Lipari est une vraie ville.   La rue qui monte à l’acropole est construite de belles maisons de pierres avec des porches sculptés et des balcons aux ferronneries arrondies pour les robes à paniers des belles dames , nous sommes bien en Sicile ! Le symbole de Lipari est un cercle de fer forgé aux coins des balcons avec deux épées normandes qui se croisent et coupent les vents.

Lipari : port et Acropole

Acropole

Sur l’acropole est construit le château médiéval et une grande église baroque.  Je monte l’escalier théâtral jusque la cathédrale baroque en peinant un peu sous la chaleur de midi. Dans un jardin sont exposés les sarcophages antiques grecs ou hellénistiques. Un site archéologique livre des ruines grecques ou romaines. Différents bâtiments du château sont occupés par le Musée Archéologique : salles de Préhistoire, salles grecques et romaines, salle consacrée à la Géologie de l’île. Cela me passionnerait mais la billetterie est déserte. A un homme qui passait par là, je demande si le musée est ouvert ou fermé. Geste d’impuissance « pomeriggio… »

Lipari sous le signe du corail

La plupart des passagers sont allée au restaurant, je rapporte au bateau deux arancini. Comme il reste encore un petit quart d’heure je m’installe pour un café et mange une délicieuse glace pistache-citron. Il me faut courir avant que le marin ne retire la passerelle.

1h10 entre Lipari et Stromboli en longeant un moment Panarea (l’île de la jet-set) qui a donné son nom à notre bateau « Magic Panarea ». Face à l’île deux îlots rocheux. Je ne veux pas rater l’arrivée au Stromboli et monte sur le pont supérieur. Il approche , j’ai déjà pris une bonne dizaine de photos et j’étais d’abord impressionnée par ce cône parfait avec un cône plus récent emboîté ; quand soudain un panache s’élève : une éruption ? Je suis toute émue. J’avais presque oublié que Stromboli est un volcan actif ! Je guette les projections ; Une colonne de vapeur d’eau blanche s’élève, parfois une petite émission grise.

Au large de Panarea

 

En bas, Dominique profite de l’écume du bateau an premier plan pour faire des photos superbes.

En s’approchant encore, on voit une face gris plus foncé, pierrier géant des émissions récentes pas encore érodées. Je suis toute excitée. Sur les côtés la végétation a colonisé la pente et les coulées anciennes.

Stromboli et son panache

1h30 à Stromboli. L’ascension compte 3h à la montée et 2 à la descente, il faudrait rester une journée entière ou passer la nuit. Je visite donc le village de maisons blanches, cubiques avec des lauriers roses et des bougainvillées débordant des murs. Enseignes colorées. On se croirait dans les Cyclades. Tourisme de passage, tourisme sportif, vulcanologie. Ailleurs on louerait des voitures, des vespas ou des quads, à Stromboli on loue des chaussures, des bâtons de marches et des casques (j’avais oublié les bombes). L’église est baroque et toute blanche.Nuages baroques, lustre ,quel luxe pour une si petite paroisse. Les putti musiciens sont groupés par trois au sommet des chapiteaux, nous sommes bien en Sicile !

Stromboli

Plage de galets noirs, à structure spongieuse comme de la ponce ou des scories arrondis par la mer mais peu confortable pour s’asseoir, encore moins pour marcher pieds nus. Il me reste une bonne demi-heure pour nager dans une eau d’une transparence exceptionnelle, à l’ombre du volcan elle parait bleu foncé.

Stromboli et ses maisons blanches

1h30 pour rentrer au port qui passent très vite à trier nos nombreuses photos. L’équipage annonce au micro la répartition des passagers dans les navettes et les cars qui nous ramènent aux différents hôtels. C’est vraiment très bien organisé !

De retour au gîte sous une très belle lumière, je guette le coucher du soleil. Et le voilà encore : le Stromboli ! La visibilité est parfaite ; je retourne à la nuit tombée, espérant un feu d’artifice du « phare de la Méditerranée » mais c’est vraiment trop loin.

Hacienda Baru, Dominical, Dominicalito

CARNET DU COSTA RICA

Les oiseaux sonnent le réveil à 5h42, juste avant le lever du soleil.

De 6 à 7 h Birdwatching dans les allées d’Hacienda Baru. Un guide naturaliste plante le scope et cherche les oiseaux perchés dans les arbres. Le guide est jeune, fin, beau comme une fille avec des yeux en amande et des cheveux bouclés relevés en chignon.

Ici on n’attire pas les oiseaux avec des bananes. Vient qui veut. Ou ne vient pas. C’est une Réserve Biologique. On n’interfère pas dans le comportement naturel des animaux.

Deux petits perroquets verts sont perchés très haut. Il n’y en pas de rouge ici. Il y a des toucans mais pas ce matin. Ils sont occupés ailleurs. En revanche un pic à tête rouge a creusé son nid. Une tourterelle a le même chant agaçant que les tourterelles européennes mais elle est plus petite et a un bien plus beau plumage.

Hacienda Baru

Je peine à retenir le nom de tous les petits oiseaux : Euphonia jaune (organiste m’apprend wikipedia), tanager en anglais tangara ou calliste en français, noir et rouge, colibris. La sécheresse sévit depuis deux semaines il n’a pas plu, et pendant deux mois avant. Pour que les plantes décoratives de l’hôtel ne meurent pas on les arrose. Le tuyau est perché dans un arbre, il en sort un très fin jet de gouttelettes qui fait le bonheur des petits oiseaux. Chacun à son tour prend une douche. Trois américaines se joignent à nous, munies de grosses jumelles d’un appareil photo avec téléobjectif puissant et du livres Birds in Costa Rica. Avec mes petites jumelles, je suis la touriste et ne vois pas grand-chose. C’est tout un apprentissage que de repérer un petit oiseau vert dans des feuilles vertes. A peine l’ai-je dans l’oculaire qu’il s’envole « se fue » est la phrase en Espagnol que j’ai prononcée le plus souvent depuis mon arrivée au Costa Rica. Pour la photo, pire encore. Ornithologiste est un métier que je n’ai pas appris. En vieillissant, je vois de moins en moins clair. Sans parler des lunettes que j’ai cassées dans l’avion. Heureusement, j’avais pris les lunettes de lectures ; mais pour les oiseaux, cela ne vaut rien. Les guides repèrent les oiseaux à l’ouuïe qu’à la vue. Il connaissent les chants, savent où chercher, et trouvent !

Petit déjeuner-buffet. Rien à dire !

La Réserve Hacienda Baru a tracé de beaux sentiers bien propres avec des panneaux explicatifs pour les promeneurs individuels. Le sentier « pizote »(coati) et « saino »(pécari) peuvent se combiner pour une belle boucle de 5 km en sous-bois. Je me promène à l’ombre par une température idéale. Evidemment, je passe à côté d’énormément de choses qu’un guide m’aurait expliquées. La Réserve a été crée en 1976 sur un terrain largement déboisé par les agriculteurs. On se promène en partie dans la forêt Primaire qui subsistait. Je ne verrai pas les jaguars et autres félins recensés ; j’aurais bien aimé voir le tatou mais il est nocturne. Iguanes et agoutis se promènent librement entre les bungalows comme des animaux familiers.

sur les sentiers d’Hacienda Baru

Je me promène avec une impression de sécurité sur les sentiers balayés ; les bêtes dangereuses se cachent peut-être dans les broussailles, peu de chances qu’elles en sortent. Ficus et palmiers font une ombre assez dense pour garantir la pénombre. Pénombre bruyante : cigales et oiseaux se font concurrence dans les « bruits de la jungle ».

On raconte que le ceibo – le grand kapokier – dépassait toutes les cimes des arbres et se voyait de la mer ; Il a donné son nom au secteur. Le restaurant et la station-service perpétuent son souvenir. Une tempête l’a abattu. D’autres kapokiers poussent mais aucun n’est aussi haut.

Un guide montre à un groupe de touristes le Grand Potoo, (Nyctibius Grandis) au Grand Ibijau, sorte de hibou nocturne qui se camoufle en ressemblant à une branche cassée.

Cette agréable promenade se termine par la rencontre avec les Singes capucins à face blanche.

Il y a quelques temps, les hommes ont contaminé les primates avec la fièvre jaune qui a exterminé les singes hurleurs de la région. Seuls les capucins sont revenus. Six familles ont colonisé la Réserve. Le groupe qui est apparu est peu nombreux : 4 ou 5 adultes et un bébé. Curieux de ma présence, ils se sont rapprochés. Nous nous sommes mutuellement regardés. Puis ils sont retournés à leurs occupations dans les branches hautes.

La plage

Hacienda Baru : la plage

10 minutes par la piste à l’ombre, 2×20 minutes de marche les pieds dans l’eau sur une plage extraordinairement propre. Est-ce le résultat de la campagne de panneaux et d’affiches contre l’abandon d’ordures sur les plages « même les déchets de coco », le tri sélectif proposé partout, ou la faible densité humaine ? Je profite bien de la balade et rentre un peu après midi.

Dominical et Dominicalito

dominicalito
la plage de dominicalito

Pas question de déjeuner au restaurant de la Hacienda ! Nous avons de visiter Dominical réputé pour ses vagues, un spot de surf attirant les surfeurs du monde entier. Sur la route, Dominical est très mal indiqué. Nous nous attendions à voir une station balnéaire, une petite ville. On ne voit rien. Du côté de la montagne on devine sous les arbres des villas dispersées ; en contre-bas de la route pas grand-chose, deux resorts. Quelques centaines de mètre plus loin, nous avons dépassé et arrivons à la petite plage de Dominicalito qui est une charmante anse bordée de cocotiers bornée à chaque extrémité par des rochers hérissés de cocotiers et même une petite île. Ainsi abritée, la plage est tranquille sans les grandes vagues de Dominical. A l’arrière une lagune avec des hérons, des aigrettes et des cormorans. Sur la plage une troupe de vautours qui se repaissent de restes de poissons laissés par les pêcheurs. Les barques et les cabanes sont cachées sous les arbres. Sur la plage il y a aussi des limicoles qui ressemblent à des courlis.

Dominicalito : lagune

En dehors d’une série de hutte où l’on propose des pipas (cocos) il n’y a pas de restaurant acceptable selon nos standards (une échoppe propose des sandwiches mais il n’y a pas de frigo). Nous reviendrons à Dominicalito. Mais l’urgence est de trouver de quoi manger !

La route de la plage de Dominical est bordée d’une sorte de marché hippie avec des fripes, paréos, pantalons de batik, sarouels et étoles aux motifs indiens. On vend également des bijoux artisanaux, pierres montées sur des lanières de cuir ou des ficelles. Surfs d’occasion. Sur la plage il y a tout un campement de tentes rondes Décathlon comme celles des migrants à Paris. Ce campement « déshérité » est peuplé par les surfeurs qui n’ont rien en commun avec Brice de Nice. Hippies de tout âge, dreadlocks ou chignons sur le haut du crâne, tatouages, piercings…On imaginerait un parfum de marie-jeanne, mais non ! nous sommes au Costa Rica, pays où il faut se cacher pour fumer et même pour vapoter.

Où mangent donc ces gens ? Un seul restaurant sur la plage et un seul plat au menu : ailes de poulet frites. Cher ! Nous n’avons pas envie de ces ailes ruineuses. Je trouve enfin un supermarché et achète un Fanta bien chimique en bouteille géante de 2.5 L (heureusement que nous avons un grand frigo !

Nous décidons de retourner à Matapalo au restaurant A Kachete où nous avons mangé hier ; Au moins nous ne serons pas déçues !Hamburgers pour changer. Pour dîner des yaourts.

coucher de soleil sur Dominicalito

Au coucher du soleil, nous sommes retournées à Dominicalito : couleurs somptueuses. Dominque fait photo sur photo, toutes aussi réussies.

Sentier des douaniers jusqu’au Petit Capo – Grand Capo – Golfe de Liscia

CARNET CORSE

D’après le Guide Evasion 2h30 jusqu’au Grand Capo AR 7km.

Comme une petite route rejoint le Petit Capo nous nous y donnons rendez-vous. La balade est facile, pas de marquage mais un seul sentier, le plus souvent une entaille dans les lentisques ou les buissons couverts de salsepareille. Un petit sommet fait de l’ombre sur le chemin le matin. Les joggers et des cyclistes sont nombreux le dimanche. Quelques cabanons sont construits sur le Petit Capo. La plage n’est pas très belle, ce n’est pas l’heure pour la baignade et la paillote a déjà tout vidé pour la fermeture annuelle.

sur le chemin vers Petit Capo

Nous reprenons la voiture pour Grand Capo par Pisinale sur le goudron et ensuite sur de grandes pistes qui vont aux paillotes. Chaque paillote a son grand parking ; à 11h ils sont déjà complets. C’est un spot de surf, il y a de belles vagues ce matin, impossible de se baigner.

beaucoup de vagues aujourd’hui

Nous décidons de chercher une autre plage et un joli restaurant. La petite route vers Saint Antoine traverse un vallon herbu avec des vaches et des balles de foin emballées dans du plastique ; elle gravit ensuite une montagne escarpée et nous nous retrouvons à l’arrière d’Ajaccio. D’après la carte, j’aurais aimé trouver la D61 pour Alata qui passe au pied du château et qui relie le Golfe de Lava. Une fois arrivées au pied des immeubles d’Ajaccio, impossible de naviguer à la carte. Le GPS prend le relai et nous ramène sur les grands axes dans les carrefours de la rocade entre les grandes surfaces commerciales et autres horreurs urbanistiques.   Nous quittons Ajaccio sur la route de Cargèse (D81) qui s’élève jusqu’au col de San Bastiano après une montée interminable et d’une descente aussi interminable.

La petite route marquée Ancone et Pevani longe la longue plage d’Orcino bloquée par les installations du Club Marmara puis ouverte un peu plus loin. Sur la plage deux restaurants : le Malibu mieux situé, aïoli au menu, mais accueil très moyen, Les Tamaris en retrait de l’autre côté de la route, pizzas moules et poissons.

Je joue un peu avec les vagues, pas très rassurée. Derrière les crêtes des vagues je peux nager confortablement. Nous commandons deux pizzas, gigantesques et délicieuses. Les serveurs sont charmants. Comme nous sommes bien incapable de terminer les pizzas, la serveuse apporte une boite en carton et emballe les restes. Dîner assuré !

Deuxième baignade, moins de vagues et surtout plus de baigneurs y compris de très jeunes enfants qui me rassurent. Je prends beaucoup de plaisir.

Porticcio, l’Isolella, Coti-Chiavari, Capo di Muro

CARNET CORSE

punta di sette nave

excursion  du sud du Golfe d’Ajaccio.

Il faut traverser la ville sur le bord de la mer puis se diriger vers l’aéroport et longer les pistes, on arrive ensuite à Porticcio. La plage d’Agosta nous a tenté pour une longue baignade face à l’hôtel Radisson. Eau tiède pour ce premier jour d’automne, j’ai le plaisir de nager avec deux ou trois gros poissons que j’observe sans masque ni tuba.

Nous faisons le tour de la presqu’île de l’Isolella à la recherche du sentier qui mène à la Tour génoise. Cette presqu’île est pittoresque mais beaucoup construite. Il faut guetter les échappées entre murs et haies qui cachent la mer. Par hasard, nous arrivons à la Punta di Sette Nave où des rochers granitiques sont – d’après une légende – sept navires envahisseurs pétrifiés. Des canoës et kayaks se faufilent entre les rochers d’un véritable chaos qui ferait penser à la Bretagne ou à la Sardaigne. Un gros zodiac libère des plongeurs en combinaison. Je découvre des criques minuscules puis monte à la tour en très (trop) bon état.

Tour génoise de l’Isolella

En quête de pique-nique, nous allons au « marché corse » de Pietrosella où le charcutier nous découpe un assortiment de charcuteries, jambon, coppa, saucisson avec du fromage de brebis vraiment très, très fait, même très fort.

Où pique-niquer ?

La plage d’Argent est vraiment très belle avec son sable blanc. Des panneaux préviennent que des « vaches sauvages » peuvent y divaguer et qu’il ne faut pas les approcher.

Eucalyptus

Nous préférons nous enfoncer dans la forêt de Coti-Chiaravani sur les flancs de la montagne. Sur les bords de la route, les eucalyptus ont des troncs d’un diamètre impressionnant, qui s’épluchent en rubans qui pendouillent comme des serpentins d’une saint sylvestre passée…Leurs branches ont une envergure extraordinaire. Ils parfument l’air.

Pénitencier de Coti-Chiavari

Nous nous installons en face du pénitencier de Coti Chiavari , pénitencier agricole construit sous Napoléon III à la place de l’établissement construit du temps de Gènes. Les bâtiments rénovés (hangars à foin) sont impressionnants, les constructions annexes sont plus énigmatiques comme ce haut campanile ou une construction ovale (une citerne ? un magasin ?) Le Guide Evasion fait état d’une mortalité inouïe parmi les prisonniers (110 en un an sur une population carcérale de 500), en raison du paludisme et du travail très dur.

Penitencier bâtiment énigmatique

La route qui monte en lacets serres passe dans une forêt dense de chênes lièges (exploités pour le liège). Les 5 km indiqués sur la care paraissent interminables.

Le petit village de Coti-Chiavari (581m altitude) a construit une belle terrasse face au Golfe d’Ajaccio. Un peu plus loin, perchée sur la colline, la petite église a un clocher de granite.

église de Coti-Chiavari

Nous poursuivons la route jusqu’au Capo di Moru qui ferme le Golfe d’Ajaccio et qui porte encore une tour génoise. Le vent s’est levé, les vagues battent les rochers. J’aurais aimé me baigner à la Plage des sables d’Argent . Impossible de nager, seuls les surfeurs sont à la fête. Je m’amuse un moment debout contre les vagues puis renonce.

Iles Sanguinaires

CARNET CORSE

Les îles Sanguinaires

17€ –  L’excursion dure une heure sur un confortable bateau hybride vert-blanc et bleu qui utilise son moteur thermique au départ (discret, aucune odeur).  En face de la grande île Mezzu Mare, il semble s’immobiliser et vogue dans le silence total d’un véhicule électrique. Maintenant il n’y a plus aucune activité en dehors du phare qui est un des plus puissants de Méditerranée mais automatisé et fonctionnant à l’énergie solaire. Autrefois, il y avait également un sémaphore d’où la Marine Nationale contrôlait le trafic des bateaux dans le golfe d’Ajaccio. Ce contrôle a été transféré à terre. La Marine compte aménager le bâtiment de l’île pour accueillir des classes vertes et des animations pédagogiques sur la flore et la faune de l’île. Les pêcheurs de corail revenant d’Afrique étaient mis en quarantaine dans un lazaret dont il reste des morceaux de murs.

Mezu mare

Certains malades du lazaret étaient saignés. Le sang rejeté en mer coagulait formant des plaques noirs les« sangui neri » qui ont donné le nom aux îles. Contrairement à ce qu’on pense à priori, elles n’ont causé aucun naufrage terrible, elles ne prennent pas la couleur du sang (rouge) au coucher du soleil comme le prétendent certains guides touristiques, elles sont noires. Autre étymologie possible : elles sont notées sur une carte ancienne comme Sagonaires (de Sagone qui était le siège de l’évêché, donc ville importante).

murs du lazaret

Une petite tour carrée : castelluccio était une tour défensive pour protéger l’ile des attaque d’artillerie tandis que les tours à signaux génoises rondes étaient vulnérables aux boulets de canon.

Trois autres îles beaucoup plus petites dans l’archipel servent de refuge aux cormorans. L’isoletta di Porri (îlot des poireaux) rappelle que des pêcheurs contrains d’y attendre les secours pendant une tempête y subsistèrent une semaine en suçant les tiges des poireaux sauvages (qui ressemblent à de l’ail).

La Parata : Tour génoise

Deux itinéraires permettent de faire le tour de la Pointe de Parata : la première par un cheminement facile (piste cyclable et piétonne) va jusqu’à la brasserie/magasin de souvenirs  puis passe à la base de la Tour Génoise de Parata très bien restaurée qui possède encore son dispositif de télégraphe. La presqu’ile ressemble à s’y méprendre à l’île de Mezzu Mare, elle est reliée à la corse par une fine bande de terre.

plantes du maquis

Le sentier est balisé avec des panneaux botaniques présentant les plantes du maquis. Je mets un nom sur cet épineux sec en été énigmatique : le Calicotome velu, Lentisque pistachier, salsepareille ont aussi leur présentation. Un petit sentier escarpé lait le tour de péninsule du côté de la mer. C’est une promenade tranquille. Derrière la brasserie ce chemin continue taillé dans les lentisques pistachiers qui poussent serrés. Une heure plus tard je suis de retour à la Maison du Site.

Déjeuner sur la plage

A midi nous trouvons une charmante plage au pied de la paillote « le Goéland », restaurant nous prenons place à l’écart à l’ombre d’un mûrier. J’en profite pour aller me baigner avant le déjeuner.

Sable blanc, eau turquoise très tranquille ; Je nage de bouées en bouées m’étonnant de la douceur à la fin septembre. Service très attentif et prix raisonnable 13.90€ pour le plat du jour : dos de cabillaud servi avec une purée de carottes, une sauce fine citron et du riz. Dominique prend des moules farcies délicieuses.

Après le repas je retourne me baigner. Des jeunes jouent au foot tennis pieds nus.

Je termine par un café gourmand après de longues baignades.

De Porto à Ajaccio : Cargèse et Sagone

CARNET CORSE

La plage au nord de Cargèse

Plaisir de repasser par les calanche de Piana, de revoir les rochers bizarres, les échappées sur le Golfe de Porto. La route d’Ajaccio D81 quitte le littoral, nous ne retrouverons la mer qu’à l’approche de Cargèse. La route traverse une très belle forêt de chênes ; Le long de la route on a planté des eucalyptus aux troncs géants qui s’épluchent en lambeaux verticaux retombant comme des serpentins après une fête.

Le maquis est formé de buissons plus bas, plus sec. On ne voit plus les arbousiers bien verts.

Eucalyptus sur la route

Cargèse est une petite ville dont l’histoire est singulière. En 1676, 600 Grecs, venus de Vitylo,  fuyant l’occupation turque, s’installèrent  à Paomia, un village de l’intérieur. A la suite de conflits avec les bergers corses, Marbeuf fit construite en 1773 120 maisons et deux églises. Dans Colomba de Mérimée que j’ai lu récemment, Miss Nevil, la jeune Anglaise snob, notait que les villages corses étaient bâties sans plan et qu’il fallait aller à Cargèse pour voir une rue que Marbeuf avait construite.

Cargèse : église catholique

Autour de la table d’orientation, en haut du village plusieurs panneaux racontent l’histoire de Cargèse depuis la Préhistoire (plusieurs dolmens et une statue-menhir figurant un visage se trouvent dans les environs). Je descends dans le village qui est bien tel que l’avait décrit Mérimée : des rues parallèles des raidillons qui les recoupent à angle droit. Les maisons ont généralement deux étages et des balcons de fer. Peut être sont celles que Marbeuf a fait construire ? La plupart sont plus récentes. Une petite maison jaune porte une plaque  bilingue corse/grec rappelant qu’ici vivait un prêtre grec. Sur la mairie, une autre plaque célèbre le jumelage Itylo/Cargèse.

rgèse église orthodoxe
Carghèse : églises

Deux églises se font face, chacune sur une petite place perchée séparée par un vallon fleuri de plumbagos, Yuccas, hypomées, lauriers-roses. Elles sont symétriques. L’église catholique est très décorée à l’intérieur avec de nombreuses statues. L’église Grecque fait l’exact pendant, seule l’iconostase et les fresques (modernes) diffèrent.

 

Le port est une petite marina avec de jolis restaurants et des départs pour les excursions à Scandola.

Le soleil a dispersé les nuages, il est bien chaud. Temps de trouver une plage. Juste avant Cargèse, il y avait une grande plage de sable. Nous n’avons pas envie de revenir en arrière. Nous ne trouvons pas l’accès (à pied) à la plage de Menasina, repérée de la marina, celle de Stagnoli ne nous attire pas trop : il y a des rochers, des vagues et des écriteaux signalant que la plage est dangereuse.

Près de Sagone

Nous ne trouvons qu’à Sagone une grande plage de sable blanc proche de la route, des restaurants. Nous nous installons sur le parking du Restaurant Torraccia : beau mobilier blanc, une voile triangulaire qui fait de l’ombre, un filet comme ceux qui camouflent les tanks mais blanc, . Dominique s’installe à une table. On se régalerait bien d’une pizza. Aujourd’hui, mercredi, c’est fermeture hebdomadaire. Après une très longue baignade nous pique-niquons sans vergogne sur les tables blanches.

Une vieille sorcière vient à ma rencontre pendant que je longe le bord en nageant, poussant une frite rose recourbée dans l’eau. Elle mâche du chewing-gum en grimaçant. Elle s’amuse à me faire peur « il y a une méduse » . Comme je ne semble pas effrayée par la prétendue méduse, elle m’avertit qu’il y a un étron flottant à côté de moi. Cela me dégoûte et je sors.

plage

Après Sagone, la route 81 est en travaux. Les nuages envahissent le ciel La route est moins agréable. En regardant vers la mer, nous voyons la merveilleuse plage blanche de Liamone, Ancone et le Golfe de Lava. Nous nous promettons de revenir.

la vue du balcon sur les îles Sanguinaires

Le GPS nous fait tourner dans les zones commerciales d’Ajaccio, l’arrivée paraît interminable. Nous aboutissons dans le parking de la Résidence « Les Crêtes »  au-dessus de la route des Sanguinaires. Mauvaise surprise, nous sommes au second étage sans ascenseur. La vue du balcon est merveilleuse.

 

Philakopi : site antique

CARNET DES CYCLADES – MILOS

 

La dame de Phylakopi

Après une baignade à Pachaina je rejoins à pied le site archéologique de Phylakopi dont j’ai admiré les céramiques au Musée de Plaka. Il ouvre à 8h. Les vestiges ne sont pas spectaculaires mais ils sont bien expliqués et font revivre cette cité.

Le site fut fouillé dès 1896-1899 par l’Ecole britannique d’Athènes.

Chronologie

Les murailles de Phylakopi

Phylakopi fut un port important pendant l’Âge de Bronze avec deux ancrages de chaque côté d’un promontoire.

Céramique géométrique de Phylakopi (au Musée archéologique de Plaka)
Céramique géométrique de Phylakopi (au Musée archéologique de Plaka)

Période I (2300-2000) : poteries géométriques

Période II (2000-1600) peintures d’animaux : influence crétoise

Période III (1600-1400) Phylakopi s’entoure de murs, forte influence minoenne, peintures murales

rhytons en forme de bovins (Musée de Plaka)

Période IV (1400 – 1100) domination mycénienne sur les Cyclades : construction d’un Megaron( palais mycénien) et d’un sanctuaire

1090 destruction du site par un séisme disparition de traces humaines

2ème Guerre mondiale : fortifications allemandes occasionnant des destructions

Cette chronologie me conforte dans l’impression que j’avais eue au Musée de Plaka de la parenté avec art crétois (thèmes marins, rhytons en forme de taureau) les fresques me font penser à Akrotiri (Santorin).

Un chemin entre deux cordes canalise les visiteurs. Au nord, je découvre une plage de galets et en face les vestiges du Megaron. Une tablette écrite en Linear A minoen y a été retrouvée. Le mégaron mycénien comportait un vaste hall au sol cimenté avec un foyer en son centre des corridors et des petites pièces. Les premières fouilles mirent en évidence des peintures tombées du plafond représentaient un personnage féminin avec une frise de poissons volants. Plus tard on retrouva également une frise de singes bleus bordée de spirales.