le 21 juin, arrivée de l’été au Capo Vaticano

CARNET DU MEZZOGIORNO (CALABRE)

Capo Vaticano

Dernier jour au LImoneto, nous faisons une pause pour profiter des environs, de notre terrasse, du jardin, des plages.

Juste après le tournant sur la route de Ricadi, sur la route parallèle à la côte nous prenons la première descente fléchée Tonicello –route privée avec une barre limitant l’accès. Comme elle est ouverte, nous tentons notre chance. Elle dessert des hôtels, des résidences dans des jardins très fleuris puis devient de plus étroite et se termine par un cul de sac. Peut être à pied trouverions nous une belle plage ? Mais où laisser la voiture ? Demi-tour laborieux sous els yeux d’une hôtesse – chemise blanche, petit foulard comme ceux des hôtesses de l’air.

Deuxième essai : flèche « Tono », après avoir dépassé deux hôtels-clubs géants très verts, tellement verts que je suspecte du gazon artificiel, grand parking plat ombragé . La plage est proche facile d’accès. Plage de sable blanc grossier mais agréable sous les pieds. Comme la bande sableuse est étroite, les plagistes ont installé les ombreloni et lettini en hauteur sur une sorte de plateau. Sur la plage, on ne voit que les parasols multicolores apportés par les estivants. Ne pas voir la colonisation du sable vraiment agréable ; L’eau d’une grande transparence laisse voir les rochers. Par prudence, je me chausse. J’ai bien fait, entre le sable et les rochers, il y a des galets. Je nage avec circonspection au dessus de rochers superficiels ; C’est amusant : ils offrent un « paysage » sous-marin. Au bout de. la plage, la barre rocheuse du Capo Vaticano, de l’autre côté des écueils. Encore une fois je regrette d’avoir oublié mon masque à Créteil.  Je nage assez près du bord, il n’y a pas de bouées pour séparer les nageurs des bateaux qui emportent les touristes au Capo Vaticano. Nouveauté d’aujourd’hui : les méduses sont arrivées ! D’abord une petite, jolie, ronde, avec à peine des tentacules, plutôt une couronne d’épines. Je l’évite après l’avoir admirée. En nageant, je regarde le fond de l’eau moussu, soudain une brûlure au bout des doigts ‘avertit que je viens de pêcher une méduse dont je me débarrasse à la hâte. Cela pique, mais pas trop.

Au bout de ¾ d’heures je sors me réchauffer. Un marchand a installé sa « boutique » sur me sable. Il a suspendu sous un parasol de nombreuses robes de plage qui me font envie. Il faudrait que je remplace la bleue de Sardaigne. Le marchand m’en propose une jolie pour 20€, j’essaie de marchander mais je sors de l’eau. Si j’essaie il me faudra acheter la robe mouillée même si elle ne convient pas. Quand je me décide, il a déménagé.

Encore une petite heure dans l’eau. Nous quittons le parking après avoir cueilli une feuille d’aloès. Dominique a vu un monsieur badigeonner sa femme piquée par une méduse. Je frotte le gel sans savoir si c’est vraiment efficace, mes doigts ne me brûlent plus depuis un moment.

Capo Vaticano : Belvédère

Enfin ! nous trouvons le parking du Belvédère nord du Capo Vaticano. Un Biergarten est installé sur le bord de la falaise. Un artisan local expose sur le grillage ses productions en bois d’olivier : croix grossières, chapelets et rosaires, cornes éloignant le mauvais sort de la maison, mobiles avec des noix vernies. Ce n’est pas très joli mais c’est plus sympathique que les magnets made in China.

La vue sur les petites plages (les plus belles de toute l’Italie selon le guide Geo qui les place dans le Top5 des incontournables) est vraiment très belle. A nos pieds, une eau turquoise, des pédalos blancs pour décorer. Opuntias au premier plan. Bien caché, un sentier poussiéreux descend. Si j’avais passé mon maillot si j’étais en sandales je n’aurais pas résisté. Nous avons failli passer à côté d’une telle image !

Brivadi : Torre Marrana

Nous ne voulons pas quitter Ricadi sans avoir vu les tours qui balisent le rivage. Au village de Brivadi, la Tour Marrana domine la vallée étroite de La Fumara Vaticana della Ruffa. Des falaises blanches tranchent sur les buissons.

Sur le rivage la Torre Marina est incluse dans un groupe de maisons. Un esccalier extérieur métallique la défigure. Au pied de la falaise, une petite plage à rejoindre à pied sur une petite roue.

Nous nous approchons de la Torre Ruffa qu’on voit très bien de notre gîte, illuminée la nuit mais inaccessible de la route.

Salade de courgette tiède avec de l’huile d’olive et du citron sur lesquelles j’ai mis des rondelles d’oignon de Tropea, vraiment très doux et très sucrés. On s’accorde une vraie sieste dans la maison fraîche. Il suffit de bien tout fermer volets et fenêtre avant que l’air ne se réchauffe. La maison reste agréable sanclimatisation ni ventilateur. Pour l’empreinte carbone rien ne mieux que ces volets extérieurs à lamelles orientables.

J’ai tellement aimé la plage de Tono que nous y retournons après la sieste.  Le vent s’est levé, la mer est plus agitée. Pas de vraies vagues mais assez pour me faire boire la tasse. La plage est animée, une flottille de kayaks en plastique fluo complète les pédalos pour accéder par mer aux plages paradisiaques du Capo Vaticano. Des adeptes du snorkelling équipés de gropro font des exploits à 3 mètre du bord par 80cm de fond ! Les véliplanchistes me font un peu peur. Sauront-ils dévier de leur trajectoire si je me trouve devant eux ? Je nage moins seule aujourd’hui, une dame avec un chapeau rose aperçeu ce matin me salue ;

Le 21 juin : début de l’été avec méduses et vacanciers !

 

Plages de rêve à Stintino – la côte jusqu’à l’Argentiera

 

CARNET SARDE 

Stintino : la Pelosa
Stintino : la Pelosa

A la Pointe Nord Ouest de la Sardaigne, Stintino  est une jolie carte postale, un petit port ou plutôt deux, des maisons couleurs pastel, de nombreuses plages réparties sur le cap en face de l’Ile du Parc National de l’Asinara.

La voie rapide évite Sassari. Elle traverse une campagne plutôt moche. Avant Porto Torres avec ses cheminées d’usine, il semble que toute la production d’énergie soit rassemblée : centrale électrique, éoliennes et centaines de panneaux solaires.

Stintino : port
Stintino : port

9h30 – Stintino est endormie, vide. Les boutiquières remontent leurs rideaux de fer. Dans les petits ports – plutôt des marinas – quelques voiles latines aussi. Sur les quais se succèdent plusieurs expositions de photographies en Noir et Blanc. Celles de Nevio Doz sur le thème de ma pêche au thon sont très belles. Elles sont suivies des portraits des pêcheurs thoniers chacun a son nom précédé du curieux titre de Rais : Rais Silvestro Vall, Rais Antonio Maggiolo….

Entre les deux ports, une balise blanche et rouge est accompagnée de la statue de Saint Pierre, le patron des pêcheurs. Des sculptures de pierre ornent les quais : voiles de trachyte ou de granite.

10h le village se réveille. Cappuccino et croissants pour un petit déjeuner très chic en terrasse. Des estivants plutôt bobos se réunissent. La foule, nous la trouverons au Cap Falcone. Les voitures sont pare-choc contre pare-choc. Les parkings complets. Les plages fourmillent d’estivants. En sortant ponctuellement de voiture nous fabriquons nos propres cartes postales. On ne se baigne pas dans une carte postale. Nous fuyons donc la célèbre plage de la Pelosa en face de l’île de l’Asinara gardée par la tour Espagnole du 15ème siècle plantée sur une île et par la Tour Falcone. L’eau est turquoise, le sable est blanc, mais le cap est construit de construit de villas intégrées dans les rochers mais bien peuplées. Une seule idée, fuir la foule quitte à se baigner sur une plage moins belle avec moins de monde. Nous avons repéré de petites criques sur la « route panoramique », hélas l’eau n’est pas profonde et j’ai peu de me racler contre les rochers.

Nouveau  tour de Stintino avec beaucoup plus de voiture. La plage de Gabbiano est introuvable, Cala Cascia di Dona inaccessible en voiture, bloquée par un gros tas de sable. La Saline est une très longue plage très blanche, où le sable en granulés arrondis est  très lumineux.  Deux établissements proposent des lettini+ombrellone (10€) mais la prima fila est réservée. Ce sera donc baignade sans lettini . Dans l’eau, à 1m du bord, il y a du sable fin. Je nage dans l’eau turquoise un peu agitée par le vent à l’abri d’une ligne de bouées jaunes. C’est la plage du kite-surf mais ni kite, ni surf à l’horizon, seulement une planche à voile.

Après ce bain rafraîchissant il est temps de chercher un coin-pique-nique pour profiter de la porchetta, la fougasse et la salade de légumes aubergines, courgettes, champignons, poivrons trouvée au supermarché.

sentier côtier près de Pedraia
sentier côtier près de Pedraia

Puisqu’il y a trop de monde à la mer, nous prenons la route de la campagne de Pozzo Nicola à l’Argentiera (18km). Quand la route se rapproche du rivage des pancartes signalent le sentier côtier. Au village de Pedraia, une route étroite entre deux murettes de pierres dans les buissons de lentisques conduit à une aire rectangulaire sur le sentier, suffisante pour manœuvrer la voiture. La vue st magnifique. La côte est très découpée et battue par des vagues à l’écume abondante. Le maquis est bien vert, dense relativement ras, les lentisques ne dépassent pas 1.2m il y a aussi un épineux en coussin et cette espèce complètement défeuillée aux rameaux décoratifs.

sardaigne mp 028 - Copie

La crique suivante contient une jolie plage aménagée avec une buvette et même des parasols bleus tous repliés à cause du vent. Une route conduit à un petit cimetière marin précédé d’un agave en début de floraison vert tendre se détachant dans le ciel.

sardaigne mp 032 - Copie Derrière le cap, après le petit village de Palmadula , les ruines de l’ancienne mine de l’Argentiera donnent une atmosphère très étrange, impression de bout du monde ou d’entrée des enfers avec le bouillonnement des vagues qui se brisent avec violence sur les rochers métalliques et sur le petit quai où une piscine absurde cimentée dans le roc amuse les enfants. Puits délabrés, maisons des mineurs  abandonnées. Où était donc le cinéma, le laboratoire de chimie, le club des employés cités par le Guide vert ? Une maison isolée a été couverte d’une peinture murale dantesque qui rappelle encore les enfers. L’idée elle-même de la mine a une connotation infernale.

sardaigne mp 031 - Copie

Rhodes :lecture (Durrell )à la plage de Plimmiri

 


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Nous sommes retournées à Plimmiri s.. Encore une fois nous nous sommes perdues à travers la campagne où on bottelle la paille après avoir moissonné le blé.

Sous le même parasol, la journée s’écoule tranquillement entre baignades et lectures. Je viens de commencer la Vénus de la Mer de L. Durrell. Je lis Durrell avec le même plaisir renouvelé. Son univers, l’empire britannique sur le déclin, a bien disparu. Les cartes ont été redistribuées. J’ai découvert récemment que son Alexandrie avait disparu. Son humour, son amour de la Grèce ne se démodent pas.


L’eau est fraîche. Je nage avec l’impression d’être entrée par effraction dans l’aquarium des poissons. Je n’ose pas les déranger, je nage en faisant le moins de gestes possible. Végétales ou animales ? ces touffes qui s’accrochent au rocher et que broutent avec application les bancs de poissons transparents. Les poissons de sable sont discrets, un mouvement de queue révèle une rascasse horrible. Je suis contente d’avoir mes sandalettes en plastique. Son épine est venimeuse.