Côte orientale du Cap corse, déjeuner à Tamarone

CARNET CORSE JUIN 2021 de BASTIA à BONIFACIO

Lavasina : sa plage de galets et son sanctuaire

Le long de la D80, l’urbanisation se fait moins dense, les maisons s’espacent un peu jusqu’à Miomo qui devait être notre premier arrêt. Nous la ratons première halte. Impossible de garer la voiture. Ceci sera une constante au cours de la journée. Ne pas chercher à s’arrêter à s’arrêter dans un site précis. Laisser la voiture où on peut, et, revenir sur nos pas à pied. De toutes les façons, les panoramas seront magnifiques et on fera des trouvailles inattendues.

Lavasina est célèbre pour son sanctuaire qui attire les foules pour son pèlerinage au mois de septembre. Le campanile en béton, très haut se voit de loin et dépasse tous les toits. L’église de dimension plus modeste n’a rien qui puisse attirer la mécréante. Où s’arrête pour profiter de la plage de galets ? (refrain)

Villages perchés

A l’entrée de Lavasina, une petite route part en épingle à cheveux. Nous la ratons, revenons en arrière. Le virage est alors trop serré, il faut s’y prendre une troisième fois pour une nouvelle tentative. La  D54 monte dans un épais maquis vers les villages perchés de Poretto et Pozzo. Une église isolée dans la verdure avec un haut clocher, est précédée d’un vaste parvis entouré d’une banquette de pierre. Est-ce le couvent des capucins annoncé par le Guide Vert ? Je n’aurai pas le loisir d’approfondir le sujet, Un gros chien noir s’approche, menaçant. j’ai juste le temps de remonter en voiture.  Une autre route  monte au Monte Stello et se faufile entre deux coupoles surgissant de la verdure, chapelles ou tombes ?

perdue dans la montagne la grande église

Un parking est le départ pour la randonnée du Monte Stello, le plus haut sommet du Cap Corse (1306 m), randonnée difficile avec 1000 m de dénivelée, 7h10 de marche selon Visorando. Seule, je ne me lancerais jamais dans une telle expédition ! Cependant le parking est plein. A partir du 1er juin, le petit village de Pozzo est interdit à la circulation. Il est particulièrement calme et pittoresque. A la porte d’un hôtel, un tas de vieilles chaussures de montagne, des bûches et un vieux vélo. Devant une buvette, des packs d’eau sont empilés pour les randonneurs imprévoyants et assoiffés. Belles maisons de pierres. Toits de lauzes. Un clocher dans la verdure.

Nous descendons vers Erbalunga par le hameau de Castello. Le château est invisible. La chapelle Notre-Dame-des-Neiges est  très jolie avec son toit de lauzes. La petite chapelle est l’arbre qui cache la forêt ; à savoir une énorme église que je découvre en tournant autour de la chapelle. La taille et le nombre d’édifices religieux au Cap Corse qui me paraît si désert sont des sujets d’étonnement. A Erbalunga, bien disciplinées, nous garons la voiture au parking. Le long de la route se trouvent toutes les commodités (Mairie, cafés, Spar, pharmacie). Plus bas des ruelles conduisent à des placettes pittoresques. J’arrive à la Tour Génoise située directement sur le rivage puis me promène sur le mignon petit port.

la plage de Tamarone

Dominique a réservé au restaurant U Paradisu sur la plage de Tamarone à midi et demie. Nous traversons sans nous arrêter la Marine de Sisco,   la Marine de Pietracorbara, et celle de Porticciolo sans nous arrêtons et admirons au passage deux tours génoises.

Macinaggio est un village très touristique avec un port de plaisance important, de nombreux restaurants et hôtels. Madame GPS nous envoie dans des petites routes bordées d’hôtels jusqu’à un camping. Le goudron s’interrompt alors ; la piste poussiéreuse fait des montagnes russes avec des nids de poules en prime. La Plage de Tamarone de sable blanc est baignée d’une eau limpide turquoise. En s’approchant on reconnait les tas argentés des lanières de posidonies. Ce ne sont pas des « saletés », au contraire ! les herbiers des posidonies sont les milieux de vie de nombreux poissons, mollusques et crustacés. Il est essentiel de les préserver. Evidemment quand l’eau en contient beaucoup la transparence est altérée mais cela n’a rien d’une pollution quelconque.

Les baigneurs (3 dans l’eau) sont concentrés, à une extrémité où il n’y a pas de posidonies. Je les rejoindrai. La présence d’autres nageurs me rassure quand je ne connais pas la plage.

U Paradisu

U Paradisu est le seul restaurant de plage : un auvent de bois, un parquet, ni mur ni porte. Une jauge de 55 couverts. La table réservée se trouve dans un angle contre la plage< ; Le serveur et le patron sont aux petits soins ; Pour éviter les 3 marches pour Dominique, ils lui proposent de passer par la cuisine. Saint Pierre accompagné de légumes pour Dominique.  salade de poulpe grillé et chorizo pour moi. Le mariage poulpe et chorizo est très réussi servi sur un lit de salade verte avec des quartiers de tomates des lamelles de poivron rouge.  Les assiettes sont tellement bien garnies que nous renonçons au dessert alors que le soufflé glacé aux châtaignes nous tentait.

L’eau est bien fraîche pour la première baignade de l’année. Je commence à marcher dans l’eau jusqu’à la cheville puis aux mollets. Timidement j’avance face aux vaguelettes paresseuses qui ondulent. Je rejoins une dame mouillée jusqu’aux cuisses. « C’est la première fois ? » On s’encourage mutuellement, la vague mouille le bas du maillot. Je finis par me décider et la dame m’imite. C’est tellement bon après avoir été privée cet hiver de piscine ; Au-dessus des posidonies l’eau est peu profonde. Je regrette de ne pas avoir apporté mon masque. A l’ombre il fait 25°C mais au soleil bien plus. Je sèche vite.

De Macinaggio à Rogilano, le sentier des douaniers longe la côte. Je marche entre lentisques (les plus communs), arbousiers qui portent leurs fruits en pompons, bruyères et myrtes fleuris . Pour les senteurs, œillets, immortelles sont en pleine floraison. Il y a aussi des petite mauves (Malva neglecta selon l’appli Plantnet). Trois îles sont très proches de la pointe du Cap corse. L’un d’eux porte une ruine. Plus loin se profle une autre plage blanche déserte.

11

Dernière étape : le village de Tomino à 4km de Macinaggio. A la sortie du village la D353 monte dans un maquis très touffu. Elle serpente complètement à l’ombre de grands arbres. On ne devine le village qu’au dernier moment. La route bifurque, d’un côté la Mairie, de l’autre l’église. De loin se profilent les silhouettes massives de deux tours, l’une ronde, l’autre carrée. Encore la menace d’un chien féroce interrompt la prise de photos.

Direction de l’église Saint Nicolas XVIIème baroque, façade jaune rythmée de colonnes cylindriques blanches, le clocher allégé d’arcades et coiffé d’une coupole. L’église se dresse à l’arrière d’une grande esplanade en balcon. Quelques mûriers très élagués sont alignés pour former des arcades. Je traverse l’esplanade pour admirer le panorama. C’est le Campo Santo – le cimetière – qui a la plus belle vue sur la mer. Une table d’orientation montre les îles italiennes visibles par temps clair et même les carrières de marbre de Carrare. Des hirondelles me survolent avec des cris suraigus, formant comme un essaim agressif.

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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