Gavrinis

 CARNET DU MORBIHAN

le cairn de Gavrinis


Temps ensoleillé, gelées blanches, à 10h la terre fume. Une bonne demi-heure de queue à la pompe, pour compléter de dix litres le réservoir de la voiture, la pénurie semble s’installer.

Après Auray, sur la route de Baden, belles échappées : le petit port du Bono, un château qui a un air écossais, un golf.

Je trouve le GR à Locmicquel derrière une jolie chapelle. Le sentier, de la plage, monte sur une pointe boisée de pins et de thuyas géants. De belles maisons sont cachées sous les arbres. Je découvre de jolies petites criques avec du sable jaune avant d’arriver à Larmor Baden d’où part le bateau pour Gavrinis. Notre bateau part à 14h30, je poursuis donc le GR vers Port Blanc malheureusement Larmor Baden est très construit: le chemin est bien goudronné, de plus les maisons plus modestes que le long du rivage, n’offrent aucun intérêt. Un lavoir et une jolie fontaine sont inclus dans un lotissement, dommage pour la poésie ! Puis on contourne un marais mais je dois rebrousser chemin.

Pique-nique à côté du Ter sur une plage déserte à marée basse à côté d’un établissement ostréicole fermé. On ramasse des coquilles géantes.

Gavrinis

Un petit bateau nous emmène en quinze minutes sur l’île de la Chèvre où se trouve le cairn. Dans le bateau, on nous a commenté le paysage, montré Belle Ile à l’horizon, la passe de 250m seulement qui ouvre le Golfe du Morbihan sur l’Océan.

La guide nous fait d’abord un topo sur les hommes qui l’ont construit, les hommes du Néolithique, Homo sapiens comme nous, sédentaires, ils cultivaient déjà le blé, pêchaient à la nasse ou au hameçon, chassaient dans les bois de chêne, faisaient des poteries décorées, cousaient des vêtements de laine ou de chanvre… seuls manquaient les métaux.

Le climat était doux  preuves par la palynologie, chênes- noisetiers- bouleaux.

Le plus différent d’aujourd’hui c’est la géographie : il y a 5000 ans, le golfe du Morbihan n’existait pas, l’estuaire de la rivière d’Auray était encaissé dans une région de collines. Gavrinis n’était pas une île : le cairn coiffait une colline. Pendant la dernière glaciation la ligne de rivage était à une centaine de km plus loin soixante kilomètres derrière Belle-Ile.

allée gravée

J’apprends aussi la définition d’un cairn : dolmen ou allée couverte recouvert d’un énorme tas de pierres sèches. La différence entre un cairn et un tumulus : un cairn est ouvert vers l’extérieur alors qu’un tumulus renfermant une sépulture est fermé définitivement. Les trésors sont retrouvés davantage dans les tumulus alors qu’il semble qu’un cairn soit utilisé successivement. Dans le milieu acide du Morbihan on n’a pas retrouvé de squelettes, ils ne se conservent pas plus d’un siècle. Les données archéologiques sont extrapolées d’autres tombes étudiées en milieu calcaire où les os se conservent. On sait donc que les corps n’étaient pas enterrés mais posés sur la dalle funéraire pour être ensuite remplacés par  d’autres plus tard.

gravures

L’entrée du cairn est à la base d’une « pyramide à degré » un peu comme Saqqarah, d’ailleurs elles sont presque contemporaines, bien sûr toutes proportions gardées. Mais l’émerveillement ce seront les gravures qui décorent les dalles de l’allée et de la chambre funéraire. On s’habitue d’abord à l’obscurité dans l’allée de 14m, c’est dans la chambre que la guide allumera les lampes-torches pour nous montrer les dalles décorées. Pas un endroit qui ne soit laissé inoccupé. Des sortes de labyrinthes, des cercles concentriques, des spirales, des serpents, des haches… Rien d’explicable, la seule jouissance de l’œuvre d’art, les hypothèses des archéologues qui ne restent qu’hypothèse, aucune certitude. La guide insiste sur l’une d’elles : Gavrinis serait trop beau pour être une tombe cachée, les gravures seraient faites pour l’amour de l’art….peut être ?

Un quart d’heure pour tourner autour du cairn, recouvert de terre et de végétation à l’arrière par le temps, de relire les panneaux explicatifs. Revoir cette incroyable histoire du réemploi du menhir brisé de Locmariaquer de la table des marchands. Récemment les archéologues ont eu la surprise de voir que les cassures et les gravures coïncidaient. Les hommes du néolithiques ont réutilisé une partie du menhir pour faire la dalle qui sert de plafond à la chambre funéraire.

De cette découverte découle une nouvelle question : celle du transport, et encore une autre de ma part sur cette succession de civilisations. Les hommes qui ont érigé des menhirs géants n’étaient donc pas les mêmes. Et même ceux des cairns n’avaient aucun scrupule à utiliser un menhir comme pierre à bâtir !

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

4 réflexions sur « Gavrinis »

  1. Très joli carnet de voyage, j’ai eu l’impression en lisant, que je revivais les visites que j’ avais faites à Gavrinis lorsque j’étais petite et que j’allais à l’île au moines chez mon oncle…ça m’a donné envie d’y retourner pour y emmener mon mari et mon petit garçon de deux ans puisque je serais dans les parages la semaine prochaine!Merci encore.

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