L’Empreinte du faux – Patricia Highsmith

LECTURE TUNISIENNE?

L’auteure est américaine, mais l’histoire se déroule en Tunisie, à Hammamet dans un de ces hôtels de luxe sur le bord de la plage.

Ingham, un romancier américain, vient en Tunisie, s’imprégner de l’esprit du lieu pour adapter un de ses romans au cinéma. Le réalisateur, de ses amis, le rejoindra quelques jours plus tard….

Mais rien ne se passe comme prévu. Le cinéaste ne donne pas signe de vie.  Ingham met à profit sa disponibilité pour commencer un nouveau roman. Il se lie avec Adams, un autre américain et avec un peintre danois. Ils mènent la vie des vacanciers de bord de mer.

Un roman sur la Tunisie? ¨Pas vraiment, plutôt sur le peuple des vacanciers, déconnectés de leur habitudes, de leurs amis et famille, des relations que le hasard a rassemblé sur cette plage. Pas spécialement sympathiques. Même pas touristes. De la Tunisie, il jouissent du soleil, des baignades. Ils boivent. Leur monde clos leur suffit. Les Tunisiens, qu’ils nomment les « Arabes » sont soit des larbins soit des voleurs, peut être les deux. Le sens moral de ces estivants a aussi pris des vacances : Ingham trouve un homme assassiné dans une ruelle et n’a même pas l’idée d’avertir la police. Compliqué? Inutile? Quelle valeur attribue-t-il à la vie de cet homme. Ingham, lors d’une tentative d’effraction dans son bungalow, blesse? Tue? son voleur. Cet « incident » l’ennuie, mais cela ne va pas plus loin. Qui va le soupçonner? Quelles conséquences? Y-a-t-il eu une victime?

Peu ou pas de suspens dans ce « polar ». Pas d’enquête. Juste une atmosphère de mensonge, de faux. On pourrait s’ennuyer dans ce roman où il ne se passe presque rien.  C’est tout l’art de la romancière que de suggérer, de distiller, ce soupçon, cette empreinte du faux…

Elle raconte une époque révolue, celle de la guerre froide, de la guerre du Vietnam, de la guerre des 6 jours. Et puis ce voleur, cet arabe pouilleux qui a peut être été assassiné. Ce n’est pas le Président Kennedy! J’aime relever tous les détails de cette histoire contemporaine. Critique volontaire ou involontaire de cet insouciance américaine, de cette certitude d’être porteur des grandes valeurs de la démocratie et de la morale chrétienne, discours insupportables d’Adams surnommé OWL (Our Way of Life).

Amateurs de romans d’action, de polar haletant, s’abstenir.

Amateurs de folklore tunisien, vous serez déçus!

En revanche si vous goûtez l’humour, la finesse et une histoire désuète, je vous recommande cette lecture;

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

2 réflexions sur « L’Empreinte du faux – Patricia Highsmith »

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