Je ne résiste jamais à un récit, un conte, une lecture qui a Ulyssepour héros. Et je n’ai pas été déçue, je remercie Babélio et l’éditeur pour ce cadeau.
Joli petit livre (12 cmx 16.5 cm), 91 pages, illustré en Noir et Blanc, relevé d’un trait d’orange discret.
A glisser dans la valise, ou le sac de plage, légère lecture, facile. A lire ou à faire lire. L’Odysséecomme un conte qui commence avec le cheval de Troie continue avec Circée la Magicienne, l’outre d’Eole, la grotte de Polyphème. Un avant-goût d’Homère?
Et si vous voulez en savoir plus, il restera tant à découvrir dans l’Odyssée d’Homère.
Il me reste à l’offrir à un enfant de 9 ou 10 ans!
Le soleil se lève au-dessus des crètes des Agriates à 5h50. Belle lumière mais il fait très frais. Je retourne au lit terminer Banco Atlantico de Jérôme Ferrari. Toujours un bar, dans un village de montagne, des Indépendantistes, jeunes hommes cherchant leur virilité par les armes. Violent, noir, déprimant. Le style de Ferrari fait passer l’ambiance mortifère. L’action se situe dans la décennie 1990-2000. Je me prends à espérer que toutes ces tueries ont cessé à présent.
Le « château » couronnant la colline en face de la terrasse est très bien éclairé. Je sors dessiner.
Le ruisseau Ostriconi étale ses méandres
8h30, nous descendons par Monticello, puis la T30 (route de Bastia) vers la plage de l’Ostriconi à la limite du Désert des Agriates. L’Ostriconi est un ruisseau qui décrit des méandres dans une petite plaine humide entre roseaux, marais et prairies. Il a charrié du sable très blanc. La plage est sauvage. Seule installation : la plateforme du maître-nageur qui surveillera, en saison, la baignade. Le parking est installé environ 1 km à l’écart de la plage qu’il faut rejoindre à pieds. J’emprunte l’ancienne route en corniche bordée de lentisques et d’arbousiers. Des chèvrefeuilles fleurissent au milieu du feuillage des lentisques. Des chardons mauves (Chardons laiteux) se mêlent à d’autres chardons pas encore fleuris. Le panorama est très étendu de l’Île Rousse et son île de la Pietra jusqu’aux crètes des Agriates. C’est une très jolie promenade en balcon mais comment descendre sur la plage ? En revenant sur mes pas je croise deux familles allemandes avec de très jeunes enfants qui s’apprêtent à descendre le versant très raide. Le premier sentier est hasardeux. Le suivant, plus large semble plus facile. Les enfants en sabots en plastique avancent sans crainte. Vers la fin c’est plutôt de l’escalade. Les enfants ont découvert une échelle bien rouillée et bien branlante que j’emprunte après hésitations, espérant que je trouverai un meilleur itinéraire pour le retour.
Dernier obstacle : l’Ostriconi qu’il faut passer à gué.
La plage sauvage de l’Ostriconi
Enfin, je foule la belle plage sauvage de sable blanc et eau turquoise. Je marche les pieds dans l’eau et me trempe jusqu’à la taille sans me lancer parce qu’il n’y a personne dans l’eau. J’ai trouvé le chemin du retour à plat dans le marais entre des roseaux très hauts sur lesquels s’enroulent des liserons aux fleurs blanches. Un petit pont de bois enjambe le ruisseau. Je croise de nombreux touristes, le parcours est facile. J’aurais pu rester beaucoup plus longtemps pour me baigner.
Courses un peu laborieuses au Magasin U qui n’offre que des produits emballés sous plastique. Nous retournons au rayon traiteur du Leclerc et au petit « marché corse » au coin de la route qui propose des fruits et légumes locaux ainsi que des plats cuisinés.
Il fait si bon sur la terrasse du gîte que ce serait bête de ne pas en profiter. Nous déjeunons donc à la maison.
Le sentier de Corbara à Occiglioni
D’innombrables visites, sentiers, balades sont possibles à partir de Corbara. nos hôtes nous ont fourni la documentation des randonnées. Sur le conseil de notre hôtesse, je descends quelques marches cachées dans les hautes herbes du fond du jardin. En face de l’autre côté de la route, un sentier court, sous couvert de beaux chênes et d’oliviers qui l’ombragent. Des murettes basses l’encadrent. La promenade commence par une belle descente puis le sentier se rétrécit devient plus plat, herbu en balcon et toujours la vue sur l’Île Rousse et la mer. Il et bien balisé. Sur une flèche, la destination de Occiglioni, Palmentu, Santa Reparata.
Occiglioni : fontaine et lavoir
Occiglioni est annoncé par son cimetière aux imposants mausolées blancs. Le sentier devient rue pavée encadrée entre des murs. Je passe devant la fontaine et le lavoir avant d’arriver à l’église (fermée) et à la place de l’Orme. Orme touffu entouré par le terrain de pétanque soigné et ratissé avec un café sympathique mais vide. Je passe sous des arches imposantes. Le village paraît vide. La maroquinière sort de son atelier portant un beau cuir jaune. Je fais demi-tour avant d’arriver à Palmentu. Courte mais très jolie promenade
Midi, soleil sur le Vieux Port. Une belle animation. Vieux marseillais en goguette (ave l’assent) touristes débarqués d’une croisière, en famille ou en couple attendant le petit train touristique bleu et blanc. Les terrasses de restaurants se remplissent. Des immeubles de pierre tous identiques reconstruits après les destructions de la guerre (il y a du Pouillon, dans l’utilisation du calcaire, ressemblance avec Meudon-la-Forêt mais je n’ai pas compris qui était en définitive l’architecte). Au bout du vieux Port, les bateaux pour le Château d’If et l’Ombrière (bof bof), je trouve un beau marché aux fleurs avec beaucoup de mimosa (c’est la saison), des foodtrucks ; des étals de produits régionaux. Chez les Arméniens libanais j’achète du taboulé, du houmous, des feuilletés aux épinards.
Pour le pique-nique, direction la mer et la Corniche ! J’indique au GPS Plage des Catalans. Le stationnement n’est pas évident. Nous trouvons la place idéale près de l’anse de la Fausse Monnaie avec vue sur les îles du Frioul et le Château d’If. Le Mistral a chassé le mauvais temps mais la mer est très formée. La lumière est très belle.
Le château d’If vu de la corniche
La Corniche est très bien aménagée : la piste cyclable est bien séparée des voitures et des cheminements-piétons. Les joggers courent sur le trottoir, une rangée de bancs font face à la mer et de l’autre côté le cheminement est assez large pour la promenade même avec poussettes et landaus.
J’arrive à la Plage du Prophète – résonne la voix de Gianmaria Testa disparu en 2016, mais que j’écoute dans ma playlist. Je n’avais pas remarqué que le texte était de Jean-Claude Izzo dont j’emporte la trilogie de Fabio Montale dans ma liseuse.
De belles villas et leurs jardins sont dans la colline.
Le long banc aux formes douces, arrondies qui borde la promenade est égayé par des mosaïques de couleurs vives qui racontent des histoires de Marseille : une classe de CM2 se présente , les prénoms inscrits sur les feuilles d’un arbre, une autre avec des petits poissons. Des monuments. J’en oublierais de regarder la mer. Un paquet d’embruns qui gicle à ma figure me la rappelle.
Un bel hôtel est construit en contrebas, 250€ la chambre,30€ le petit déjeuner, pas mon budget !
Au Club de Voile, des palissades me séparent de l’eau. Des nuages ont assombri le ciel, il fait froid. Demi-tour !
Nous montons à N.D. de la Garde. Nous n’y sommes pas seules. Il faut patienter pour trouver une place de parking. La vue sur Marseille est splendide. Pas question de visiter l’intérieur de la basilique pour cause de messe. Normal c’est dimanche ! Roulements de tambours, les percussions sont très présentes. Drapeaux multicolores, tables sur des tréteaux. Une foule armée de gants, pinces et sacs-poubelles jaunes nettoient la colline. Bonne initiative les sacs sont bien pleins.
Le GPS nous ramène au gîte par des voies rapides et autoponts jusqu’à Château-Gombert. Après Casino nous connaissons le chemin !
Les voyages en Mésopotamie semblent bien compromis, Irak et Syrie peu recommandés pour le tourisme. Le Département d’Antiquités Orientales offre une belle alternative et en plus un voyage dans le temps.
Hommes barbus de Tello
le site archéologique de Tello fut l’objet de fouilles dès 1877 par les archéologues français, identifié à la ville de Girsu, et à Sumer – époque Uruk 3500Av JC a livré de nombreux objets, statuettes représentant des hommes et des animaux ainsi que des sceaux cylindriques d’une grande délicatesse.
C’est à Sumer à l’époque d’Uruk que se développe l’écriture cunéiforme. Une vitrine présente la naissance de l’écriture. Les cartels montrent que des idéogrammes peuvent être reconnus: des têtes avec des barbes attirent l’attention sur la bouche et signalent la parole, un œuf la naissance…Des tablettes d’argile renferment des textes mais on écrivait également sur des roches, des galets, des stèles de pierre, des cônes…
sumériens sur une stèle
les sumériens sont bien reconnaissables avec leurs grands yeux, leurs sourcils à la Frida Kalho et leurs jupes de mèches de laine (kaunakes)que j’avais prise pour des plumes.
La salle suivante présente des objets provenant de Mari (2900-2300 av.JC) cité construite dans une boucle de l’Euphrate dans la Syrie actuelle. Cité circulaire. le Temple d’Ishtar recelait des statues en lapis lazuli, et une mosaïque de coquille nacrée. mari était également un centre pour le commerce en provenance d’Afghanistan, d’Inde
incrustations de nacre
Trois civilisations se succèdent Akkad (2340-2200 av.JC)Lagash(2150 -2100) et Ur. Dans la salle suivante je découvre des personnages : Naram-sin, le roi d’Akkad avec une merveilleuse stèle de victoire, des représentation du roi Manishturu et sa stèle en forme de pyramide couverte de signes cunéiformes.
Gudéa prince de Lagash
Gudéa prince de Lagash, un prince bâtisseur est représenté assis, debout faisant des libations. Des sceaux racontent toute une mythologie et des légendes le « drame du Nouvel An » avec un dieu-soleil, un dieu-serpent….
Babylone (1894-1589)
Hammurabi(1792-1750) sur sa stèle noire où est gravé le code, rencontre le dieu-soleil Shamash. Il entre en conflit avec le roi de Mari
Les conservateurs nous invitent à suivre Zimri-Lim, le dernier roi de Mari (1775-1761)dans un voyage partant de Mari jusqu’à Ugarit sur la côte méditerranéenne en longeant l’Euphrate et le Khabur. A Ugarit, il rencontre des marchand chypriotes et des Crétois. En 1762, il tombe sous les coups d’Hammurabi, roi de Babylone. D’impressionnantes fresques murales retrouvées dans le palais de Mari donnent une idée de la vie alors.
Mon voyage en Mésopotamie se termine avec les Assyriens du palais de Khorsabad (717-706 av. JC) et ses bas reliefs géants.
Pour me changer, je monte à l’étage supérieur où sont suspendues de magnifiques tapisseries du XVIème siècle Les Tapisseries de Scipion l’Africain me rappellent que j’ai oublié de visiter le temple de Tanit de Carthage je redescends pour découvrir une salle consacrée à Bahrein bien étonnante. Je n’en ai pas fini avec les surprises au Louvre!
De retour à la maison, je sors des étagères le très gros bouquin de Mazenod L’Art Antique du Proche-Orient ou je retrouve sumériens et assyriens…
Circuit jaune Sur les traces des Jacobsen – un parcours patrimonial 7.2 km 2h
Les Jacobsen
Cornil-Guislain Jacobsen originaire de Dunkerque, a fait fortune dans le commerce maritime. Le prince de Condé, seigneur de l’île voulait construire une Place d’Armes, Jacobsen y bâtit son hôtel particulier. Son fils Jean-Corneille fit exécuter en 1810 la jetée Jacobsen enfermant une vaste zone de dessèchement : le Petit et le Grand Müllembourg. La jetée Jacobsen relie le Fort Larron, un îlot à l’avant-port portant un ouvrage du XIVème siècle.
C’est aussi Jacobsen qui a reconstitué la Bois de la Chaize endommagé pendant la Révolution et les Guerres Vendéennes.(deuxième bataille de Noirmoutier, victoire de Charrette massacres 1794, les Républicains reviennent à Noirmoutier et se déchaînent) 12 octobre 1793.
Les chênes verts étaient là depuis 8000 ans, on a planté des pins.
C’est encore à la famille Jacobsen qu’on doit l’essor de la station balnéaire en vendant une partie du Bois de la Chaize dont ils étaient propriétaires. Augustin Jacobsen fit tracer des allées et réglementer le lotissement. On édifia de grosses villas presque des manoirs. La Société des Bains de Mer fut créée en 1859. Les estivants venaient en bateau de Pornic. L’estacade construite en 1885 pour développer les liaisons en bateau avec Pornic.
La promenade :
Noirmoutier en l’île : l’étier du Moulin et la jetée Jacobsen
Départ sur le Port. Marée basse, les voiliers reposent sur la vase de l’étier bordé par de grosses bâtisses : les Salorges, en pierre et en bois, destinées à stocker le sel et les chantiers navals bien actifs. Passant sur l’autre rive, j’arrive au marché. Les commerçants de bouche sont à l’abri d’une belle halle, sur la place on vend surtout des vêtements. Attention, à Noirmoutier pas de friperie, du chic ! Bijoux et minéraux, de la belle fantaisie. Les prix sont plus abordables que dans les jolies boutiques de la Grande Rue. La robe de plage est autour de 25€ au marché, 39€ l’équivalent en magasin.
Le château est fermé le mardi, l’église Saint Philibert est cachée sous un échafaudage. La Maison Jacobsen est ouverte (fermeture le vendredi) sur la Place d’Armes.
La jetée Jacobsen est très fréquentée, cyclistes et piéton s’y pressent. Du côté Mollembourg, les oiseaux sont nombreux, je reconnais les avocettes, les mouettes et un couple de canards. Après la Pointe de Fort Larron, l’itinéraire balisé jaune suit la piste cyclables le long des campings assez loin de la plage. Je préfère descendre sur le sable mouillé de la très belle Plage des Sableaux. Les campings sont très discrets : en front de mer on a planté de grande tentes canadiennes, couleur sable, sur des parquets elles se fondent dans le paysage. Pas de caravanes et de voitures brillantes, elles sont sans doute parquées à l’arrière, encore moins de camping-cars gros comme des camions. Même les bornes électriques sont invisibles.
les cabines de la plage des Dames et le Bois de la Chaize
A proximité de la Pointe Saint Pierre, les cabines de bain blanches en bois se blottissent en formant un arc de cercle qui épouse la Plage des Dames. J’escalade (à grand mal) les rochers qui terminent la Pointe Saint Pierre et découvre l’estacade.
Un sentier tapissé d’écorce entre dans le Bois de la Chaize où sont cachées d’immenses villas, briques et pignons pointus dans de véritables parcs arborés. Je retrouve Dominique Place Clémenceau à proximité de l’hôtel qui fait face à l’estacade.
Trop tôt et beaucoup trop de monde pour un pique-nique d’autant plus que Dominique a trouvé des pinces de crabe.
Le Vieil et la plage de la Madeleine
le Vieil
Nous tentons notre chance au Vieil. Pour y arriver, nous traversons une étendue cultivée principalement de pommes de terre notée « plaine agricole » sur notre carte. Tranquillité dans cette zone où la densité de construction est moindre. Nous suivons les indications : Plage de la Madeleine.
Des impasses entre de très jolies maisons fleuries mènent à la plage ou plutôt à de petites plages séparées par des rochers. Je tente une baignade et sors assez vite chassée par les méduses. Un thuya énorme, sculptural pousse au sommet d’un rocher qui domine la plage. Nous dégustons avec une lenteur étudiée les crevettes grises et les pinces de tourteaux. Dans l’eau, deux femmes et un homme rejoignent à la nage les bateaux amarrés près du rivage. Cela m’encourage à retourner à l’eau.
L’Herbaudière
l’Herbaudière, port de pêche
L’Herbaudière est le port de pêche et la marina de Noirmoutier. On y pêchait la sardine et quatre conserveries étaient actives au XXème siècle ; la dernière a fermé en 1965. L’activité de pêche s’est maintenue avec le crabe et l’araignée. Belle promenade dans le port.
C’est aussi un petit village sans prétention qu’on atteint après avoir traversé la zone agricole où tracteurs et engins sont au travail dans les champs de pommes de terre.
La Pointe de l’Herbaudière est occupée par un camping , plutôt caravaning, sans aucun charme. En revanche le sentier côtier dominant la côte rocheuse est pittoresque. Cela change des longues plages de sable.
15 h, retour au gîte et de là je vais à pied à la Cale des Perles. Je retrouve ma bouée jaune qui donne « un sens » à mes exploits nautiques.
L’Office de Tourisme vend des Rando-fiches 1 € plus pratiques que la carte IGN à déplier.
Le tour de Camaret commence au port non loin de la Tour Vauban . Très rapidement le sentier s’engage dans la lande. Avant la pointe du Grand Gouin se dresse un fortin type 1846 daté 1859 qui a été restauré récemment. Des panneaux racontent la construction et la vie des militaires dans le fortin. Ils sont bien faits et précis.
La végétation est rase mais très fleurie. Hier, je n’avais remarqué que la bruyère en fleur, aujourd’hui, je suis conquise par la floraison des Géranium sanguins(détermination PlantNet)roses presque violets accompagnés par les pompons duveteux de Lagurus ovatus (Chaton), les fleurs bleues peut être Jasione maritima . Il y a une floraison jaune spectaculaire de crucifères probablement de la moutarde.
Géraniums et Chatons
Sur un rocher dominant la mer un homme joue la vigie brandissant un grand drapeau ukrainien.
L’arrivée sur la Pointe de Toulinguet est spectaculaire. Dans la mer des rochers sont percés d’arches, de grottes et le sémaphore au sommet de la pointe, tout blanc brille au soleil. Le sentier descend jusqu’à la route puis escalade une pente raide. Un mur d’enceinte et un grand portail interdisent l’accès : terrain militaire. La vocation de défense de Brest a conduit à fortifier le littoral de la presqu’île à toutes les époques, de Vauban jusqu’au Mur de l’Atlantique.
Pointe de toulinguet
Je descends à la très belle plage de Pen Hat découverte à marée basse. Le sable a une jolie couleur et l’eau est cristalline. Elle forme un rectangle encadré de hautes falaises. Il faut donc remonter par un parcours rocheux escarpé.
A mi-chemin entre la Pointe de Toulinguet et la Pointe de PenHir les drapeaux français, britannique, américain, ukrainien se voient de loin pour annoncer le Mémorial : musée de la Bataille de l’Atlantique installé dans de grands blockhaus. A l’entrée une rangée d’ancres marines accueillent le visiteur. Dominique m’y attend dans le parking. La visite des bunkers ne nous dit rien, en revanche j’ai raté les alignements mégalithiques de Lagatjar et comme la balade à pied est longue Dominique m’y conduit en voiture. 87 menhirs alignés en deux rangées. Impressionnant et en même temps si énigmatique.
Pen Hir
Le sentier vers la Pointe de Penhir est encadré par deux fils de fer : opération de restauration de la végétation très dégradée par les passages, de nombreux sentiers sont fermés. Curieux phénomène : des taches orange s’étendent sur la lande, comme si elle avait été traitée au glyphosate. De bizarres filaments recouvrent les buissons. Peut-être ces filaments sont naturellement oranges ?
Une énorme croix de Lorraine est érigée au sommet de la Pointe : « Aux Bretons de la France Libre ».
Après avoir dépassé le monument je découvre des rochers spectaculaires : schistes gris argentés découpés en éventail. Les îlots des Tas de Pois qui prolongent la Pointe.
Anse de Pen Hir
On descend sur la Plage de Veryarc’h : un parking se trouve à côté d’un restaurant. La grande plage de Veryarc’h est découverte à marée basse. Eau cristalline, sable très fin. En robe de plage j’entre dans l’eau et marche parallèlement au rivage. L’eau m’arrive à mi-cuisses puis monte encore jusqu’à ma taille. Si j’avais été en maillot j’aurais nagé. Je ne m’attendais pas à une telle température le 5 juin !
Il reste encore 5 km de sentier en balcon jusqu’à Kerloc’h. Après la baignade je n’ai plus très envie de chausser les chaussures de randonnée. On continue donc en voiture mais c’est beaucoup plus long puisqu’il faut repasser par Camaret pour trouver la D8.
La plage de Kerloc’h est plus grande que les précédentes et cette fois-ci je revêt mon maillot.
Aux temps du déboulonnage de statues, de héros, de la réécriture d’oeuvres presque-classiques, certains doutent qu’on puisse encore jouer Molière (interview de Roselyne Bachelot, aujourd’hui).
David Bobée signe une mise en scène contemporaine de Dom Juan. Dans une Note d’intention distribuée avec le programme à l’entrée du spectacle il écrit:
« En relisant Dom Juan, j’ai réalisé que chaque scène qui compose cette pièce représente quelque chose contre lequel je lutte depuis toujours. Dom Juan est tour à tour classiste, sexiste, glottophobe, dominant[…]Dès lors, j’ai très envie de monter ce classique de Molière de mettre mes propres principes de vie à l’épreuve de ce texte sublime et […]ainsi continuer mon travail de revisitation des grandes figures littéraires, historiques ou mythologiques…. »
Le Festin de pierre est donc monté dans un décor de statues antiques à terre, déboulonnées, décapitées, à moitié émasculées. la statue du Commandeur est tellement insignifiante qu’on l’oublie.
Diversitédes acteurs, deux africains, deux asiatiques, Parité hommes/femmes : il remplace Dom Luis le père de Dom Juan par sa mère, le spectre est une danseuse le patois de Pierrot est remplacé par du chinois… Bobée coche toutes les cases du politiquement correct.
L’essentiel est ailleurs : il campe un Dom Juan voyou et dragueur. Dans mon imaginaire, Dom Juan, aristocrate libertin, était incarné par Michel Piccoli, élégance et dentelles, classieux toisant le ciel, invoquant la raison et l’arithmétique…Le Dom Juande Bobée (Radouan Leflahi) a une dégaine de petit voyou avec des chaines à ses pantalons taille basse. Il a les mains baladeuses et de fort mauvaises manières. Il ne cherche que sa satisfaction personnelle et ses blasphèmes sont bien superficiels et peu crédibles.
En revanche, Sganarelle (Shade Hardy Garvey Moungondo) a une très belle prestance, et une belle voix. Il est vraiment désolé d’être au service d’un tel maître.
Séquence Metoo avec Dona Elvire sur fond rouge, on croirait presque Clara Luciani et sa Grenade. C’est Rock mais un peu étrange. Elvire est si peu incarnée. C’est quand même très beau.
Beaucoup d’effets spéciaux, presque trop. Ils nous font oublier le déchaînement final et la colère du ciel que j’attendais. Peut-être est-ce voulu? Au XXIème siècle on n’a plus rien à attendre du Ciel.