Exposition Générale -Fondation Cartier

Exposition temporaire jusqu’au 23 Aout 2026

Bodys Isek Kingelez – projet pour Kinshasaa aménagé le

J’ai toujours beaucoup aimé la Fondation Cartier, Bld Raspail, dans le beau bâtiment de Jean Nouvel avec le jardin. Le nouveau site se trouve dans un emplacement prestigieux  place du Palais Royal, en face du Louvre, dans un immeuble haussmannien édifié pour l’Exposition universelle de 1855.

Au premier plan sculpture de bois de Véio
au fond Ribalta d’Eliane Duarte

Pour son ouverture, l‘Exposition Générale présente les collections sous 4 thèmes  : Machines d’Architecture, Etre nature, Making things et Un Monde réel . Les  œuvres sont réparties sur trois niveaux ouverts les uns sur les autres : on peut découvrir le niveau -1 en surplomb. Cette présentation ne facilite pas la visite. J’ai été déconcertée par la variété des œuvres, des artistes, des provenances. Pas de rétrospective d’un plasticien. Encore moins d’aire géographique, un Japonais côtoie des Français, des Brésiliens, un Chinois. Art textile et sculpture de bois. Dessins minutieux noir et blanc et  grande installation. 

Garouste – Indienne

Heureusement, pour orienter le visiteur perdu, la Fondation a prévu de nombreux médiateurs tablette numérique à la main qui vont compléter les explications des cartels. Il y a aussi des visites-flash. 

Plutôt que de tout voir et de passer vite devant les œuvres proposées, j’ai préféré me limiter au rez-de-chaussée

petite Cathédrale Alessandro Mendinii

les Machines d’Architecture accueillent le passant dès l’entrée . Devant la petite église de mosaïque : Petite Cathédrale (2002) d’Alessandro Mendini, j’hésite, est-ce une maquette? Elle est plus grande que certaines chapelles. Ni croix, un autel doré étrange, un campanile qui pourrait être un minaret, ce n’est pas un projet réalisable, plutôt une rêverie, suggère le cartel. 

Une feuille de béton ondulante est une véritable maquette d’une chapelle au milieu d’une forêt chinoise. Chapelle en couloir ondulant, dépouillée. A-t-elle été construite? Nul ne le sait, l’architecte japonais n’a peut-être pas eu l’autorisation du pouvoir chinois. On peut aussi rêver….

le sapin sur la colonne

A quel stylite est destiné cette colonne? Comme Syméon le Vieux (392-459) dans le désert de Syrie. C’est un petit arbre, un conifère, il semble qui attend son arrosage automatique hebdomadaire. Encore un objet sont la seule fonction est de nous interroger.

Perchée sur un arbre en bois, un vrai tronc, la chatte Nini en bronze d’Agnès Varda. Clin d’oeil sympathique!

Bodys Isek Kingelez projet Kinshasa utopique

Ma préférence va au projet de Kinshasa utopique de Bodys Isek Kingelez avec ses jolies maquettes colorées, son stade Lumumba, sa promenade le long du fleuve Congo, on s’y croirait presque.

Caï Guo-Qiang : papier de riz et poudre à canon

Une grande salle claire regroupe les œuvres diverses sans lien apparent entre les unes et les autres. Heureusement, une médiatrice explique comment le plasticien chinois a dispersé de la poudre à canon, a recouvert d’ un panneau pour contenir les explosions. Caï Guo-Qing est un artificier qui a fait des spectacles pyrotechniques remarqués  dont la fête de fermeture du Centre Pompidou CLIC

Simon Hantai

Sans transition, un très beau panneau orange de Hantai obtenu par de multiples pliages. 

Othoniel paysage amoureux

Le paysage amoureux d’Othoniel m’a beaucoup touchée : les fines perles forment un très long réseau rouge comme le sang des veines et des artères passant par de grosses perles rouge comme des cœurs, et d’autres organes.  « objet rituel et érotique  » note le cartel. 

Ribalta Eliane Duarte (Brésil)

Les cordons de tissu tressés avec des plumes, du lurex, des matériaux recyclés, contiennent des « trésors » sorte de cristaux ou petites mains de plastique. On dirait qu’elle a voulu y enfouir des secrets. A quoi correspondent ces cordes qui ressemblent à des racines d’arbres ou peut-être à la mangrove. Des centaines de mètres, peut-être des kilomètres de travail manuel patient, méditation, ou rituel .

Impossible de rendre compte de toutes les objets exposés, des installations luxuriantes ou minimalistes . Je reviendrai. Pas pour tout voir, pour choisir encore des oeuvres qui me parleront.

Mickalene Thomas – All about Love – Grand Palais

Exposition temporaire au Grand palais jusqu’au 5 avril 2026

Clarivel Face Forward Gazing (2024)

Mickalene Thomas est une artiste afro-américaine, née en 1971 dans le New Jersey.  Photographe, peintre, vidéaste…elle magnifie le mouvement des années 1960 -1980 Black is beautiful

RESISTE

Je définis mon travail comme un acte féministe et politique…Je suis noire, queer et femme

Photographe, elle réalise des portraits dans la lignée des photographes maliens Seydou Keita et Malick Sidibé, mise en scène en studio avec des textiles africains. Ses modèles portent des tenues choisies par l’artiste

Elle détourne les images comme le Déjeuner sur l’herbe, Olympia ou La Grand Odalisque.

Déjeuner sur l’herbe

Peintre, elle va agrandir les photographies, les repeindre, les recouvrir de strass, de paillettes, de miroirs pour faire briller ces déesses afro.

African Goddess looking forwards

Elles sont belles, puissantes, sensuelles et regardent bien en face

Renversement des Odalisques orientaliste des harems de l’imagerie occidentales. Ces tableaux colorés gais sont présentés dans des installations : des salons un peu vintage avec fauteuils, coussins, plantes vertes. « Espaces-refuges » où les femmes noires se réunissaient entre elles

Salon vintage et odalisque

les visiteurs peuvent même s’asseoir dans un des salons pour regarder et écouter des vidéos de Angelos negros, 3 chanteuses  jouent le rôle de Eartha Kitt

La visite se fait en musique.

Dans une autre salle, les couleurs sont vert-bleu et l’atmosphère tropicale avec beaucoup de plantes vertes. Un mur vidéo avec 12 petits écrans déploie des images tantôt aux couleurs de wax, tantôt suggestive d’une femme nue qui se livre morceaux par morceaux, ou des images déformées comme vues sous l’eau.

Collage

A l’étage, une mezzanine présente des collages sous le mot d’ordre de Baldwin :

On ne peut changer tout ce qu’on affronte mais rien ne peut changer tant qu’on ne l’affronte pas

Les images sont moins glamour, plus grises faites de collages en référence à Picasso, Matisse, Faith Rainggold et Claude CahunCertains collages utilisent des photos de nus exotiques d’un photographe italien réalisées pour les plaisir de l’homme blanc. Les collages sont sous le regard d’une femme noire lesbienne. 

Comme souvent j’ai trouvé un podcast des Midis de Culture « une exposition séduisante mais un peu frustrante » CLIC 

A moment’s pleasure

Critique un peu sévère jugeant le travail de Mickalene Thomas comme peu subvertif reprenant les poncifs qu’elle veut dénoncer. A vous de voir…

Gerhard Richter – Vuitton

Exposition Temporaire jusqu’au 2 mars 2026

1987 Gudrun

la Fondation Vuitton consacre une vaste rétrospective au peintre allemand Gerhard Richter (né en 1932 à Dresde – actuellement à Cologne). Présentée chronologiquement selon 6 décennies de 1962 à nos jours. 

1963 Hirsch

1962-1970 Peindre d’après photographies : Richter va utiliser des photographies de magazines et des photographies de famille souvent en noir et blanc. Il va repeindre, écraser, flouter et retravailler l’image parfois en distorsion. Photographies d’actualité, avec des images de bombardiers évoquant les bombardements de Dresde. Il documente un côté douloureux de l’histoire allemande. 

1965 Horst mit Hund

De ses photos de famille, il va exhumer des secrets douloureux comme la figure d’un père perdu, parti à la guerre, revenu en 1945 mais interdit d’exercer son métier, de sa tante Marianne liquidée dans les projets eugénistes nazis.

1968 Stadtbild

D’après photographies et toujours en Noir&Blanc, il peint des paysages, cette vue aérienne de ville mais aussi de somptueux paysages de montagnes enneigées

1970 mer

Pour peindre la nature, il ne s’installe pas sur le motif. Il emporte son appareil photo et retravaille la photo dans son atelier. Une vidéo le montre dans son atelier projeter la diapositive en couleur, repasser les contours au fusain…et obtenir une précision photographique dans sa peinture. les marines avec des ciels nuageux et le triptyque  de nuages est  impressionnant.

1970 Wolken blau

1971 -1975 Remise en question de la représentation

Une série de peinture d’après photographies est qualifié de dépeintures selon la brochure. A la Biennale de Venise il réalise une série de 48 portraits d’après photographies de personnalités, exposée dans une salle blanche que j’ai trouvée plutôt ennuyeuse après avoir repéré Thomas Mann et Stefan Zweig pas Gide. A Venise, Richter peint une série après la découverte de l’Annonciation du Titien 

1973 Annonciation d’après le Titien

A partir de la gamme de couleur et des personnages, il peint des variations

1973 nach Tizian

De cette époque datent aussi les travaux sur la couleur avec de grands nuanciers qui ne m’ont pas enthousiasmée.

1976 – 1986 Explorer l’abstraction

1976 Konstruction

Parallèlement à ses tableaux d’après photographies, Richter peint de grands formats très colorés, très libres, où il expérimente plusieurs techniques. Une médiatrice présente dans la salle explique qu’un tableau abstrait nécessite de nombreux mois de travail alors que ses tableaux photographiques sont peints en parfois un seul jour. .

1980 Faust

La période voit le règne de l’Expressionnisme abstrait dans  le monde entier.

Il peint aussi des aquarelles.  On ne peut cantonner Richter dans un seul style, en même temps il peint des paysages qui évoquent le Romantisme allemand de Caspar Friedrich, sauf qu’il choisit des points de vue quelconques, peu pittoresques, des barrières dans un champ, un coin peu reconnaissable de la Cathédrale de Cologne, le banal contrastant avec le romantisme du style.

1987 Chinon

1987 – 1995 Sombre Réflexion

Nouveau thème : la peinture historique autour du cycle 18.  Oktober 1977 . Suicide ou liquidation de la Bande à Baader, peintures floues portraits d’Ulrike Meinhof,

18.Oktober 1977
1988 18.Okt 1977 Beerdigung

Une série de très grands tableaux abstraits à tonalité grise fait suite

1989 Abstraktion

Richter expérimente encore couleurs et techniques.

Puis il se tourne vers le papier et le dessin, alterne grandes compositions abstraites et figuratives. Enfin se livre un peu dans un portrait de sa femme et de leur enfant.

1995 S mit Kind

La Fondation Vuitton offre un très vaste panorama des œuvres plus tardives de Richter. Je piétine depuis plus de 2h30 et perds un  peu de concentration pour prendre des notes ou faire de nouvelles photos. Mais ce n’est pas la lassitude qui m’empêche de rendre compte de la dernière salle Birkenau. Avec la Shoah, j’ai du mal. La représentation, même si elle est pertinente et respectueuse, m’apparait impossible. 

Les critiques des Midi de Culture sont beaucoup plus sévères que moi l’une s’étant « ennuyée » l’autre jugeant le peintre pour le podcast ICI

Magdalena Abakanowicz – La trame de l’existence au Musée Bourdelle

Exposition temporaire jusqu’au 12 avril 2026

Les Coquillages  1973- tapisserie sisal et lin

Magdalena Abakanowicz (1930-2017) est une artiste textile polonaise.

Andromède II 1964 laine coton crin de cheval

Dans ses tapisseries, elle s’affranchit du plan du mur pour incorporer des matières originales et  obtenir l’impression de relief.

Abakan rouge qui se reflète dans un miroir

A partir , de 1964elle qualifie ses tissages monumentaux suspendus au plafond d‘Abakan. Les personnages qui se reflètent dans le miroir donnent l’échelle de l’œuvre. Ces abakans peuvent évoquer toutes sortes de chose au spectateur : un volcan, ou un sexe de femme, un paysage….

SculpturesSérie de portraits anonymes (1989-1990)

Série de portraits anonymes (1989-1990)

Autant j’ai aimé ses tissages et abakans, autant j’ai ressenti un profond malaise avec ses personnages de textile . Sculptures et moulages avec de la toile de jute. Masques mortuaires ou non? Rides captées ou exagérées avec les bandelettes?

Quelle danse, quelle procession, quelle fuite pour ces personnages sans tête. Et que font donc ces dos arrondis, accroupis ou assis, courbés. prisonniers ou condamnés. Le malaise augmente quand je m’aperçois que ce sont des coques creuses.

Aucun de ces « humain » ne possède un corps entier, le plus souvent c’est la tête qui est absente. les foules sont encore plus angoissantes

Foule

Foule anonyme, en rang serré, immobile. Qu’attend-elle?

Abakan noir

A l’arrière de l’abakan noir, une série nommée « Paysages » est composée des bas-reliefs de corps humains émergeant de la terre.

paysages

Oeuvres puissantes mais très malaisantes. Magdalena a évacué toute joliesse, toute exigence du « beau ». Comme elle est polonaise, je pense immédiatement à la Shoah, aux charniers, à la boue, aux cendres.
mais j’ai peut-être tout faux; Ces foules sont peut-être celles qui participaient au pouvoir communiste. Aucune indication biographique n’oriente le visiteur vers l’un ou l’autre de ces épisodes dramatiques qu’a vécu la Pologne. Témoignage ou protestation militante. Rien ne nous sera expliqué.

Magdalena Abakanovicz a aussi sculpté le bois et le fer pour des objets encore effrayants. Elle a aussi dessiné des têtes anonymes, et s’est même consacrée à la métamorphose d’une mouche aux dimensions monstrueuses de la même taille que la tête d’homme qui est accrochée sur la cimaise.

J’ai même trouvé réconfortantes les têtes hurlantes de Bourdelle alignées dans le couloir qui conduit à l’espace d’expositions temporaires du Musée Bourdelle. Elles criaient pourtant l’horreur de la guerre 

Sheila Hicks : Le fil voyageur au Quai Branly

Exposition temporaire jusqu’au 8 mars 2026

Sheila Hicks est née au Nebraska en 1934, depuis 1964 elle est basée à Paris. Artiste textile, elle a fait de nombreuses expositions. Le Fil voyageur présenté à l‘Atelier Martine Aublet (mezzanine, 3ème étage) présente un nombre restreint d’œuvres, surtout des petits formats. Elle célèbre aussi une collaboration, entre la plasticienne et Monique Levi-Strauss , spécialiste des cachemires et auteure d’une biographie de Sheila Hicks. Une vidéo montre les deux femmes filer le fil voyageur de leur amitié . 

La mer – à l’origine horizontale, cette sculpture évoque plutôt une cascade

On entre dans l’exposition en passant devant les cordons soyeux de la Mer – à mon grand regret rien n’indique que la sculpture qui se trouve dans les collections permanentes ne fait partie de l’exposition. 

Minime

Les Minimes, comme un carnet de voyage en Amérique Latine tissés au fil des jours, des rencontres avec les tisserands des Andes. A leur côté elle apprend à filer et tisser. 

minime

Elle inclue aussi des silex, des pointes de flèche ou les piques du porc-épic

minime porc-épic

Ses œuvres sont présentée en résonnance avec des tissus authentiques : un poncho, une broderie, de bizarres sphères aplaties à fonction funéraire.

Ses techniques sont variées, du tissage sur un métier, simple cadre ou nouage avec ses doigts, utilisant des outils traditionnels, à « quatre lisières« , Sheila Hicks se sent libre pour toutes les expérimentations.

Sheila Hicks improvise sous nos yeux (vidéo)

Symbolique aussi ce cadeau de mariage de son mari  chilien, Enrique Zaffartu, un petit cadre et des outils traditionnels

boîte à ouvrage andine

Tapis, poncho, ou tissu arachnéen, le fil voyage et nous fait voyager et rêver

Grand Prince – Aléxia Stresi – Flammarion

MASSE CRITIQUE DE BABELIO

Outrenoir. Pourquoi Soulages?

« L’existence c’est formidable, paraît-il. C’est surtout long, estime Simone Guillou. A 85 ans, elle pense heureusement avoir fait le plus gros. Il ne peut plus rien lui arriver.

peut-on lire sur la 4ème de  couverture.

C’est donc l’histoire un peu extraordinaire d’une vieille dame d’un village tranquille de Loire Atlantique, qui passe une retraite un peu trop tranquille dans le bourg vide hors saison. A 85 ans, elle se porte plutôt bien, de l’arthrose au genou la fait souffrir, mais c’est l’âge. Son fils la délaisse, il est occupé. Sa petite fille est plus attentive, mais elle est loin. Elle a bien des copines de son âge, mais l’entrain n’y est plus.

Et pourtant, il suffit de si peu pour que la curiosité de la vieille dame, l’imagination ne se mette en branle. L’histoire démarre comme un roman policier, avec constatation du gendarme… l’enquête de police n’ira pas loin. Si je ne veux pas divulgâcher il va falloir que je m’arrête bientôt!

marais salants

C’est un roman très agréable à lire, les pages se tournent toutes seules. Gentil dépaysement dans les Marais salants près de Guérande. Nostalgie pour les commerces de centre-bourg, remplacés par les grandes surfaces.  Un bouquet de roses trémières. Et un espoir pour tous : l’aventure se présente à tout âge!

merci à l’éditeur et à Babélio qui m’ont fait ce cadeau!

Hier, rencontre dans les locaux de Babélio avec Alexia Stresi qui nous a livré quelques secrets de fabrication de son livre. C’était passionnant, mais attention « spoilers »! Autrice très sympathique, très bon contact avec les lectrices-eur. Et buffet excellent, encore merci Babelio

 

Eva Jospin – Grottesco au Grand Palais

Exposition temporaire jusqu’au 15 mars 2026

Duomo

J’ai découvert Eva Jospin en 2021 au Musée de la Chasse et je me suis fait un plaisir de la retrouver dans ce Grand Palais tout rénové et tout propre. Je suis venue à 10h à l’ouverture et m’en suis félicitée : les sculptures sont monumentales mais les détails sont minuscules. Si trop de monde circule on ne peut pas goûter au raffinement des ornementations. 

Panorama : une forêt de carton

Une seule galerie, très claire, avec 16 pièces de tailles diverses conduisant au Panorama qui est une sorte de forêt. 

chef-d’oeuvre : Arche

Nous passons 4 « chefs d’oeuvres » : Crayère et bassin, Arche, Ninféo, Capriccio et Gloriette qui sont de petite taille et que le visiteur étonné contourne

Crayère et bassin

pour arriver à des monuments de plus grande taille : Cénotaphe et Duomo qui brodent tous les deux sur le thème de la grotte et de la coupole. Une grotte d’aspect naturel, avec rochers, végétation accrochée est surmontée d’une coupole. 

Cénotaphe

Des éléments architecturaux sont ajoutés : colonnes, niches, et décors intérieurs comme les stalactites à l’intérieur de la coupole du Duomo

décors de la coupole : stalactites, colonnes, frises…

Sur les bords on découvre des broderies, une cascade de soie

Cascade de soie

si la première promenade de découverte des objets est relativement courte, la visite ne se termine pas au Panorama : une déambulation commence avec la découverte des détails, des textures, des trouvailles sans cesse renouvelées. Ne pas hésiter à venir avec des enfants même petits : à leur hauteur il remarqueront des éléments que les adultes ne voient pas. 

grotte marine?

je me suis émerveillée de la variété de textures du matériau unique employé par l’artiste : le carton ondulé en jouant avec les surfaces lisses ou les empilements, les déchirures ou au contraire le découpage en marches, escaliers ou cubes pour construire des édifices qui semblent de brique

unmur : briques ou pierre, edscaliers et colonnes

Comme le jeu des textures ne suffisait pas, Eva Jospin nous offre des surprises : coquillages et éponges pour un milieu  de grotte marine

Grotte marine?

 

on découvre des plantes, des escaliers. J’aurais pu rester des heures à jouer à me perdre dans ces circuits minuscules. Malheureusement à mesure que la matinée s’avance, la galerie se peuple et la foule commence à devenir gênante.

Dans la galerie voisine sont exposés les cartons des vitraux de Claire Tabouret lauréate du concours pour la réalisation des vitraux d la nef de Notre Dame. Je n’avis aucun a-priori sur cette ajoût moderne. J’ai découvert et aimé nombreux vitraux contemporains . Là, déception. Des couleurs criardes. Des  grandes plages avec de grands personnages, trop grands, trop réalistes. 

Otobong Nkanga : I dreamt of you in colours – au MAM

Exposition temporaire jusqu’au 22 février 2026

Affiche exposition Otobong Nkanga

Connaissez-vous Otobang Nkanga ? Elle est née au Nigéria en 1974, a étudié à Paris  aux Beaux Arts et à Ilé-Ifé, Nigéria. Elle a effectué de nombreuses résidences en Europe et en Afrique et a participé à la Dokumenta14 Athènes/Kassel  ainsi qu’à nombreuses expositions dans la monde entier.

Grey zone (photo)

Difficile de classer cette plasticienne qui utilise nombreuses techniques, dessin, photographie, sculpture, tapisserie, céramique,  vidéo, danse... et qui les mixe dans des installations spectaculaires. Oups! j’ai oublié la poésie qui est le fil conducteur de certaines installations.

Unearthed série : Abyss

Anglophone, les commissaires de l’exposition n’ont pas jugé bon de traduire les poèmes. Je serai forcée de le faire moi-même, et sans doute maladroitement. 

Unearthed série Sunlight

Quatre très grandes tapisseries 350×600 cm forment l’ensemble Unearthed série en textile tufté . (je ne savais pas ce que c’est que le Tufting, il semble que c’est une technique permettant de réaliser tapisseries et tapis en mélangeant différentes fibres, naturelles ou synthétiques en utilisant un pistolet – je viens de découvrir cela sur Internet). Cet ensemble Abyss, Midnight, Twilight et Sunlight est très spectaculaire. Parmi les coraux, trainent des éléments, comme des pièces de membres de marionnettes. Nous allons retrouver ces éléments oblongs, perforés dans d’autres installations. 

Alterscape

En face, une série très différente, photo ou collage? Montage ou maquette. Un personnage domine un paysage. De petites maquettes (photos?) de constructions sont posée sur le personnage. On comprend que c’est l’artiste elle même qui est juchée sur une maquette. Elle est même armée de couverts, couteaux pour dévorer la terre

Alterscape :Spilling waste  dévorant la terre?

Elle symbolise ainsi l’impact des humains dévorant la terre.  Les grandes tapisseries partant des fonds océaniques arrivent sur le littoral ensoleillé montrent des richesses fragiles que l’extraction minière et pétrolière endommagent jusqu’aux abysses, témoins les éléments mécaniques accumulés. A moins que ce soient les ossements des noyés de la traite atlantique, ou des naufrages des migrants.

Shape by morning dew

Tout l’espace est occupé par plusieurs tapis aux motifs géologiques sur lesquels sont étalés des cordages, des colliers de perles de verre, de céramique. Des « phares » (becon) balisent l’installation, ce sont des colonnes de grès alertant sur le réchauffement climatique et le dessèchement des terres. Des sons sortent de grosses sphères,. il est encore question d’extraction minière.

Shape by mornig dew.

aux murs sont des panneaux d’argiles sont gravés des poèmes

loaded tears

turn to rock

slowly drips

A silent force

A red caress

Loaded Tears

Dans cette ambiance calme, dans le salon coloré, on a envie de s’attarder. Un banc s’adosse face aux tapis. Des dames ont apporter leur matériel pour dessiner ou peindre. Je les envie. Je me promène, cherchant des angles pour les photos, les vidéos. je copie les poèmes.

Les installations suivantes seront plus explicites
les braa et les jambes des des ouvriers sont suspendus à un mécanisme compliqué, on comprend qu’il s’agit d’extraction minière. Toutes les oeuvres suivantes déclinent ce thème.

la carrière dans les couches stratifiées

Le plus souvent les têtes sont coupées. Seule compte la force mécanique. Sur la série de Pointe Noire (Congo)les dégâts à l’environnement sont figurés

Extraction minière et dégâts sur l’environnement

Souvent le thème de la molécule évoque les minéraux extraits. A la place des atomes, l’artiste a collé des photos ou peint des paysages, le plus souvent dévastés.

Une installation présente une collection de minéraux, cristaux colorés, géodes…

Pursuit of Bling (2014)

Le couple figure sur un fond noir pailleté de cristaux. sur les tablettes, les minerais. Ce thème de l’extraction est largement documenté.

carved to flow

Un peu plus loin, une sorte de forteresse, de château avec tours et enceintes fleure bon le savon. Conçue à Athènes en savon grec, Otobong a fait réaliser 15.000 cubes de savon qui furent vendus pour financer deux initiatives, une pour un centre d’art à Athènes et l’autre pour une ferme organique au Nigéria. Dans une vidéo l’artiste explique le sens.

Je pense à la Terre comme un être, comme notre corps. L’eau, l’air, l’arbre la pierre, la plante sont des êtres comme notre corps

Nous sommes restées très longtemps dans l’exposition et je vous invite à y consacrer une bonne demi-journée.

Et pour compléter un  podcast de RadioFrance : Les Midis de Culture 

George Condo- musée d’Art Moderne de Paris

Exposition temporaire jusqu’au 8 février

Condo – double heads on red

Condo né à Concord  en 1957 est le contemporain de Keith Haring (1958 -1990) et de Basquiat (1960- 1988), il a également travaillé à la Factory de Andy Warhol et bassiste dans un groupe punk. 

The Actress (2018)

Cependant, sa production est très riche et surtout très variée. De salle en salle dans l’exposition du MAM le visiteur découvre des facettes de son œuvre.

la première salle Le côté obscur de l’humanité nous introduit dans un univers étrange de couleurs violentes où des visages effrayants sont décomposés un peu à la manière cubiste, yeux globuleux exorbités, cheveux hérissés, dents carnassières qui semblent appartenir à un crâne plutôt qu’à un visage

three armed man

Tous ces personnages semblent crier.

The Fallen butler

Mon préféré est le Fallen Butler. 

Après avoir grimpé une volée de marches, on parvient dans une salle très claire où l’ambiance est tout à fait différente : celle du Réalisme Artificiel 

The portable Artist 1984

Plusieurs tableaux jouent sur les lettres de CONDO, l’un d’eux Self Creator joue comme un rébus. A la manière de Chirico le visage est anonymisé, sans yeux ni nez ni bouche, lisse.

Clown maker 1984

  Certaines dégoulinades font penser à Dali, avant de voir le cartel qui explique le Réalisme artificiel, (interprétation des oeuvres anciennes) j’aurais qualifié cette salle de surréaliste. De nombreux tableaux jouent avec l’histoire de l’art. The portable Artist ci dessus figure le peintre comme un copiste du Louvre. 

The executioner (1984)

The executioner serait une réinterprétation de l’enfant bleu de Gainsborough.

Collages et Combinaisons s’inspire plus de Braque et Picasso. The Spanish Hat est un grand collage autour du chapeau de Picasso. 

The Spanish Hat

Black Rain est un hommage à Keith Haring dans le contexte de l’épidémie de SIDA avec des coulures noires

Black rain

Dans un couloir sont présentés les dessins de Condo. Si maladresses, graffitis et gribouillages suggèreraient  que l’artiste ne saurait pas dessiner, ce cabinet prouve la virtuosité du dessinateur aussi bien que lavis et aquarelles.

les salles suivantes montrent encore la diversité des inspirations, des techniques avec les Peintures de compression et les peintures dessinées

Compression figures féminines

Une autre approche : le monochrome.

Les Peintures noires font référence à Goya et leur aspect effrayant, aninsi qu’à la chapelle de Rothko. 

Peinture noire

Condo sait se renouveler et encore deux autres salles montrent des peintures plus colorées, plus récentes.

Je sors ébahie devant une telle abondance de styles, une telle érudition, l’Histoire de l’Art manipulée avec ironie et humour, la variété des sujets….Toutefois, je suis aussi perplexe. En dehors du jeu, apporte-t-il quelque chose de nouveau?

Grand Paris Express – Ligne 15 Gare Saint Maur Créteil

TOURISTE DANS MA VILLE

Le chantier de la Gare Saint Maur Créteil

Il faudra encore patienter une bonne année avant que le Métro du Grand Paris Express, Ligne 15 sud ne soit mis en service. Comme on a retiré la palissade et les Algécos au coin de l’Université de Créteil, j’imaginais que l’ouverture de la ligne était imminente. Mais  non! La gare Saint Maur Créteil est encore en chantier. C’est la gare la plus profonde de France (55 m) et son creusement  a retardé d’une bonne année la mise en route.

La géologie explique ce chantier titanesque : en superficie on a implanté le RER A, en dessous, le sous-sol est d’abord très humide du fait de la proximité de la Marne et en dessous une épaisse couche d’argiles plastiques ne se prête pas au creusement d’un tunnel. Il a fallu creuser dans la craie . Creusement d’un puits vertical avec 9 niveaux horizontaux tandis que  le tunnelier forait horizontalement. J’imaginais un tunnel horizontal, il fait plutôt des montagnes russes! L’emplacement d’une gare à Saint Maur est nécessaire pour l’interconnexion avec le RER A en direction de Boissy-Saint-Léger,  une autre gare relie le RER A à Champs sur Marne, mais il s’agit de la branche qui va à Marne la Vallée.

Puits et escalier monumental : Sculpture de lumière

L’aménagement de la Gare a été attribuée par concours à l’architecte Cyril Frétout (ANIMA) . Les 68 gares du Grand Paris Express sont conçues en Tandem, un architecte et un artiste. Suzanne Fritscher. Le problème était de meubler le puits de 42 m de profondeur et d’y amener la lumière. Un escalier monumental se déroule « comme une pelure d’orange en spirale. Et pour meubler et sculpter la lumière des câbles fins blancs et transparents se déploient comme une nébuleuse lumineuse. En périphérie, une batterie de 11 ascenseurs (25 personnes) dessert la galerie. 

Dans le tunnel, pas d’affiches publicitaires géantes comme dans le métro parisien mais des décors imaginés par des plasticiens qui font allusion à l’environnement en surface. 

 Un dernier mot laissé à l’architecte (trouvé sur le site du Grand Paris Express)