Le Parfum des années – Evelyne Bloch-Dano

MA NUIT AU MUSEE 

J’aime beaucoup cette collection Ma nuit au Musée qui m’a fait découvrir Lola Lafon :Quand tu écouteras cette chanson dans la maison d’Anne Frank et Richard Malka : Après Dieu au Panthéon, Leila Slimani Le Parfum des fleurs à la Dogana de Venise. je suis prête à suivre mes écrivains favoris dans  cette aventure. Cette fois-ci, en route pour Cabourg et la Villa du Temps Retrouvé que l’autrice connaît très bien puisqu’elle a participé à la création de ce musée. Evelyne Bloch-Dano est également spécialiste de Proust avec son livre Madame Proust autour de la mère de Marcel Proust. 

Excellentes références! Je suis d’autant plus motivée que j’ai visité cette Villa du Temps Retrouvé il y a moins de deux ans.

Cabourg la villa du Temps Retrouvé

A la lecture du Parfum des Années, je me rends compte du contresens de ma visite d’alors. Je venais de terminer La Recherche , encore toute imbibée de Proust, j’ai surtout cherché  à le retrouver. Si bien que j’ai négligé la belle exposition dédiée à Jules Verne.  Je n’ai pas prêté une attention assez soutenue à la projection dans la première salle illustrant la Belle Epoque Evelyne Bloch-Dano passe un bon moment. j’étais trop pressée de découvrir les autographes, les dessins de Marcel et les « placards » de Céleste Albaret et les paperolles. Pourtant on m’avait prévenue, Marcel n’a jamais habité dans ce bâtiment, même au Grand Hôtel de Cabourg, il ne reconnaîtrait pas sa chambre (visitée actuellement par des pélerinages touristiques). Les peintures, les portraits je les ai examiné avec les souvenirs de mes lectures : qui était Elstir, Helleu peut être? Whistler? peut être Vuillard? J’ai cherché parmi les belles dames laquelle serait Madame Verdurin…

Suzette Lemaire une inspiratrice de Madame Verdurin

Si, comme l’explique Evelyne Bloch-Dano, la villa est une évocation de la Belle Epoque la visite est très différente. Chercher à définir cette « Belle Epoque » et se rendre compte que ce concept de « Belle Epoque » est beaucoup plus récent que je ne l’imaginais

l’expression « Belle Époque » – un chrononyme – est bien postérieure à la période où elle se déroula. Un
premier signe en est donné en 1940 par une émission sur la vichyste Radio-Paris consacrée à la musique des
années 1900 et intitulée : Ah ! la Belle Époque ! Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale que l’expression
fait vraiment son apparition, produit d’un imaginaire historique qui s’enracine autour du Paris et de l’« esprit
français » de 1900.

Et c’est dans  cette optique que la salle d’introduction avec ses projections panoramiques prend tout son sens : costumes, visages, trains, quais….A la Belle Epoque la photographie existait et le cinéma naissait. On dispose donc d’images d’époque.

Et à propos de cinéma, Evelyne Bloch-Dano nous parle d’Alice Guy, la première réalisatrice de fictions, trop méconnue, quoique aujourd’hui on la reconnait. 

L’ambivalence d’Alice Guy par rapport au féminisme est typique de certaines femmes exceptionnelles, hors du commun : ni George Sand ni Colette par exemple ne se sont jamais réclamées du féminisme même si elles ont lutté, chacune à sa façon, pour leur propre indépendance.

L’autrice interroge les portraits, souvent autoportraits de toutes les femmes qui l’entourent dans cette galerie : femmes qui ont eu leur place dans les salons et les soirées de Madame de Guermantes ou chez Madame Verdurin. (et me revoilà avec Proust, je suis incorrigible). Célébrités ou militantes féministes? Elle dresse une liste de militantes féministes  : Hubertine Auclert qui réclama la parité dans les assemblées dès la fin du XIXèe siècle, Marguerite Durand, Madeleine Pelletier, première médecin aliéniste, Séverine, la journaliste, Louise Breslau, peintre 

Il me semble que Louise Breslau incarne à la perfection la femme artiste de la Belle Époque. Une femme qui
choisit de venir à Paris pour peindre et vivre indépendante

 

Femmes artistes ou Femmes de salons peuplent la villa et le livre :

Winnaretta Singer aurait peut-être été cette artiste. Faut-il classer cette extravagante dans la catégorie du «gratin révolté », expression désignant la volonté émancipatrice de certaines des grandes dames

Le Parfum des années s’avère beaucoup moins proustien que je ne croyais, beaucoup plus féministe, l’autrice n’oublie pas les limites de ce féministes. Des personnalités fortes, reconnues dans leur domaine, mais une époque « corsetée«  où les droits des femmes étaient loin d’être reconnus et où les maris, même titrés et aristocrates battaient leurs femmes au point de leur casser la jambe ou de les faire avorter. Meetoo, ce sera dans un siècle!

Sarah Bernhardt et Louise Abema tableau vu à l’exposition Sarah Bernhart au Petit Palais

« en tant qu’artistes à part entière, qu’elles soient peintres comme Rosa Bonheur, Louise Abbéma, Madeleine Lemaire et Louise Breslau, actrice comme Sarah Bernhardt ou écrivaines comme Anna de Noailles, Natalie Barney, Renée Vivien ou, bien sûr, Colette. Mais ne nous leurrons pas, la société de leur temps est loin d’ accepter leur mode de vie et leurs préférences sexuelles. L’époque est encore corsetée, au sens propre et figuré. »

Et comme c’est l’usage dans cette collection Une nuit au musée, Evelyne Bloch-Dano  nous parle d’elle, du making-of du livre, et j’ai plaisir à la connaître mieux. Je lirai d’autres ouvrages, surtout Madame Proust que je n’ai pas encore lu et d’autres

Merci à Matatoune de m’avoir indiqué ce livre!

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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