Daniel Stern, comtesse d’Agoult de la Restauration à la IIIème République – Marie-Octave Monod – Ed des femmes Antoinette Fouque

CHALLENGE DES DEUX GEORGE 

Comme George Sand et George Eliot, ses contemporaines, Daniel Stern est le pseudonyme masculin sous lequel Marie d’Agoult publia ses écrits. Daniel, le prénom de son fils. Stern, comme étoile, en Allemand, langue que Marie D’Agoult maîtrisait depuis l’enfance. 

Qu’on se rappelle l’enthousiasme de George Sand à Chamonix: Marie est une princesse de rêve, une étoile, une grande âme! De son côté Marie exalte le talent, le génie de George. Mais George, au fond d’elle-même, trouve Marie maniérée, artificielle, mondaine et Marie ne peut souffrir les manières garçonnières et les cigares de George.

Marie d’Agoult et George Sand se connaissaient très bien, elles furent amies à Chamonix puis à Nohant où elle passa un bon moment avec Liszt. Elles fréquentaient le même monde. 

« Marie d’Agoult avec quelques autres jeunes femmes, la duchesse de Rauzan, Madame de la Bourdonnaye, Madame de la Grange, osa ouvrir son salon à tout ce que Paris offrait d’original, d’intéressant, de célèbre à un titre quelconque. Les artistes, les écrivains, les journalistes, les étrangers furent reçus soit dans l’hôtel du quai Malaquais, soit au château de Croissy. On y vit successivement: Vigny, Sainte-Beuve, Deschamps, Ingres, Mignet, les musiciens Meyerbeer, Chopin et Liszt, le baron d’Eckstein, Heine, Monsieur de Girardin. Les jeunes femmes un peu grisées de la liberté nouvelle voulurent être dans le mouvement et rivalisèrent dans ce qui était alors de l’audace. Elles assistaient aux premières représentations de Henri III, d’Antony, de Chatterton, lisaient Indiana, Lélia… »

J’ai eu envie de lire cette biographie de Marie d’Agoult et comprendre la brouille qui est survenue entre elles.

D’après l’écoute de différents podcasts, Marie d’Agoult une républicaine romantique…ICI

et George Sand, l’âme musicienne ICI

j’avais pensé que la jalousie avait eu raison de leur amitié : jalousie autour de Liszt à Nohant, ou jalousie d’écrivaines, George Sand ayant plus de succès littéraure. Surtout la parution de Béatrix de Balzac que George Sand aurait inspiré par des indiscrétions  a causé la rupture entre les deux amies. Pourquoi Balzac qui était pourtant l’ami de chacune d’elles a-t-il utilisé ces commérages? Le roman de Daniel Stern : Nélida, roman à confession qui devait être une réponse au Béatrix n’obtint pas le succès escompté, juste un succès de curiosité. 

« Elle voulut écrire un roman, elle n’avait point d’imagination, nous le savons déjà, elle puisa dans sa vie et dans ses souvenirs. »

Si Marie d’Agoult n’a pas su se distinguer comme romancière, elle était néanmoins très cultivée, polyglotte et fine analyste des révolutions à travers l’Europe, unification de l’Allemagne et de l’Italie. C’est comme historienne qu’elle a laissé une oeuvre. Historienne et philosophe avec sa connaissance des philosophes allemands.

On retient surtout son rôle  dans la Révolution de 1848 quand son salon devint un quartier général réunissant Ledru-Rollin, Lamartine, Lamenais, Carnot…Elle écrivit dans le Courrier Français, dix-huit Lettres républicaines 

Dans la lettre qu’elle lui (Lamartine)adresse le 5 octobre, elle le met en garde contre les dangers de l’élection du président de la République au suffrage universel, elle lui dépeint l’état d’esprit du peuple français qui pense à Napoléon, à Waterloo, à Sainte-Hélène, qui confond l’oncle et le neveu: «Ignorezvous
donc que l’élection se fera sur son nom?[..]
encore, son grave appel aux femmes françaises pour qu’elles demandent l’amnistie qui fera l’apaisement, car si «les hommes font les révolutions, les femmes font les moeurs». Les «Lettres républicaines» de Madame d’Agoult restent donc le témoin de l’intérêt passionné avec lequel elle suivit les événements de la révolution de 1848, du soin et de la précision avec lesquels elle notait au jour le jour
Elle fait preuve d’humour quand elle dépeint Ledru-Rollin en « ogre des salons »
Féministe cet appel aux femmes :
son grave appel aux femmes françaises pour qu’elles demandent l’amnistie qui fera l’apaisement, car si «les hommes font les révolutions, les femmes font les moeurs».
Elle publia l‘Histoire de la Révolution de 1848, dans une réédition, elle examine la suite des évènements, pensant que la Révolution n’avait pas été vaincue et qu’elle avait su faire naître des ferments dans l’Europe entière. 

Plus tard, elle écrit  L’histoire des commencements de la république des Pays-Bas (1872). 

Détail?  J’ai oublié d’écrire que Marie D’Agoult avait vécu une liaison romantique passionnée avec Liszt.C’est d’ailleurs par ce racourci qu’on la présente souvent « la maîtresse de Liszt » .Voyages romantiques en Suisse, Genève, puis en Italie… Elle lui a donné trois enfants, dont la fameuse Cosima qui devint Madame Wagner. Mais c’est une autre histoire. 

 

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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