Exposition temporaire jusqu’au 19 juillet 2026

J’ai repoussé cette visite, puis pressée par la date de fermeture, je suis allée au Petit Palais. C’est une exposition un peu hétéroclite. La majorité des oeuvres présentées proviennent des collections du Petit Palais.

Les artistes, célèbres en leur temps (fin XIXème siècle) sont souvent tombés dans l’oubli et sont pour la plupart des hommes à deux exceptions près un buste sculpté par Sarah Bernhardt et un grand tableau de Louise Breslau. En contrepoint, des oeuvres contemporaines parsèment l’exposition, oeuvre exclusivement de plasticiennes-femmes : Hélène Delprat, Nina Childness, Annette Messager, Nathanaëlle Herbelin, Sophie Calle, Nan Goldin, Cindy Sherman.

Nous entrons dans l’exposition par une série d’autoportraits de Leon Bonnat, Hippolite Flandrin, Carpeaux, Puvis de Chavannes…les deux derniers, je les connais. les portraits sont réussis sans soulever autrement mon intérêt. Bien sûr Courbet est la vedette!

On aurait presque oublié que Sarah Bernhardt sculptait, et sculptait même très bien. Quant à George Clairin, je le découvre ici, après glooglisage, j’irai le chercher au Musée d’Orsay !

Sculpture donc! Avec les masques de céramique de Carriès. Encore une découverte pour moi (quelle ignare!). Justement le sculpteur a été portraituré par Louise Breslau dont j’ai fait la connaissance dans le livre d’Evelyne Bloch-Dano : Le Parfum des Années qui écrit :
« Il me semble que Louise Breslau incarne à la perfection la femme-artiste de la Belle-Epoque. Une femme qui choisit de venir à Paris pour peindre et vivre indépendante (mais longtemps pauvre) plutôt qu’une vie conventionnelle … »

Puisqu’on parle sculpture, je découvre un « panorama des impressionnistes » une collection de bustes de Paul Paulin. je me retrouve en terrain connu!

Un des thèmes de l’exposition est Fraternité d’artistes du Portrait collectif au récit de l’amitié où de nombreux peintres s’affichent ensemble. Pour l’Exposition Universelle de 1889 un immense panorama rassemblait 600 figures célèbres. la toile a été découpée et un bout figure ici.

Trop rare visage féminin : Eugénie Gadiffet-Caillard, dite Germaine Dawis, peinte par Henner. Germaine Dawis était son élève et une artiste reconnue alors. Ce tableau a été choisi pour être l’affiche de l’exposition.
Un mur a été offert à Annette Messager dont je ne découvrirai pas le visage (promis par l’exposition) mais une sorte de mosaïque « collection pour trouver pa meilleure signature » et une collection de châteaux.

Autres portraits de la vie d’artistes : l’atelier.

Avec le chevalet sur le bord droit du tableau, on l’imagine dans son atelier. le rideau de douche détonne un peu. Une interview filmée permet de faire connaissance avec Nathanaëlle Herbelin qui parle de l’importance de l’atelier. Découverte il y a quelques temps à Orsay CLIC, elle se situe dans la proximité des nabis.

Et puisqu’on parle des nabis, voici donc trois tableaux d’une série : Les quatre anabaptistes, où Vuillard peint Maurice Denis réaliant La Vie de Sant François, Pierre Bonnard et Aristide Maillol.

Sautant du coq à l’âne, je reviens à nos contemporaines : Sophie Calle et cette installation photographique après 2001, où elle s’est fait suivre par un détective (on voit surtout sa voiture et les compte-rendus écrits de ses déplacements) . Claire Tabouret peinte avec la collerette de Franz Hals sculpté par Carriès correspond tout à fait au sujet de l’exposition. Quant à Cindy Sherman déguisée en Fornarina avec des prothèses mamaires et un faux ventre recouvert d’une sorte de loque de rideau, elle fait fuire les deux jeunes filles « c’est malaisant » cit l’une d’elle.

Finalement, cette exposition qui ne m’a pas charmée d’emblée, est beaucoup plus riche que je ne pensais sur place.