35° à l’ombre en ville, 22;5° C dans l’eau. c’est le jour pour aller se rafraîchir sur les Bords de Marne!
Depuis des mois, pendant mes promenades, j’ai surveillé l’aménagement de la plage deMaisons Alfort attendant l’ouverture.
Il convient d’abord de réserver un créneau par Internet, « A la Plage » Paris Est Marne &Bois CLIC. les créneaux sont de 2 heures, la jauge de 200 personnes. Si vous n’êtes pas domicilié dans l’agglo ParisEstMarne&Bois il€ vous en coûtera 8 €, 3€ pour les locaux.
Muni du QR code, on passe le contrôle des sacs (nourriture interdite). On peut se changer dans de jolies cabines colorées à rayures verticales et on pose sa serviette sur les chaises longues, les marches, sous les arbres ou sur la passerelle de bois le long de l’eau.
Deux bassins vous attendent : un grand bassin peu profond où se concentrent les familles avec enfants, ou les non-nageurs. Un couloir de nage le long de la rivière de 50 mètres pour faire des longueurs tranquillement. L’eau de la Marne a été filtrée. On ne nage pas directement dans la rivière. Pas de courant, ni de perturbations au passage des péniches.
Bien sûr des surveillants de baignade pour chaque bassin.
La Seine et la Marne baignables, héritage des Jeux Olympiques, très appréciable. En revanche, je ne sais pas comment sera l’eau après les orages prévus aujourd’hui.
Un peu plus loin, sur les pontons des plaisanciers vides, des jeunes ont étalé serviettes et nappes de pique-niques improvisés. Ils sont en maillot de bain, malgré la baignade formellement interdite mais je n’ai vu personne à l’eau.
Depuis les Jeux Olympiques, j’ai découvert que Saint Denis était tout à fait accessible (RER D, métro ligne 13 et 14). Aucune excuse. Comme je suis un peu perdue dans les Mérovingiens, Carolingiens, les Capétiens, Valois et Bourbons, j’ai opté pour une visite guidée de Explore Paris.
La visite commence devant une maquette de la ville, de nombreux édifices ont disparu, la Basilique avait deux tours dont une de 90 m, la Tour nord qui, fissurée, fut démontée en 1846. Elle est cette année en cours de reconstruction dans un chantier-école. Autre édifice disparu : la Rotonde des Valois qui devait abriter le mausolée de Henri II et Catherine de Medicis.
Porche gothique et rosace
Notre conférencier insiste sur le caractère complexe de l’édifice, construit par petits bouts sur une église mérovingienne, puis romane, enfin gothique. Ce serait la première manifestation du gothique dans le monde .
Chœur gothique
L’abbé Suger(1081 -1151), abbé de Saint Denis reconstruit de 1140 à 1144 le chevet lumineux avec ses merveilleux vitraux. Aérien, les murs ont presque disparu la lumière inonde l’église.
Constructions, destructions aussi. La Révolution a pris la Basilique pour cible : symbole de la Royauté et de l’Eglise. Au XIX ème siècle, Viollet-le-duc, entreprend la restauration avec le démontage de la tour nord, la restauration de la crypte. Il veut faire de Saint Denis un musée et réarrange les gisants. Ils sont le plus souvent sculptés dans le marbre blanc, idéalisés porteur de la couronne royale et du sceptre, reposant parfois sur une plaque de marbre noir de Tournai. Aucune ressemblance pour ceux qui ont été sculptés des siècles après la disparition. Les gisants de Pépin le bref(708)et Berthe au Grand Pied (790) ont été commandés par Louis IX (1226-1270) donc 5 siècles plus tard, inutile de chercher des ressemblances! De m^me pour Clovis mort en 511 dont le gisant date de 1230. Peut être plus réalistes, Charles V et Jeanne de Bourbon à ses côtés, Duguesclin est proche. A Saint Denis on trouve les rois, les reines mais aussi des nobles. Si le marbre blanc est immaculé actuellement, les gisants à l’origine étaient peints, sur le gisant de Philippe Dagobert (1222 -1235), on retrouve quelques couleurs, bleu et fleurs de lys dorées. Plus étonnant le tout petit gisant de Jean 1er le Posthume,fils de Louis X le Hutin ,qui a régné (et vécu) 5 jours. en 1316.
Je me perds un peu dans tous ces capétiens, leurs reines et enfants…
mausolée de François 1er
Plus spectaculaires, les mausolées Renaissance de François 1er et de Henri II . les gisants décharnés reposent sur les tombeaux sous l’arche alors qu’ils sont représentés en prière au sommet du monument.
la bataille de Marignan
A la base : la Bataille de Marignan
Encore plus fastueux : le mausolée de louis XII et Anne de Bretagne entouré des Vertus cardinales aux quatre coins et des douze apôtres en marbre de Carrare
mausolée Louis XII
Un peu plus loin, les gisants de Henri II (1547-1559) et Catherine de Medicis sont habillés en costume du sacre de tissu prestigieux où figure le monogramme de Henri II qui comporte aussi les initiales de Diane de Poitiers, la maîtresse du roi, honorée jusque dans l’éternité. Son mausolée a été commandé par Catherine de Medicis d’après les plans de Primatice. Il était destinée à être exposé dans la Rotonde des Valois qui a disparu.
Crypte romane et pierres tombales en hommage aux Bourbons
On descend dans la Crypte avec un joli chevet roman autour de la relique de Saint Denis. les pierres tombales noires sont aux noms de Louis XVI, Louis XVIII, Charles X. A la Révolution le plomb des tombes des rois a été fondu et les restes se trouvent dans l’ossuaire. On peut voir le cœur de Louis XVII .
Nécropole mérovingienne
sous la crypte : la nécropole mérovingienne. Nombreux étaient ceux qui voulaient alors être inhumés à proximité des relique de Saint Denis.
Denis premier évêque de Paris, alors Lutèce était venu évangéliser la Gaule. Ayant déplu aux autorités romaines il est arrêté, supplicié, condamné à mort et décapité à Montmartre (mont des Martyrs) . Denis prend alors sa tête dans sa main, la porte contre sa poitrine et s’écroule à Saint Denis. Ce n’est pas le seul saint céphalophore. Cette légende est une manière de créer un pèlerinage dont l’importance économique permet à l’abbaye de se développer. Cette dévotion aux reliques et le potentiel économique des pèlerinages a poussé à partitionner les corps des saints et distribuer les reliques dans différentes église.
Après deux heures je sors un peu ahurie de cette promenade dans l’histoire de France, visitée dans le désordre. Il me faut consulter Wikipédia pour les dates et la vérification de mes notes griffonnées.
Créteil est très bien reliée à Paris par le métro Ligne 8. En une demi-heure j’arrive à République, en 3/4 d’heures à la Concorde.
RER D à Créteil Pompadour, RER A à Saint Maur Créteil.
Deux lignes d’autobus en site propre TVM et393. Et nombreuses lignes d’autobus sur le réseau urbain.
Et voici la nouveauté : un téléphérique !
Le Câble C1 long de 4.5 km qui reliera Créteilaux communes enclavées Valenton, Limeil-Brévannes et les quartiers hauts de Villeneuve Saint Georges. beaucoup plus rapidement que les autobus. 18 minutes, cinq stations au lieu de 45 minutes (et plus).
Le Câble est une idée judicieuse pour enjamber la voie rapide 406 (Carrefour Pompadour – Bonneuil), les voies ferrées, et les différentes zones industrielles et commerciales, et la ligne à haute tension que la circulation automobile doit contourner en longs détours. Les 30 pylônes, certains dépassant 30 m de haut survolent les installations se jouant des obstacles. une centaine de cabines de 10 passagers vont se succéder toutes les 30 secondes. On a estimé 11.000 voyageurs/jour.
Depuis 2019, je suis le chantier avec grand intérêt. Tout ce qui permet d’éviter la voiture dans les transports du quotidien ma passionne. Tous les jours je surveille la construction de la station Pointe du Lac. Dernièrement on a même accroché le nom de la station à l’auvent pour décorer l’entrée.
Ile de France Mobilité/C1 organise pour le public des promenades guidées. je me suis donc inscrite avec enthousiasme sur leur page Facebook.
la Végétale, La Fontaine Saint Martin
Le rendez-vous était à Limeil-Brévannes, 10 avenue Descartes. Au milieu de nulle part. Accès en bus de Créteil, 55 minutes selon l’appli IDF Mobilités(bus 430 et 429), et même 56 mn selon l’Appli Bonjour RATP avec le bus O2 . Remarquez que les deux applis ne recommandent pas les mêmes autobus, tout à fait pratique! Le Câbleva donc remédier à cette incohérence.
Deux animateurs attendent les visiteurs curieux : Saïd pour le Câble et Roselyne pour La Végétale.
La Végétale est un projet de mobilité douce – piste cyclable et piétonnière – 20 km entre Créteil et Santeny avec possibilité d’aller beaucoup plus loin jusqu’à Yèblesen Seine-et-Marne sur le Chemin des Roses. La Végétale est la nouvelle appellation de la Tégéval – compensation de l’emprise du TGV -qui a été tracée depuis déjà 12 ans mais qui n’est pas encore terminée. Mobilités douces, marche et vélo. Téléphérique électrique et presque silencieux. Ces deux projets empruntent un tracé commun et se complètent admirablement. Le Câble survole des espaces verts, soit anciens, soit aménagés récemment, au dessus de la canopée de grands marronniers centenaires et de tilleuls. Des arbres fruitiers ont aussi été plantés sur des terrasses paysagées à flanc de coteau. Le cheminement est revêtu d’un enrobé doux pour les vélos et les virages étudiés pour une circulation PMR. Le mobilier : bancs, transats, luminaires et même abri est en bois. Des boulodromes, terrain de basket équipent également le parcours.
abri et boulodrome
La ballastière remblayée dans les années 80 ancienne décharge contenant des déchets polluant a été renaturée.
Au cours de la promenade, nos conférenciers nous expliquent le montage de ces pylônes géants mais très élancés surmontés de deux ailes suggérant celles d’un oiseau, ou le V de Val de Marne. Pour ma part, associant téléphérique à montagne, j’avais vu des spatules de skis. Ces pylônes sont l’œuvre de Doppel France et sont différents de ceux qui équipent les stations de ski.
Cinq stations sont presque terminées, il reste encore des aménagements, des rampes pour que l’accessibilité soit de plain-pied, des vitres….mais on peut admirer ces élégantes boîtes métalliques qui s’insèrent dans la végétation. Nous observons les galets en mouvement, une cabine glisse, très discrètement, l’autobus passant sur le le ralentisseur semble faire un fracas incomparable. Test du bruit : passé brillamment.
D’ici quelques temps je pourrai rejoindre la Plage Bleue à partir de la Pointe du Lac et compléter la Végétale sur le tronçon qui me manquait !
Théodore Rousseau : intérieur de la forêt, le grand dormoir
Toutes les randonneuses connaissent les sentiers Denecourt balisés en Forêt de Fontainebleau, la Tour Dénécourt et les petites fabriques, fontaines ou médaillons, étapes des randonnées en forêt.
J’ai attendu avec impatience l’arrivée du livre de J.C Polton dans ma boite aux lettres dans le cadre de la Masse Critique de Babélio que je remercie ainsi que l’éditeur les Editions du Sabot Rouge pour cet envoi.
Denecourt est un personnage singulier dont la vie a traversé presque un siècle, de la Révolution de 1789, aux Campagnes napoléoniennes, à la Restauration, Révolutions de 1830, 1848, Second Empire, jusqu’à la IIIème République. Pour la lectrice, une leçon d’histoire! L’enfant Franc-Comtois a été élevé dans les légendes villageoises mais aussi dans une famille favorisée par la Révolution . Il gardera des idées hostiles à l’Ancien Régime, aux tyrans même s’il était très jeune quand les troupes patriotiques défendant la Patrie en danger sont passées dans Luxeuil.
A 20 ans, en 1809, il s’enrôle dans les régiments de Napoléon en Autriche puis en Espagne. Blessé en 1812, démobilisé, il s’engage à nouveau en 1813. Son passé de grognard de Napoléon va le suivre.
Court apprentissage chez un bijoutier à Paris. A la faveur des Cent jours, Denecourt retrouve sa cocarde tricolore et se porte au devant du Petit Caporal. Ses états de service militaires lui procurent une place de portier concierge qu’il va perdre puis retrouver.
A Versailles, le portier-concierge va faire des affaires, il vend du vin aux militaires de la caserne, s’enrichit, devient même prêteur. Personnage balzacien (j’ai téléchargé César Birotteau à l’occasion).Le jeune voiturier quasiment illettré s’instruit. Il gère son commerce mais il fréquente aussi les bibliothèques publiques et les cabinets de lecture . Il découvre la politique s’engage dans la propagande libérale
En 1832, il s’installe à Fontainebleau, toujours portier-concierge, mais perd son emploi à cause de la répression. Rentier ayant réussi à faire fructifier ses affaires, il va découvrir une nouvelle entreprise : il se passionne pour la forêt de Fontainebleau. Il va baliser des promenades et mettre sur pied une véritable entreprise touristique en relation avec son gendre qui a des calèches. Non seulement il balise les chemins avec les petites flèches bleues qu’on suit encore, mais il publie des guides pour les promeneurs, s’édite lui-même, collabore avec des artistes pour les illustrations, aménage les curiosités, engage des carriers pour sécuriser grottes et rochers, construit un observatoire….En 1849, le train arrive à Avon. Ces trains de plaisir correspondent tout à fait à l’entreprise de tourisme que Denecourt a mis en place.
Promoteur de tourisme, il se veut aussi écrivain. Fréquente des artistes, des hommes de lettre. Gagne le surnom de Sylvain que lui donne Théophile Gautier.
Toute la suite de sa vie est une recherche de reconnaissance : le jeune illettré est maintenant respecté, fêté même. Il ambitionne la Légion d’Honneur. Et, enfin la IIIème République consacre ses idéaux démocratiques….
Le personnage très original m’a donc beaucoup intéressée.
Mais le récit très détaillé, très documenté comporte des longueurs pour qui ne connait pas les subtilités de l’histoire locale bellifontaine. Les rivalités, les jalousies de personnages oubliés maintenant, polygraphes ou concurrents, prennent beaucoup de place. En revanche j’aurai voulu en apprendre plus sur l’Ecole de Barbizon, les initiatives des artistes, de George Sand, Théodore Rousseau dont je me souvient de la très belle exposition au Petit Palais.
Nanterre : Laurent Kronental « les yeux es Tours »
Banlieues chéries tente de donner une image positive de la « Banlieue«
pour commencer, définissons ce concept de banlieue : historiquement « à une lieue du ban » , un espace mis sous la protection de la ville »
Chronologiquement, Banlieues douces-amères, commence du temps de Zola qui décrit la Banlieue comme une campagne où les Parisiens viennent s’amuser dans les guinguettes, canoter sur la Seine. Ces banlieues douces sont illustrées par deux tableaux de Monet et un de Jongkind à Argenteuil. En vis-à-vis un film Le Croissant de Feu (2021) de Rayane Mcirdi ICIfilmé à Asnières dans le quartier des Mourinoux à l’occasion de la destruction de la barre d’immeuble Les Gentianes.
Atget
Entre la campagne et les rénovations urbaines, un siècle et demi d’histoire : La Zone : bande inconstructible, zone de tir à canon, devant les fortifications, est occupée par des « zoniards » ou des « zoniers » vivant dans la précarité aux portes de Paris. Cette Zone fut immortalisé par les photographies d’Atget (1913 1927), de Chifflot. Puis l’habitat précaire s’est étendu en immenses bidonvillescomme celui de Nanterre dans les années 1960 clichés de Pottier et Monique Hervo
Bidonville de Nanterre
De nombreuses photographies en Noir et Blanc présentent aussi les habitants dans une salle s’intitulant De l’intime à l’Esprit de Quartier
Des familles posent :devant l’objectif de Patrick Zachmann camerounais, russes ou ukrainiens, grecs ou vietnamiens. En face de cette exposition de photos de famille, des intérieurs souvent coquets sont reconstitués avec des meubles vernis, de douillettes chambres à coucher…
Banlieues engagées
les banlieues rouges des les années 20, des pavillons se construisent sans conforts, et les communistes prirent la défense des « mal lotis ». De ces années 1924 -1925 , l’exposition présente les croquis de Le Corbusier, de quartiers de maisons individuelles toutes identiques modulaires .
maquette de Nanterre
Les maquettes m’ont beaucoup intéressée, j’aurais même aimé en voir plus! La Cité de la Soie à Vaulx-en-Velin et surtout les maquettes de Nanterre. Ces tours-nuages ou Tours Aillaud ont également inspiréLaurent Kronental
Jurg Kreienbühl : Cimetière de Nanterre
Au chapitre, Les luttes en héritage une chronologie des luttes sociales est illustrée par des affiches
Police personne ne bouge
1979, grève au foyer Sonacotra de Garges les Gonesse
année 80 : âge d’or du rock
1983 marche contre le racisme
1990 : le rap rythme les émeutes urbaines
2000 émeutes de Clichy Montfermeil (Zyed et Bouna)
Les plasticiens de banlieue colorent leurs images. Ils s’approprient la ville et se représentent . Je retrouve des artistes que j’ai rencontré par ailleurs Mohamed Bourouissa (photos) et les broderies de Cindy Bannani qui ont pour thème la Marche de l’égalité de 1983 également présentées au Palais de Tokyo, ici elle sont installée sur la trame de keffieh .
Cindy Bannani
l’Exposition part aussi dans l’analyse des déplacements (RER B) et de la rénovation urbaine.
Beaucoup de thèmes sont abordés. Beaucoup d’œuvres intéressantes, surtout les photos. Cependant la scénographie est plutôt confuse, je peine dans l’accumulation. J’aurais préféré moins d’informations mais plus d’œuvres marquantes. Peut être la plage de temps aurait dû être réduite, ou peut être aurait-on plutôt du choisir un thème moins vaste?
La Société d’Histoire et d’Archéologie de Saint Maur des Fossés organise des visites guidées tous les 2èmes samedi du mois. Je me suis inscrite grâce à Explore Paris. Bravo à notre conférencier qui a fait revivre les vestiges dans le square et le parc de Saint Maur!
En dehors de la Tour Rabelais qui se dresse dans le square de Saint Maur, les vestiges dispersés sont assez peu lisibles pour le promeneur ignorant. Des panneaux avec QR code sont prévus pour une visite individuelle libre. Cependant, rien ne vaut le commentaire pour accrocher l’attention.
L‘Histoire de l’Abbaye de Saint Maur est très ancienne. l’Abbaye bénédictine fut prestigieuse en son temps et le pèlerinage très fréquenté. S’il reste peu de vestiges sur place, les archives à Paris sont très importantes et les manuscrits du scriptorium sont conservés à la BNF. L’histoire est aussi documentée par des miniatures, gravures jusqu’au 18ème siècle qui donnent une image très précise de l’Abbaye et du Château de Saint Maur détruit à la Révolution. La toponymie a gardé le souvenir : La rue Saint Maur à Paris qui reliait l’Abbaye à Saint Denis est l’une des plus longues rues de la capitale.
Chronologie
occupation gauloise du site
639, sous les Mérovingiens, fondation du Monastère des Fossés
Il fut victime des invasions vikings
868 sous les Carolingiens le monastère reçu les reliques de Saint Maur. Reliques miraculeuses guérissant de la goutte, auxquelles un pélerinage important est consacré.
1281 : il prend le nom de Saint Maur des Fossés. Au XIIIème : développement du scriptorium où de précieux manuscrits religieux mais aussi profanes sont copiés.
1350-1360 fortification de l’Abbayepar le dauphin (Charles V) pour préparer la Guerre de Cent Ans.
1530 les chanoines remplacent les moines, les maisons des chanoines remplacent les bâtiments monastiques qui vont se dégrader au fil du temps
1750 : démolition de l’Abbaye.
promenade guidée :
La Tour médiévale ronde (1350-1360) est intacte. Il faut juste imaginer la toiture conique qui la coiffait. Archères et canonnières et mur de fortification. Actuellement elle paraît isolée mais deux maisons des chanoines étaient accolée à la tour, elle-même abritant aussi des chanoines. Rabelais, secrétaire de Jean du Bellay, y séjourna, d’où le nom de Tour Rabelais.
A l’intérieur de la Tour, on découvre des petits bas-reliefs comme cette procession des pèlerins, une scène de chasse au cerf …
bas relief de la procession des pèlerins
La Tour fut aussi utilisée comme prison.
Square (1920-1930) l’aspect hygiéniste de l’époque aménagea un jardin à la française en respectant l' »allée royale » qui menait autrefois au Château de Saint Maur , bâti par Catherine de Médicis qui appartint aux Condé dont il reste des représentations à Chantilly.
par de belles grilles on pénètre dans le Parc ouvert au public en 1982, « parc historique » , évocation végétale de la vaste Abbatiale maintenant disparue dont il ne reste qu’un pilier (XIIIème s.). Cette grande église avait une nef de 86 m. Des archéologues a retrouvé des fondations et des carreaux du pavage. Il faut imaginer les procession des nombreux pèlerins, 2000 personnes, riches marchands du nord (la goutte ne touchait que les riches); les processions tournaient autour des reliques et les guérisons miraculeuses avaient lieu la nuit.
jardin des simples, cloître roman, N.D. des Miracles
Au fond du jardin des simples bien reconstitué et fleuri dès aujourd’hui en avril on voit la Galerie du cloitre qui relie le Cellier roman à la Chapelle Notre Dame des Miracles (XIIème s.) . Ce cloître roman date de 1908, il a été élevé par le propriétaire de l’époque Maujan, (1853-1914) sénateur, homme de théâtre qui en fit un décor de théâtre.
Auparavant, le pharmacien Bourrières fit construire une villa et collectionna les restes de l’abbaye.
Sans l’aide de notre guide, je serais vraiment perdue entre vestiges antiques, décors de fantaisie (une échauguette) des décors sur Notre Dame des Miracles.
Mur du cellier XIIème)
A côté du cellier se trouve l’entrée des galeries souterraines qui servaient de cave à vin. Dans chacune des alvéoles on peut imaginer un gros tonneau de vin. Le vin était essentiel dans la vie monastique. Les moines cultivaient leurs vignobles à proximité sur le coteau de Saint Maur. Le galeries étaient aussi des carrières de calcaire lutécien jusqu’au XVIIIème siècle. La descente dans les carrières très fraiches et humides donnent un caractère aventureux à notre visite.
Sur les bords de Seine, 25 quai de la Révolution, à Alfortville, sur l’emplacement de l’ancienne usine à gaz, se trouve un Musée du Gaz de Ville géré par l’association AFEGAZ-COPAGAZ. La visite est accompagnée, le site est sensible, il faut donc réserver.
Le Gaz de Ville ou gaz manufacturé provient de la distillation de la Houille. Son inventeur est Philippe Lebon (1767-1804) qui déposa en 1799 le brevet de « thermolampe« ., ouvrant ainsi la voie à l’éclairage à gaz. Parallèlement cette technologie se développa en Angleterre.
maquette d’une petite usine à gaz – à côté maquette des fours- morceau de coke obtenu après chauffage.
Les premières usine à gaz d’éclairage se trouvaient à Paris en centre ville. Ces petites usines en ville donnèrent le nom de ce gaz manufacturé de Gaz de Ville. Et Paris qui fut équipée en éclairage urbain gagna celui de Ville-lumière.
Le gaz était obtenu dans des fours où était chauffée la houille. Le gaz obtenu était un mélange d’hydrogène, de gaz, de monoxyde de carbone (5 à 8%). Le résidu solide était lecoke, d’autres produits résiduels, goudrons, brai et divers produits chimiques utilisés par les industries chimiques, premiers début d’une industrie pharmaceutique.
La houille arrivait de Lorraine et le coke y retournait pour les aciéries. Ces usines à gaz étaient donc également des cokeries. La toponymie garde le souvenir de la Cokerie, l’arrêt de l’autobus 103 s’appelle justement « Cokerie ». L’usine d’Alfortville était de très grande dimension; elle ne fut active qu’entre 1950 et 1970. La houille arrivait par le rail et par voie fluviale, un port avait été aménagé à proximité dans une darse sur la Seine. L’arrivée du Gaz Naturel ou Gaz de Lacq ayant provoqué sa fermeture. A noter que la composition du Gaz naturel est tout à fait différente de celle du gaz de ville.
Au cours du XIXème siècle le réseau du gaz s’est étendu dans la ville de Paris. Tout d’abord les tuyaux étaient en bois, puis utilisa la fonte, la tôle bitumée et même le carton bitumé. Actuellement, ils sont en polyéthylène. Les usines à gaz quittent progressivement le centre de Paris pour la Banlieue, principalement Saint Denis, Gennevilliers et Alfortville. Quand les usines s’agrandissent les canalisations se compliquent et s’enchevêtrent : ce qui a donné l’expression bien connue d »usine à gaz » désignant une organisation très complexe.
Nos conférenciers sont d’anciens gaziers qui donnent leur expertise et leur sincérité à leur discours passionnant. A l’aide de photographies d’époque, ils décrivent la pénibilité des travaux et de la manutention.
L’utilisation du gaz d’éclairage changea complètement la vie quotidienne et permit avec l’éclairage des ateliers et par là la Révolution Industrielle. Le musée présente une magnifique collection d’objets usuels. Une curiosité : une sorte de bouteille de grès avec un purgeur pour recueillir l »eau dans le gaz » en effet, ce gaz de ville était très humide et la condensation de la vapeur en liquide pouvait obstruer le conduit. Encore une expression que l’on emploie sans en connaître l’origine!
Rééverbère
l‘éclairage urbain avec ses réverbères (et ses allumeurs de réverbères) est bien représenté. Une démonstration d’allumage avec une haute canne montre le procédé.
lampe de salon
Une recherche de meilleur éclairage, en orientant les becs, en ajoutant des manchons, des réflecteurs, est couplée avec une recherche esthétique . les lampes à gaz sont de véritables œuvres d’art déco. Grande technicité aussi pour les lampes destinées aux dentistes et aux ophtalmologistes.
gazinières émaillées en couleur
Gaz pour l’éclairage mais aussi pour le chauffage et la cuisine. Le gaz apporte le confort dans les maisons et les ateliers (terrifiant casque de coiffeur).
Publicité!
le musée montre aussi une collection de publicités d’époque souvent croquignolesques
Publicité pour un chauffage tout à fait sophistiqué (mais les gaz de combustion se dispersaient dans la pièce)
Dans la salle de bain aussi :
Chauffe eau!
Une visite surprenante! J’attendais un site industriel et je vois une collection de beaux objets! Deux siècles de modernité?
LaPorte Chinoiseaccueille le promeneur dans un jardin paradoxal.
Jardin René Dumont (1904-2001), agronome, pionnier de l’écologie.
En 1899, un jardin d’essai colonialest créé, abrite en 1907 l’Exposition coloniale. Un hôpital militaire, des monuments aux morts des soldats originaire des colonies . Des serres historiques, des pavillons abritent des laboratoires, une bibliothèque. le CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement)occupe des bâtiments divers.
les ruines de l’empire colonial français, le coq perché sur le globe terrestre
Entre colonies et écologie, entre urbex et recherche universitaire, c’est une promenade étrange. Durassienne peut-être?
la Serre du Dahomey et ses fétiches devant le Pavillon de l’Indochine
Promenade mystérieuse, la Chrysalide de Guillerm, sculpture contemporaine orne une mare.
Chrysalide de GuillermPavillon de la Réunion
le pavillon de la Réunion est caché par les bambous.
un mont cambodgien conduit à une stupaMaison cochinchinoise
La maison cochinchinoise disparaît sous le lierre. En face une pagode rouge confirme : nous sommes bien en Indochine!
pagode rouge
Ces pavillons ont été construits pour les Expositions coloniales, certains sur place d’autres au Trocadéro et même à Marseille. La Belle Gabrielle est un restaurant installé dans le pavillon de la Tunisie. Ouvert en semaine seulement, aujourd’hui samedi, fermé. La carte est alléchante et les prix très modestes. Le pavillon du Maroc est en ruine, celui du Congo a disparu
la Belle Gabrielle
Et je ne vous montre pas les monuments aux africains ou indochinois morts pour la France au cours de la Première Guerre mondiale!
J’ai bien envie de revenir pour une visite organisée pour répondre à toute les questions que je me pose!
Chaque année, fin janvier, le Collectif du Lac de Créteil organise une promenade autour du Lac de Créteiltoujours très instructive grâce aux nombreux intervenants dans des domaines très variés et parfois très pointus. Nous avions rencontré des spécialistes des araignées, des lichens, un garde-pêche, un responsable des parcs et jardins….Cette année, un responsable de l’assainissement, une dame spécialisée dans les cyanobactéries, une jeune responsable de l’étiquetage des arbres et de leur cartographie en vue de leur recensement et de leur suivi…
Deux excellentes nouvelles pour commencer : le Projet de vague de surf est tombé à l’eau. Le Lac de Créteil et ses environs immédiats sont classés en ZNIEFF 1 (zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique). Le Lac de Créteil va donc être surveillé, protégé pour la biodiversité et notre plus grand plaisir.
Dans les contraintes de la ZNIEFF, l’aménagement devra favoriser la plantation de végétaux endémiques de préférence à des variétés horticoles peut être plus jolies à l’œil mais moins adaptées aux insectes et oiseaux : la trompe des papillons ne peut pas atteindre le nectar dans le cas de fleurs à pétales doubles, plus colorées et esthétiques. Un spécialiste des insectes nous fait un court exposé sur la taille de la langue des bourdons correspondant à une fleur donnée. Il conviendra aussi d’adapter le calendrier des tailles et des élagages au calendrier de nidification des oiseaux. On a évoqué le rôle des ronces, végétal peu aimé des jardiniers mais idéal pour abriter la faune et pour fournir des mures …
Gallinule
Autre végétal dont le rôle est capital : les roseaux. La roselière est un milieu très riche en biodiversité : oiseaux Bruants des roseaux (je n’en ai pas vu cette fois-ci)mais aussi Gallinules(petites poules d’eau) qui les hantent, sans parler des Cygnes qui trouvent abri pour leur nid et matériau de construction. Un Grèbe huppé passe et repasse et se laisse photographier. Les poissons du lac peuvent y trouver abri et s’y reproduire.
Un autre avantage des roselières est la protection des berges, même là où des quais ont été construit. En l’absence de roseaux la berge se creuse dangereusement et on constate des trous inquiétants au bord du quai, entourés de barrières et de rubalise pour éviter que les joggers et les étourdis ne tombent dans ces pièges.
Un autre sujet : la qualité de l’eau .
Un responsable de l’Assainissement explique qu’une partie des eaux pluviales, en cas de gros orages, est susceptible de se déverser dans le lac par le déversoir. Il convient donc d’être vigilant pour les pollutions (mégots de cigarette et autres) . Le sel de déneigement est aussi un problème. En projet, un nouveau système de filtrage et de phytoremédiation est à l’étude, quoique la filtration par les plantes qui oxygènent également l’eau nécessite une très grande surface.
Les insectes benthiques sont des témoins de la qualité de l’eau. Justement un des invités du Collectif du Lac, est justement présent avec son épuisette, son troubleau et un bac. Michel est un des spécialistes des éphémèresdont les larves sont exigeantes en oxygène. Autre larve présente : les larves de chironomes (vers de vase). elles sont moins exigeantes, creusant des galeries elles font des courants d’eau qui renouvellent l’oxygène dissous au fond du lac.
Les cyanobactéries ont été observées en période de chaleur et de sécheresse ces dernières années. On repère les blooms (proliférations massives) de la coloration verte des eaux du lac. Très toxiques, elles entrainent l’interdiction des activités nautiques. Il convient de tenir les chiens en laisse et de ne pas les laisser s’approcher de l’eau.
Dernière observation : les panneaux interdisant le nourrissage des animaux surtout avec du pain. D’expérience, je sais qu’il est très difficile d’intervenir. les gens pensent bien faire et ne comprennent pas qu’on viennent leur faire la leçon. Le pain pourrit dans l’eau et favorise les contaminations bactériennes. Il est aussi très mauvais pour les canards qui s’en gavent et ne se nourrissent plus des aliments qui leur conviennent.
A côté des interventions prévues, la promenade nous réserve des surprise comme ces nids faits de baguettes plastiques portant des piques anti-pigeon. Le premier nous a interpelé ; nous avons vite incriminé les humains assez pervers pour installer des dispositifs anti-oiseaux dans les branches. Nous sommes bien malveillants! Un nid de pie, perché très haut inaccessible aux humains comporte ces plastiques piquants : les pies ont volé les baguettes portant les piques et ont apprécié ce matériau de construction original.
Le repas de la perruche
Autre surprise : une perruche nous a offert le spectacle de son repas. S’agrippant d’une patte à son perchoir, elle utilise ses griffes pour tenir un gros fruit et donne de gros coups de bec. En ombres chinoises, on aurait cru un écureuil tenant une noix dans ses mains.
Quittons l’autoroute à Ury par une route bordée de champs de betteraves et d’autres champs labourés (début octobre), de tournesols noircis. Les villages sont pittoresques. Amponville a une église charmante. Les 3 palmiers alignés nous rappellent le changement climatique. Palmiers en Beauce?
Les fresques d’Amponville
L’église est ouverte très simple mais décorée à fresques .
les 3 cavaliers
Le Dict « les trois morts et les trois vifs »
On connaît la légende : trois morts se dressent soudain devant trois vivants qui reculent d’horreur ; les morts parlent et les vivants font sur eux-mêmes un salutaire retour
les trois vivants sont trois jeunes gentilhommes du plus haut rang, l’une st duc, l’autre comte, le troisième fils de roi. Voici qu’à l’extrémité d’un champ ils se trouvent tout d’un coup dans un vieux cimetière où trois morts sont debout et semblent les attendre. Leur linceul laisse voir leurs os décharnés.
A cette vue les trois jeunes hommes frémissent comme feuille qui tremble et les morts se mettent à parler. Dans leurs bouches où il ne reste plus de dents sortent de graves paroles « J’ai été Pape » dit le premier, « J’ai été cardinal » dit le second « J’ai été notaire du Pape » dit le troisième. Et ils reprennent « vous serez comme nous sommes . D’avance mirez vous en nous : puissance, honneur et richesse ne sont rien à l’heure de la mort il n’y a que les bonnes œuvres qui comptent. Les trois jeunes hommes, profondément émus, écoutent ces paroles qui viennent d’un autre monde et croient entendre la voix de Dieu.
Cette légende et les fresques se retrouvent dans l’église Saint Martin du village voisin de Fromont. Il semble que le même artiste, revenant d’Italie a réalisé ces décors dans plusieurs églises de la région.
Etrange trouvaille!
Nous quittons l’Île-de-France et la Seine-et-Marne pour arriver dans le Loiret et passons par le bourg de Puiseaux qui possède des Halles du XIIIème siècle avec une merveilleuse charpente en bois.
Halles de Puiseaux
L’église (XIIIème) est vaste et possède un très curieux clocher tors.Cette forme originale est fortuite, à la suite d’un incendie au XVIIIème siècle on reconstruisit le clocher avec du bois qui n’était pas assez sec et il en résulta une torsion accidentelle.
Le clocher tors de Puiseaux
Comme nous ne voulions pas arriver les mains vides, nous avons acheté le dessert chez le pâtissier derrière la Halle. La spécialité du pays est le Pithiviers (nous sommes à moins de 15 km de la ville de Pithiviers) pâtisserie à la poudre d’amande recouverte de sucre glacé.