Un « Voyage » à Sevran au Vert Galant avec le Voyage Métropolitain

AVEC LE VOYAGE MÉTROPOLITAIN

Ici sera la plage!

Rendez-vous à la Gare du Nord sur le quai du RER B. Devant la Gare de Sevran-Beaudotte, sur 70 marcheurs, rares sont ceux qui « connaissent le territoire » . Sevran n’est pas une destination touristique pour les Parisiens. Sevran a fait les gros titres des Faits Divers, avec images de « violences en banlieue« . Par cette matinée ensoleillée, nous sommes tous curieux de ce que ce « voyage » va nous apporter.

Première étape : une rencontre avec le responsable d’une association de quartier. Sympathique, disert, il va nous raconter les vicissitudes et les rénovations du quartier Montceleux Pont-Blanc où nous nous trouvons. Deux grande tours de 17 étages, des « barres » au contour arrondi (je connais cette configuration, nous avons les mêmes à Créteil) . Il y avait une troisième tour, elle a été grignotée et rien ne laisse soupçonner son existence; les locataires ont été relogés ,on loin d’ici. Des grillages de chantier, on doit faire passer ici une route qui devrait « désenclaver » le quartier; Cette route relierait Villepinte toute proche. Les riverains ne sont pas enthousiastes de voir leur espace investi par des voitures. Le chantier est à l’arrêt.

Promenade entre les immeubles, une butte végétalisée cache des parkings souterrains (comme chez moi) sauf que ces parkings sont en déshérence, personne ne vient y garer sa voiture, incivilités, inondations, dégradations…ils sont inutilisables.

L’association de quartier a fait édifier un centre sportif, des milliers d’€ investis, mais aussi à l’arrêt pour des histoires de raccordement au réseau de l’eau non conforme. Notre guide enrage, il a tant investi d’énergie( et de fonds) pour arriver à ce résultat. La bonne volonté se heurtent à l’institution « ils » bloquent tout. Qui « ils« ? la municipalité? le département? la région?

L’animateur nous conduit dans une résidence toute neuve avec de jolis petits immeubles revêtement bois, balcons alu, très contemporains dans un environnement naturel, de roseaux et plantes qui aiment l’eau autour d’un fossé à sec maintenant mais permettant de drainer, l’humidité. Tout est propre, entouré d’une grille, on entre avec un passe. Ces résidences fermées deviennent la règle des constructions neuves, cela me fait un peu flipper.  Quelle différence avec le logement dans la tour! En apparence, les appartements sont moins grands, et il y a des malfaçons, des infiltrations. C’est tout neuf, tout beau mais on a économisé sur la qualité de la construction.

Vagues de surf en 2024?

Une avenue piétonnière et cyclable bordée de buissons aux beaux feuillages d’automne conduit à un champ. Il faut imaginer ici la grande vague de Surf et les plages. Une base nautique est en projet. Le Surf sera-t-il discipline olympique, disputera-t-on les compétitions en 2024? A vue de pif, cela semble aberrant, au retour j’ai cherché sur Internet, peut être pas tant que cela?  A Sevran coule une rivière enterrée, et le terrain fut marécageux. D’après leur représentant qui conduit la promenade, les riverains préféreraient un projet plus proche de leurs préoccupations, une université serait idéale. Un peu plus loin, sous des serres, des cultures maraîchères seraient peut être plus appropriées?

Entre terrains de sports et pavillons nous arrivons au Parc de la Poudrerie. Excellente surprise! nous n’imaginions pas un espace vert si grand avec de si beaux arbres. Le Voyage Métropolitain, sous le soleil devient promenade merveilleuse.

promenade le long du canal de l’OUrq

Nous arrivons sur le Canal de l’Ourq que nous longeons pour arriver sur la friche Kodak. Dans les temps pas si lointains de la photographie argentique, j’ai envoyé des centaines de rouleaux de pellicules se faire développer en diapositive.  Le nom Sevran évoque pour moi Kodak! Et pas seulement les diapositives, on y développait aussi les microfilms qui étaient le moyen de stockage des données avant l’avènement du numérique.

Sevran – Kodak

Grand site industriel de 1925 à 1995. Les traitements chimiques ont pollué les sols et la nappe phréatique. Presque 20 ans ont été nécessaires pour décontaminer les sols (en enlevant la couche superficielle). Que faire d’une telle friche? Construire sur des sols polluer ou les cultiver n’ont pas semblé envisageable. On a donc décidé de laisser la nature reconquérir l’espace vide, Natura 2050. Ici aussi les organisateurs du Voyage Métropolitain on pris des contacts et nous sommes accueillis par deux animateurs qui nous promènent et racontent. Des peupliers subsistent du temps de Kodak, ils ont « essaimé », les bouleaux, essence pionnière, se développent; Les pyracanthas orange et rouges sont couverts de baies. Sur le sol sableux qui reste après dépollution des graminées forment un couvert épars. On intervient peu,  pour voir comment le couvert végétal va se reconstituer. Seule action : le fauchage des ronces qui ne peuvent pas tout envahir. Histoire à suivre….en 2050?

Friche Kodak

Retour au parc de la Poudrerie pour le pique-nique. Napoléon III décida la construction de la poudrerie qui fut en fonction de 1873 à 1973. Éloignée des habitations, dans un vaste terrain forestier, cette manufacture dangereuse a laissé un parc magnifique. Les merlons, des buttes artificielles complétaient les mesures de protections contre les explosions. Pendant la Seconde guerre mondiale, les Allemands l’ont occupée. Un musée raconte cette histoire mais nous ne l’avons pas visité.

La suite de la randonnée nous a conduits à Vaujours (ville du gypse et de l’usine Placoplâtre, pas vue). Nous avons grimpé au dessus du cimetière pour découvrir la vue très dégagée sur  les pistes et installations de Roissy et leur empreinte dans la paysage. Au sommet de la colline : nous avons fait une très jolie boucle dans les bois de Bernouille en suivant l’aqueduc enterré de la Dhuys. Au loin, les collines masquent la Marne. Fkinalement nous avons retraversé Vaujours pour reprendre le RER B au Vert Galant

Nous étions donc partis sur les pistes de la réhabilitation urbaine15 d’une banlieue à mauvaise réputation, avons découvert les projets du Grand Paris (RER) et base nautique, et avons eu l’occasion d’une balade très verte. J’y reviendrai pour une randonnée nature!

L’Isle-Adam , sa plage et le Musée Louis-Senleq

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

La Plage de l’Isle-Adam sur le bord de l’Oise

34°C à Créteil selon la météo! Allons nous rafraîchir à la Plage!

Sur la suggestion de Télérama, nous attendions le jour propice pour réaliser le programme : matinée à La Plage et visite l’après midi d’une exposition au Musée D’Art et d’Histoire. Entre les deux, une promenade sur les bords de l’Oise.

La Plage 

la plage et l’Oise

La plus grande plage fluviale, le plaisir de nager dans de l’eau de rivière, ne sentant pas le chlore, bien fraîche. Une esthétique Deauville 1920, avec de balles cabines blanches, des kiosques, des coins ombragés d’autres fleuris. Très chic!

L’entrée est chère pour les visiteurs (12.2€). Pour que le voyage en vaille la peine, il faut y passer un bon moment et y venir l’après-midi quand le bassin de natation (profondeur 3m) soit ouvert. Ce bassin renommé attira des compétitions et le tournage de films. Malheureusement notre hebdomadaire préféré n’avait pas annoncé cette ouverture tardive. La municipalité de l’Isle-Adam fait des conditions avantageuses pour les habitants de sa commune(et c’est très bien ainsi). Les jeunes s’y sont précipités (à raison, comme je les comprends!). Mais la foule nous a chassées, nous avons préféré pique-niquer tranquillement devant l’écluse sur les bords de l’Oise.

l’écluse

Sur le Motif

C
Chiara Gaggiotti : la Distillerie

Exposition temporaire jusqu’au 16 septembre

« peindre sur le motif c’est peindre en extérieur sans dessin préalable ». » cette thématique du paysage est partie intégrante du projet du musée qui possède une collection de « l’Ecole du bord de l’Oise » 

ai-je recopié de la présentation de cette exposition qui réunit 4 femmes artistes contemporaines :

Agaves de Corinne Pauvert

Delphine D. Garcia ( née en 1973 à Compiègne)

Delphine Garcia
Delphine Garcia

Chiara Gaggiotti(née en 1977 à Gubbio)

Chiara Gaggiotti : Termini
Chiara Gaggiotti : Termini

Virginie Isbell (née en 1959 à Washington, ayant fait des allers-retours entre les USA et la France actuellement en Uruguay

Virginie Isbell : reflets

Corinne Pauvert née en 1956 à Paris.

Vie vagabonde de Virginie Isbell

Cette exposition rassemble surtout de petits tableaux regroupés par thème, d’une seule artiste ou non, petits formats huiles sur bois ou carton, souvent très colorés que j’ai bien aimés.

Si nous n’avions pas eu peur des bouchons, nous aurions pu retourner à la Plage pour essayer le grand bassin. Le chemin du retour (60 km) est bien long à l’heure d’affluence.

Musée Camille Claudel et Balade à Nogent sur Seine

BALADE ET MUSÉE

Rodin : La France , portrait de Camille Claudel

L’an dernier a commémoré Rodin et le Musée Camille Claudel a ouvert à Nogent-sur- Seine. J’attendais les beaux jours pour aller le visiter.

La Seine à Nogent : le bateau-lavoir et au fond, la Centrale

Nogent-sur-Seine est dans l’Aube, en Champagne-Ardennes, à 130 km de Créteil. C’est un peu loin, mais il faisait si beau. Plusieurs itinéraires sont possibles, par l’A4 et Provins, par l’A5 et Bray-sur-Seine, ou par la Nationale 19, Brie-Comte-Robert- Nangis-Provins. A l’aller nous avons emprunté l’A5 bien roulante, sortie 18 et route) travers la Brie, colza en fin de floraison, blé déjà haut, pas un coquelicot, pas un bleuet, pas de moutarde sur les bords, pas étonnant que les insectes et les oiseaux désertent la campagne! Pas de haie, même pas un bosquet. La monotonie est rompue par des tapis roulants qui convoient le sable ou les graviers de carrières. On traverse peu de villages, la route évite Bray-sur Seine que nous voulions voir. Un arrêt devant le château de La Motte-Tilly précédé d’une majestueuse allée de marronniers et de pelouses.

Le château de la Motte-Tilly

Nogent-sur-Seine se devine de loin avec les grosses cheminées de la centrale nucléaire d’où sort un panache. Samedi c’est le marché autour d’une belle halle, joyeuse animation dans la rue principale, queue chez les boulangers. L‘église Saint Laurent est spectaculaire avec ses grandes statues surmontant le clocher carré. A l’intérieur, les tableaux sont bien mis en valeur, explication et lumière. Il va y avoir un mariage, les bouquets fleurissent le chœur, un homme (le prêtre ou le fleuriste?) met la main au plus grand bouquet de lys blanc en chantant en portugais.

Le moulin Sassot qui enjambe la Seine

Dans les rues je remarque de belles maisons à pans de bois. D’autres sont en brique ou brique et meulières. Les bords de Seine sont agréables; je remarque un bateau-lavoir vert, qui est une véritable blanchisserie. Un grand moulin enjambe la Seine : c’est le moulin Sassot construit au 19ème siècle détruit puis reconstruit en 1908, maintenant le Siège de l’entreprise Soufflet qui est justement une très grosse entreprise en minoterie et de malterie. Cette construction de brique ressemble un peu à la chocolaterie Menier de Noisiel. Nous aurions dû arriver plus tôt pour prendre notre temps de nous promener dans cette ville charmante, chercher peut être la Maison de Camille Claudel et celle où Flaubert est venu en villégiature.

Le Musée Camille Claudel

Inauguré en 2017,  c’est un musée tout neuf, très bien conçu, clair. L’audioguide est compris dans le billet. Il faut le prendre, il est passionnant ; quoique je n’ai pas tout écouté parce que j’aurais pu rester toute la journée, tant les explications sont riches.

Alfred Boucher : Jeune fille lisant

Si on honore Camille Claudel en donnant son nom au Musée, il faut savoir que les sculpteurs fameux ont été nombreux à Nogent-sur-Seine. Le musée fait tout un panorama de la sculpture de la fin 19ème siècle, début 20ème, notamment aux artistes locaux :Alfred Boucher(1850-1934) qui fut le maître de Camille Claudel, Ramus (1805-1888) Paul Dubois (1829-1905). Ces trois sculpteurs jouissaient d’une certaine notoriété qui leur permis d’obtenir de nombreuses commandes officielles.

Alfred Boucher : Faune et Bacchante

La Salle 2 : être sculpteur au 19ème siècle donne une bonne introduction à la technique de la sculpture, on voit les étapes de la fabrication d’une statue, du modèle en plâtre ou en terre à la réalisation du bronze avec le moulage à la cire perdue, ou en pierre  grâce à la « mise au point », pointage tout à fait visible avec des sortes de clous ou aiguilles régulièrement réparties sur le corps du plâtre.

Paul Dubois : l’Alsace et la Lorraine

Salle 3 : Lla sculpture et l’espace public : A la fin du 19ème siècle, on construisit beaucoup et entre la défaite de Sedan et la Première Guerre mondiale les représentations patriotiques matérialisaient le souvenir de l’Alsace-Lorraine perdues, et la « héroïsation » de Jeanne d’Arc (nous ne somme pas loin de Domrémi) .

Paul Dubois : statue équestre de Jeanne d’Arc

Autre sujet : les représentations de scientifiques et médecins,(Pasteur, bien sûr) destinées à figurer sur les places publiques.

La mythologie était aussi sujet d’inspiration, comme les vertus chrétiennes (mais ce n’est pas uniquement à cette période).

Salle 4 : Paul Dubois chef de file des Néo-Florentins présente des bronzes délicats

idéal féminin

Salle 5 : Les métamorphoses de l’idéal féminin est un « cours de sculpture » un petit groupe Tres in Una de Richer  illustre la beauté antique, la beauté de la Renaissance et la beauté moderne; De nombreux marbres accompagnent ces cours et les deux bas-reliefs de Bourdelle ont un style bien différent des recommandations académiques.

Salle 6 : Allégorie et Mythologie 

Gustave Doré : Nymphe dénichant des faunes

Gustave Doré : Nymphe dénichant des faunes est tout à fait remarquable.

Salle 7 : Représentation du Travail. L’oeuvre la plus spectaculaire est un ouvrier pelleteur représenté à l’ouvrage mais nu, sorte d’Hercule par Alfred Boucher

ouvriers à l’ouvrage

Après avoir traversé la salle 8 : La sculpture de la Sphère privée montre des collections variées.

Bourdelle inspiré par Loi Fuller

Enfin on arrive à l’étage pour Le corps en mouvement où je découvre des danseuses, danseuses classiques ou antiques mais aussi inspirées de Loie Fuller et sa danse du voile ainsi qu’Isadora Duncan : un groupe de Bourdelle. Les sportifs sont aussi montrés en mouvement.

A Boucher : tous au but

On entre enfin, dans l’atelier de Rodin avant d’aborder les salles dédiées à Camille Claudel. Camille Claudel a passé, adolescente,  les années 1876 à 1879 à Nogent. A 14 ans elle sculptait déjà et se fit remarquer par Alfred Boucher. En 1881, elle étudie à Paris, Alfred Boucher venait corriger les travaux puis fut remplacé en 1882-1883 par Rodin pour qui elle deviendra praticienne et modèle dès 1884.

Camille Claudel : buste de Rodin
Camille Claudel : buste de Rodin

On peut voir côte à côte des oeuvres de Rodin et de Camille Claudel sur des sujets identiques, le portriat de Rodin par Camille Claudel.

Autour de la Valse

Apothéose du musée : la salle Autour de la Valse : une série de 4 couples de valseurs , bronze, grès, plâtre. le médiateur du Musée raconte que Debussy, très ami de Camille Claudel possédait un tel groupe.

Une autre salle est dédiée à une oeuvre spectaculaire : Autour de l’âge mur  et al dernière à Persée et Gorgone en marbre réalisé par Pompon, la maladie de Camille lse faisant déjà sentir.

 

A Clairefontaine-en-Yvelines, une expo design collection Jean Bernard Hebey

BALADE EN ÎLE DE FRANCE

Etang de Clairefontaine

Après des semaines de grisaille, beau temps annoncé! Nous cherchons un but de pique-nique alliant balade et visite. Télérama a mis TTT à la collection Jean-Bernard Hebey, Design et esthétique.

Tout le monde a entendu le nom de Clairefontaine, c’est ici que s’entraînent les footballeurs. Clairefontaine est à quelques kilomètres de Saint Arnoult, célèbre pour sa gare de péage sur l’autoroute A10. Elle est située dans le Parc Naturel Régional de Haute Chevreuse. 

Nous arrivons dans le brouillard qui ne s’est pas encore levé dans les futaies de la Foret de Rambouillet. Une chasse au gros gibier est en cours. Gilets orange pour les chasseurs et même leurs chiens. Vais-je revêtir le gilet jaune conservé dans la voiture?

Clairefontaine, place, église et jardin

Clairefontaine est un village charmant. Village de meulière, de grand murs enclosant des propriétés cossues qu’on devine dans des parcs. La Mairie préside au bout d’une place s’étirant le long d’un ruisseau, la Rabette. Une église en meulière est construite en hauteur. Au coin de la place, un restaurant chic (hors de prix).

La Route de Sonchamp longe un étang qui  n’est pas encore dégelé, des canards marchent sur la glace.J’entreprend d’en faire le tour, c’est une très agréable promenade entre étangs et ruisseau avec de jolis petits ponts, un lavoir…il n’y a pas qu’un seul étang plutôt trois. A l’extrémité,  la promenade balisée de la Marlotterie (4.1km)   m’aurait tentée si les chemins n’étaient pas si détrempés.

Continuant la Route de Sonchamp, nous faisons une halte au Parking Pinceloup d’où une belle allée traverse la forêt, on rencontre encore un étang, et je retrouve les balises du GR. Malheureusement ici aussi la route forestière est une fondrière et je rebrousse chemin après avoir croisé des cavaliers qui ne se soucient pas de la boue. Trois promenades sont possibles selon une carte sur un panneau.

Ferme de Louareux

A la sortie de la forêt, la grande ferme de Louareux propose à la vente jus de pomme, confitures et gelées. C’est aussi un centre équestre d’importance. Sur le bord de la route,  coqs, poules, et trois oies, des chèvres et deux chats nous procurent un charmant spectacle pendant le pique-nique de midi sous un franc soleil.

L’exposition se trouve au Centre d’Art de la Chapelle qui n’a rien d’une chapelle, une galerie toute neuve. à deux pas de la Mairie.

Est-ce une cafetière? je n’en suis pas sûre.

Des objets design sont regroupés sur des étagères, il y en a 600 selon le programme, mais ils sont disposés sur des étagères si bien qu’on n’a pas l’impression d’une foule d’objets. Les plus curieux sont mis en évidence sur des supports au milieu. Cette collection regroupe des objets de la vie quotidienne, certains plus recherchés, d’autres de la vie courante sont surtout curieux du fait de leur disparition et leur remplacement (télévision à écran bombé,vieux téléphone, appareil photo Kodak, ou machine à écrire) .

plastique coloré et bakélite

Les objets sont donc regroupés par thèmes « plastique et bakélite » la bakélite imite le bois, c’est une jolie matière, l’étagère voisine montre le plastique coloré des boîtes tupperware et des bouteilles isothermes rouges tout à fait quelconques.

Esthétique galactique

l' »esthétique galactique » est plus originale,. Aspirateurs, séchoirs à cheveux, ou ventilateur aérodynamiques imitent des bombes ou des fusées. Certains objets sont hérissés d’antennes agressives.

L’esthétique d’Amérique souligne le passage entre une industrie lourde destinée à l’effort de guerre vers la production massive d’objets domestiques comme des mixers ou des shakers.

Ces théières me plaisent bien!

Enfin on met en évidence une « esthétique médiatique » réunissant, vieux téléviseurs, téléphones toutes générations, ou machine à écrire..

Il est assez étrange de payer 6€ et de se retrouver en compagnie de « connaisseurs » pour voir des tupperware, un sèche-cheveux ou le vieil aspirateur Hoover qui doit encore être à la cave. Dominique rit sous cape du snobisme des visiteurs (elle a préféré faire des mots croisés au soleil).

Dans le parc, se trouvaient  les statues et panneaux décorés de A-Sun Wu qui m’ont bien intéressée.

Ce n’est pas ma première expérience de plan foireux de Télérama! Déjà,  j’avais été au fin fond de la Brie, au château de Bombon pour une installation insignifiante. Mais j’avais découvert une belle promenade, comme aujourd’hui!

 

 

 

74 803 jours – Hicham Berrada à l’Abbaye de Maubuisson

Exposition temporaire jusqu’au 22 avril 2018

Hicham berrada : l’artiste laborantin,

Dans le cadre prestigieux de l’Abbaye de Maubuisson le plasticien Hicham Berrada  présente une installation en 4 actes :

Le Jardin inaltérable 

jardin inalterrable

Dans une enceinte stérile, d’air contrôlé,  le visiteur est prié de revêtir charlotte, sur-chaussures, masque… pour pas introduire de micro-organisme, un olivier au tronc recouvert d’or (minéral inerte) seul grandit et vit? un algorithme est matérialisé par des pixels sur un écran. Sur notre groupe de 14, seules deux ont « pris le risque » d’entrer dans l’enceinte, interloquées, dépaysées. On ne voyait pas tellement mieux qu’à travers les panneaux qui faisaient comme une glace sans tain. Mais c’était une impression d’aventure. comme participer physiquement à une oeuvre d’art.

Reflets dorés

Le temps qui passe étant le thème principal de l’exposition, dans cette salle séculaire, dorée, le temps semblait arrêté dans cette atmosphère abiotique.

Masse et martyr

masse et martyr

74 803 jours est le temps qui’l faudra pour que  la pièce en bronze qui s’altère, que le plasticien a nommé martyr soit décomposée en milieu naturel. Hicham Berrada en procédant à une électrolyse va rendre sensible cette altération, des bulles s’échappent d’une électrode tandis que des produits solides faisant penser à des fumées vont se sédimenter lentement après des flottement en convection.
J’avais déjà vu une installation semblable à Versailles dans le Voyage d’Hiver. En plein  air cette installation m’avais paru hors saison tandis que dans l’abbaye, dans l’obscurité et le calme, une méditation sur le temps qui passe m’a beaucoup touchée.Il faut dire que cette fois-ci, une médiatrice, une vidéo avec le making-of de mieux appréhender le phénomène. 

Méditation x240

Sur des écrans représentant la salle de l’Abbaye, une tache de lumière se déplace à la vitesse accélérée 240 fois. Encore une représentation du temps qui passe. mais qui ne m’a pas convaincue.

Making-of du montage de l’exposition

Une vidéo d’une dizaine de minutes présente l’artiste, sa biographie, ses méthodes de travail,la philosophie de son installation. Si je n’avais pas visionné cette vidéo, je serais passée à côté de l’installation. C’est mon problème avec l’art contemporain, souvent très cérébral. Si on n’explique pas les intentions ces dernières restent souvent cachées à la béotienne que je suis. Quand on m’explique, tout s’éclaire.

Présage

est une vidéo réalisée dans un becher filmé. Différents produits chimiques précipitent, réagissent, cristallisent poussent, se métamorphosent…On a une impression de création du monde. d’un monde aquatique sous-marin. De paysages étranges, colorés. Limite entre chimie et vie. C’est très poétique et très joli.

 

Je suis sortie conquise. finalement l’art contemporain vaut la peine qu’on se donne un peu de mal pour l’aborder!

pour les vidéos, cliquer ICI  pour arriver sur mon blog blogspot qui permet de les intégrer!

Un dimanche d’automne radieux sur le Loing

BALADES EN ILE-DE-FRANCE

Saint Mammès sous le brouillard

Parties sous un soleil radieux, nous avons traversé la forêt de Champagne automnale et dorée. Le brouillard nous a surprises: la Seine, proche du confluent avec le Loing était  baignée de brume…qui s’est levée sur le pont devant Saint Mammès révélant les péniches…

Saint Mammès : clocher

Nous avons aimé la girouette du clocher.

Au pied, un polissoir néolithique. Quand on revient de Malte, on y prête attention. Dimanche le marché s’installe sur les berges de Seine, c’est un très joli marché!

Le Canal du Loing

la brume s’est levée et j’ai rejoint Moret/Loing par le chemin de halage qui traverse des chantiers navals où de grandes péniches sont retapées.

Les moulins de Moret

A l’entrée de  la ville des moulins ! Puis on passe sur le vieux pont du 12ème siècle pour entrer par la Porte de Bourgogne . la Rue Grande conduit à une autre porte : la Porte de Samois

Moret/Loing Porte de Samois

La place de l’Hôtel de Ville est v aste et jolie

maison à pan de bois sur la place de  l’Hôtel de ville

 

personnages de bois

j’ai été émerveillée par la loggia François 1er

Loggia Renaissance

Nous avons pique-niqué sur les bords du Loing et passé une très belle journée!

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Pissaro à Eragny – Exposition au Luxembourg

EXPOSITION TEMPORAIRE AU MUSÉE DU LUXEMBOURG jusqu’au 9 juillet 2017

 

Cette exposition s’inscrit très bien dans notre série de visites de maisons d’artistes, il nous semble visiter Pissaro chez lui à Eragny. Le grand portrait nous accueille face à l’entrée où sont accrochées des photos de son décor familier. Photos de famille, de son atelier, de son chevalet mobile qu’il roule dans un verger.

Dans la deuxième salle, titrée « Des Panoramas à profusion » nous découvrons la campagne environnante avec une palette claire, gaie, avec des petites touches presque pointillistes.

L’anarchie et la nature

Met l’accent sur un aspect que je ne connaissais pas du peintre : proche d’Elisée Reclus et d’Octave Mirbeau, Pissaro veut faire partager ses convictions anarchistes en réalisant un recueil de gravures Turpitudes sociales dont le fac-simile réédité en 1972 est exposé sous une vitrine.

Les hommes prennent le devant de la scène.

En 1886, le groupe impressionniste se dissout, Pissaro se rapproche de Seurat. Est-ce à ce rapprochement qu’on doit des tableaux presque pointillistes? On fait aussi connaissance avec son fils Lucien qui réalise des toiles selon cette même technique mais avec une palette un peu moins claire. Père et fils peignent sur les mêmes thèmes.

De nombreuses aquarelles de petits formats témoignent de la recherche de rendre l’immédiateté des changements de lumière.

Revenons à Lucien, en Angleterre, il fonde une maison d’édition Eragny Press éditant de nombreux textes français illustrés, présentés dans une vitrine; je remarque particulièrement le début d’Hérodias de Flaubert . le texte ci-contre, le début d’Hérodias décrit le palais d’Hérode à Machéronte où nous sommes passées il y a peu.

Hérodias : Eragny Press

Les paysages d’Eragny 1887 montrent des personnages , la moisson, la cueillette des pommes.

Travaux des champs (1894-1901)

Le livre illustré sur le travail agricole fut publié à Londres en 1894 : pour cet ouvrage de nombreuses études sont exposées dans une salle qui leur est consacrée. Pissaro fait appel à de nombreuses technique : gravure sur bois, craie sur papier à décalque, fusain, stylo et encre de chine. Il recommence plusieurs fois et les étapes du travail en progrès sont très intéressantes. J’ai noté : la gardeuse de vache, la fenaison, les femmes « faisant de l’herbe », une femme nourrissant les poules, des femmes récoltant des pommes…et bien sûr les travaux des hommes, semeur, moisson…

récolte des pommes
Semeur

Les personnages peuplent davantage les tableaux suivants!

Nous terminons l’exposition avec les vues du jardin potager d’Eragny.