Coulon : déjeuner à La Pigouille et Maison du Marais

ESCAPADE AU MARAIS POITEVIN

Coulon la Sèvre et le restaurant La Pigouille

Coulon : Restaurant La Pigouille

La pigouille c’est la perche qui sert à conduire les barques maraîchines (ou batais) Le Restaurant est très bien situé sur le quai de la Sèvre. La terrasse est protégée de la pluie par un auvent de toile verte. Heureusement que Dominique a réservé : des familles font la queue attendant que des tables se libèrent, le restaurant en refuse d’autres.

Coulon reflets sur la Sèvre

Menu varié, nous aurions pu commander de l’anguille, mais le guide m’a convaincue d’éviter (elles sont en voie de disparition) , il y a aussi des cuisses de grenouille. Dominique commande un pavé de sandre accompagné de riz sauvage, et moi, une tranche de jambon à l’os grillé avec des mogette (j’ai besoin de me revigorer. Pour dessert, tourteau fromager avec une crème anglaise à l’angélique et Dominique une soupe de framboise servie avec une boule de glace à la vanille et de la chantilly. C’est excellent. Nous déjeunons face à la rivière devant les maisons et les barques qui se reflètent.

Village de Coulon

l’église de Coulon

Coulon est très touristique. Des hordes de passants se pressent dans les rues et les quais, le plus souvent masqués. Il y a même un petit train touristique alors que le village est petit. On a ménagé de vastes parkings à l ’extérieur.

L’église de Coulon est romane, reconstruite au Xième et XIIème siècle après pillage des Normands, incendiées en 1569 par les Huguenots, reconstruite au XVIIème (1671), remaniée au XIX ème, difficile à caractériser tous els &éléments. C’est un bel édifice au milieu d »’une vaste place.

Maison du Marais est un Centre d’Interprétation très agréable à visiter (prévoir au moins 1 heure). Dès l’entrée on fait connaissance avec le Batai : barques à fond plat de tailles diverses : 9 pieds pour la chasse, 11 à 12 pour la pêche, 13 à 15 pour le transport de l’herbe, du foin ou du fumier, 16 pour l’argile, 18 pieds : remorques des trains de bois, 21-22 matériel agricole et animaux. Ceci récapitule l’activité agricole du Marais.

Coulon barques sur la Sèvre

Les barques étaient autrefois en bois mais d’un entretien fastidieux, puis on en construisit en ciment, stables mais lourdes à conduire et fragiles en cas de choc, en fer après la 2ème Guerre mondiale, légères et maniables. Les plus récentes sont en fibre de verre.

Les chemins d’eau totalisent des milliers de km :

  • Sèvres Niortaises et rigoles : 250 km
  • Conches et canaux : 500 km
  • Fossés 3000 km

Une salle est consacrée à l’Anguille, son cycle de vie et la pêche à l’anguille dans le Marais

  • A la foëne pour fouiller la vase (interdite)
  • A la Cordèle : corde avec des hameçons garnis de vers sont posés le soir et relevée à l’aube
  • Au Fagot : sarment de vigne formant un piège (interdite)
  • A la bosselle : genre de nasse
  • Vermée : pelote de vers sans hameçon, on récupère les anguilles avec un parapluie ouvert.

Histoire du Marais :

  • Installation des Hommes au Néolithique
  • Les Romains construisirent de grandes Villas
  • An 1000 Abbaye de Maillezais et assèchement du marais avec des canaux (Canal des Cinq abbé)
  • A la Guerre de 100 ans, les travaux des moines sont anéantis
  • 16ème siècle : Guerres de Religion
  • Henri IV fit venir de Hollande des spécialistes : Ceinture des Hollandais
  • Napoléon 1rt voulut aménager la Sèvre pour la navigation.

Una maison maraichine (1850 -1950) meublée est reconstituée

La visite se termine par une très belle expositions de photos « Le Roi-pêcheur »(le Martin Pêcheur)

Je tente une promenade jusqu’à Garette : 2.7 km en suivant le canal de la Repentie et la piste cyclable n°9. Le cyclotourisme est très développé, la piste très fréquentée par des familles mais aussi des cyclistes mâle qui veulent battre des records de vitesse. Prudente je me pousse. La piste est séparée de la route par un rideau d’arbres ce qui n’amortit que moyennement de bruit de la circulation. Dominique me récupère un peu avant Garette.

Arçais, promenade en barque dans le Marais Mouillé

ESCAPADE DANS LE MARAIS POITEVIN

l’embarcadère d’Arçais

Les embarcadères pour des promenades en barques sont nombreux. Lequel choisir ? Notre logeur déconseille Saint Hilaire la Palud, selon lui, en dehors des barques rien d’intéressant. Coulon est le plus touristique avec des boutiques et des restaurants. Le plus calme, mais très agréable : Arçais à 14 km de Mauzé-sur-le Mignon.

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Nous traversons le Marais desséché qui ne ressemble plus du tout à un marais avec ses grandes cultures de maïs et tournesols sur des champs immenses. De grands canons à eau irriguent le maïs alors qu’il pleut depuis des semaines et que la terre est gorgée d’eau. Les maïs n’ont jamais été si hauts et aussi beaux. Les blés sont moissonnés, on a rentré les grandes roues de paille et les chaumes ont été labourés. Les tournesols sont en pleine floraison, ils égaient cette campagne bien triste sous le ciel gris.

Arçais : placette

Arçais est une petite commune de 612 habitants très tranquille, fleurie avec d’innombrables roses trémières, des maisons aux murs de pierres sèches, aux petits moellons aplatis, blanc avec des volets souvent bleus. Sur la place de l’église, quelques boutiques pour touristes vendent des souvenirs de bon aloi, torchons mais surtout des produits locaux : angélique et mogettes. Une petite galerie d’art. Rien de tapageur.

Arçais : roses trémières

A l’embarcadère, deux comptoirs. L’un pour les canoës, l’autre pour les barques. Je m’inscris pour une promenade guidée : 1h30 (21€ en dessous de 4 personnes, 12€ si on est plus nombreux). On me conseille une courter promenade de 45 minutes sur le chemin de halage. Après avoir passé les trois passerelles arquées, prendre à droite pour revenir à travers le village (balisage jaune). Le long du canal, une rigole, je remarque les petits débarcadères privés : quelques marches, une barque amarrée souvent. Sur la rive d’en face, une belle maison aux volets bleus. C’est la seule maison complètement isolée qu’on ne peut atteindre qu’en barque. En face, les maisons ont un autre accès par la route. Dans un très beau jardin poussent des haricots, des tomates, des carottes ; c’est un jardin collectif. Plusieurs habitants se sont regroupés pour le cultiver. Le retour par le village est aussi pittoresque mais la pluie commence à tomber dru.

Arçais 

11h30, deux cyclistes se joignent à nous, on appliquera donc le « tarif collectif ». on ne vérifie pas les Pass sanitaires, il suffit de remplir le cahier de rappel avec le numéro de téléphone et une déclaration sur l’honneur si on possède le Pass ou non (pour deux participants). Il faudra porter le masque pendant la promenade. Avec la pluie qui s’intensifie, le chiffon mouillé est assez désagréable. Sous les arbres on sent moins la pluie.

Les barques maraîchines, les batais, ont une curieuse particularité : la pointe est à l’arrière tandis que la proue est plate. Le guide explique que le transport des vaches a imposé cette forme. Les vaches montent par l’avant. Selon lui, on a inventé une meilleure manière de les changer de pâture : des ponts aux montants de béton, poutres métalliques et traverses de chemin de fer.

Arçais barque

Les canaux du marais mouillé les plus larges sont appelés rigoles profondes à circulation rapide, les biefs sont plus étroits, moins profonds, les conches ont un mètre de profondeur, enfin il y a de plus fins canaux entre les parcelles.

Les parcelles délimitées par les canaux sont privées. Certains propriétaires y élèvent des vaches à viande. On ne les trait pas et elles restent six à huit mois dehors. Comme elles n’aiment pas l’eau il est inutile de clôturer les pâtures. En revanche, il faut faucher les chardons qu’elles ne broutent pas et qui se multiplie si on les laisse monter à graine. Quelques maraîchers cultivent des légumes pour la consommation locale, cette pratique se répand récemment surtout après les confinements. Un autre usage est la plantation d’une peupleraie. Les peupliers se plaisent en milieu humide. Si on plante à la naissance d’un enfant, on pourra vendre le bois 25 ans plus tard pour payer la dot et le mariage. Depuis la tempête de 1999 le prix du bois a baissé et n’est jamais remonté. Souvent les parcelles sont abandonnées à une sorte de jungle. Les propriétaires en ont hérité et ne les valorisent pas. Les végétaux poussent de manière anarchique, lianes ou houblon, insectes et oiseaux se multiplie, bon pour la diversité !

 

Sur les bords des canaux poussent des aulnes, des saules et des frênes. Les paysans préfèrent les frênes qu’ils taillent tous les cinq ans pour faire une « trogne » ou un « têtard ». Le bois de frêne est un excellent bois de chauffage. Récemment le frêne est attaqué par un champignon : la charalose se propage d’arbre en arbre. Si d’autres espèces avaient été plantées entre les frênes, la maladie se propagerait moins. Mais les paysans n’apprécient pas les saules juste bons à faire de l’osier ni les aulnes. Elaguer un arbre qui ne donne pas de bois de chauffage est une corvée inutile. On laisse donc les arbres malades. Pourtant ce sont eux qui garantissent la stabilité des berges. On se console en pensant que le bois mort pourra héberger de nouveaux habitants (bon pour la biodiversité – bis).

Un ragondin passe. Les ragondins ont mauvaise presse. Ils creusent leurs terriers sur les berges qui deviennent comme un gruyère. Surtout, de leurs longues incisives, ils découpent les tiges de maïs, font tomber les plants et se régalent des épis. Nous passons devant une parcelle ravagée. Ils n’ont pas de prédateur, sauf l’homme qui peut en faire du pâté. Ils portent la leptospirose, on éviter donc de les chasser.

La gestion de l’eau dans le marais qui s’étend sur trois départements (Deux-Sèvres, Charente Maritime et Vendée) et deux régions (Pays de Loire et Nouvelle Aquitaine) est donc attribuée à un établissement public EPMP. Il faut curer les voies d’eau, réguler les entrées t sorties d’eau par les écluses et portes à la mer. Le Marais Mouillé sert de régulateur naturel .

La promenade en barque s’est déroulée tout du long sous la pluie. Mes compagnons cyclistes se sont protégés avec leur cape. Les autres ont ouvert leur parapluie. Pour les photos c’est raté ! J’arrive complètement trempée, pantalon T-shirt et parka. Dominique a réservé une table en terrasse à Coulon. Il faut faire vite, il est 13h et ils ne servent pas après 14h. Heureusement c’est à peine à 15 km d’Arçais, pas le temps de me sécher. Quand on arrive, je grelotte.

Chez Lorette à Mauzé-sur-le Mignon

ESCAPADE DANS LE MARAIS POITEVIN20

18 heures, nous arrivons à Mauzé-sur-le-Mignon (79) où nous avons réservé une chambre d’hôtes Chez Lorette.  Mauzé-sur-le-Mignon est une petite ville d’environ 2800 habitants, pourvue d’une Gare SCNF (mais gare fermée avec seulement des automates pour els voyageurs qui n’ont pas acheté leur billet sur Internet(sur Internet on parle de halte ferroviaire et non de gare). La place herbue est très vaste, on y a installé un kiosque à musique blanc. Il y a deux supermarchés (Intermarché et Liddl) et quelques petits commerces (deux maisons de la Presse, au moins deux boulangeries mais comme c’ est lundi c’est bien mort. Même pas un restaurant ouvert, seulement le foodtruck sur la place.

Le long de la Grand Rue, s’alignent les maisons étroites à deux étages toutes de la même hauteur les toits de tuile semblant se raccorder, même volets de bois. Notre gîte est au numéro 55. Au rez de Chaussée de belles pièces à vivre et derrière un joli jardin très fleuri avec une petite fontaine glougloutante des tables et des chaises longues pour l’été (on est en août mais on ne le sent pas).

Notre chambre est à l’étage, elle donne sur la rue. Meublée d’un grand lit, d’une sorte de console en demi-lune, décorée d’une reproduction de belle taille du Baiser de Klimt. Un filet doré sur le papier peint se marie avec le Klimt, motif doré sur les double-rideaux. Bon goût, on apprécie. Sur ma table de nuit,  La Plage Noire de Maspéro que je commence illico mais que je n’aurai pas le temps de finir.

 

Le petit déjeuner Chez Lorette est un chef d’œuvre : yaourt fait maison, salade de fruits frais servie dans un bocal de conserve en verre, une tranche de gâteau qui ressemble à du pain d’épice en plus aérien, jus d’orange, un petit coffret de bois contient des mini-bocaux de miel  (deux sortes) et des confitures maison.

La salle à manger est un véritable spectacle, entre brocante et jardin d’hiver avec de nombreuses plantes vertes qui s’étalent à tous les étages et une galerie de curiosités. Pas de quoi s’ennuyer non plus.

Les falaises du Pertuis Breton et la Baie de l’Aiguillon

ESCAPADE DANS LE MARAIS POITEVIN

L’Houmeau : plage de Pampin

Départ 5h45, autoroute fluide, temps sec. Arrivée  11h aux alentours de La Rochelle où nous rencontrons les premiers embouteillages que nous évitons en bifurquant vers l’aéroport et L’Houmeau. A l’arrière de la plage, se trouve une Réserve Naturelle (zone humide). Le pont de l’île de Ré se profile, lumineux sur un ciel menaçant des nuages très noirs.

La Plage de Pampin est une plage de galets très blancs avec des eaux très tranquilles où quelques baigneurs nagent ou s’amusent les pieds dans l’eau. Pas de foule. On est loin des plages bondées vues à la télévision. Le sentier côtier se dirige vers le Pont de Ré au-dessus de falaises d’un calcaire clair, beige à l’aspect friable : ce sont les Falaises du Pertuis Breton (détroit entre l’île de Ré et la côte Atlantique jusqu’aux Sables d’Olonne). La Pointe de Plomb ferme la petite anse. De jolis restaurants de coquillages, huitres et moules, sont installée près de la Pointe. Malheureusement, aujourd’hui lundi, tout est fermé.

Un plan du sentier côtier montre qu’il nous mène jusqu’à Esnandes et qu’il y a plusieurs parkings où Dominique pourra stationner.

L’églsie fortifiée d’Esnandes

Sous une belle averse, le GPS nous conduit par Nieul-sur-mer et Marsilly, jusqu’à Esnandes. Attention aux appellations trompeuses Nieul-sur-mer est à 2.5 km de la côte. Ces villages ont l’air bien vivants avec des constructions neuves mêlées aux maisons charentaises traditionnelles (maisons basses aux toits de tuiles romaines) et belles maisons bourgeoises à l’arrière de jardins clos de murs avec de belles grilles. Petits centres commerciaux. Il est plaisant de constater qu’il existe des villages et pas uniquement des lotissements des promoteurs et que les horribles abords des villes avec leurs zones artisanales ou zones commerciales n’ont pas phagocyté tout l’espace. Les roses trémières sont merveilleuses. J’associe toujours ces fleurs aux Charentes et à l’île de Ré.

Nous aboutissons à l’église d’Esnandes qui se voit de loin. C’est une église fortifiée dont les murailles furent autrefois garnies de créneaux. Sa tour carrée ressemble plutôt à un donjon qu’à un clocher ? Son portail sculpté est XIIème mais l’église romane fut reconstruite et fortifiée au XIVème et au XVème. Quand on entre on est surpris par l’ampleur de la nef gothique.

le porche roman 12ème de l’église d’Esnandes

Un panneau raconte l’histoire de l’église :

En 1293 des Corsaires de Bayonne armés par le Roi d’Angleterre occasionnent des destructions qui conduire à la première reconstruction. Pendant la Guerre de Cent Ans Esnandes était un site stratégique dans la défense de La Rochelle. Pendant les Guerres de Religions, Esnandes reste catholique alors que La Rochelle est une place protestante. Après le siège de La Rochelle, cette ville ordonne le démantèlement de l’église fortifiée. Les dégâts étaient considérables et au début du XVIIIème siècles les offices furent célébrés à ciel ouvert.

Juste en face de l’église se trouve la Maison de la Baie et du Marais Poitevin abritant un Musée de la Mytiliculture et proposant la visite d’un carrelet pédagogique. Nous cherchons un coin pique-nique et n’attendons pas son ouverture à 14h.

Pointe Saint clément : carrelet bleu

Nous déjeunons près de la Pointe Saint Clément, en bord de mer. De nombreux carrelets s’avancent dans la mer au-dessus de la vase de la Baie de l’Aiguillon. De l’autre côté de la route, des établissements conchycoles avec leurs bassins vendent moules et huitres au détail, proposent des dégustations en terrasse (fermé le lundi ici aussi). Il fait beau, nous avons du carpaccio de saumon à l’aneth au zeste de citron et du bon pain frais et ce n’est pas mal non plus.

Carrelets et fenouils

Après le déjeuner, les nuages ont disparu. Le soleil d’Août est bien chaud et la balade sur les bords de la Baie de l’Aiguillon est bien agréable (sauf les galets sous mes sandales). Galets que j’aurais pu éviter en marchant plus bas sur la piste cyclable bien lisse, mais la digue m’aurait caché la mer. J’ai préféré marcher au plus près de l’eau entre les beaux fenouils en fleur dont j’égraine les ombelles qui exhalent un parfum agréable que je garde sur mes doigts. Des panneaux instructifs racontent l’histoire et l’écologie de la Baie de l’Aiguillon. On pourrait observer des Tadornes de Belon et des avocettes mais je vois surtout des goélands sur la grève aujourd’hui. Les petits ports sont signalés avec des noms pittoresques comme le Port de la Pelle et le Coup de Vague.  Difficile d’imaginer qu’ils rivalisaient autrefois avec le port de la Rochelle ! Cette belle promenade se termine sur les falaises du Pertuis Breton. J’aurais aimé poursuivre jusqu’à la Pointe du Plomb où nous étions ce matin.

la Fiera – Marie Susini

11LIŔE POUR LA CORSE

incipit :

 

« sous le soleil d’Août, sur les chemins et sur la route de pierres, les gens du village s’en vont vers la chapelle Saint Albino, vers la fiera, la messe, la procession, le bal. les uns bavardent, une jeune fille rêve de l’amour qui va venir, une vieille mère remâche sa douleur, un capitaine altier passe dans son auto. »

 

Unité de temps :  le jour de la fête de Saint Albino

unité de lieu : le village.

les personnages :

Angnola, la jeune fille qui rêve d’amour, son amoureux,  Giasè, est revenu au village, peut-être se rencontreront ils au bal? Sa mère redoute que « la frivolité soit entrée dans la maison » et craint le dira-t-on « Qui ne craint pas les gens ne craint pas Dieu ».


Sylvie, celle que Matteo a épousée sur le Continent, l’étrangère, celle que sa belle-mère n’acceptera jamais, qui est si malade que la mort est déjà sur elle. Espère-t-elle un miracle de Saint Albino? 


Zia Francesca, inconsolable de la perte de son fils, ne voit même pas Nunzia, sa fille. Qu’est-ce qu’une fille à côté d’un fils? 


Le capitaine et son auto,  n’a pas toujours été une personnalité reconnue au village et certains lui font savoir…

Tous ces personnages se rencontreront à la foire .J’ai beaucoup aimé cette ambiance, cette attente. j’ai lu le roman alors que nous visitions les villages de montagne où aurait pu se dérouler l’histoire. Peu d’action, on devine le drame et la suite. Tout est question d’atmosphère. On est pris dans l attente de la fête, dans l’attente du drame.

C’est le roman des femmes,  dont le sort est terrible mais dont la personnalité est très marquée. 

Chagall le Passeur de Lumière au Centre Pompidou-Metz

Exposition temporaire prolongée jusqu’au 31 Août 2021

Surtout dépêchez-vous de la visiter! C’est vraiment une exposition majeure!

Chagall a exploré de nombreux domaines et de nombreuses techniques des arts plastiques. Cette exposition met le projecteur sur sa création de vitraux.  On associe volontiers vitraux aux églises et moins aux édifices laïques, encore moins aux synagogues.

Comment Chagall, le juif est-il devenu le Passeur de Lumières? 

Chagall gravure Rebecca

En introduction, une série de très belles gravures aux sujets bibliques va conduire doucement le visiteur dans la progression du travail qui va aboutir à la décoration du baptistère de la Chapelle d’Assy

Chagall gravure : passage de la Mer Rouge

Chagall va reprendre le sujet de cette gravure, l’Exode, à plusieurs reprises, ajoutant de la couleur, puis passant à la céramique. Ces transformations progressives vont me fasciner. J’ai l’impression de voir l’artiste au travail.

Chagall l’Exode Baptistère de la Chapelle d’Assy

La chapelle d’Assy est un véritable musée d’Art moderne de nombreux artistes de renom ont collaboré à sa décoration grâce au Frère Marie Alain Couturier qui voulait faire appel aux meilleurs artistes, peu importe qu’ils soient protestants comme Le Corbusier ou Juifs  comme Chagall qui a choisi un thème de l’Ancien Testament mais qui fait figurer une crucifixion dans le coin en haut à droite. D’ailleurs ce Christ en croix figure aussi sur d’autres tableaux  comme celui d’un autre exode après un pogrom ou le crucifié figure les souffrance des Juifs en Russie. Je m’amuse à une sorte de « jeu des 7 erreurs » pour voir ce que Chagall a ajouté (ou supprimé) dans cette version très grand format. Je découvre encore une autre facette de l’œuvre de Chagall : la sculpture du marbre qui me plait beaucoup. 

Chagall : maquette de la Cathédrale de Metz

Il n’est pas indifférent que les vitraux de Chagall soient célébrés à Metz. En effet, la cathédrale de Metz a subi de nombreux dommages pendant la dernière guerre, comme celle de Reims. Chagall a dessiné des vitraux pour cette cathédrale. A cette occasion, le visiteur de l’exposition peut voir les projets, les maquettes, les étapes de la fabrication d’un vitrail. si on compare la photographie du vitrail et cette maquette nous avons préféré la maquette, plus transparente, plus fluide. C’est le charme des expositions bien faites de nous raconter une histoire, de nous prendre par la main. Dans celle-ci nous découvrons une technique et toutes ses étapes. C’est passionnant. 

les femmes d’Israël

Vitrail et sculpture sur marbre, peinture à l’huile, aquarelle ou gouache…ne pas oublier la tapisserie: Aux Nations Unies à New York on commanda suite au décès de Dag Hammarskjöld un immense vitrail, Peacewindow qui inspira une tapisserie:

Tapisserie de la Paix réalisée par Yvette Cauquil-Prince

les vitraux de Chagall ornent nombreux édifices religieux de part le monde, en Angleterre, en France la Chapelle du Saillant, celle des Cordeliers à Sarrebourg, et même en Allemagne.

Etrangement c’est pour une synagogue, celle de l’Hôpital Hadassah à Jérusalem que Chagall fut restreint par des contraintes précises : la non-figuration de la personne humaine. Les animaux remplaceront les personnages! 

Hôpital Hadassah Jérusalem

Et bien sûr, on ne peut pas oublier les tableaux, toujours merveilleux

Chagall : roi David

La visite se termine par une vidéo où l’on voit toutes les étapes de la fabrication des vitraux destinés à l’Art Institute of Chicago, création de Chagall mais aussi œuvre du Maître verrier Simon Marq de Reims. Très intéressant! 

Nous sortons émerveillées de cette visite où nous avons passé plus de deux heures. Il n’en sera pas de même pour la seconde exposition Face à Arcimboldo qui nous a bien déçues. Une accumulation d’œuvres de toutes époques pas toujours de bon goût. mais surtout une présentation très peu commode; Alignement de fiches dactylographiées sur le mur face aux œuvres qu’il n’est pas facile d’identifier. Des grands noms, comme Picasso ou Max Ernst, Marcel Duchamp,  Ensor, Otto Dix (que j’avais confondus) des masques de Pompéi, de parfaits inconnus. Manque de cohérence et d’intérêt. 

Escapade à Metz : Centre Pompidou-Metz, promenade en ville

Le prétexte : deux expositions :  Chagall Le passeur de Lumière et  Face à Arcimboldo 

L’envie de bouger malgré le Covid 19 qui restreint notre horizon.

1h30 en TGV, possibilité de faire l’aller et le retour dans la journée confortablement.

Gare de l’Est, 8h13, le TGV est à destination de Luxembourg, un goût de voyage lointain, il quitte la région parisienne à grande vitesse, à peine je pense regarder le paysage que nous sommes en Champagne dans le vignoble, puis traversons une forêt que je ne connais pas. Les gares traversées sont « sur-Moselle » nous sommes loin….

La Gare de Metz

Gare de Metz, 9h44. Monumentale gare allemande inaugurée en 1908 en style médiéval-roman imposé par le Kaiser qui souhaitait marquer la puissance du Reich dans cette position stratégique. Le soin apporté au décor, aux chapiteaux de grès sculptés est tout à fait remarquable. Un passage conduit directement au Centre Pompidou-Metz.

le Centre Pompidou-Metz à la sortie de la gare

Un jardin, plutôt un verger sert d’écrin de verdure au bâtiment. Le gazon est ondulé, plissé presque.

La queue est tout à fait raisonnable, pas d’attente, seulement un scan du pass sanitaire, on ouvre soi-même son sac, pas d’installations de sécurité spectaculaires. La queue permet d’observer au-dessus de nos têtes les structures de bois des piliers et des alvéoles hexagonales sous la toile blanche de l’énorme chapiteau, au mât de 77 m.

Annette Messager : Le Désir attrapé par le Masque (2021)

L’installation d’Annette Messager occupe un vaste espace : des filets sont disposés en formant des sortes d’anneaux ;  des animaux empaillés, des peluches, souvent des chimères formés d’un corps naturalisé et d’une tête artificielle, sont dispersés et me mettent mal à l’aise. le plus déstabilisant, ce teckel portant un masque chirurgical qui paraît presque vivant. Au dessus sur des plateformes suspendues d’autres oiseaux-chimères, souvent encapuchonnés complètent l’impression de malaise. Aucune explication. 

L’exposition Chagall, Le passeur de Lumière se trouve au 3ème niveau. A la sortie de l’ascenseur de verre, je cherche à avoir une vue d’ensemble de l’installation d’Annette Messager et je découvre une autre œuvre collective rassemblant les mots de plusieurs artistes 

 

les 11 commandements (difficile de tout photographie en restant lisible)

 j’ai découvert Bintou Dembélé récemment avec le film Les Indes Galantes de Philippe Beziat qui est mon film préféré de la rentrée d’après-confinement. Je ne veux pas rater sa prestation au Centre Pompidou-Metz au Studio : S/t/r/a/t/e/s avec sa troupe Rualité. Nous avons donc terminé la visite du Centre au Studio pour cette vidéo d’une dizaine de minutes qui nous a bluffées et consolées de notre déception à la sortie de l’exposition Arcimboldo. 

Bintou Dembélé à Metz

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maquette du Centre Pompidou-Metz

Les architectes du Centre Pompidou Metz : Shigeru Ban et Jean de Gastines ont établi leur studio au 4ème étage du Centre Pompidou-Paris, sur la terrasse. Shigeru Ban est célèbre pour son utilisation du carton, il a conçu la Maison du Carton, un musée en carton, et des habitats temporaires pour des causes humanitaires. Ce studio le PTS (Paper Temporary Studio) est maintenant installé devant le Centre Pompidou-Metz. C’est un  tunnel de 35 mètres de long en, carton, bois parfaitement démontable et re-montable. 

PTS

Il est utilisé pour MEND PIECE de YOKO ONO : sur des tables on  trouve de la vaisselle brisée, de la ficelle, de la colle et du scotch pour « réparer » cette vaisselle. Nous avons volontiers participé à cette réparation. Les œuvres de nos prédécesseurs sont exposées sur des étagères où l’on trouve également des livres à emporter (1 seul) déclassés de la bibliothèque municipale. Réparer la porcelaine est une tradition au Japon. C’est aussi un geste politique. Mais cela demande une habileté que je ne possède pas. La colle demande beaucoup de temps et de patience, la ficelle de la dextérité, le scotch est d’une utilisation plus simple, mais c’est moche. 

Metz Cathédrale

Comme il restait deux heures avant le train du retour, nous sommes allées flâner dans Metz, dans les grandes rues allemandes, dans les vieilles rues, le centre piétonnier. Le but de la balade : la Cathédrale pour voir in-situ les vitraux de Chagall. 

Vitrail dans la cathédrale

Et comme il faisait beau et chaud, nous avons terminé la balade à la terrasse d’un beau café.

 

Antoine Albertini : La Femme sans tête – Malamorte

POLARS CORSES

LA FEMME SANS TETE

Cap Corse, Santa-Lucia, 1988,  on retrouve dans un caveau de famille, le cadavre décapité d’une femme assassinée une dizaine d’année auparavant. Le major Serrier se consacre à donner une identité à la Femme sans tête et, 10 ans après le meurtre à enquête sur cet assassinat, classé depuis longtemps.

Dans ce polar très sombre se croisent trois destinées :  celle  de la Femme sans tête, celle de Serrier qui se fait phagocyter par cette difficile enquête  qui s’enlise, s’entête et finalement commence à couler. Un troisième personnage mène de son côté des recherches obstinées, un journaliste nommé Albertini (l’auteur?) et qui fait irruption,  en italiques, dans le récit du policier.

Lu à Bastia alors que nous faisions des excursions au Cap Corse, j’ai eu plaisir à imaginer les décors et les personnages. C’est vraiment très noir!

MALAMORTE

Novembre 2018, Bastia. Le capitaine chargé des « Homicides simples« , affaires sans importances, crimes d’après boire, misère crasse…a été placardisé après un dossier délicat. Appelé sur un carnage où une femme et une petite filles ont trouvé la mort, le mari à moitié suicidé, ce crime domestique semble « simple » mais rien n’est simple!

Deux femmes sont découvertes assassinées, à quelques jours d’écart, crime de rôdeur, de détraqué sexuel, encore une affaire « simple« !

Le capitaine est consciencieux, il va approfondir ces enquêtes et nous faire découvrir les différents services, police, gendarmerie, légion, et même barbouzes qui concourent au maintien de l’ordre dans l’Île de Beauté, et pas toujours en harmonie!

Le suspect du  massacre familial était entrepreneur dans le bâtiment, le policier enquête dans le milieu des promoteurs immobiliers. Beaucoup d’argent entre en jeu, argent propre ou argent du trafic de stupéfiants? L’affaire simple devient de plus en plus compliquée, trouble d’autant plus que sur l’île tout le monde se connaît.

Nombreux rebondissements, un bon rythme, un style efficace pour nous faire découvrir les aspects de la Corse loin de l’île solaire et touristique.

Le Grand Erratum de jean-Baptiste Pérès suivi de Jette le masque Bonaparte! Leonardo Sciascia

FAKE NEWS

Tout à fait d’actualité ce petit livre de 65 pages!

Actualité cette année de commémoration 200 ans de la mort de Napoléon à Sainte Hélène. Difficile d’y échapper.

Actualité quand Fake news et conspirationnisme polluent la vie politique si ce n’est pas citoyenne tout simplement (avec refus des vaccins sous des prétextes parfois farfelus). 

Et voici comment on peut facilement démontrer que Napoléon n’a pas existé.

Trois parties à cet opuscule :

Arthur  Bernard : Le Grand Erratum de Jean-Baptiste Pérès ou l’histoire du dix-neuvième comme source d’un nombre infini d’errata

Comme quoi Napoléon n’a jamais existé ou grand erratum, source d’un nombre infini d’errata à noter dans l’histoire du XIXème par M. J.B.Pérès A.O.A.M, bibliothécaire de la ville d’Agen

Leonardo Sciascia : jette le masque Bonaparte! 

La première partie annonce le texte de Pérès, le complète, l’analyse.

La seconde prétend que Napoléon n’a pas existé, que c’est un personnage allégorique, le soleil personnifié (je serais tentée de faire une plus longue citation mais je préfère que vous le découvriez par vous-même)

La dernière partie met en scène une émission de télévision où sont invités Savinio, Napoléon lui-même, Chateaubriand, un jeune homme dans le rôle de candide. Ces dialogues sont très amusants se référant également à Gramsci, Stendhal ou Jean Jacques Rousseau. Des allusions au XXème siècle – Guerre des Malouines, Budapest ou Varsovie – ne sont pas fortuites.  Un régal, je suis fan absolue de Sciascia!

marie Ferranti : Une Haine de Corse – histoire véridique de Napoléon Bonaparte et de Charles-André Pozzo di Borgo

LIRE POUR LA CORSE 

Napoléon, écrit Stendhal, se lia intimement avec le célèbre Paoli et avec Pozzo di Borgo, jeune Corse plein de talent et d’ambition. Depuis, ils se sont portés tous deux une haine mortelle.

Avant notre départ pour Bastia j’ai téléchargé cet ouvrage (368 pages). j’avoue que je n’ai pas été jusqu’au bout.

J’ai été très intéressée par les premières parties du livre qui racontent l’histoire de la Corse, le personnage principal n’est ni Bonaparte, ni Pozzo mais plutôt Paoli. Retour au XVIIIème siècle  : de Rousseau à Boswell, la Corse , sa constitution a fasciné une partie de l’Europe avant la Révolution français.  La Révolution vue de Corse, la Terreur ne séduit pas, au contraire, elle révulse et une Consulta réunie à Corte

Le lendemain de cette Consulta, il fut décidé que : « Le peuple corse abandonnait les Bonaparte, nés de la fange du despotisme, à leurs propres remords et à l’opinion publique, qui  les avait déjà condamnés à l’exécration éternelle et au déshonneur. » Paoli ordonna qu’on arrête Napoléon. Celui-ci prit la fuite, manqua d’être tué à plusieurs reprises et réussit à quitter la Corse.

J’avais déjà lu cette histoire de fuite des Bonaparte à l’occasion de notre voyage à Ajaccio mais n’avais pas bien compris les enjeux.

La Corse devient anglaise,

La Corse devint officiellement anglaise le 15 juin 1794. Son drapeau était frappé de la tête de Maure et des
armes du roi, son hymne était le Salve Regina et la religion catholique, apostolique et romaine, la religion d’État.
On voit par là que les Anglais faisaient preuve de souplesse et désiraient ardemment[…]

Que Paoli se tournât vers l’Angleterre n’était donc pas une hérésie : il connaissait bien ce pays, il y avait vécu
plus de vingt ans et croyait l’Angleterre assez éloignée de la Corse pour la protéger sans l’asservir

L’Histoire de Bonaparte puis de Napoléon 1er , et en parallèle celle de Pozzo quitte la Corse et prend les chemins de l’exil

Napoléon et Pozzo connurent tour à tour chacun des lieux par où l’autre était passé. La première étape de l’exil
de Pozzo fut l’île d’Elbe, conquise de fraîche date, ainsi que Capraia, par Nelson, victoires minuscules comparées aux conquêtes de Napoléon dans la péninsule italienne. Pozzo, devenu apatride, connaît le sort des émigrés et l’amertume de l’exil, pendant que Bonaparte vole de victoire en victoire et revient d’Italie auréolé de gloire.

Campagnes de Napoléon, exils sur l’île d’Elbe et Sainte Hélène…émigration de Pozzo jusqu’en Russie. On s’éloigne vraiment de Corse et je ne suis pas fan d’épopée napoléonienne, ni des tractations de Talleyrand… J’abandonne.