François Maspero – Le Figuier

 

François Maspero de (1932-2015) est une figure qui m’a souvent accompagnée. Dans ma prime jeunesse , comme tant de lycéens et étudiants, j’ai traîné dans sa librairie, et espéré croiser des révolutionnaires patentés, ou rencontrer une âme-soeur, feuilleté tant de livres. Pas volé comme d’autres, je trouvais cela minable, sans risque! Sa petite collection Maspero a égayé mes étagères. J’aimais ses couvertures aux couleurs vives. Prêtés, pas rendus, égarés, je regrette de ne plus avoir un seul de ces livres. Je ne me souviens plus de tous les titres les Damnés de la terre de Frantz Fanon, Louise Michel, Aden Arabie de Paul Nizan…. A notre premier voyage en Bulgarie, j’ai emporté Balkans-transit de Maspero que j’ai lu pour une seconde fois quand nous sommes allées en Albanie. Ce livre m’a tellement impressionnée que j’y ai consacré 4 billets de mon blog.

 

De retour, j’ai pioché Le Figuier dans la bibliothèque familiale et il a sommeillé dans ma PAL. Quel bonheur de l’en avoir sorti!

Quatre personnages se croisent dans ce roman :

F.G. l’éditeur du Figuier, est une figure énigmatique, connu sous plusieurs identités, ayant vécu des aventures lointaines, chez les Inuits, combattant de la Guerre d’Espagne. Polyglotte, capable de traduire et de citer aussi bien Saint Jean de la Croix (1542-1591) Gongora, qu’Ulysse. Editeur, imprimeur, typo, encore artisan maniant le plomb et le beau papier, imprimeur de poèmes confidentiels comme de brûlots du FLN.

François Serre, le Libraire, propriétaire de La Vigie, librairie militante, au départ collective réunissant des Khâgneux, puis vitrine de l’anti-colonialisme au temps de la Guerre d’Algérie. La Vigie pourrait être considérée comme le personnage principale du roman.

Manuel Bixio, qui assure l’intérim dans la librairie quand son propriétaire sert en Algérie, devient, par militantisme, éditeur. Il est saisit par Lady Sion comme l’a formulé F.G. En 1961, menacé pour ses activités, il fuit à l’étranger et devient journaliste . Indépendance de l’Algérie, Cuba, Afrique de l’Ouest, Amérique Latine, il couvre l’éclosion des Indépendances africaines et les révolutions latines…

Mary Kendale est photographe, de ceux qui s’approchent tant du sujet qu’ils passent au-delà de l’objectif pour vivre les luttes de ceux qu’elle photographie.

 

C’est presque un roman d’aventures. Roman historique et révolutionnaire faisant revivre la Guerre d’Espagne- « mierdroico » plus qu’héroïque. A la suite de  la Retirada, il se présente en Espagnol et se trouve interné au camp de Prats-de Mollo. Guerre d’Algérie, à Paris : deux récits du 17 Octobre 1961, tortures de la police parisienne et menaces de l’OAS…Liesse à Alger, Conakry, Cuba.

Le livre s’achève en 1967 à Athènes avec le coup d’Etat des colonels. Che Guevara est encore quelque part en Bolivie.

Au delà de l’aspect historique, le thème du livre, de son impression à sa diffusion, est central dans Le Figuier. La traduction aussi. Et la poésie, très présente.

Un ouvrage très dense, très riche qui va retourner dans la PAL parce que je suis sûre de le relire!

 

L’Envers du Décor au Palais de la Porte Dorée Musée national de l’Histoire de l’Immigration

L’exposition Persona Grata est démontée, bien sûr il reste de belles collections permanentes, mais pour 3 jours (vendredi 1, samedi 2 et dimanche 3) le Palais est ouvert aux visiteurs et ceci, gratuitement, comme vide. Des installations, performances s’y déroulent dans un aimable désordre (bien organisé).

Le Palais de la Porte Dorée a été construit pour l’Exposition Coloniale de 1931, tous les décors, bas-reliefs extérieurs et fresques intérieures, sont à la gloire de l’Empire Français, exhibant les richesses apportées par les colonies à la métropole.

Ce week-end est une occasion de réfléchir au colonialisme et à ses méfaits. Une visite guidée satirique a conduit un groupe de visiteurs dans les salles, escaliers et coursives : intitulée L’inconscient colonial sur le divan. Utilisant un vocabulaire psychanalytique ronflant, les guides décodent fresques et grilles (montrant dans les cercles, des allusions aux entraves des esclaves) dans les fers forgés les barreaux d’une prison… Une montée de contrition puis de catharsis a terminé la visite.

Une très belle installation Les statues meurent aussi (visible jusqu’au 3 mars) m’a beaucoup plu. Oeuvre de trois artistes allemands Jan Mammey, Falk Messerschmidt, Fabian Reimann. les plasticiens ont photographié les vestiges de l’Exposition coloniale et des statues, des plaques commémoratives. Ils projettent sur de nombreux écrans tandis qu’une tête de statue trouvée dans le Bois de Vincennes raconte son voyage au dessus de Paris, texte poétique. j’ai beaucoup aimé  cette performance.

Différents spectacles musicaux se déroulent dans la grande salle vide, meublée uniquement d’un tapis bleu et de quelques bancs. Un percussionniste joue, une danseuse l’accompagne. puis de la musique arrive de quelque part. Nous levons les yeux vers les galeries, un chef de choeur dirige des choristes invisibles. Consultant le programme j’en déduis qu’il s’agit d’une Intervention musicale dirigé par le metteur en scène Antoine Gindt, le chef d’orchestre Léo Warynsky avec les chanteurs Métabole.

Malheureusement à l’heure où paraîtra le billet toutes les performances sont finies, il reste le superbe bâtiment et Les statues meurent aussi. Vous pouvez toujours faire un tour au Bois de Vincennes.

 

Jean-Jacques Lequeu (1757 – 1826) – Bâtisseur de fantasmes – au Petit Palais

EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 8 mars 2019

Jean-Jacques Lequeu : autoportrait

 

Connaissez-vous Jean-Jacques Lequeu? Je le découvre dans cette exposition.

Présentation dans l’entrée peinte en bleu canard, différents portraits, autoportraits et études de personnages grimaçants.

Lequeu : Autoportrait à l’âge de 36 ans

Natif de Rouen(1757), il fit des études de dessin 1770-1773 , s’installe à paris et travaille avec Soufflot. 1790-1793 : employé-chef des ateliers du Faubourg Saint Antoine, il dessine les plans de la Fête de la Fédération au Champ de Mars.  1793-1815 employé au bureaux du Cadastre en qualité de dessinateur.

Le borgne grimacier

C’est un dessinateur hors pair. Ces études de visages grimaçants signale une personnalité originale.

Le Grand bailleur

C’est surtout un dessinateur d’architecture qui a travaillé avec Soufflot  et a collaboré à la construction de Sainte Geneviève ou de Saint Sulpice à Paris et d’autres églises à Marseille ou Rouen. Il a travaillé à lHôtel de Montholon pour des intérieurs très sophistiqués

Hôtel de Montholon

Il déploie le même soin pour des bâtiments de prestige que pour le dessin de simples instruments comme des pompes. Il imagine des théâtres des chapelles, un temple dédié au soleil

Chapelle dédiée au soleil

Dans la même verve fantastique on a exposé le dessin de Ledoux – architecte contemporain de Lequeu – représentant le théâtre de Besançon dans l’oeil du spectateur

Ledoux : théâtre de Besançon

La section de l’exposition intitulée Jardin Secret rassemble des projets d’un jardin idéal. Dans la deuxième partie du 18ème siècle, l’aristocratie s’est lassée des jardins à la française pour leur préférer des jardins anglais avec de véritables tableaux et des fabriques. Toute l’imagination de Lequeu s’est déployée dans les dessins de bosquets mythologiques tirés des Métamorphoses d’Ovide avec des fontaines, des aqueducs comme L’île d’amour

Île d’amour

la mythologie grecque n’est pas la seule source d’inspiration, l’Egypte est aussi à la mode comme ces grottes d’Isis où on peut imaginer un parcours initiatique

Grotte d’Isis
Inspiration chinoise
Tour indienne ou moghole

On voit aussi un porche persan, une maison gothique ou des cabanes de rondins mises à la mode par J-J Rousseau, une villa palladienne, ou une orangerie mauresque. Lequeu a aussi imaginé des bâtiments annexes plus prosaïques comme une laiterie ressemblant à une vache, une entrée de pavillon de chasse portant des trophées….

Cependant la Révolution va tarir cette inspiration. La riche clientèle aristocratique ne commande plus de fabriques. Lequeu adhère aux idéaux de la Révolution imagine des projets de Monument destiné à la souveraineté du peuple, ou représente L’Aristocratie enchaînée sous forme de colonne

l’Aristocratie enchaînée

Il imagine également une sorte de tour sur le modèle du phare d’Alexandrie : Fanal monumental porteur de la pensée des Lumières .

Plus tard il met son talent au service de l’Empire dessinant en 1807 le Projet d’un Palais Impérial. 

Rêveries d’un Architecte solitaire

Il est libre

Commencée par des études de grimace, l’exposition se conclut par des Rêveries, obsessions érotiques, études de nus ou même de sexes masculin ou féminin dans tous les détails, bacchantes, hermaphrodite et fantasmes

Et nous aussi nous serons mères

ou cette guinguette avec un hamac d’amour

Guinguette : sur la façade cruche et tonneaux, plats, poulets rôtis;..à côté le Hamac d’amour

j’ai aimé découvrir ce talentueux dessinateur, personnalité originale, mais j’ai surtout apprécié la description des décors quotidiens et l’évolution des tendances architecturales de l’Ancien Régime, la Révolution et l’Empire.

Le Royaume – Emmanuel Carrère

PAUL ET LUC

Au cours de nos voyages, Ulysse, Alexandre et Paul sont des personnages que nous rencontrons à nombreuses reprises. 

Philippi, nous logions au village de Liddia, qui rappelle Lydie, l’hôtesse de paul

Nous avons trouvé les traces du  passage de Paul à Ephèse (Turquie), Paphos (Chypre), nous avons même vu la colonne où il a été attaché pour être fouetté, Corinthe, Philippi   montre la prison où il a été emprisonné et Thessalonique( Macédoine),  Malte où il a fait naufrage et  la grotte où il a séjourné et bien sûr Rome et Jérusalem.

Malte :Rabat catacombes des premiers chrétiens

J’ai lu naguère L’avorton de Dieu d’Alain Decaux, biographie agréable et facile à lire.

Le Royaume de Carrère est un pavé de 605 pages qu’on lit sans s’ennuyer. Carrère est un très bon conteur. Son érudition n’est pas pesante parce  très ironique. Il n’hésite pas à transposer des situations dans le monde contemporain; métaphores cocasses quand il compare l’église des premiers chrétiens, de Jacques et de Pierre au Parti communiste, la doctrine à la ligne du Parti. Il n’hésite pas à montrer Paul dans un album de Lucky Luke quitter une ville enduit de goudron et de plumes…Les exemples d’anachronie réjouissantes sont nombreux, à vous de les découvrir avec le sourire.

« j’aime, quand on me raconte une histoire, savoir qui me la raconte. C’est pour cela que j’aime les récits à la première personne, c’est pour cela que j’en écris…

L’auteur se met en scène, en croyant et même en bigot un peu ridicule : « A un moment de ma vie, j’ai été chrétien. Cela a duré trois ans. C’est passé. » affirme-t-il. Il endosse la posture du sceptique agnostique pour affirmer que chaque phrase du Credo est « une insulte au bon sens ». Cependant, faisant appel à Renan et à Lacan, entre autres, il mène une longue enquête sur le développement du christianisme au temps des Premiers Chrétiens. 

Banquet romain

Cette enquête commencera avec les Actes des Apôtres et nous suivons Luc et Paul du port de Troas jusqu’à Rome en passant par Philippi, Corinthe, Athènes puis Jérusalem…biographie de Paul mais aussi de Luc. En chemin, nous rencontrerons Pierre, Jacques et Jean en faisant un détour à Ephèse et à Patmos. Flavius Joseph, Vespasien,  le triomphe de Titus -et aussi Bérénice – On en apprendra beaucoup sur le mode de vie des Juifs, des Grecs et des Romains.

Mattias Preti naufrage de Saint Paul Mdina Malte

Un regret : Carrère  est peu inspiré par les récits de navigations et de naufrages : pas de halte à Malte, alors que j’attendais cette escale.

La conclusion est un peu déroutante avec une retraite pieuse et une histoire de lavements de pieds contemporaine. Carrère a-t-il retrouvé la foi?

« Je ne sais pas » est le mot de la fin

Mollusque – Cécilia Castelli

 

1er Roman

L’histoire se déroule dans une paillote de bord de mer – Côte d’Azur ou Corse – peu d’importance!

Paillote plutôt chic, les plateaux de fruits de mer sont bien garnis et les deux potes, Gérard, le narrateur et Patrice se régalent à peu de frais. Il y a un truc, un mot de passe qui permet de commander à volonté pour 15€, et Patrice a le mot de passe….

 

Résumé ainsi, je n’avais pas trop envie de le lire. Rapidement, je suis conquise par l’aspect décalé. Gérard qui vient tous les midi à la paillote déteste la mer. Comment peut-on détester la mer? Patrice, un jour déclare qu’il fait un régime et délaisse le restaurant et son copain. Pourquoi? on ne le saura pas…

L’inattendu est au rendez-vous, dans ce court roman, presque une nouvelle (120 pages) on découvre toute une histoire, des rebondissements loufoques.

Une petite surprise!

Merci à l’éditeur qui me l’a offert!

 

Le Cubisme 1907 – 1917 – Centre Pompidou

exposition temporaire 17 octobre 2018 – 25 février 2019

Attention très grosse exposition! Si vous consacrez toute votre attention dans les premières salles, vous n’aurez peut être plus le temps ou la concentration nécessaires pour apprécier les dernières  qui sont étonnantes et colorées!

Ce panorama du Cubisme détaille l’évolution chronologique du Cubisme, année après année, des sources à la Grande Guerre qui fera éclater littéralement le mouvement.

(1906- 1907) Aux sources du cubisme

La femme à la cafetière

 Gauguin et Cézanne accueillent le visiteur avec « Soyez mystérieuses«  de Gauguin, magnifique panneau de bois peint et la Femme à la cafetière de Cézanne dont la géométrie annonce le cubisme avec les plis de la robe et la simplification de la cafetière.

 

(1907 – 1908) Primitivistme 

Un mur de masques africain, sculptures océaniennes rappelle l’autre source d’inspiration des cubistes : le primitivisme. J’ai d’ailleurs rencontré ultérieurement le Nu debout que j’avais découvert au Quai Branly dans l’exposition récente Picasso primitif. Une série de photographies présente ceux peintres, poètes et marchands qui fréquentaient les ateliers de Picasso : Apollinaire, Max Jacob, Kahnweiler, Marie Laurencin et Braque.

Portrait de Gertrud Stein

Le Portrait de Gertrud Stein (1905 – 1906) qualifié de « portrait-masque » voisine avec La Femme à la Tête rouge (1907) et deux autres études de têtes préparatoires aux Demoiselles d’Avignon (1907) (seulement en petite reproduction).

Femme à la tête rouge

L’autoportrait (1907) est sculptural en écho aux masques africains.

Picasso : autoportrait

(1908 – 1909)Le rapport à Cézanne 

Sous-titre de cette section, une citation de Cézanne, de la géométrie cézannesque « Traiter la nature par le cylindre, la sphère, le cône »…

Le Château de la Roche Guyon

Dans cette salle on voit de nombreux paysages où les tons ocre, gris vert dominent . l’oeuvre que j’ai préférée est le Viaduc à l’Estaque de Braque. Deux tableaux sont jumeaux : Arbres à l’Estaque de Braque et de Dufy, c’est amusant de les comparer comme le jeu des 7 erreurs! Dans cette série j’ai aussi remarqué le Château de la Roche Guyon toujours dans la même tonalité de couleur mais avec une architecture plus compliquée.

(1909 )l’éclatement de la forme homogène

Femme assise

L’expression « éclatement de la forme homogène » est de Kahnweiler

De Picasso on voit de nombreux portraits de Fernande puis des silhouettes assises pour arriver à une plus grande fragmentation dans le Guitariste. Braque suit la même démarche dans le très beau Broc et violon

Broc et violon

(1911) La lettre et le signe

Braque et Picasso se retrouvent à Céret . Ils travaillent en étroite complicité à des expérimentations : une fragmentation en facettes cristallines avec des ajouts de lettres. Les musiciens sont sans visages amis on perçoit la présence d’instruments de musique, l’ajout de clé de sol et du mot VALSE tout à fait lisible.

nature morte sur un piano

Les tableaux deviennent de plus en plus énigmatiques, je m’amuse à chercher les éléments qui ont donné le titre au tableau, la pipe de l‘Homme à la pipe. 

Dans l’Afficionado, Picasso, a dispersé les indices de son portrait d’homme méridional : une moustache, un nœud papillon, un chapeau melon. Avec l’aide du cartel, et en cherchant bien, je les trouve..

 

(1911 – 1912) Les salons cubistes

Gleizes : baigneuses

réunissent de grands tableaux . D’autres peintres se joignent à Braque et Picasso : Gleizes, Le Fauconnier (que je découvre) Metzinger et Fernand Léger. Les tableaux sont aussi plus colorés. J’ai bien aimé les Baigneuses de Gleizes et La Ville de Paris de Robert Delaunay dans lequel j’identifie tout de suite les 3 grâces mais trouve ensuite les piliers de la Tour Eiffel démontée et son sommet plus loin, la Seine plus loin…

Delaunay : La Ville de Paris

Au centre : le Baiser de Brancusi

Un curieux Chagall cubiste s’intitule A la Russie, aux ânes et aux autres

Chagall : A la Russie, aux ânes et aux autres

(1912 – 1917) le collage et l’assemblage 

Braque : Guitare « figure d’épouvante »

M’ont plus La Nature morte à la chaise cannée  (célébrissime) de Picasso et de Braque La guitare « statue d’épouvante ». Je me suis lassée des répétitions à l’infini de ces collages, combien de violons, de verres et de guitares?

Henri Laurens

Pour varier, apparition  rafraîchissante d’Henri Laurens avec un portrait de Joséphine Baker , le retour de la couleur et plus de figuration.

(1913 – 1914) Matières et couleurs

Fernand Léger : le Réveil-matin

Tout un mur est occupé par Fernand Léger, un autre par le Bal Bullier de Sonia Delaunay . Couleurs aussi avec Juan Gris ! Verre et damier, les 3 arbres d‘Herbin.

Sonia Delaunay : le Bal Bullier
Juan Gris

Une salle est réservée aux sculptures cubistes, citons Lipschitz, Modigliani, Brancusi et Archipenko.

Lipschitz

 

Herbin : 3 arbres

poètes et critiques

Marie Laurencin a représenté Apollinaire et ses amis

Marie laurencin : Apollinaire et ses amis

(1913 -1914) : salons cubistes

Metzinger : l’Oiseau bleu

L’oiseau bleu de Metzinger et l’équipe de Cardiff de Robert Delaunay éclairent cette belle exposition.

Delaunay : l’équipe de Cardiff

La Guerre

« Il n’y a pas plus cubiste qu’une guerre comme celle-là qui te divise plus ou moins proprement un bonhomme en plusieurs morceaux et qui l’envoie au quatre points cardinaux  » Fernand Léger 

André Mare : témoignages de guerre

J’ai beaucoup apprécié ce parcours si détaillé qui montre la démarche pas à pas de Braque et Picasso pendant 10 ans tandis que d’autres peintres les rejoignent et apportent leur personnalité au cubisme.

Victor Hugo : Caricatures à la Une

Exposition temporaire jusqu’au 6 janvier à la Maison de Victor Hugo, place des Vosges, Paris

180 caricatures du Grand Victor Hugo!

3 sections:

  • 1830 – 1848 –  La Forte Tête 

A la suite de la Bataille d’Hernani, Hugo s’impose comme le chef de file du Romantisme . on reconnait Hugo à son très haut front que les caricaturistes exagèrent à plaisir.

Roubaud a dessiné le « Chemin de la Postérité » où Victor Hugo chevauchant Pégase mène le cortège. A sa suite, je reconnais Théophile Gauthier, Eugène Sue et Alexandre Dumas. A cette époque c’est la mode des processions, panthéons (comme celui de Nadar) trombinoscopes. Encore Roubaud (entre 1835 et 1839) à l’occasion de la candidature à l’Académie Française a dessiné Hugo, Balzac et Dumas accueillis par une vieille femme :

« vous êtes jeunes et forts et vous demandez les invalides. Vous ne voulez pas voler le pain des vieillards. Allez travailler grands feignants! » 

Daumier exécute aussi des caricatures à cette époque.

les burgraves et leur demi-succès furent aussi beaucoup caricaturés par la Presse.

  • 1848 – 1851 : Détestation générale et caricatures d’opposition

A la suite de la Révolution de 1848, la liberté de la Presse encouragea les dessinateurs de Presse. Hugo fut très critiqué pour ses positions politiques, ses alliances réelles ou supposées. On le juge versatile et opportuniste. Le glissement progressif de Victor Hugo vers la gauche n’est pas pris en compte car le Presse est réduite au silence dès 1850.

vers 1848 Nadar dessine La Rentrée des classes  dans le Journal pour Rire, en 1949 Victor Hugo est en tête d’une « Croisade contre le Socialisme » où la foule fait un Z tout  travers la une en allant contre la révolte des ouvriers. Il fait aussi figurer Hugo dans un Trombinoscope des commerçants

Daumier dessine Hugo et Girardin portant Napoléon Bonaparte sur un pavois avec la remarque « Ce n’est pas solide »

En septembre 1849, Victor Hugo est vice Président d’un Congrès pour la Paix présidé par en 1851 l’anglais Cobden. Hugo s’oppose à la majorité de droite au sujet de l’Expédition d’Italie, de la Loi Falloux  au nom de la Liberté de penser(caricature de Nadar) et de la Déportation des opposants politiques.

Quillembois montre Hugo qui s’écarte de la « majorité de Panurge » qui part à droite tandis qu’Hugo 

Victor Hugo s’oppose au coup d’Etat du 2 décembre 1851, mais il est dangereux pour les journalistes d’évoquer le proscrit

  • 1852 – 1870 La Renommée de l’absent – Caricatures d’Hommage

Ne pouvant dessiner Victor Hugo, politique, les caricaturiste attendent la parution des œuvres écrites en exil qu’ils illustrent avec bienveillance. Le visage de Hugo est moins déformé.

En 1853, quand sort La Légende des siècles, Hugo est dessiné sur son rocher, Les deux tours de Notre Dame font le H de Hugo, pour les Travailleurs de la Mer, les dessinateurs sont très inspirés par le poulpe.

Travailleurs de la Mer : cherchez la Pieuvre!

De nombreux journaux mettent son visage à la une : Le Charivari de Cham, La Lune, le Bouffon, le hanneton, l’Eclipse, le Masque. Je suis impressionnée par le nombre des titres satyriques.

L’homme qui rit
  •  1870 – 1885 Apothéose – Les caricatures de Consécrations

Hugo est représenté barbu, bienveillant. Mais pour le spectateur de l’exposition c’est moins amusant!

Victor Hugo, en Orphée défend les victimes d’un pogrom en Russie

Cette exposition est passionnante, c’est une merveilleuse leçon d’histoire; je révise tout le 19ème siècle, politique et histoire des idées. Chaque illustration est accompagnée d’explication et il y a aussi beaucoup à lire dans la page de journal d’alors.