Clélia, fille naturelle du Grand Cardinal, Alessandro Farnèse, nacquit à Parme et fut mariée à 13 ans à un fils de bonne famille Giovan Giorgio Cesarinià peine plus âgé qu’elle. Mariage de convenance, mais union heureuse, les jeunes mariés sont amoureux. Ils s’établissent à Rome où rivalités et médisances se distillent par écrit dans les avvisirédigés par les menanti les Pasquinade (placards satiriques). Le Petit cardinal, Ferdinando Medicis,ami de Giovan Giorgio amant de Clélia complète un trio scandaleux.
Le Grand Cardinal Fanèsequi brigue la tiare, éloigne pour un moment Clélia après la naissance d’un héritier Giuliano.
On se distingue en construisant de fastueux palazzi ou en collectionnant les statues antiques. Farnèse et Medicis rivalisent avec la Farnesina en plus du Palais Farnèse tandisque que Medicis occupe les hauteurs du Pincio. Dans les jardins de la Villa Medicis, le Pavillon des Oiseaux abrite les amours de Ferdinando et de Clelia.
Très joli roman historique qui nous fait visiter les splendeurs de la Rome de la fin de la Renaissance, voyager à Florence chez les Medicis, assister à un conclave. Fastes et intrigues, assassinats même. vous ne vous ennuierez pas!
Renoir est à sa place au Musée d’Orsay dans ses collections permanentes mais ce printemps deux expositions Renoir s’ouvrent. Est-ce bien nécessaire de se déplacer au risque d’affronter la foule? Même si les tableaux-phares : Le Moulin de la Galetteet le Déjeuner des Canotiers , sont archi-connus, j’ai eu l’impression de redécouvrir le peintre. Je suis sortie ravie.
Renoir peint par Bazille 1863
En introduction, faisons connaissance avec le peintre jeune. Deux estampes dessinées par Desbartin, le portrait que Bazille a fait de lui, jeune à 22 ans et un autoportrait en 1875
Renoir autoportrait 1875
L’exposition s’organise autour de quelques thèmes. Un chef d’oeuvre est mis en majesté. On peut s’assoir sur un banc pour l’étudier à loisir tandis que derrière la banquette de nombreuses explications sont fournies. La scénographie invite à une visite lente et approfondie.
Scène de la vie de Bohème
le Cabaret de la mère Anthony à Marlotte
Les artistes se réunissaient à Marlotteprès de la forêt de Fontainebleau. On reconnaît Sisley (de dos) à son chapeau, Murger est caricaturé sur le mur avec un chapeau melon, le personnage imberbe n’est sans doute pas un peintre. Le Cabaretest un grand tableau mis à l’honneur. Autour on a acroché la Grenouillère et une jolie vue de Bougival et la Promenade (voi plus haut)
A Bougival
Fêtes galantes
Cette section regroupe des tableaux de groupes ou de couples avec une vision harmonieuse des échanges amoureux dans une liberté joyeuse.
le tableau à l’honneur est le Moulin de la Galette avec beaucop d’explications et encore un banc pour prendre son temps à découvrir les personnages assis au premier plan, les couples, les lumières. Les taches claires de lumière sur les robes des femmes, sur les bancs et les dossiers, au sol semblent la marque de fabrique de Renoir.
Moulin de la Galette
Les autres tableaux qui accompagnent le tableau principal sont presque tous des couples dont les visages rapprochés suggèrent les confidences ou une conversation intime. Avec, en permanence ces taches de lumière.
Rencontres en ville
Le Pont des arts
le Pont des Arts surprend par sa netteté des traits,. Point de taches de lumière, de grands coups de pinceau flous, ici c’est net et précis. Dans le tableau voisin des Grands boulevards je retrouve à travers le léger feuillage les taches de lumière.
Chez la modiste
Uen série de petits formats décrit la vie parisienne : chez la modiste, dans la loge à l’opéra avec un magnifique bouquet offert à la chanteuse, dans une loge au théâtre, au café….
Renoir reçoit ses amis dans son atelier, on reconnaît Rivière et Pissaro
Une partie de campagne
A pour chef d’oeuvre le Déjeuner des Canotiers qu’on croit si bien connaître mais qui m’a surprise par sa taille. Plaisir de chercher les détail de cette composition si riche : le raisin sur la nappe, les miettes, les verres presque finis. Plaisir de reconnaître les convives : Ephrussi porte un haut de forme, grande bourgeoisie qui se mêle aux canotiers plus modeste, il y a aussi Jules Laforgue aui fut le secrétaire du banquier. C’est encore la célébration du loisir et des liens humains.
Tout autour se trouvent des tableaux sur le thème du canotage et de la vie au bord de l’eau
La yole
Pas de jeunes hommes en maillot blanc dans cette yole, deux femmes rament seules dans ce tableau à la facture très impressionniste.
Fin du déjeuner
Cette fin de déjeunerm’a beaucoup plu. C’est un thème que le peintre affectionne. plutôt que de montrer les victuailles dans les plats il préfère témoigner de la satiété, du bonheur de se retrouver ensemble.
les parapluies
les parapluies
Avec ce grand tableau Renoir s’éloigne de l’impressionnisme. Il a été peint en deux étapes avec plusieurs années d’écart. Sur la gauche, un jeune homme propose un parapluie à la jeune fille au panier qui fait mine de ne pas le regarder. A droite les deux enfants avec le cerceau ne semblent pas craindre de se mouiller.
Les danseurs
la salle ronde avec un banc rond ne contient que trois tableaux : trois couples de danseurs de taille humaine décrivant trois milieux sociaux différents : un se trouve dans des salons bourgeois, un autre à la campagne,
Je n’ai pas continué dans la deuxième exposition Renoir Dessinateur me réservant le plaisir pour une prochaine fois; le privilège de la Carte Blanche !
Eimelle, Tours et Culture CLICa vu la pièce tirée du roman de Jean-Philippe Daguerre mise en scène par l’auteur. Comme c’était un coup de cœur pout elle, j’ai téléchargé le livre.
Justement, Rabbi Jacobde Gérard Oury est devenu un classique du cinéma populaire qui me fait beaucoup rire. J
‘ai toujours plaisir de voir danser Ilan Zaoui et sa compagnie.
J’ignorais l’histoire vraie sur laquelle s’appuie le roman : le 18 octobre 1973 Danielle Cravenne a détourné le vol Paris-Nice pour empêcher la sortie du film produit par son mari Georges Cravenne. A Marseille, après la libération des passagers pris en otages, elle fut abattue par la police.
Le 18 octobre 1973, c’était la Guerre de Kippour, et le détournement de l’avion n’était pas arrivé à ma connaissance.
En 165 pages et 39 très courts chapitres, l’auteur, qui est également metteur en scène et acteur, raconte cette histoire. il met en scène le mari Georges Cravenne, producteur du film, Louis de Funès qu’il est inutile de présenter, Gérard Oury le metteur en scène, Danielle Thomson, scénariste, Danielle Cravenne; et même Raymond Marcellin, ministre de l’Intérieur incarnant le retour à l’ordre après mai 68. La lecture est fluide avec avec un bon rythme et de l’humour (forcémentavec Louis de Funès, on rit).
« Je ne comprends pas pourquoi ! – Pourquoi ? Mais parce que c’est pas possible ! On ne peut pas rigoler avec ça ! – Avec La Grande Vadrouille, on a bien fait rigoler la France entière avec l’Occupation nazie. – Mais là, c’est pas pareil, c’est pire ! On ne rigole pas avec les religions ! En plus, les juifs et les musulmans, c’est vraiment pas le moment ! D’ailleurs, ce n’est jamais le moment. T’as vu ce qui se passe dans leur bande de Gaza où ils arrêtent pas de se mettre sur la poire ? »
Avant de commencer le livre, j’avais pensé à une censure bien-pensante, surtout que je viens de terminer la lecture de Richard Malka ave le droit au blasphème. Est-ce que dans la conjoncture actuelle on ferait un film rigolant des religions?
Danielle, pourquoi cette obsession furieuse contre ce film ? – Dans le contexte actuel, c’est un film dangereux. – C’est un film comique et généreux contre l’antisémitisme en particulier et le racisme en général. Gérard veut démystifier la xénophobie à travers un personnage odieux qui fait rire : un Français moyen raciste auquel on peut s’identifier.
Danielle Cravenne veut empêcher la sortie du film à cause de la situation au Moyen Orient.
« On doit absolument reporter la sortie du film, attendre que les choses se calment en Israël comme en France. Ça ne suffit pas à saint Georges pour redescendre de son petit nuage : – C’est parce que la période est sinistre qu’il faut sortir le film tout de suite. Ça va faire un électrochoc ; ça sert aussi à ça, le cinéma ; à exorciser les angoisses de nos petites vies. »
En effet épilogue le 18 octobre 1973!
Un livre distrayant, intelligent.
Seul petit reproche : des anachronismes. Danielle était peut être en avance sur son temps avec ses positions féministes et écologiques, mais en 1973 on ne nommait pas le « glyphosate » par son nom et je ne crois pas qu’on avait identifié les firmes américaines comme responsable de l’empoisonnement de la terre.
Le nom de Salonique exerce sur moi une telle fascination que j’ai téléchargé le tome2 de la série, tellement j’étais pressée de m’y rendre en lecture!
L’action se déroule en 1913, Salonique est encore juive, elle n’a été cédée à la Grèce que depuis 1912 . Dans cette ville très cosmopolite se rencontrent des Grecs, des Turcs, Bulgares, Macédoniens et des occidentaux. Orientale et occidentale. Les guerres balkaniques ont laissé des souvenirs douloureux, des comitadjis bulgares et macédoniens fomentent encore des complots…
C’est à Monastir (actuellement Bitola, Macédoine) que commence le roman dans le bureau du consul français, plus passionné par son herbier que par les affaires balkaniques. Nous faisons connaissance avec le détective Thomas More, le héros de la série, polyglotte, pittoresque, mystérieux.
On l’a appelé à la suite d’une affaire étrange, le corps d’un homme en habillé d’un frac est retrouvé assassiné dans le mausolée de la famille Carasso, au cours de l’enterrement d’un membre de cette famille. Macabre découverte. Comme c’est un professeur de Droit français qui a été tué, les autorités ont fait appel à Thomas More.
Nous voilà plongés dans les affaires balkaniques et sanglantes. Rappel d’un massacre d’Ilinden à Krusevo(Macédoine) en 1903 qui a laissé des souvenirs et des rancunes. Intrigues à Constantinople, et surtout assassinat du roi de Grèce George 1erqui éclipse la mort du professeur français….On croise même David Ben Gourion.
Balade à la Tour Blanche, témoin encore debout de l’ancienne Salonique dans la Thessalonique moderne, l’incendie de 1917 a fait disparaître les quartiers juifs anciens. Terrasses des cafés sur le port. Et même une promenade au Lac Ohrid. Un air de vacances en lisant ce polar.
Je ne dirai rien de l’enquête, ni des rebondissements pour ne rien divulgâcher. Plus que sa résolution je me suis attachée au mystérieux détectitve que je compte bien retrouver
J’ai dévoré ce gros roman de plus de 500 pages en 2 jours et j’ai adoré!
Comme pour la Petite Fadette, le récit est conté par le chanvreur au cours de trente deux veillées :
« soirées de breyage ; c’est ainsi, tu le sais, qu’on appelle les heures assez avancées de la nuit où l’on broie le chanvre »
et toujours dans la langue berrichonne si savoureuse.
L’action se déroule dans le Berry aux alentours de Nohant, au XVIIIème siècle, sous l’Ancien Régime.
Trois enfants, compagnons de catéchisme sont inséparables : Tiennet, le narrateur, sa cousine Brulette, et Joseph,l’ébervigé, le rêveur qu’on pense un peu demeuré. En grandissant Brulette devient une jeune fille très courtisée. Tiennet un paysan travailleur. Joseph part se louer mais ne semble pas s’accomplir au travail de la terre. Les deux jeunes gens sont amoureux de Brulette. Qui sera l’élu? D’autant plus qu’elle a de nombreux galants.
Joseph, est habité par la musique, il veut cornemuseret, pour cela, se trouve un maître dans le Bourbonnais.
« Il nous fit voir une musette si grande, si grosse, si belle, que c’était, de vrai, une chose merveilleuse et telle que
je n’en avais jamais vue. Elle avait double bourdon, l’un desquels, ajusté de bout en bout, était long de cinq
pieds, et tout le bois de l’instrument, qui était de cerisier noir, crevait les yeux par la quantité d’enjolivures de
plomb, luisant comme de l’argent fin, qui s’incrustaient sur toutes les jointures. Le sac à vent était d’une belle
peau, chaussée d’une taie d’indienne rayée bleu et blanc ; et tout le travail était agencé d’une mode si savante, qu’il ne fallait que bouffer bien petitement pour enfler le tout et envoyer un son pareil à un tonnerre. »
A l’époque, les provinces étaient différentes, exotiques presque, les langues différaient. Auvergnats et Berrichons se comprenaient à peine. George Sand nous fait découvrir de nouvelles contrées, paysages pittoresques et nouvelles manières de vivre.
« Vous êtes gens de bêche et de pioche, et faiseurs de grandes tâches qui se voient au soleil ; mais il vous faut
ensuite la couette de fin duvet pour vous reposer. Nous autres, gens des forêts, nous serions malades s’il
fallait nous ensevelir vivants dans des draps et des couvertures. Une hutte de branchage, un lit de fougère,
voilà notre mobilier, et même ceux de nous qui voyagent sans cesse et qui ne se soucient pas de payer dans les auberges, ne supportent pas le toit d’une maison sur leurs têtes »
Courbet
Bûcherons ou bûcheuxcomme George Sand les appelle, exploitent les forêts denses, ils ont une vie libre et fruste. Les muletiers vont transportent le bois et le charbon entre les chantiers et les paysans. Les muletiers ont mauvaise réputation, comme souvent les nomades parmi les sédentaires. Corporation des Maîtres Sonneurs, dont les règles sont strictes avec concours de musette mais aussi rites secrets.
Ce roman est très riche. Roman d’amour :
« ne sait-elle point, s’écria Thérence, qu’il y a ici trois garçons qui l’aiment et dont elle se joue ? Joseph qui en meurt, mon frère qui s’en défend, et vous qui tâchez d’en guérir ? Prétendez-vous me faire accroire qu’elle n’ en sait rien et qu’elle a une préférence pour l’un des trois ? Non ! elle n’en a pour personne ; elle ne plaint pas Joseph, elle n’estime pas mon frère, elle ne vous aime pas. »
Roman d’aventureavec bagarres aux poings et aux bâtons. Buveries et danses des fêtes villageoises. Nombreux personnages. Et surtout des personnage en évolution : Joseph, l’ébervigé, s’avère un musicien très doué, une personnalité originale. Brulette passera par différentes étapes, fillette appliquée, reine du village, amoureuse, nourrice….On s’attache aussi aux personnages secondaires très bien campés.
Superstitions et croyances. Souvent la sorcellerie et le Diable ne sont pas loin.
Théodore rousseau : le massacre des grands chênes
On retrouve aussi l‘amour de George Sand pour les arbres. Elle a défendu la Forêt de Fontainebleau avec Théodore Rousseau et d’autres artistes. écoutez le podcast de RadioFrance : CLIC
« Et puis, je me lasse de couper des arbres. Sais-tu, Tiennet, que je les aime, ces beaux vieux compagnons de ma vie, qui m’ont raconté tant de choses dans les bruits de leurs feuillages et les craquements de leurs branches ! Et moi, plus malsain que le feu du ciel, je les en ai remerciés en leur plantant la hache dans le coeur et en les couchant à mes pieds, comme autant de cadavres mis en pièces
[…] Ne ris pas de moi, je n’ai jamais vu tomber un vieux chêne, ou seulement un jeune saule, sans trembler de pitié ou de crainte, comme un assassin des oeuvresdu bon Dieu. »
Ne comptez pas sur moi pour dévoiler l’intrigue. Lisez-le!
Une affaire familiale au Palais de Justice m’a fait découvrir le Parc des Batignolles par cette matinée de printemps très ensoleillée. Plaisir de la promenade dans les arbres en fleurs.
palais de Justice
Plaisir aussi de découvrir tout un quartier qui a surgit de terre cette dernière décennie.
façades variées
Et comme l’heure du déjeuner était arrivée, nous nous sommes installés en terrasse au restaurant argentin Palermo à proximité du marché des Batignolles, Rue des moines, très animée et plus traditionnelle.
Palermo
Qui dit « argentin« , dit excellentes grillades d’Angus . A la carte empanadas délicieuses ou ceviche. Une boutique adjacente vend également des produits exotiques et des empanadas à emporter.
EXPOSITION TEMPORAIRE DU 7 février au 12 avril 2026
Ocean’s lament
Le parcours de l’exposition commence dans l’Auditoirepar une vidéo : une femme dans le cercle d’un grand hublot contemple l’océan agité. Au About de quelques minutes, je sens le mal de mer. Mon cerveau ne sait plus interpréter les repères entre la figure immobile et l’eau mouvante. Déstabilisation océanique.La suite est à l’intérieur de l‘Orangerie. Deux tables au centre de la pièce, des photos et des objets aux murs.
La médiatrice me conduit à l’installation Ocean’s Lament. Aucune explication, elle me conseille de respirer, sentir l’odeur qui se dégage, puis de deviner l’origine de ces petits tubes crème montés somme les perles d’un improbable collier. Ce sont les tubes de pipes des marins provenant de la vase de la Tamise. J’ai déjà lu quelque chose sur les trouvailles dans les sédiments de la rivière à Londres. Combien de tubes? combien de pipes? combien de marins? de voyages transatlantiques? Cette matière première fait rêver et se relie au titre « Des océans et des ombres »
Une sorte de tapis tissé de cylindres rouge et blancs évoque clairement les bandes du drapeau étatsunien. Ce n’est pas un hasard. Nadia Myre est canadienne et algonquine; ses œuvres mettent en évidence les mémoires et les héritages coloniaux. les cylindres sont en céramique fabriqués par l’artiste elle-même
After the fire
les douze photos carrés au même motif m’interpellent : de loin je crois voir des radiographies de poumons . Quand je m’approche j’ai la surprise de découvrir des mocassins, des chaussons d’enfant sagement rangés par paire; la médiatrice m’explique qu’ils ont été trouvés dans une institution où sont morts de nombreux enfants enlevés à leurs parents autochtones pour être élevés par des soeurs. Histoire poignante de ces enfants enlevés, acculturés, puis décédés.
chaussons d’enfants
Un objet est la clé de l’installation : le wampum . A l’origine le Wampum est un collier de coquillages porté parfois comme une écharpe ou une ceinture. Le Wampum symbolisait un accord, un traité comme un document signé ou un sceau. Les colons britanniques ou français rapportèrent des wampum témoignant de la conquête de territoires autochtones
nadia myre : wampum
la plasticienne s’est inspirée de cet objet traditionnel pour construire cette installation. Les perles sont ici en céramique, comme dans le tissage à rayures rouge et blanches. Le collier de tubes de pipes procède probablement de la même inspiration.
Des plumes en porcelaine blanches rappellent encore les traditions algonquines.
Cette installation m’a fait beaucoup voyager, elle m’a aussi émue
Chamarande est un village de l’Essonne situé à une cinquantaine de kilomètres de Paris non loin d’Etampes accessible en voiture par la RN20 et en train par le RER C, la gare se situe tout près du domaine. en revanche, se munir de son pique-nique, pas de commerces ni cafés au village, seulement une boîte distributeur de pain, qui a volé mes 2€ et pas délivré la baguette attendue.
Château de Chamarande côté cour
Le château (1654)d’architecture Louis XIII, briques et pierre, toit d’ardoises, parfaitement symétrique. Il abrite les Archives départementales et un centre d’Art Contemporain. Il ne se visite pas actuellement (en travaux, ouverture prévue 2028). Les expositions sont dans l’Orangerie : du 7 février au 12 avril 2026 Nadia Myre : Des océans et des ombres.
Le Parc des 98 ha offre plusieurs parcours de promenade avec des bornes commentées et même un QR code pour encore plus d’explications. Il est équipé nombreuses tables de pique-nique ainsi que de parkings (obligatoires parce qu’on ne peut pas se garer dans le village).
L’église de Chamarande
Avant d’explorer le domaine, le village mérite un détour à pied. Il est ravissant et très calme.
Du parking, j’ai découvert le grand potager aménagé au XVIIIème siècle par Pierre Contant d’Ivry qui a dessiné le jardin à la française. Carré, enclos de quatre murs de pierre palissés de vieux arbres fruitiers en espaliers, il était cultivé selon un plan original où des losanges remplacent les carrés habituels. Plusieurs bassins ronds étaient prévus pour l’arrosage. on y cultivait les légumes consommés au château, pois, fraises….
L’auditoire
L’auditoire n’était pas un pavillon d’agrément mais le lieu où se tenaient les audiences de justice. C’était le symbole de la puissance de la Noblesse sur les bourgeois. Le seigneur, propriétaire du château avait droit de justice. Sous le bâtiment se trouvaient deux cachots.
A côté de la belle grille, on a construit une grande volière semi-circulaire. Un peu plus loin, l’Orangerie. Pierre Contant d’Ivry a aménagé le parc en 1737 avec plusieurs fabriques et pavillons d’agrément.
le Pavillon des grâces, est une curieuse construction, plutôt un abri pour s’isoler. Il est défiguré par une statue rouge figure biface assez grossière due à Elmar Trenkwalder. Les grâces auraient été effrayées par cette horreur.
Je découvre la glacière partiellement enterrée pour conserver la glace nécessaire pour les sorbets et rafraîchissements.
jeu de l’Oie
Le Jeu de l’Oie (1742)se pratiquait à l’extérieur suivant deux allées circulaires bordées de dalles matérialisant les cases. Des buissons, des petits charmes, des boules de graminées bordent le parcours tandis que des petits cyprès graphiques rythment le jardin. Les restaurations datent de 1999 et 2018. Au centre se trouve une oeuvre contemporaine : un marbre de Denis Macrez
Denis Macrez : corps en éclosion
C’est l’œuvre contemporaine que j’ai préférée.
« corps en éclosion, en devenir, un corps qui se fond dans la roche, dans le bloc de marbre en disparaissant et en retournant aux origines »
J’ai été beaucoup moins sensible aux diverses installations présentées dans le parc.
le belvédère
Le Belvédère,1745, perché sur un tertre artificiel, domine le paysage ; il était dédié à la détente, pavillon de chasse et de musique où l’on donnait des concerts et des collations;
L’allée s’engage dans une partie plus sauvage du parc, une forêt de très beaux arbres. On devine de loin la grande perspective avec le château.
canal des houx, plus de houx, ce sont des platanes
En descendant j’aboutis à la Juine et au marais parcouru de canaux ménageant des perspectives et des tableaux d’eau et de végétaux comme l’île artificielle à la jonction de deux canaux bordée des racines des cyprès chauves
île artificielle
je longe un moment la Juine, affluent de l’Essonne assez large qui permettait le transport local avant l’arrivée du chemin de fer en 1850. Retour au château par le Canal des amoureux en cherchant les sculptures contemporaines cachées (un vieux camion, une feuille d’acier Corten pliée : Busto N°7 de Francesco Moreti) et d’autres réalisations du même acabit : grandes plateformes en croix blanches Troisième système de Bert Theis en référence au jardin à la française (?) et pire s’inspirant du Plan pour la ville de Paris de e Corbusier (1922) !
Echelle 1.0 de Phiklippe Ramette
Non! ce ne sont pas des couvreurs géants qui font la réfection des toits et qui ont posé une échelle disproportionnée. C’est une sculpture qui est censée offrir une illusion d’optique en laissant imaginer au spectateur que le château aurait rapetissé. Pour l’art contemporain, je fais des efforts mais je ne pige pas toujours.
Platane Hybride
je préfère laisser le dernier mot à la nature et au Platane Hybride qui se marcotte
Silas Marner est tisserand dans un village des Middlands.Seize heures par jours, comme une araignée, il tisse dans sa maisonnette isolée. Etranger au village, de physique peu séduisant avec ses yeux proéminents, c’est un personnage marginal, un peu craint, suspect aux habitants de Raveloe. Avant d’arriver au village, il vivait dans une communauté religieuse d’où il a été banni, accusé à tort de vol. Il s’est refermé sur lui-même. Tisser du lin, rapporte bien; Avec son travail acharné, Sileas Marner a accumulé un trésor. Sa seule satisfaction est de contempler les piles de pièces d’or.
Le début du roman est sombre. Le personnage étrange, peu attirant. Les villageois ne sont pas plus gais. Le squire Cass, le personnage le plus important du village, et ses fils, ne sont pas plus sympathiques. Dunsey, exerce un chantage auprès de son aîné, Godfrey qui cache un sombre secret. Le roman s’enfonce dans le mystère des sentiers creux, des bois touffus où les nobles chassent.
Silas découvre le vol de son trésor. Désespéré, il va à l’auberge chercher son voleur. Paradoxalement, cet évènement lui gagne la sympathie des villageois.
Conte de Noël? Pendant le Réveillon, dans la campagne couverte de neige, une pauvre femme meurt de froid à proximité de la maison du tisserand. La petite fille qu’elle portait trouve refuge devant l’âtre de Sileas Marner. Les boucles blondes de l’enfant se confonde avec l’or perdu. La petite fille devient le trésor du tisserand qui l’adopte. Elle éclaire littéralement le récit.
J’ai été charmée par ce roman, dans la même veine que La Petite Fadette mêlant la description de la vie rurale, juste avant que l’industrialisation ne s’installe. L’usine qui s’installe dans l’ancienne ville de Silas montre que la modernité bouscule l’ancien monde. Cette campagne anglaise est encore imprégnée de mystère comme dans un conte.
La promenade commence à la Gare de Maisons-Alfort/Alfortville . La voie ferrée arrivée en 1849, avec la Seineet la Marne peut commencer une industrialisation dans la plaine qui est encore maraîchère. Notre petit groupe s’engage dans des rues tranquilles entre petits immeubles de brique et pavillons de meulière.
Patricia, notre guide, nous fait remarquer les appareillages de la maçonnerie, les constructions soignées : les joints décoratifs entre les gros moellons de meulière où les maçon ont coincé des petits morceaux, ou les dessins des briques, panneresse(brique dans la longueur) et boutisse(petit côté), décors avec des briques formant des frises. Forsythias éclatants dans les jardins et un magnolia à l’envers des pétales d’un beau violet.
Cité petit Guyon, pavillons de brique et un immeuble
Avec ses nombreuses industries, alimentaires, pharmaceutiques, Spécia devenu Sanofi, Springer, imprimerie Cino Del Duca, des immeubles logent les travailleurs, la petitecité Guyonen briques des années 1930 comprenant des pavillons mitoyens et un grand bâtiment de brique. Parallèlement à la voie ferrée des hautes barres plus récentes des années 60.
A la place de la grande imprimerie Cino Del Duca, un parc s’étend de la RN6 à la voie ferrée, large prairie ouverte bordée de massifs bas avec de petits jardins et des jeux d’eau l’été. Après avoir traversé le parc nous découvrons la cité HBM :Square Dufourmantelle construit de 1930 à 1934 par les architectes André Dubreuil et Roger Hummel. 600 logements
Square Dufourmantelle
Plusieurs cours communiquent par des arches à caissons ou par des portiques carrés.
Les huisseries étaient métalliques, les décors rythmant les façades en fausse pierre blanche moulée sur place, ferronneries soignées. Dans les cours, des arbres et des bosquets faisaient des espaces de jeux pour les enfants et de socialisation pour les plus grands. Eau courante, toilettes, appartements de plusieurs pièces. Hygiénisme et confort inconnus pour les ouvriers à cette époque.
Nous nous étonnons de la belle tenue de cet ensemble de brique alors que les bâtiments de béton plus récents sont beaucoup plus dégradés.
Le petit chaperon rouge de Maurice Saulo
A l’arrière de la cité se trouve la gare du RER D Le Vert de Maisons et la future station du Métro Grand Paris Express ligne 15. CLIC
j’apprends à cette occasion l’origine de ce nom « Vert de Maisons » : le village de Maisons, devenu au 19ème siècle Maisons-Alfort, était un relai de Poste important. Les chevaux de Poste se restauraient et se reposaient dans une vaste prairie « le Vert » sur l’emplacement actuel de la gare.
Groupe scolaire Jules Ferry
Un peu plus loin sur la Nationale 6,les mêmes architectes ont construit un imposant groupe scolaire dans le même style. Double école : Garçons/filles. Vu de l’arrière, il ressemble à un grand paquebot. Côté façade, un beffroi donne « l’heure laïque » (qui concurrence l’heure du clocher d’église).
Décor « Les contes de Perrault » de Maurice Saulo
le décor de l’entrée est particulièrement travaillé. Maurice Saulo reprend les contes de Perrault et on retrouve son Chaperon rouge . Une plaque nous apprend que ce groupe scolaire a été inauguré en 193 5 par le maire M. Champion(1901-1935) et … nom effacé, il s’agit de Laval. Son nom biffé et la plaque commémorative aux enfants déportés explique ce blanc.
Plus loin, sur la RB6, nous longeons les bâtiments de brique des usines Sanofi. Plus récents les briques ne sont que des parements mais le style du quartier est préservé.
Détour par l’église Saint Remi ou Saint Rémi, très ancienne, clocher de pierre de style Roman, avec des vitraux modernes réussis.
levure Springer.
De l’autre côté de la route, l’octroi et le complexe des usines de levure Springer qui occupe une vaste surface. Légère déception, je comptais bien la visiter! L’entreprise Springer de Maisons Alfort fut fondée par un baron autrichien après son usine viennoise qui fabriquait de la levure à partir de la fermentation des céréales. En 1926, bouillons, maintenant divers arômes alimentaires sont produits. Tout le monde connaît cette usine et les relents qui s’en dégagent par mauvais temps, l’odeur de Springer annonce la pluie, météo locale! Des bœufs allaient à la Seine chercher le grain pour la fermentation, de cette époque il reste le nom de Pont aux Boeufs juste en face.
Dans le petit Château de Réghat un musée d’histoire locale est tout à fait intéressant. Il raconte l’histoire de Maisons Alfort avec des photos, des gravures, des petites boutiques reconstituée des anciens métiers. Les documents sont très nombreux ainsi que les objets made in Maisons-Alfort
Epicerie ancienne et produits locaux.
Il faudrait ajouter aux biscuits la Suze.
Un grand merci à Patricia Castéjon Gélibert, notre conférencière à qui je fais une publicité désintéressée, mais bien méritée : Bulle de culture, tourisme et loisir CLIC