Un thé au Sahara – circuit des oasis de Douz

CARNET DJERBA ET SUD TUNISIEN

Thé au Sahara
Thé au Sahara

 

 

Trouvé dans Géo p231

La route de Zaafrane quitte Douz et traverse une belle palmeraie. Les dattiers sont florissants. Les petits jardins sont des rectangles bien verts. Partout on travaille. Les tas de fumier attendent d’être épandus. La pluie tombée hier a lavé la poussière. Le ciel bleu se reflète dans les flaques.

Zaafrane est un grand bourg en ciment sans intérêt particulier. D’après le guide Géo, l’ancien village a été ensablé et on en retrouverait des vestiges en faisant une promenade à dromadaire. A droite, la palmeraie à gauche les premières dunes du Sahara contenues par des palissades en feuilles de palmier.

Thé au Sahara

enclos de canisse
enclos de canisse

Des maisons basses dispersées nous fait quitter la route. Les animaux sont parqués dans  de curieux enclos carrés de canisses, planches et branchages. Moutons, chèvres s’y entassent. Un cheval est symboliquement enfermé dans un carré de quatre planches. Une chèvre e liberté allaite deux chevreaux nouveau-nés ; le blanc est debout sur ses pattes et tête, le petit noir est à peine capable de se lever.

Les maisons basses en ciment, parfois en briques rouges non revêtue. Partout, des tas de briques. Il semble que chacun agrandit à sa guise sa cour.

DSCN1328 - Copie

Juste à l’orée des dunes, nous arrêtons la voiture pour grimper sur le  sable. Des enfants jouent. Des animaux sont parqués. Tandis que je photographie les chèvres deux femmes arrivent, main tendue. On se présente avec mon maigre arabe. Le mari parle français. Fatma et l’autre dame nous invitent au thé. Elles arrivent portant deux verres. Nous les suivons dans la cour. Près de la natte se trouve déjà un brasero avec une bouilloire. Un plateau est posé sur un guéridon métallique, au dessous, une coupelle en verre avec l’eau pour rincer les verres. Au  milieu de la cour, un palmier, autour du palmier dans le rond pour l’arrosage, quelques haricots, fèves, persil et coriandre. Jardin minuscule de moins d’1m2.

Fatma apporte des cadeaux
Fatma apporte des cadeaux

Fatma déroule son tapis bleu nuit. Je me déchausse et m’agenouille avec eux. On apporte un fauteuil en plastique blanc pour Dominique qui ne peut s’asseoir par terre. Les enfants s’approchent. Une dame disparaît pour cuire du pain. Le mari propose une ballade à âne ou dromadaire dans les dunes .Fatma revient avec une bouteille d’1.5L d’eau pleine de dattes, puis un lourd collier odorant. Les cadeaux s’accumulent. Ils n’acceptent d’argent ni pour les dattes ni pour le thé. Ce sont des cadeaux ! Que leur offrir ? Je n’ai que ma petite boite de crayons de couleur, les échantillons de produits de beauté et des caramels.

Le chantier

DSCN5143 - Copie

Le goudron cède la place à un chantier. Nous roulons sur une large piste de sable où travaillent les engins. On construit une route en hauteur au milieu d’un lac salé, prolongement du Chott el Jerid. Avec la pluie il y a pas mal d’eau, des roseaux et de l’herbe verte. Sous le soleil l’aspect est très différent de ce que nous avons vu hier.

Promenade dans le sable

les dunes
les dunes

La dune est retenue par des feuilles de palmier formant une barrière. A l’arrière poussent des buissons épineux gris bleuté.  Des tamaris  parsèment la dune. Je franchis une autre haie sèche, les buissons ont disparu. Il ne reste que quelques arbustes. Après, plus rien que le sable que la pluie de la nuit a cimenté en une couche ferme d’un bon centimètre et demi d’épaisseur qui s’écrase à peine sous mes pas. Un arbre isolé au loin me sert de cap. Peu après l’arbre, il me faut rentrer. Je suis mes traces. Combien de temps le sable garde-t-il l’empreinte de mes pas ? C’est variable. A un moment, je ne vois plus rien. Je ne me suis pas fixé de repère. Sans boussole je risque de dévier. Au loin la ligne verte de la palmeraie, le bruit des voitures sur la route me guident. Presque arrivée à la route, je me souviens d’un bouquet d’eucalyptus perché sur une butte. J’y retrouve les empreintes de mes semelles et celles, plus grandes de Dominique. La voiture se trouve juste derrière.

DSCN1340 - Copie

Chott el Jerid sous le soleil

Es Sabria est « la porte du désert », dernier point d’eau avant le Sahara selon le guide vert Géo, doit être bien petit parce que nous le dépassons sans nous en apercevoir et arrivons à El Faouan où il y a encore une palmeraie. La route oblique plein Ouest vers l’Algérie contournant le Chott el Jerid , étendue plate à perte de vue. La fine couche de sel fait penser à de la gelée blanche (il fait un temps glacial, j’ai deux épaisseurs sous le pull irlandais et la parka et j’ai encore froid). Avec le  soleil, nous guettons les mirages. Est-ce un mirage, ce reflet qui imite ? C’est peut être de l’eau, il a plu toute la nuit. Et ces immeubles qui ressemblent à des îles des mirages ou des dunes ? Un mirage ou notre imagination ?

Sur la carte, une piste raccourcit la route par Zarzine et Touiba. Ce n’est pas une piste mais une route goudronnée qui traverse les villages sans qu’on ne s’y arrête.

14h30, nous sommes de retour à Douz . Salah n’est pas là. Je dessine dans la cour. Une promenade à dromadaire était prévue mais je préfère profiter du cadre plutôt que de retourner dans les quads et les ULM. Notre cour est si agréable qu’elle mérite qu’on s’y arrête. Nous avons besoin aussi de mettre de l’ordre dans nos affaires. Les coquillages de Gabès ont pourri dans le sac de toilette qui exhale une odeur de poisson pourri pestilentielle. Nous avons de la lessive à faire. Justement il y a une corde à linge sur la terrasse. J’ai jeté à regret les porcelaines.

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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