Les Dévastés – Théodora Dimova – Editions des Syrtes

 

BULGARIE

Lu dans le Mois de la Littérature de l’Esà la suite de Patrice

et  Chez mark et marcel de Passage à l’Est  

« Quel souvenir garderez-vous de moi si je ne vous écris pas ces mots, si, par cette lettre que vous lirez
certainement plusieurs fois, parfois ensemble, mais parfois seuls aussi, vous n’entendez pas ma voix et ne sentez pas ma caresse qui sera toujours au-dessus de vous, jusqu’à la fin de vos jours, tout comme maintenant je vous contemple et vous caresse, ici, sur ce sol en terre battue, serrés l’un contre l’autre, enveloppés de la couverture râpée que nos logeurs nous ont donnée.. »

Je me suis trompée longtemps en recopiant le titre Les Dévastés que j’orthographiais « Les Dévastées«  puisque ce sont les voix de femmes, Raïna, Ekaterina, Viktoria et Magdalena, Alexandra, vingt ans plus tard qui donnent le titre à chacun des chapitres. Dévastées à la suite de la prise de pouvoir des communistes sur la Bulgarie. 

Le livre s’ouvre sur la nuit que Raïna passe à la veille de l’exécution de Nikola, son mari, un écrivain, un intellectuel en février 1945. Par un long monologue, elle s’adresse à Nikola, comme si lui parler le maintenait encore en vie.

Ekaterina est la femme du Père Mina, emprisonné avec Nikola et fusillé avec lui. Elle écrit une longue lettre à ses enfants pour maintenir le souvenir de leur père. On ne s’est pas contenté de prendre la vie à leur père, on a aussi pris leur maison, et les a déporté dans une misère noire.

Viktoria et sa fille adoptive Magdalena sont victimes de la vindicte de voyous au service du nouveau pouvoir. Ils jalousent la richesse de Boris et l’envoient en prison. Déportée,  la jeune femme délicate, pianiste, artiste, travaillera dans un briqueterie après avoir tout perdu et sombrera dans la déchéance.

L’histoire d’Alexandra commence par un deuil : son père, Mikhail un peintre estimé vient de mourir. Mikhail était le mari de la fille de Raïna et la petite fille reporte toute son affection sur sa grand-mère qui lui livrera les secrets de famille. Et la boucle est bouclée.

Hommes exécutés, femmes en deuil, déportées…une réalité bien triste. Et pourtant je suis restée scotchée à écouter leur voix, à imaginer leurs histoires. Un roman très touchant, très sensible.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

7 réflexions sur « Les Dévastés – Théodora Dimova – Editions des Syrtes »

  1. Je suis heureux de voir que ce titre plaît beaucoup à l’ensemble de celles et ceux qui l’ont lu. C’est vraiment un très beau roman, vraiment triste certes, mais qui a le mérite d’éclairer la dure histoire bulgare de l’après-guerre. Merci de ta participation !

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