PREMIER VOYAGE EN EGYPTE 2002

Invitation au thé
Pour rentrer du village des Artisans, nous coupons par le village et sommes rapidement rejointes par l’aquarelliste hongrois que nous avions déjà rencontré au Ramesséum avant hier. Nous aboutissons au sommet d’El Gournah. On ne peut pas redescendre sauf en traversant les maisons. Le Hongrois appelle les gens, des jeunes filles nous montrent un passage couvert entre deux habitations. Le grand père sort. On photographie un peu. Bien sûr suit une distribution de chewing-gums. Une petite fille nous invite chez elle « venez photographier l’âne, pas de bakchich », sa mère sort sur le pas de la porte et nous invite pour le thé. Nous refusons d’abord en remerciant beaucoup puis nous nous ravisons. Je suis très curieuse de voir l’intérieur des maisons et comment ces gens vivent.
Quand on visite un pays on aime rencontrer ses habitants. C’est quand même plus vivant que les tombes et les ruines.
La maison est rose avec un étage. la façade est décorée avec des créneaux. Un reptile, sorte d’iguane séché, est fixé au dessus de la porte comme décoration. La femme a l’air très jeune. Elle est vêtue d’une robe longue blanche. Son mari, en short, enfile une galabieh verte en notre honneur.

Chez eux, c’est très sale. Le mobilier se compose de lourds canapés de bois. Sous nous asseyons sur un, l’autre est plein de vêtements entassés avec un bébé couvert de mouches. On commence par photographier le bébé. La mère allume la lumière. Ils ont l’électricité : un énorme réfrigérateur antique, un ventilateur au plafond et un petit poste de télévision. Mais les murs sont très écaillés. Sur une natte, il y une crotte que la femme enlève bien vite avec un papier. Elle est très fière de montrer sa cuisinière pendant que l’eau chauffe. Dans une bassine mijotent des haricots aux tomates (les mêmes que nous avons mangé à l’hôtel hier) et dans un faitout une soupe au poulet. Nous nous installons à boire le thé avec des petits gâteaux.
J’explique que nous sommes professeurs de collège. La petite fille est très impressionnée et va sortir son « workbook » d’anglais. Il est soigneusement complété et bien plus compliqué que ceux de mes 5ème6 alors qu’elle a le même âge. Nous le lisons ensemble. Le petit frère est très fier de compter jusqu’à 9. Comme elle parle très bien, nous pouvons nous raconter bien des choses. Elle montre Paris sur la carte de l’Europe. Nous lui demandons de nous raccompagner jusqu’à l’hôtel. Sur ces entrefaites toute la famille endimanchée arrive en visite, nous nous éclipsons. La mère m’embrasse plusieurs fois, refuse le cadeau de 10 livres puis finit par accepter. Son mari nous raccompagne et nous conduit à l’étable photographier la vache, il y a aussi une petite génisse rousse.
La petite fille a disparu, elle revient en courant avec un âne pour D qui clopine. Elle préfère encore marcher que de chevaucher le baudet. Nous traversons le village avec notre escorte de gamins, la fille en robe rouge et fichu vert, une autre fillette en rouge son frère en galabieh marron auxquels viennent s’adjoindre d’autres garçons. Nous devons passer devant un chien méchant « no problem ! » chacun s’arme d’un caillou pour parer toute éventualité. Nous sommes invitées par une autre femme, magnifique très noire dans une robe de velours violet avec un très beau foulard bleu. On promet « demain ! »Nous arrivons sur le « terrain de foot » juste devant chez Mahmoud. Les enfants crient « Mahmoud Fondouk ! Mahmoud Fondouk ! » On offre encore des chicklets, d’autre gamins délaissent le foot pour la distribution. Avant de se quitter, je promets d’envoyer les photos mais je n’ai pas l’adresse. Le gamin de l’âne du premier jour est là, je le charge de distribuer les photos qu’on enverra à Mahmoud.
Le ciel est couvert ; on dirait même qu’il va pleuvoir. Il fait frais, nous rentrons dans nos appartements. Pour dîner je mets ma polaire.
On sous sert la salade et du fromage délicieux le même ragoût de bœuf du riz et de délicieuses courgettes sautées presque crues avec des lamelles de carottes des pommes de terre et des oignons. Ashraf, le serveur propose de me réveiller à six heures moins le quart pour acheter les billets pour Néfertari.