EGYPTE 2010 / DESERT BLANC ET OASIS

Une dame voilée nous accueille, la visite est payante et guidée 3$E. Elle ne parle pas du tout anglais mais ce qu’elle nous montre se passe de commentaire : les tas de laine brute et sale attendent la lavage dans des grandes cuves en ciment (aujourd’hui vides). Au rez de chaussée de grosses machines cardent, pressent filent et bobinent la laine brute maintenant très claire. La dame me fait soupeser un écheveau léger et très doux. A l’étage, des jeunes filles tissent sur de grands métiers des kilims majoritairement en laine brute marron ou beige. Certains sont rayés d’autres à damier ou à carreaux compliqués de motifs géométriques. Au fond de très jeunes nouent des tapis avec des textes (du Coran probablement) sous l’œil sévère de la maîtresse toute voilée de rose. Tout le
monde se prête avec gentillesse à la séance-photo. Par discrétion on les photographie plutôt de loin et de dos. A leur regard, on vit bien qu’elles auraient aimé des portraits (si la dame rose n’avait pas été là). Dernière étape : le magasin. Les kilims sont immenses, les tapis destinés à la prière. Notre hôtesse au voile marron n’est pas étonnée que nous n’achetions rien.

Au coin d’une rue deux jeunes cordonniers réparent un tas de vieilles sandales. Des gens sont assis devant leur maison. J’ai encore le temps de dessiner la petite place. Nous sommes ravies de cette bonne matinée !
Le désert devient plus difficile à décrire. Le rebord du plateau lointain disparaît, de nombreuses buttes gréseuses se succèdent. Des sommets déchiquetés barrent l’horizon. Des dunes s’alignent sur le cailloutis.
Surgie de nulle part, une ville paraît être un mirage : deux châteaux d’eau design, des alignements de « chalets » identiques tous parallèles avec la même antenne télé au même endroit. Abu Tartur sort du néant.
Au gauche, la ligne de chemin de fer, à droite la ligne électrique à haute tension. Le désert s’industrialise ! Même une belle dune dorée ne nous fait pas oublier ces artefacts. Le train emporte les phosphates et le fer vers le Caire. Toute l’électricité égyptienne provient d’Assouan.
