Manduria : arrivée à la La Fortuna et baignade à san Pietro en Bevagna

CARNET DES POUILLES


Tarente : raffineries, grues des docks, fumées. L’entrée de la ville est détestable. Nous laissons derrière nous la ville industrielle après avoir traversé un pont sur des bras de mer.
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15heures, après avoir demandé notre chemin dans deux gelaterie, les seuls commerces ouverts dans Manduria endormie, nous suivons les panneaux « Agriturismo La Fortuna » qui bordent une piste de graviers dans les vignes et les vergers. Presque deux kilomètres de piste, une entrée monumentale en forme de fer à cheval annonce un Ranch, un restaurant et un camping.

L’endroit est désert, seul un petit chien marron laisse penser qu’il est habité. Je cherche, en vain une sonnette. Pousse la porte de la Direzione, en me méfiant du chien, le bureau est vide. J’ouvre une grille pour faire le tour du bâtiment, je découvre la piscine et son kiosque ressemblant à La Menara de Marrakech. Pas de chaises longues, la piscine est vide. Seule lueur d’espoir : la peinture bleue semble fraîche, on vient de repeindre. Les emplacements du camping sont déserts, fermé, le restaurant.

Aucune trace d’activité.On dirait que l’établissement a fait faillite et que les propriétaires ne se sont même pas donné la peine de fermer les portes.

J’appelle le numéro de téléphone cellulaire .

– « Où êtes vous ?

Nous sommes arrivées, il y a trois chiens autour de nous.

Marrons ? J’arrive »

Où est le propriétaire ? Quand viendra – t il ? Vient il de Tarente comme Giordano venait de Bari ?

Sur Internet, après des échanges en anglais où  les prix changeaient tout le temps, j’avais envoyé un email en Italien très sec puis nous avions conclu l’affaire. On avait surnommé le propriétaire de « vieux filou ».

Arrive  une vieille break noire déglinguée avec quatre jeunes à bord. Notre « vieux filou » n’a pas trente ans!

Notre appartement est  au deuxième étage du grand bâtiment avec un escalier italien :plein de marches. Deux pièces très sombres, ici c’est une qualité, garantie de fraîcheur, mais nous ne sommes pas habituées. Pas de balcon, nous voilà enfermées en immeuble. L’appartement ne me plaît pas.  Le mobilier est sombre et déprimant. Sur le bois du lit « matrimonial » sont collés des bas reliefs métalliques La Vierge et Jésus. Nous avons payé 136€ de caution, on restera deux nuits pour ne pas perdre d’argent. Ce sera tout ! Sans parler de cette piscine vide.

J’insiste:

vous n’avez vraiment rien avec balcon ? »

Nous sommes les seules clientes et l’endroit est immense.

Nous traversons le camping très bien aménagé de luxueux emplacements ombragés avec des sanitaires privés. Nous montons un escalier de pierre et découvrons le plus joli appartement qui soit avec une cheminée ancienne si grande qu’on pourrait entrer dedans, des plafonds voûtés de pierre, une terrasse, la salle de bain décalée de quelques marches. Un très beau carrelage imite un dallage en pierre. La vaisselle rangée, dans un buffet moderne, est très jolie.

-: « c’est exactement ce que nous voulons ! »

L’appartement n’est pas prêt ; les garçons nous conseillent d’aller à la mer pour qu’ils aient le temps de tout préparer. Ils nous prêtent même un parasol que nous garderons toute la semaine.

Les jeunes se mettent au travail. Quand nous reviendrons nous serons émerveillées : nos draps sont brodés cousus de dentelle, trois serviettes blanches moelleuses chacune, sont artistiquement pliées comme dans les grands hôtels. Dans le frigo ils ont mis du lait, dans des pots : du café, du sucre et même des biscuits pour le petit déjeuner ! La cour a été balayée et passée au jet. Les deux ventilateurs à grandes pales tournent : il fait bon.

Marianna,  est colombienne. Elle est très accueillante et m’explique tous les secrets de la maison.

Nous les invitons, Marianna et Fortunato (qu’elle appelle  Mauro, je ne sais pourquoi) à boire de l’orgeat qu’on appelle ici mandorli. L’orgeat, très courant en Espagne, ne doit pas exister en Colombie quand je lui traduis en Espagnol cela n’évoque rien de spécial. La mauvaise impression à l’arrivée, toutes nos préventions, ont disparu. Demain la piscine sera remplie. Ils l’avaient vidée après un gros orage la semaine dernière,  paraît il.

Pendant que nos hôtes faisaient le ménage, nous avons été à la mer à San Pietro en Bevagna. Plage de sable à très gros grains dans lequel on s’enfonce et qui s’avérera très tenace et collant à la peau. La pente est très raide, en quelques mètres l’eau est profonde. Aucune vague, pas de turbidité, l’eau est limpide. Je nage donc avec le masque découvrant quelques poissons et des concombres de mer, bien laids, mais  ce sont des animaux ! Par endroits, les feuilles de posidonies se sont accumulées donnant une coloration bleu très foncé,à, l’eau. Sur les rochers et le sable très blancs l’eau est turquoise. La plage est très raisonnablement fréquentée. Nous sommes conquises par la Mer Ionienne et pour les courses il y a tout à San  Pietro.

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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