CARNETS DES POUILLES

Ce matin, il pleut .
Nous faisons nos courses à Foce di Varano et cherchons le sentier qui longe le lac pour l’observation des oiseaux. Nous interrogeons les gens en leur montrant le joli dépliant du Parc avec les photos des spatules et des canards. Personne n’en a entendu parler.
Belle promenade le long du canal à l’affût d’une jolie photo : des filets ou des nasses sont accrochés à des rangées de piquets. J’essaie différents cadrages sans être convaincue. Peut être sous un autre éclairage ? A l’aide de la carte du dépliant, nous trouvons la petite route qui se transforme en piste blanche sur le bord du lac. Les hirondelles sont nombreuses, banals les mouettes et les goélands. Soudain, s’envole une aigrette. Nous avons fixé comme terme à notre promenade un îlot vert. Si nous devons observer des oiseaux, ce sera sur cet îlot.
En effet, quatre aigrettes marchent lentement. Un cormoran est à ajouter à notre tableau de chasse. Sans compter les innombrables libellules grises, jaunes ou rouges, les lézards. Le ciel est dégagé sur la mer, les nuages restent solidement accrochés à la montagne.
Le beau terrain de la Masseria boisé de chênes imposants est planté d’oliviers, de figuiers et d’autres fruitiers.
Les figuiers ont un tronc épais ils paraissent vieux. Ils ont été taillés pour la cueillette des fruits. Au lieu d’avoir un épais feuillage comme les figuiers sauvages, les feuilles sont disposées en bouquets aérés. Les figues sont jaunes, énormes, très nombreuses avec la peau fine, la chair blanche et souples, les grains dorés, les pépins sont tellement fins qu’on ne les sent même pas. Des pots contenant des plantes vertes sont suspendus dans l’arbre.
Trois petits noyers sont alignés en face des chambres. Dans l’herbe on a installé les géraniums en pleine terre ainsi que deux aralias et deux cycas. Un peu plus loin, sous un chêne, deux tables où nous avions dîné.
Les trois dames ramassent des escargots sortis après la pluie.Pour leur parler, je leur montre mon dessin et fait une photo- souvenir puis les invite à venir sur notre terrasse regarder les photos de Naples. On presse des oranges et restons un bon moment à bavarder. La dame est très ouverte, elle commente les photos de Naples qu’elle connaît. Nous parlons de la Masseria. Cette année la saison est très calme. Avant le passage à l’Euro, les Allemands venaient nombreux à cause du change avantageux ? Maintenant, la clientèle allemande a fondu. La dame est tout à fait anti-européenne. Je lui parle des subventions : seuls en profitent les gros. Ses enfants ont bien cherché à obtenir des aides de l’Europe, rien ! Toute l’année la Masseria accueille des clients : l’hiver ce sont les chasseurs