ANDALOUSIE Pâques 2009

Il a plu abondamment toute la nuit et neigé sur la Sierra. L’autoroute prévient que les chaînes sont nécessaires à partir du km 32.
Nous avons tiré les leçons de la visite précédente et garons la voiture au premier parking venu.

Par les petites rues mouillées nous rejoignons la Cathédrale en faisant du lèche-vitrines. Les collections d’été sont déjà sorties et il y a de bien jolies robes et même des robes longues. Certaines boutiques sont spécialisées dans les costumes traditionnels :robes à volants et à pois rouge et blanches (quelques bleues) costumes de cérémonies pour les petits garçons. D’autres magasins proposent des mantilles fait main noires à la broderie aérienne .
La Cathédrale est un monument énorme sur l’emplacement de la Grande Mosquée. Du style gothique et du plan initial(1505) il ne reste rien. Diego de Siloé (1493-1563) a conçu une basilique Renaissance qui ne fut achevée que vers le début du 18ème siècle. Nous sommes surtout impressionnées par la hauteur et la clarté de la nef. De très hautes colonnes soutiennent un plafond blanc très sobre. Les dorures de la Capilla Mayor sont encadrées par deux buffets d’orgue qui se font face.
Armée du Guide Bleu et d‘un audio-guide, je me prépare à une visite exhaustive de toutes les curiosités du monument. Hélas, je reste sur ma faim. Doré à souhait, le retable de Santiago referme la statue équestre de Saint Jacques Matamore qui piétine un infidèle. Je me sens solidaire du malheureux piétiné et sans grande sympathie pour le Saint Patron de l’Espagne. De l‘autre côté un retable baroque en marbre rouge referme une Piéta noire et blanche assez originale mais trop tout ce qu’on veut. Toute cette mode ostentatoire m’ennuie. J’ai pourtant du goût pour le baroque quand il est exubérant et joyeux comme à Palerme. Ici, point de putti farceurs, des évêques prêcheurs !
Grenade : Capilla Real – l’Alcaiceria
Heureusement la Capilla real compense la frustration de la visite à la Cathédrale.

L’entrée de la Capilla Réal se fait par la Lonja (la bourse) (1518-1522) de style plateresque. Sa façade est aérée, de cordons entrelacés de colonnes torses d’ars à anse de paniers ; la grille en fer forgé plateresque qui enferme les monuments funéraires vaut à elle seule la visite. Les éléments décoratifs sont nombreux. Des têtes étranges rappellent les grotesques florentins, en haut, des scènes de l’Histoire Sainte sont forgées en relief sur une fine tôle. Les personnages sont à la limite de la caricature, silhouettes aplaties à peine bosselées de Bartholomé Ordenez, ressemblant aux portrait découpés de Montmartre.

Cette grille franchie, on s’approche des gisants de marbre blanc : Isabelle et Ferdinand, les rois Catholiques, Jeanne la Folle et Philippe le Beau entourés d’une foule de personnages secondaires, anges et même animaux domestiques. Les gisants sont placés trop haut pour que l’on puisse se faire une idée de leur figure (le sculpteur n‘avait pas pensé aux touristes !). en face, un retable polychrome présente des scènes d’un réalisme saisissant. Les sculptures de bois peint sont remplis de vie. L’ancienne sacristie est transformée en musée où l’on peut voir l‘épée de Ferdinand et la couronne d’Isabelle mais surtout une collection de merveilleux tableaux ayant appartenu à la Reine Isabelle : des Flamands plusieurs Memling mais aussi un Bermejo et surtout un Botticelli.
Le Palacio de la Madraza est fermé pour restauration.
Nous traversons les anciens souks remplis de boutiques à touristes bondées de jeunes français. L’Alcaiceria (kaisaria, arabe) est un joli bazar aux petites boutiques décorées comme dans un souk oriental en plus propre et plus soigné. Un incendie au 19èpe siècle a donné lieu à une restauration récente. Encore une fois, je constate que nous devenons blasées. Après la visite de l’Alhambra, il devient bien difficile de se laisser surprendre !
Grenade ancien caravansérail corral del Carbon
La promenade sous la pluie s’achève au Corral del Carbon – ancien caravansérail : autour d’une cour carrée, trois niveaux de galeries couvertes en brique, avec des arcades sommaires. Simplicité.
Des bureaux ont remplacé les boutiques et les logements des marchands arabes. La cour est plantée de quelques touffes d’acanthe, d’un néflier dans un coin. Au centre, un vieux puits.
Padul sous la pluie, on fait du feu
Pour se réchauffer nous déjeunons de saucisse purée.
La climatisation inversée chauffe bien la maison. Nous n’allons pas rester enfermées toute l’après midi. D’ailleurs, la voiture a aussi un chauffage !
Nous suivons le chemin des Molinos jusqu’à une colline pierreuse plantée d’amandiers bien taillés aux fruits déjà gros dans leur étui de velours vert. Arrivées à une croix, nous suivons une petite route de campagne jusqu’à Durcal. La route passe sur un vieux pont de pierre qui enjambe une rivière très profonde. Un grand moulin a été transformé en gites ruraux.
Le village de Durcal est avenant, avec une jolie placette, des chantiers… toute l’Espagne est un vaste chantier !
Après avoir encore bien tourné nous garons la voiture devant une boutique de « congelados ». dans des congélateur on vend au détail où un assortiment de poissons, légumes ou plats préparés. Mais ce n’est pas comme chez nous, chez Picard où tout est emballé et su remballé et luxueux. Ici, on choisit sa tranche. La vendeuse me pèse le mérou 1.29€ la tranche. On peut aussi acheter une poignée de poivrons ou de la paella toute épluchée avec moules et calmars à des prix défiant toue concurrence (en France).



dommage pour le temps!
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j’ai le souvenir d’un puits dans ce vieux quartier mais difficile à photographier faute de recul
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@Dominique : le recul dans les petites rues moyenâgeuses c’est toujours le problème!
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