Cala Gonone – le sentier vers Cala Luna

CARNET SARDE

Cala Fuili
Cala Fuili

Les nuages sont arrivés hier soir pendant ma baignade.  Repartis à la nuit étoilée avec un beau quartier de lune. Ce matin, il fait gris. Dommage parce qu’on avait un beau plan : de Cala Gonone un sentier rejoint Cala Luna, une calanque inaccessible en voiture. Le retour peut s’effectuer en bateau. 8€ aller/retour, 5 € retour seulement.

Route d’Orosei à Cala Gonone

La route de Dorgali, la S125, traverse d’impressionnantes carrières de marbre blanc parfois veiné de gris. Les blocs découpés en parallélépipèdes – énormes morceaux de sucre – empilés, numérotés sur le bord de la route. Juste à côté je reconnais une coulée de basalte. La géologie de cette région est complexe.

La campagne est vallonnée, Sur les collines molles, de très vieux oliviers espacés développent leur ramure. Les champs ont été moissonnés. Des vaches paissent. On entend les sonnailles des brebis. Un bidon chromé brille à l’arrière du pick-up du berger stationné à l’entrée de l’enclos. Des panneaux signalent de nombreux Agriturismi  bien cachés. Tourisme de luxe, invisible qui n’altère pas le caractère rural de la région. Tourisme balnéaire et gastronomie à base de produits locaux.

Le GPS nous fait abandonner la grande route pour une petite conduisant à la Grotte Ispinigoli longeant une falaise calcaire trouée de petites grottes.  La route tortille entre des murettes de pierres, passe devant un Musée ethnographique, deux ou trois plages sont aussi signalées. On se promet d’y revenir.

Par des épingles à cheveux dans la forêt, la route monte jusqu’à la crête qui ressemble à une muraille infranchissable. D’en bas, le col est invisible. La route devient une rampe en ciment très étroite. En haut le panorama est surprenant.

Cala Gonone

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Au  creux d’une anse, Cala Gonone , est ramassée autour de son port.  La petite station balnéaire est à taille humaine mais elle possède toutes les commodités et même un cinéma. Sur le port, des guérites en bois sont alignées. C’est là qu’on achète son billet pour les excursions dans les calanques du golfe d’Orosei. Nous avons le choix entre le transfert simple vers Cala Luna ou des croisières permettant de visiter plusieurs sites dans la journée. On pourrait aussi louer un gomone (zodiaque). Chaque société propose un prix différent, un déjeuner, de la pêche…Une femme nous interpelle en français. 35€, dans un petit bateau prenant 12personnes, 5 plages, accueil francophone. Le temps n’est pas favorable, les hôtesses n’insistent pas, il vaudrait mieux revenir un jour ensoleillé.

La balade à pied commence à Cala Fuili la dernière calanque accessible en voiture à 4km au sud de Cala Gonone , c’est une petite plage blanche enserrée dans la falaise accessible par un escalier. Ensuite le sentier s’élève très rapidement, quelques marches sont taillées dans la roche puis on grimpe à couvert sous les lentisques, les thuyas qui ressemblent à des genévriers et des chênes-verts aux troncs très minces. Quelques fois il faut suivre une dalle entaillée par des figures d’érosion caractéristiques d’un karst.  Figures de dissolution formant un éventail  en creux, ou dendrites se ramifiant en relief sur la roche lisse. Elles sont antidérapantes et plutôt confortables à la montée. Quand il faudra redescendre cette dalle inclinée m’inspirera moyennement confiance !

Le guide Vert et Evasion annonçaient 1h30 et 6km et une balade plutôt facile. Le panneau marque 2heures et 5.6km, temps calculé pour de bons marcheurs.

A couvert sous les feuillages, avec de courtes averses, il fait bon monter. 1h30 plus tard, je suis loin d’être arrivée. A l’approche d’une petite grotte le parcours se corse. Je m’aide avec les mains pour me hisser sur les rochers, juste après la grotte le sentier plonge presque verticalement sur une dalle lisse et très inclinée à 70° peut être et qui ressemble plus à un toboggan qu’à un sentier. En admettant que je réussisse la descente, quid de la remontée ? J’essaie sur quelques mètres et remonte à grand regrets. Peut être suis-je tout proche de Cala Luna ? A la hauteur de la grotte je croise une famille tchèque. Le père propose de m’assurer à la descente. Cela m’aurait sécurisée mais il faut penser au retour. Je n’ai pas les 5€ pour le bateau, ni les horaires  et il n’y a pas de réseau pour appeler Dominique qui m’attend à Cala Fuili. Un peu plus loin, une autre famille tcèque pique-nique.

L’aller s’était fait sous les nuages. Le soleil de midi cogne. J’avais pensé que la descente serait plus facile que la montée. Erreur ! Je marche sur des œufs de peur de me tordre les chevilles.

Retour par la grande route  S125 qu’on atteint après un long tunnel.

Baignade sur notre plage. L’eau bien fraîche me délasse des fatigues du matin.

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De retour, belle surprise : sur un plat de bois brut, couchés sur des feuilles de vigne, deux concombres du jardin ! Dès que nos logeurs rentrent de leur promenade, je les en remercie. Ils descendent pour faire la conversation. Nous leur demandons conseil pour l’excursion de demain. Nous souhaitons visiter un site archéologique. «  Irgoli ! » recommandent-ils « le site s’appelle Janna e Pruna »  et la visite du village de Galtelli tout proche. Pour montrer le chemin, ils m’invitent chez eux,  sur l’écran de l’ordinateur. J’en profite pour monter la liseuse et me connecter pour acheter le Monde. Je montre à la dame ma sélection de livres sardes. La dame n’a pas du tout aimé les œuvres de Milena Agus. Elle me recommande deux auteurs sardes Grazia Deledda (Prix Nobel 1926) et Marcello Fois. Je télécharge sur le Kindle Roseaux au vent de Grazia Deledda qui se déroule précisément à Galtelli. Pour Marcello Fois, rien n’est téléchargeable en français, je commande un  extrait gratuit en italien. Si j’arrive à le lire en V O je commanderai le livre entier.

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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