CARNET OCCITAN

Depuis le gîte de Flavin, 55 km dont 35 dans le brouillard. L’altimètre indique plus de 700 m, c’est précisément l’altitude où stagne le nuage. Rien à voir comme paysage ! Quand on descend sous 600 m, le ciel est gris. Jolie arrivée sur Villefranche-de-Rouergue (250 m) et la vallée de l’Aveyron. je remarque le retour des toits de tuile rouge.
Jolie promenade sur les quais de la rivière jusqu’au Pont des Consuls (1321) pont piétonnier formant un dos d’âne qui servait de péage à l’entrée de la bastide. Dans son prolongement la rue de la République monte à la Place Notre Dame. La rue est large de 6 m mais il y a des ruelles plus étroites avec des maisons à encorbellement. Galeries d’art, belles boutiques. Prenant pour cap le clocher, j’arrive sous les arcades qui bordent la grande place carrée. Elles sont si larges et si hautes que même une camionnette parvient à y circuler.
Sur la place, un énorme crucifix métallique. La collégiale est aussi énorme avec son gros clocher-porche aux contreforts aux quatre pointes ornées de pinacles.
La bastide fut fondée en 1252 par Alphonse de Poitiers, ex nihilo, jugeant les environs trop favorables à Raymond de Toulouse. La collégiale fut commencée en 1260 et consacrée en 1519. Exemple de gothique languedocien (une seule nef, pas de transept) . Elle fut ensuite pillée par les Huguenots.

Après une promenade dans les ruelles, cherchant la Chapelle des Pénitents noirs que je n’ai jamais trouvée, je me retrouve sur la Place de la Fontaine assez étrange avec le Griffoul en ceux, bassin à dix côtés avec des personnages grotesques bien usés.
Le beau temps est revenu : dans la région trois étapes possibles, le château de Bournazel, celui de Belcastel et le site de Peyrusse-le-Roc spectaculaire site médiéval perché sur un rocher. Le GPS nous joue un drôle de tour : nous avons programmé Peyrusse et voilà qu’il nous conduit vers l’Est au lieu du nord, nous quittons la D1 bien roulante non loin de l’église d’Anglars Saint Félix et de là dans les gorges de l’Aveyron par de petites routes charmantes. Ravies d’avoir abandonné le grand axe routier, nous profitons des tournants pittoresques, des montagnes russes dans une campagne boisée pour arriver….dans la cour d’une ferme nommée Peyrusse. Rien à voir avec le site archéologique que nous cherchons, la synagogue, le rocher ! Il aurait fallu programme Peyrusse-le-roc et mieux suivre sur la carte !

Belcastel est tout proche, mais du mauvais côté de l’Aveyron. Descendant du plateau, la forteresse et le village blotti à ses pieds ont belle allure. Le pont est piétonnier. Il faudra faire un grand détour dans les bois au-dessus de gorges pour trouver le Pont neuf.
Le château, remonte à l’an 900, issu d’une motte castrale, appartenait à la famille Belcastel nommée par Charlemagne. Au XIIIème siècle il passe à la famille Saunhac et sa glorieuse histoire prend fin au XVIème siècle. Fernand Pouillon l’achète en 1973, le restaure et le rend habitable. Il y décède en 1986. Il est inhumé au cimetière du village. C’est donc un château privé et habité qu’on peut visiter librement avec un dépliant très détaillé. Il a été racheté par une galeriste, Heidi Leigh, qi en a fait aussi un lieu d’expositions contemporaines. L’exposition « Créatura » et son bestiaire de créatures animées : Basilic Griffon, Stryge…entre légendes médiévales et Fantasy infantile ne m’ont pas séduite. Le parcours dans le château, en revanche est très agréable. Une trentaine de points d’intérêt racontent au visiteur la vie au château au temps des seigneurs Saunhac. Evocation aussi de Fernand Pouillon – personnalité intéressante, architecte de Meudon La Forêt, et du Point du Jour, d’Alger à Téhéran …écrivain auteur de Pierres Sauvages qui raconte l’édification du monastère du Thoronet. Il y a même deux chevaliers en armure et à cheval, l’un d’eux est le Prince Noir. Je n’ai rien compris sur le moment mais j’aurai l’explication à Peyrebrune demain !
Je descends à la rivière à travers les rues du village, rampes pavées de galets entre les maisons anciennes en schiste aux toits de lauzes. Ce « plus beau village de France » mérite sa récompense.
Dîner de gastronomie locale : tripoux de Naucelle : estomac de mouton farci de jambon, ail et persil. Les tripoux se présentent en petits rouleaux (5 ou6 cm) ficelés dans une sauce orange avec des carottes qu’il est recommandé de réchauffer au bain-marie. Excellents.
Dommage que tu ne soies pas tombée sur un jour de marché à Villefranche. Il est vraiment beau et animé. J’ai séjourné deux semaines dans un gîte à Belcastel, presque au pied du pont. Très agréable à vivre au quotidien ce petit village (qui se vide de touristes le soir).
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💛🧡
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c’est vraiment une belle région !
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