Le Jardinier et la Mort – Guéorgui Gospodinov – Gallimard

BULGARIE

sous la tonnelle du « jardin extraordinaire »

Le « jardinier » du titre avait suffi à me faire télécharger ce roman, d’autant plus qu’un Challenge Bulgarie  avait été initié par Claudialucia. Lors de notre voyage en Bulgarie j’avais été émerveillée par les jardins, jardins nourriciers, jardins de gens simples, pas des parcs paysagers dessinés par des pros. J’avais adoré notre séjour à Dragoevo dans ce jardin extraordinaire CLIC;

« Tant qu’il y a du travail dans le jardin, on se trouve dans une zone protégée, on profite d’une sorte d’
immortalité saisonnière. Il y a tant à faire en ce moment, comment mourir. Il faut mourir en hiver,
lorsque le travail s’arrête. »

J’avais zappé « La mort » du titre du livre. C’est en effet, un livre de deuil. Le narrateur (sans doute l’auteur) vient de perdre son père. Comme il est écrivain, il écrit un texte consolateur. Il relate la maladie et ses souffrances, l’accompagnement tout en douceur, « Rien d’effrayant » est le leitmotiv du père, puis la perte, le deuil, les jours et les mois qui vont suivre, »l’après ». 

Evocation de la figure du père dans la Bulgarie communiste. Humour des petites résistance au pouvoir comme le refus de participer à la parade du 9 septembre et la tradition familiale de griller des poivrons au passage de la dite parade (oh le parfum des poivrons grillés!) . Relation père-fils pleine de pudeur, de retenue, sans embrassades ni pleurs « Rien d’effrayant« . 

Le père était aussi un fameux raconteur d’histoires, quand le narrateur pense à son père il cite les histoires dont il régalait la famille. Drôles, légères amusantes, elles allègent la lecture

« Peut-être était-ce là la mission de mon père, me dis-je, sans qu’il s’en rende compte lui-même : pasteur d’
un petit troupeau d’histoires dont il s’occupait et qui le suivait partout. Ou tout simplement jardinier, là,
dans le jardin aux histoires et aux arbres généalogiques. »

Et toujours le rapport très fort à la nature, à la botanique, au cycle des saisons, à la délicatesse des roses, à la résurrection des bulbes des perce-neige, des tulipes après l’hiver…

« Jardinage et mort. Je crois que nous pouvons considérer le jardinage comme orienté par principe contre la mort. »

Ce livre charmant est une lecture tendre, sensible, touchante pas du tout plombante malgré le thème de la mort.

« Roman élégiaque, roman-mémoire ou roman-jardin. Peu lui importe, à la botanique de la mélancolie. »

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

4 réflexions sur « Le Jardinier et la Mort – Guéorgui Gospodinov – Gallimard »

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