La Colline du Mauvais Conseil – Amos Oz

LITTERATURE ISRAELIENNE

 

Jérusalem,  1947. Les britanniques s’apprêtent à quitter leur mandat. L’ONU n’a pas encore décidé du partage de la Palestine.

3 nouvelles, ou trois parties, dans ce court roman (253 pages) qui se déroule dans un même quartier de Jérusalem. Dans la dernière partie Nostalgie les personnages des deux premières se retrouvent.

Tous les voisins sortirent pour accompagner du regard le docteur Kipnis et sa femme qui se rendaient au
bal de la Nuit de Mai donné par le haut-commissaire, sur la colline du Mauvais-Conseil.

La Colline du Mauvais Conseil a pour héros, Hillel, jeune fils d’un  couple assez modeste : le père est vétérinaire qui a l’occasion d’être invité au bal du gouverneur anglais, sur la colline du Mauvais Conseil. Un honneur, peut- être mais pas partagé par leur fils  qui écoute plutôt Mythia, le locataire russe qui est très anti-britannique. 

Ce roi-là, je ne l’envie pas. Il sera bientôt puni par le Bon Dieu ; Oncle Mythia l’appelle Kedorlaomer1, roi
du pays d’Albion, et dit que l’armée secrète l’attrapera et le fera exécuter pour tout ce qu’il a fait aux
rescapés des camps. »

La seconde nouvelle, M. Levy, a aussi une enfant narrateur, Uri, fils d’un imprimeur. Uri, ses proches, ses voisins sont impliqués dans la lutte pour bouter les Anglais de Palestine.

La dernière nouvelle, Nostalgie.  est rédigée sous forme de roman épistolaire. Emmanuel Nissenbaum, médecin, écrit à sa bienaimée, une psychanalyste, partie aux Etats Unis. Il va mourir.  Ses lettres racontent  sa vie à Vienne et plus tard à Jérusalem. Il donne des nouvelles de la situation en Palestine à la veille de la guerre d’Indépendance qui se profile.

Mina, nous devons nous préparer à la guerre. Quelle tristesse, Mina, quelle tristesse. Et quel affront pour
un homme paisible comme moi. J’ai pourtant essayé d’empêcher cette guerre. Au début de l’été, j’ai eu de
longues conversations avec un collègue arabe, le docteur Mahadi. Je me demandais comment un abîme
pouvait soudain séparer deux hommes tels que nous, modérés et pacifiques. Nous avons échangé tous
les arguments possibles : historiques, moraux, objectifs et subjectifs. Mahadi était convaincu, je doutais  

On retrouve Uri qui prend soin du malade et que ce dernier « adopte » comme un fils de substitution. Il compare l’enfant à l’enfant de la Diaspora

 Ils ont peut-être le sentiment qu’une fois bronzés ces enfants de Juifs deviennent des Hébreux. Une race
nouvelle croîtrait ainsi au soleil, ignorante de toute peur et de l’obligation de fuir. Une race audacieuse,
qui n’aurait plus dans la bouche des dents gâtées serties d’or et d’argent, les mains moites, et les yeux
fous derrière des lunettes aux verres épais. Le hâle du soleil les endurcirait et ils ne seraient plus jamais
un peuple aux abois. En bronzant, ne deviennent-ils pas de bronze ?

Dans ce contexte nostalgique, on peut se permettre de douter que le médecin n’adhère complètement à cette théorie.

J’ai beaucoup aimé cette nouvelle qui décrit  cette période d’expectative avant l’Indépendance, et la guerre qui a suivi le départ des Anglais. Avec beaucoup de nuances et d’appréhension. 

 

 

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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