Agra – Fort Rouge

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entrée du Fort rouge d'Agra


On pénètre dans le fort par l’Amar Singh Gate. Amar Singh était un guerrier d’Akbar. Deux fossés garantissaient la sécurité : à l’extérieur les douves pleines de serpents et e crocodiles, entre les douves et la muraille des tigres et des lions auraient dévoré les assaillants qui auraient échappé aux reptiles.

On ne visite qu’un quart du fort. Les reste est occupé par l’Armée Indienne qui a succédé aux britanniques et avant eux aux Moghols.

Trois rois ont régné sur le Fort er l’ont agrandi : Akbar, son fils Jahangir qui ont utilisé du grès rouge, Shah Jahan construisit en marbre blanc. Le Jahangiri Mahal fut construit par Akbar. L’entrée massive haute de deux étages porte des étoiles de David, Akbar aurait été soucieux de ses concilier toutes les communautés, une autre interprétation voue un symbole cosmologique aux étoiles à 6 branches. Akbar fit également ajouter à la décoration des fleurs hindoues.

Fort Rouge d'Agra : cour de Jodhaabai

Après avoir vu la baignoire monolithique de Jahangiri nous entrons dans le temple hindouiste de Jodaa : dans les niches se trouvaient les statues des divinités hindoues. Aurangzeb, musulman zélé les aurait détruites ne tolérant pas d’idole dans le palais. En face dans la bibliothèque de Jahangir qui était poète on imagine les niches remplies de livres et de manuscrits.

Fort rouge d'Agra : bibliothèque de Jihangir

Dans la cour de Jodhaa Bai les piliers de grès sont finement ouvragés. Les ouvertures imitent les motifs des tapis persans. On dirait même qu’il pend des pompons et des franges !

appartements privés

Comme à Delhi, le Pavillon d’été fait face au Pavillon d’hiver. Par seaux, on apportait l’eau de la Yamuna pour climatiser. A l’étage, un toit en demi-cylindre en marbre blanc, recouvre le petit pavillon de Roshanara, la fille de Shah Jahan. Les appartements royaux dominent la rivière qui fait un coude: le Taj Mahal surgit des brumes dans l’encadrement des fenêtres. Le marbre de la chambre d’Akbar et  de  Jodaa est si fin qu’il est translucide. Murs et plafonds sont piqués de fleurs dorées à l’or fin. Depuis plus de 5 siècles l’or a disparu et ne laisse plus qu’une trace dont on devine la splendeur.

Dans le jardin Anguri, un bassin de marbre rafraîchissait l’air. Les massif de fleurs étaient délimités par de petis murets aux lignes sinueuses.

Des appartements privés on passe dans le Kast Mahal, hall d’audiences privées sous des colonnades de marbre blanc. Maintenant les colonnes laissent passer l’air et la lumière. Il faut imaginer les tentures, les soieries, les tapis persans ou indiens, les coussins…Comme les rois de France qui se déplaçaient de château en château avec leur mobilier, Akbar ou shah Jahan avaient construit de nombreux forts ou palais et pouvaient dérouler les tapis en un intérieur luxueux.

Comme à Delhi, dans la salle d’audiences publiques le Diwan- i–Am, le trône était posé sur une estrade. Le souverain y rendait une justice publique devant le peuple qui se tenait dans une vaste cour.

12h30, notre guide a rempli son programme et ne nous propose rien pour meubler l’après midi ou la soirée. Un spectacle Sons et Lumières a lieu chaque soir au Fort Rouge pour 150Rs. Ce serait l’occasion de revoir le fort et d’en apprendre plus sur son histoire.

A la réception de l’hôtel, on traduit au chauffeur qui nous donne rendez-vous à 17h30. Il fait chaud 30° peut être 35°, une sieste est bienvenue.

Le spectacle de 18h30 est en Hindi celui de 19h45 est en anglais. On nous fait comprendre qu’i ; serait vraiment dommage de ne pas comprendre les paroles. Il faut donc patienter près de deux heures : les marchands de cartes postales et de souvenirs divers nous assaillent ; On a justement besoin de cartes postales  et faire le courrier passera le temps !

Nous sommes assis dans la cour devant le Diwan-i-Am. Le site st grandiose mais les illuminations tournantes manquent un peu de variété. A l’âge du Laser, des hologrammes, de la 3D, on aurait au moins pu projeter des personnages, faire intervenir des chevaux, à défaut quelques figurants en chair et en os. Rien de tout cela ! Les différentes parties de la cour s’illuminent alternativement. Un récitant – diction britannique parfaite- raconte l’histoire d’Agra ou plutôt celle des Moghols. Le récit est émaillé d’anecdotes qui auraient épicé la visite :

Histoire du « Shah pour une demi-journée » devant traverse une rivière, le shah est sauvé par un porteur d’eau. Pour le récompenser, le le fait roi une demi-journée.

La Justice de Jahangir : s’exerçant au tir à l’arc, la sultane a tué le mari d’une paysanne ; Celle-ci vient au Diwan-i-Am réclamer justice. Jahangir tranche en disant qu’on doit donner un arc à la paysanne pour abattre le mari de la meurtrière. La femme refuse de tuer Jahangir qui change la sentence et lui donne une terre et l’équivalent en or du poids de la reine.

Le Room service nous apporte le dîner dans la chambre :

Peas Pallao : riz basmati « cuit à la perfection » mélangé avec des petits pois crus des herbes et diverses graines.

Aloo Dum Kashmiri : pommes de terre farcies au fromage dans une sauce rouge un peu épicée et très parfumée.

Heureusement que le riz fait passez les épices !

Le restaurant en terrasse est loué pour fêter un anniversaire. Les invités très bruyants dans  notre couloir. De rage D claque la porte : quelque chose se détraque et on est enfermées dans la chambre. Il faudra 3 coups de fil à la réception pour être délivrées.

Agra – Sikandra mausolée d’Akbar

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entrée du mausolée d'Akbar à Sikandra


Le décalage horaire doit encore se faire sentir. Je lis 8h à ma montre,nous nous préparons alors qu’il n’est que 7h. Le petit déjeuner de Crystal Inn a plus d’allure que celui d’Aster Inn. J’évite le jus trop clair (noyé d’eau ?), deux œufs durs glissent dans mon sac pour plus tard. Je me sers abondamment de cubes de papayes et prends deux parathas épaisses aux légumes ;

Le mausolée d’Akbar,à Sikandrasur la route de Delhi, est à 18km d’Agra. Le trajet dure une heure en traversant la ville. La rivière Yamuna,enjambée par deux ponts métalliques destinés aux trains et aux piétons, ponts de l’époque coloniale analogues à celui d’Hanoi sur le Mekong,ses eaux sont basses dans un lit très large, elle fait un coude à Agra. Les maisons sur sa rive, sont anciennes,de vieux balcons de bois dépassent, balcons fermés par des barreaux et des moucharabiehs. Au niveau de la rue sont installés toutes sortes d’ateliers, garages, entrepôts, entretenant un désordre moins pittoresque ou tout au moins plus contemporain. Sur le bord des auvents, en haut des murs, des familles de singes sautent de maison en maison ; d’autres sont assis sur des tas d’ordures et mangent des mangues. Personne ne semble se soucier d’eux. Ni des chiens qui se perchent sur toits et terrasses. En pleine ville d’Agra comptant un million d’habitants, les vaches et les buffles divaguent.  Ces derniers vont boire au fleuve. Sur l’autre rive de la Yamuna sont étendus les rectangles colorés de la lessive qui sèche.

L’anarchie règne dans la circulation, dans la construction aussi. « En Inde tout est possible ! » s’amuse à répéter sentencieusement le guide. Slogan qui couvre le développement comme les incohérences et les abus.

A la sortie d’Agra, en face de Sikandra, la route est complètement bloquée. La voiture reste vingt minutes à l’arrêt. Pourquoi ? Aucune raison spéciale ! Je me livre à des statistiques personnelles : dans la circulation il y a surtout des camions peints de motifs géométriques colorés. Beaucoup de touktouks aussi bourrés à bloc : 9 ou 10 s’entassent, des motos, très peu de véhicules privés. Le contraire de ce que j’ai constaté à New Delhi.

Image d’un temps disparu : un cycliste enturbanné transporte une très haute pile de coupons chatoyants. Nous stationnons depuis un bon quart d’heure en face du mausolée d’Akbar, un vendeur traverse la route pour nous proposer des petits éléphants 1 pour 100 roupies, puis 2, puis 4

–  « ils forment maintenant une famille ! ». Les vendeurs ne sont jamais à court d’arguments

mausolée d'Akbar - détail

Mausolée d’Akbar à Sikandra

Sikandar Lodi (1488-1516), 2ème sultan de la dynastie afghane des Lodi, fonda la ville. Akbar entreprit lui-même la construction de son mausolée, continuée par son fils Jahangir après la mort d’Akbar en 1605. Le mausolée fut terminé en 1613.

La prote principale encadrée de 4 tours, en grès rouge, est  incrustée de motifs de toute beauté. Des versets du Coran sont gravés sur une bande de marbre qui court autour de l’ouverture entourée de motifs floraux ou géométriques. Grès rouge, grès jaune, marbre blanc, marbre noir en entrelacs ou en damiers.

On entre dans un quadrilatère. Le mausolée ressemble à un palais : soubassement rouge à larges arcades, au dessus un étage de grès rouge à clochetons ouvragés et à balcons en dentelle de pierre. Rein ne laisse deviner une coupole ou un tombeau. On imagine l’animation de la vie de palais plutôt que le calme d’un tombeau. Pendant toute la visite, une idée me turlupine : est-il possible d’accéder à l’étage ? les fenêtre s’ouvrent-elles sur des vraies pièces ou sont elles seulement des trompe-l’œil ?

Une rangée de palmiers très hauts et de nombreux arbres feuillus touffus et vénérables bordent des pelouses très vertes ou broute un troupeau d’antilopes aux cornes torsadées. La présence de ces animaux et une véritable surprise. Les petits écureuils vont de –ci et de-là. Les bruyantes perruches forment des escadres fournies. Sur un banc de grès rouge ou su l’herbe verte se détachent des aigrettes blanches et des oiseaux noirs et gris au bec rouge.

Le décor agreste, la verdure, la présence des animaux, l’éloignement relatif de la ville, la rareté des visiteurs contribuent à rendre ce site enchanteur.

J’ai rencontré Akbar dans le film Jodaa Akbar. Cet empereur tolérant me plait bien. Pour visiter son tombeau il faut descendre  un couloir très étroit très haut de plafond, complètement nu, jusqu’à une salle très simple au plafond endôme. Un vieil homme chante « Allah hou akbar ! » sa prière résonne  sous la coupole. Dans le creux de la tombe j’ai oublié le riant palais qui la surmonte.

Nous flânons  encore une demi-heure dans la verdure sur l’esplanade de grès creusé de rigoles. Une antilope solitaire aux cornes torsadées vient poser pour la photo.

Le retour vers la ville bruyante est facile, le trafic est fluide. Un troupeau de buffles passe…

Agra : Taj Mahal

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Taj Mahal


A peine installées à Agra, en route vers le Taj Mahal !

L’entrée coûte 750 Roupies cash(pour les étrangers). Il faut essayer 3 ATM pour retirer de l’argent : le premier est musical mais n’entre pas en fonction, le second se bloque quand je demande 12.000 roupies, il faudra trouver un 3ème et demander 6000, deux fois avec deux cartes différentes (bonjour les frais bancaires !)

Réussir la visite au Taj Mahal est le sujet de nombreux posts sur les forums, recommandant le lever ou le coucher du soleil. Chacun cherche à éviter l’affluence. Notre guide nous prend au dépourvu. Nous arrivons à 15 heures. Il fait beaucoup plus chaud qu’à Delhi.

La municipalité d’Agra, soucieuse d’environnement, clame « Libérons Agra du plastique ».L’espace du Taj Mahal est interdit aux véhicules à moteur. Le Guide bleu (p337) explique que la pollution, surtout industrielle, (SO2) a failli détruire la blancheur du marbre du mausolée. Pour la restaurer on a dû faire appel à une « crème de beauté » à base d’argile et de composants peu agressifs. On surveille en permanence la qualité de l’air aux environs du monument et on affiche les résultats des mesures. Aujourd’hui malgré la sècheresse et la chaleur, l’indice est correct. On laisse donc les voitures sur un  parking éloigné. Un petit train électrique non polluant rapproche les visiteurs(le prix du transport est compris dans les 750 Rs). Il y a aussi des voiturettes électriques, des charrettes tirées par des dromadaires ou des ânes.

la porte d'entrée avec ses 11 coupoles

Notre guide est un grand jeune homme qui a un fort accent. Il me faut toute mon attention pour suivre ses commentaires. Malheureusement  il n’est pas poète. Au lieu de raconter les amours de Shah Jahan il m’assène des chiffres, la hauteur des tours, des portes,  le nombre des dômes des fontaines…Selon lui, les 11 dômes surmontant la porte correspondraient aux 22 années qu’a duré la construction du Taj Mahal(1631-1653)Les 16 jardins 53 fontaines correspondent à 1653, date de fin de construction. Ces jeux de chiffres sont amusants mais pas sérieux : cette date miraculeuse de 1653 correspond au calendrier chrétien alors que Shah Jahan, et  l’architecte turc comptaient sûrement à partir de l’Hégire. Les supputations géométriques du Guide Bleu (p338) montrant le passage du double carré à l’octogone et au cercle paraissent plus relevantes .  Information plus intéressante : l’inclinaison de 5° des  4 minarets encadrant le monument. Cela ne se voit pas mais c’est une sécurité : en cas de séisme ils ne s’écrouleront pas sur le dôme. D’après notre guide c’est un architecte turc Issa Khan Effendi qui a dessiné le mausolée (d’après le Guide Bleu 3 architectes différents sont présumés) . 20 000 ouvriers ont travaillé au chantier : 10 000 venaient de Perse d’où était originaire Mumtaz.

Le mausolée de marbre blanc incrusté

Plutôt que cette avalanche de données chiffrées, j’aurais préféré l’histoire de Shah Jahan  le constructeur de la Jama Masjid, du Fort  Rouge de Delhi. C’était un  guerrier. Tandis que son mari guerroyait contre son père, Mumtaz  lui resta fidèle. Au Taj Mahal sont enterrées deux autres femmes de Shah Jahan : une chrétienne et une indienne.  Amoureux fou peut être, mais polygame ! L’histoire de Shah Jahan finit mal. Un de ses fils, Aurangzeb le déposa et ne le laissa pas finir son propre mausolée prévu de l’autre côté de la rivière, symétrique au Taj Mahal. Il fit installer la dépouille de son père et  celle de Mumtaz au Taj Mahal puis plaça les deux cénotaphes derrière un grillage ajouré. Le grillage, en or et pierres précieuses, fut ensuite, remplacé par un treillis de marbre blanc en nid d’abeilles (jali) peut être moins précieux que l’or mais tout à fait remarquable par la régularité du travail et la finesse de la pierre presque translucide.

Notre billet à 750 rs sert de coupe-file à l’entrée du mausolée. La foule tourne respectueusement autour du treillis de marbre apercevant par les hexagones, les cénotaphes, prenant des photos interdites avec les téléphones portables. Nous admirons le travail d’incrustation. Les fleurs aux pétales de malachite, azurite, turquoise, cornaline venant de toute l’Asie.

la maison d'hôtes

A la sortie du mausolée, notre guide nous donne quartier libre pour attendre le coucher du soleil (17h30).

De part et d’autre de l’Esplanade, deux pavillons symétriques:  à l’Est le pavillon des hôtes, et à l’Ouest, du côté de la Mecque, la mosquée. Grès rose et marbre en façade, bandeaux blancs et incrustations surmontées de trois grandes coupoles et de petits lanternons blancs.

Un groupe de jeunes filles en soieries  multicolores sont assises et coiffent leurs longues chevelures en se brossant mutuellement. Je les imagine compagnes de Mumtaz. Je leur demande la permission de les photographier. Ravies elles s’alignent et détruisent la scène harmonieuse.

Les jardins d’antan ont été remplacés par des pelouses rases. Œillets d’Inde orange et jaunes forment des massifs qui ne peuvent pas rivaliser avec les jardins des délices en pierre dure. Des dizaines d’écureuils gris à la queue rayée descendent des arbres et sont familiers. Au dessus de nos têtes, des perruches vertes très bruyantes s’envolent d’un arbre à un autre.

Le soir descend sur Agra, le Taj Mahal prend une teinte dorée, le ciel, un bleu d’opale. Nous nous asseyons sur un banc près du bassin rectangulaire. La foule est toujours là. Curieusement, elle n’est pas gênante. Les visiteurs sont en majorité des Indiens. Les femmes ont revêtu leurs plus beaux atours. La file colorée fait ressortir la blancheur du marbre. Cette file si petite à côté du grand mausolée l’exalte plus qu’elle ne le cache. Certains monuments, certains sites sont tellement grandioses que la foule ne gène pas. Nous avions constaté cela aux Chutes du Niagara ou à Karnak. Vouloir le Taj Mahal pour soi seul, privilégié, est une illusion. Accepter la foule, l’intégrer est plus raisonnable.

Diner

Le restaurant a une carte bien fournie.

Je choisis dans la catégorie Indian Vegetarian :

-Makhamali Shakahari Khazana « sauté assorted vegetable and cottage cheese topped with spinach purée ». C’est excellent : les épinards sont cuits à l’ail avec des champignons, des petits maïs, des pois frais et des petites boules de fromage.

Le serveur apporte l’addition que je  signe sans compter. Il exige un paiement en liquide immédiat. A peine a-t-il claqué la porte,  je me rends compte qu’il a demandé 1245 Rs au lieu de 625 – le double – Je monte au restaurant. Il admet l’erreur mais préfère résoudre le problème dans la chambre sans témoins. On recompte. Il me rembourse (à peu-près parce qu’il n’a pas la monnaie)

De Delhi à Agra

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Nuits indiennes, nuits bruyantes !

Les clients de l’hôtel ne sont pas discrets, le personnel claque les portes. Les magasins d’accessoires-auto ont baissé leur rideau de fer mais les chiens aboient. Masque et bouchons d’oreilles sont nécessaires. Une bagarre a éclaté dans la rue : hurlements, sirènes de police. Qui se bat ici ? A 6h,  le muezzin chante : je ne reconnais ni les intonations, ni les paroles.

La route vers Agra

Après les avenues vertes de New Delhi avec les villas cachées dans les jardins, la misère s’affiche à la sortie de la ville sous les échangeurs de voies rapides. Toute une foule en haillons terreux se précipite vers des autobus déglingués et des cyclos faméliques. Des quartiers aux maisons de briques inachevées se profilent. Quartiers pauvres et « nouveaux riches » alternent, centre commerciaux de verre et terrains vagues. Immeubles cossus enfermés derrière de hauts murs hérissés de pointes et de barbelés et portails sécurisés. La route est surmontée par le métro qui court sur son ruban de ciment perché sur des piliers très hauts. Delhi semble interminable. Dans un camion sonorisé, des hommes dansent précédés par des piétons vêtus d’orange brandissant des drapeaux.

Nous roulons depuis une heure,  nous n’avons pas vu la campagne. Des projets immobiliers géants s’affichent. L’atmosphère est poussiéreuse. Des marchés sont installés au bord de la route. Hésitations entre pauvreté et développement.

Enfin la campagne après 1h15 de route ! Ces champs sont très verts sont-ils du blé, du riz ou du millet ? On roule trop vite pour décider. Tellement vite qu’un barrage de policiers armés de longs bâtons de bois mal dégrossi font ranger la voiture sur le bord de la route. Contravention chère : 400 Roupies à payer cash sur place.

Au milieu des champs fument les hautes cheminées des briqueteries artisanales. J’avais pris pour des meules les cases rondes de cannisses surmontées d’un toit pointu. Une carriole passe, ornée de guirlandes de jasmin. De nombreuses usines poussent dans les champs : textile, métallurgie, décorticage du riz basmati. Les écoles de management, les instituts de technologie, les universités, installés en pleine campagne ont des dimensions impressionnantes. L’Inde investit dans l’éducation ! La route se poursuit donc sur une campagne plate entre usines et universités. Un grand troupeau de vaches passe. Nous les voyons enfin les vaches indiennes, bossues aux cornes effilées et découvrons les galettes de bouses qui sèchent un peu partout et qu’on empile soigneusement en tours cylindriques. Nous aimerions les photographier. Impossible !

Après 4 heures de route, nous entrons dans Agra que nous traversons au pas dans les embouteillages.  Nous arrivons à la rivière Yamuna.

Notre guide nous attend au coin d’une rue et nous conduit à l’Hôtel Crystal. Hôtel tout neuf, la catégorie supérieure à l’Aster Inn de Delhi. Une entrée étincelante, deux restaurants dont l’un panoramique en terrasse, un salon de massage et un spa. Une grande chambre équipée du minibar et de la télé. Seul défaut : la vue sur un mur en briques.

Delhi : Temple D’Akshardham

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c'est une carte postale puisqu'on ne peut pas y faire de photo


On traverse la Yamunâ, large fleuve tranquille et on quitte la ville pour retrouver le métro aérien  sur son piédestal de béton courant très haut au dessus du sol. Le site fut utilisé pour les Jeux du Commonwealth. Un énorme parking permet aux visiteurs d’arriver au temple en voiture.

L’entrée est une épreuve. Un panneau en hindi et en anglais énumère tous les objets interdits : armes – bien- sûr –pictogrammes des différents sabres et épées) téléphones portables, lecteurs de cassettes et DVD, radios, alcool et cigarettes, chewing- gums, sodas… mais plus surprenant : aimants, clés USB, carnets et stylos ! Je ne prendrai donc ni photos, ni notes, ni même croquis !

Des files délimitent les queues où de véritables troupeaux s’alignent. Un système de ficelles et cordelettes barre le chemin non seulement des resquilleurs mais aussi à ceux qui changeraient d’avis et voudraient rebrousser chemin. Pas de touristes étrangers mais le milliards d’Indiens est un réservoir de touristes suffisant pour former une foule compacte et bigarrée – et patiente –Les shorts et jupes au dessus du genou sont interdit ? Burkhas et longhis le sont aussi ! Nous piétinons plus de 20 minutes sous un toit de tôle équipé de ventilateurs pour arriver au pas de course (pour certains au galop) sous un autre auvent. Femmes d’un côté, hommes de l’autre pour subir  une fouille plus poussée que celle de l’aéroport : portiques détecteurs de métaux mais aussi détecteur manuel et palpation (des fois qu’on découvrirait une clé USB cachée !

les sculptures d'Akshardham (carte postale)

Nous avons le loisir d’observer ceux qui font la queue avec nous : population variée aussi bien la couleur de peau, les traits, l’habillement. Ces touristes « locaux » viennent de tout le sous-continent de Calcutta à Madras. C’est aussi la promenade du dimanche des familles de Delhi. Un  groupe d’écoliers en survêtements à parements rouge et blanc pourraient être des écoliers européens si leur chevelure noire n’était pas si drue, noire et brillante. Un autre groupe est en uniforme en vichy à carreaux orange. Certains ont les yeux bridés, chinois ou tibétains ? Beaucoup de familles nombreuses. J’admire les couleurs des étoffes rehaussées d’or et d’argent. Assez peu de saris, seules les femmes âgées en portent et le sari laisse entrevoir les bourrelets. Les plus jeunes lui préfèrent l’ensemble tunique-pantalon de la même étoffe dont il existe deux versions, pantalon très collant ou bouffant, genre de shalwar. Touristes ou pèlerins ? Dans cette masse compacte tranquille et je devine le milliard et plus d’Indiens. Rakesh relativise notre impatience :

–          « c’est partout pareil!  Ici, il n’y a pas spécialement de queue ! »

Passés les portiques, la splendeur : une large allée bordée de piliers et d’arcades de couleur caramel, finement sculptés. J’ai passé mon doigt pour vérifier qu’il s’agissait bien de pierre de taille et non de ciment peint.

Ce temple a été terminé en 2005. Il est donc neuf. Trop neuf. Sans la patine du passé, ni histoire glorieuse de sultans, de maharadjahs, il devra déployer tout son charme pour nous séduire. Lonely Planet (p96) lui reproche un style « ostentatoire » on pense un peu à Disneyland, la débauche de technologie, la fontaine musicale, les éclairages promis la nuit… la boutique de CD, DVD et autres produits dérivés, le restaurant self-service … je suis réticente.

L’axe principal menant au temple perché sur une butte est bordé de massif fleuris. Une escouade de jardiniers assis sur la pelouse « tondent » la pelouse équipés de bassines métalliques et de couteaux. La technologie n ‘a pas encore apporté les tondeuses électriques. Il faut se déchausser pour continuer. Je progresse en chaussettes sur des dalles parfaitement astiquées (la cireuse XXL motorisée est en action permanente).

Le temple est gigantesque et surmonté de multiples coupoles petites et grandes. Grès rose et marbre blanc : des milliers de divinités ont été sculptées à la main, minutieusement, toutes différentes. Je reconnais Rhada et Krishna, Rama et Sita, Shiva et ses bras.  Les figurines de 20 à 30cm  couvrent l’édifice principal tandis qu’à mi-hauteur une corniche porte de plus grands personnages (environ 60 à 80 cm) danseurs et musiciens dans de gracieuses positions. Dans des niches, taille humaine, sont assis des disciples de Swami Narayan, le fondateur de la secte (1 million de fidèles en Indes mais aussi à l’étranger. De grands tableaux en couleur mettent en scène le gourou (1781-1830). Le guide Bleu précise que « l’un des chevaux de bataille de la secte est la lutte contre la discrimination des castes » ce qui me rend plus sympathique. Je suis toujours méfiante avec les gourous.

la frise des éléphants

La frise des éléphants est composée de 146, tous différents. L’anecdote du concombre me fait sourire : un maharadjah aurait organisé une procession à éléphants,  en l’honneur de son invité, Swami Narayan aurait été plus charmé par un concombre offert par un enfant.  En l’absence d’appareil-photo j’achète la carte postale de la frise à la boutique-souvenirs. La Fontaine musicale est un ensemble de bassins où se déroule tous les soirs un spectacle sons et lumières. Évidemment on ressort par la boutique surdimensionnée comme tout dans ce temple : souvenirs, livres pieux mais aussi médicament ayurvédiques, aliments bio.

VoirICI une vidéo

New Delhi : monument Gandhi

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Boycott des textiles étrangers


Pèlerinage que j’attendais depuis longtemps.

Le Mahatma a passé dans cette maison les 144 derniers jours et il y a été assassiné.

Par la fenêtre on découvre la chambre de Gandhi : un lit bas au drap blanc, son rouet, un coussin, un pupitre et du matériel pour écrire, ses sandales de bois, son bâton. Seul élément décoratif : une petite sculpture représentant les trois singes.

Toute l’histoire de l’Indépendance de l’Inde est racontée sur les panneaux qui bordent la pelouse. Racontée et illustrée dans les moindres détails, des premiers héros, la Révolte des Cipayes, les Swadeshi 1905,  différentes actions de Gandhi,  boycott des tissus étrangers,  jeûnes, Marche du Sel…Il faudrait au moins une demi-journée pour étudier attentivement les textes et les images.

Gandhi et Tagore

Je me déchausse pour aller sur le lieu des dernières heures de Gandhi : l’endroit où il aimait méditer, l’endroit précis où il fut assassiné le 30 janvier 1948. Des semelles de ciment matérialisent ses derniers pas.

la chambre de Gandhi

Dans la maison blanche, de nombreuses présentations racontent la vie de Gandhi : des photos. Des petites vitrines mettant en scène les moments les plus marquant de la vie du Mahatma : La mort de son père, son départ pour Londres et la bénédiction de sa mère, les épisodes sud-africains, le retour en Indes, le boycott des tissus, la Marche du Sel, la rencontre avec le roi d’Angleterre, Romain Rolland, les Jeûnes, l’assassinat et l’hommage du monde entier.

Deux salles sont tapissées de bibliothèques proposant ds ouvrages pour petits et grands : des livres illustrés, des brochures, des biographies que l’on peut acheter. Sur deux panneaux sont inventoriées les lectures de Gandhi. Je remarque les Tolstoï, deux Romain Rolland, et des ouvrages de Max Mueller(je ne le connais pas)

ICI une visite en vidéo

Delhi : Fort Rouge

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le Fort Rouge de Delhi et ses remparts


Face à la mosquée Jama Masjid, le Fort Rouge de Delhi est aussi l’œuvre de Shah Jahan. Entre les deux, le vaste espace était alors occupé par les marchands, joaillers, bijoutiers qui vendaient les plus belles marchandises .

Le Fort Rouge est ceint d’imposantes murailles de grès sur 2,2 km de longueur, doublées de fossés ou des crocodiles complétaient le système défensif. L’armée Indienne a sécurisé l’endroit. Le taxi nous décharge à une extrémité. C’est une promenade agréable de longer les murailles

. En face, on voit les trois pains de sucre du temple jaïn et le haut bâtiment blanc de l’Hôpital des oiseaux.

On entrepar la porte de Lahore surmontée de coupoles rigolotes et on arrive à une sorte de bazar datant du temps de Shah Jahan. Des artisans d’art proposent de jolis objets : des marionnettes, des jeux d’échecs des bijoux et étoffes bien tentants.

La Maison des Tambours

Devant la grande porte les musiciens jouaient sur une estrade,  accueillant le souverain Moghol.

Fort rouge de Delhi : Diwan-i-am : estrade du trône

A l’arrière du bâtiment, une grande cour plantée maintenant d’une pelouse, précédait le Diwan i Am où la Justice était rendue en audiences publiques. Le peuple était présent, des milliers de personnes pouvaient y assister. Le Diwan i Am est un délicat pavillon de grès rouge avec de nombreuses arches et 40 colonnes. On remarque les gros anneaux pour accrocher des stores. Au centre le trône était installé sur une haute estrade, dans une niche incrustée de pierres dures colorées en motifs floraux. Des familles indiennes en saris, voilées et tenues flashy s’alignent pour la photo-souvenir devant la niche de marbre. On les photographie aussi : ils sont aussi photogéniques et même plus que l’estrade royale.

Fort rouge de Delhi : Diwan-i-kast audiences privées

La promenade se poursuit dans une esplanade bordée de nombreux pavillons de marbre blanc ou de grès rouge. Une terrasse surplombait la rivière Yamuna qui, depuis lors, a changé de lit. On domine une plaine herbeuse plutôt poussiéreuse en cette saison. Des bassins et rigoles ont été aménagés pour rafraîchir l’atmosphère. Un pavillon construit sur une plateforme au milieu d’un bassin est tout ajouré comme des moucharabiehs. C’est le pavillon de plaisir de danse et de musique.

pavillon des plaisirs au centre d'un bassin (sans eau)

Deux autres pavillons se font face à l’extrémité du jardin : le Pavillon d’été plus proche de la rivière,rafraîchi à l’eau tandis que le Pavillon d’Hiver est en retrait, parfaitement symétrique.

Le pavillon le plus orné est le Diwan I Kaas, hall des audiences privées, au plafond d’argent et aux murs incrustés de pierres précieuses aux motifs végétaux.

En plus de ces bâtiments il y avait encore un Hammam et une petite mosquée, fermée,  avec une porte magnifique.

Cette promenade dans ce vaste espace me fait penser à Topkapi, en moins fastueux en moins construit, mais encore plus étendu.

Delhi – vers Old Delhi, Jama Masjid

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vue de la voiture : rickshaw


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il a fait très froid pendant la nuit. J’ai dû mettre un  gilet de laine épaisse et on s’est réveillées avec mal à la gorge. Réveil à 6h45, il fait jour.

Par la fenêtre nous voyons que 5 hommes dorment enroulés dans des couvertures qu’ils plieront plus tard et rangeront dans des sacs de plastique tissé (genre sac de riz) faisant un gros baluchon et décampant avant que les boutiques n’ouvrent.

Breakfast occidental (toasts beurrés, confiture et omelette ou menu indien : Parathas (sorte de crêpes épaisses et salées) qu’on devrait tartiner de pickles (ce dont je me garde bien) et de yaourt (curd). Le thé indien मसाला चाय est vraiment délicieux : au lait, sucré et parfumé aux épices. Il me semble reconnaître du gingembre.

8h, le chauffeur vient d’arriver, pas le guide ! le chauffeur téléphone à l’agence et me passe son téléphone : il y aurait une manifestation à l’India Gate les rues seraient bloquées. A l’hôtel personne n’a entendu parler de manifestation ; c’est un gros baratin.

9h30,  toujours à l’hôtel, pestant contre l’organisation d’Holiday India. Étrangement, le chauffeur prend l’initiative de partir. Nous connaissons déjà le trajet,  devant l’énorme statue d’Hanuman au coin de Karol Bagh, le métro aérien qui court très haut sur un chemin de béton porté par de hauts piliers. Connaught Circle, de nombreux magasins sont fermés le dimanche) les colonnes jumelles au fût lisse peintes en blanc éclatant étonnent ! Une large artère est bordée de hauts buildings : Barakhamar Road. On croise l’avenue Tolstoï. Je me souviens alors que Gandhi et Tolstoï furent liés. On passe devant une statue  de bronze : Tolstoï ?

Une large avenue est bordée d’immeubles de Presse. Point de verdure comme à New Delhi. De nombreux touktouks verts et jaunes se dirigent vers le Bazar. A un carrefour: une étrange caravane, des charrettes de bois tirées par un vélo portent des bouteilles de gaz rouillées. Le cycliste a posé pied à terre et pousse son lourd chargement. Je compte ces attelages : 9 se suivent.

Progressivement, les trottoirs se remplissent : d’abord des bouquinistes ont posé des piles de livres à même le trottoir. Un petit marché de fruits et légumes s’est installé. A la suite, une friperie s’étend sur la chaussée. Les voitures avancent difficilement : nous arrivons au Bazar. Notre chauffeur s’y engage témérairement parmi les rickshaws et les touktouks plus adaptés aux rues étroites d’Old Delhi.

Rakesh, notre guide pour la journée, nous accueille en français. Il est très fier d’être guide francophone et son français s’améliorera tout au long de la visite.

Jama Masjid

Jama masjid

Nous gravissons les marches qui conduisent à la Jama Masjid, la très grande mosquée construite de 1650 à 1658 par Shah Jahan. 6000 ouvriers travaillèrent à son chantier. Grès rouge et marbre blanc furent apportés du Rajasthan à dos d’éléphant.

Il faut bien sûr se déchausser mais foulard et manches longues ne suffisent pas : on nous déguise avec des peignoirs amples et colorés comme chez la coiffeuse. Les touristes parcourent le quadrilatère bordé de galeries, en bandes multicolores. Un coin de la mosquée est occupé par les pigeons qu’on nourrit de grain. Au centre, un bassin remplace la fontaine aux ablutions que nous avons vue dans les mosquées turques ou égyptiennes. On pourrait grimper au minaret (moyennant finances) on n’y a pas pensé. La salle de prière se trouve dans un bâtiment de grès rouge très haut creusé en coquilles de marbre finement travaillé. Trois coupoles et deux minarets dominent l’ensemble.

New Delhi ; Musée national

CARNET INDIEN


La Galerie de l’Harappa présente une civilisation très ancienne contemporaine de Sumer ou de Égypte antique. Nous la traversons rapidement pour profiter davantage des civilisations postérieures. Les céramiques antiques se ressemblent toutes.

Shiva et Parvati

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une galerie conduit à un patio où je retrouve des fines sculptures de grès ressemblant un  peu à celles d’Angkor datées 9ème au 10ème siècle. Shiva et Parvati sont amoureusement enlacés. Parvati est assise sur la cuisse de Shiva qui tient le sein rond de sa compagne. En dessous, le taureau Nandin. Un  linteau représente la triade Brahma (multiples têtes), Shiva dansant, avec ses têtes de mort, et Vishnou. Des dragons crachent une vague ondulante sur laquelle avancent de minuscules éléphants. Je resterais des heures à inventorier les personnages et les animaux, à admirer la finesse du modelé. Je découvre d’autres divinités : Ganga et Yamouna (8ème siècle), les déesses-fleuves. Fleuves nourriciers sans doute, divinités voluptueuses et dodues qui dansent gracieusement. Sur un autre linteau une procession de musiciens, porteuses d’eau vont arroser le linga. Notre visite à Angkor nous a bien servi !

procession :danseuses et musiciennes

Les miniatures seules m’auraient comblée ! Nombreuses datent du 18èmesiècle, certaines mogholes sont plus anciennes. Les épisodes du

miniature indienne delhi

Râmâyana  me ravissent ainsi que celles qui racontent Krishna  et Rhada.

Toutes n’ont pas des thèmes mythologiques. Certaines dépeignent la vie des cours des Maharadjahs. Le Raja reçoit des invités, une dame chasse un chat intrus, les Princesses partent à la chasse au tigre, les Princesses jouent même au polo (1750). Les animaux sont omniprésents. Partout des oiseaux décorent les fonds, les praires et le ciel. Certains animaux sont les sujets comme ce magnifique tigre dans une jungle défeuillée, les silhouettes des arbres formant des rayures se confondant avec celles de la robe du félin. Étonnants éléphants écrasant un tigre…

guerriers et musiciens

Encore plus inattendues : deux Nativités. Dans l’une d’elles (1720) la Vierge est tout à fait Européenne et on voit des curés catholiques.

Plus attendues : les miniatures mogholes qui illustrent des poèmes persans ou des textes du Coran. Certaines ressemblent à ces enluminures.

Pour dîner ; Chicken Byriani & vegetables (délicieux riz mélangé à des légumes émincés très fin et assez épicé. D a pris une soupe de légumes claire et des veg Pakoras beignets de chou-fleur et pommes de terre, délicieux.

New Delhi : Lotus temple et milans

CARNET INDIEN

lotus temple


Lotus Temple est un sanctuaire Bahaï , entouré d’un parc très fleuri. L’herbe y est un peu desséchée, mais les fleurs, arrosées. On passe entre deux rangées d’orangers aux fruits minuscules, peut être des kumquats ? Des hommes en faction ordonnent la circulation des piétons en file sur la gauche (pays du Commonwealth) »keep left » .

Très peu de touristes, surtout des familles  se dirigent vers le gros bouton de lotus de marbre blanc  perché sur une estrade de brique et de grès rose. Les femmes portent des saris fuchsia, violets jaune citron. Les fillettes sont endimanchées.  On se déchausse, et marche pieds nus ou en chaussettes jusqu’à l’estrade.

Sur le parvis,  deux jeunes femmes très élégantes vêtues plutôt à l’occidentale, longues jupes et écharpes nous font ranger en files qui convergent vers la porte en une sorte d’éventail. En Hindi puis en Anglais elles expliquent la foi bahaï et  la conduite à adopter dans la salle de prière : silence, pas de photos, on peut prier dans n’importe quelle religion ou méditer:

– »Rien n’est au dessus de la prière ! ».

Sous les pétales du bouton de lotus en béton, la salle est circulaire, nue,  seuls éléments décoratifs : les jeux de volumes de la charpente en béton. L’éclairage provient d’une résille en étoile et des baies latérales sous les arches. 22 rangs de bancs de marbre aux dossiers en bois clair font face à un pupitre en  plexiglas sur de magnifiques tapis . A l’extérieur le béton est doublé de marbre blanc.

Des dizaines de gros oiseaux planent.

–           « ce sont des aigles » affirme le guide, « dans le quartier vivent de nombreux musulmans qui abattent des moutons et des chèvres » .

Des aigles charognards ?

Perché sur le coin de l’immeuble d’en face de l’hôtel, des boyaux lui pendant du bec, l’oiseau ressemble à une buse. Renseignement pris, on appelle ces oiseaux kites (comme les cerfs-volants) ou plutôt Black Kites, des Milans.

La balade dans New Delhi continue par les belles avenues bordées d’arbres : ville administrative ? ville coloniale ? Beaucoup de petites voitures, Tata blanches Chevrolet Matiz, ou Suzukis, peu de motos. Cet «échantillon » mécanique est occidentalisé. Pas de nuées de motos comme au Vietnam, ni de taxis comme au Cambodge  ou en Afrique.

Le guide nous conduit à la boutique Kashmir après nous avoir expliqué la situation dans cette province où le tourisme a disparu à la suite de l’état de guerre. Ce serait une bonne action d’y acheter nos souvenirs. Dans le salon, on déroule force tapis. Je déballe mon baratin habituel en cas de tapis. J’aime les TRES BEAUX tapis,je n’ai pas de budget pour eux. Les tapis mécaniques bon marché ne m’intéressent pas. Le vendeur n’insiste pas.

Fin de l’intervention du guide ! Nous continuons seules au Musée National.