Amal film de Richa Mehta (DVD) Inde/Canada

SAISON INDIENNE

Sometimes the poorest of men are the richest

Est le sous-titre de ce film.

 

 

 

Film Indien ou Canadien?

Indien puisque une bonne partie des dialogues est en Hindi, et que l’action se déroule à Delhi! Canadien par son format, son rythme et l’absence des ingrédients de Bollywood : chants et danse.

A bord du rickshaw d’Amal je vois mieux Delhi que du taxi de notre voyage. Amal accompagne les enfants riches à l’école chaque matin, il effectue toute les livraisons de la jolie épicière, et entre les clients réguliers charge des inconnus. Il passe dans les ruelles poussiéreuses et étroite du vieux Delhi et par les larges avenues de New Delhi. J’ai reconnu seulement India Gate. Amal est heureux et fier de conduire le rickshaw de son père qu’il gagera pourtant pour obtenir un prêt qui lui permettra de payer l’hôpital d’une petite fille accidentée sous les yeux.  Amal ne sait pas qu’il est passé à côté de la fortune. Il conduit à nouveau à bord d’un rickshaw retapé. A l’autre bout de l’échelle sociale, des riches se déchirent pour toucher l’héritage d’un vieil homme. Et le film va de l’extrême richesse à la grande pauvreté. A l’image de Delhi.

Et pourtant un autre changement menace : le métro!

22 ans pour construire le Taj Mahal – J-B Tavernier

VOYAGE EN ORIENT

Taj-Mahal

Avec Jean Baptiste Tavernier (1676) pour guide,

« Agra est à 27°31minutes de latitude dans un terroir sablonneux ce qui y cause en été d’extrêmes chaleurs. C’est la plus grande ville des Indes, et ci-devant la résidence des Rois. Les maisons des Grands sont belles et bien bâties ; mais celles des particuliers n’ont rien de beau, non plus que dans toutes les autres villes des Indes. Elles ont écartées les unes des autres et cachées par la hauteur des murailles de peur qu’on ne voie les femmes ; et ainsi il est aisé de s’imaginer que toutes ces villes n’ont rien de riant comme nos villes d’Europe. Il faut ajouter à cela qu’Agra étant environnée de sables, les chaleurs en été y sont excessives ; et c’est en partie ce qui obligea Cha-Gehan de n’y faire plus sa résidence ordinaire et de tenir sa cour à Gehanabad.[….]

par une alvéole des claustras de marbre

De toutes les sépultures qu’ont voit à Agra, celle de la femme de Cha-Gehan est la plus superbe. il la fit faire exprès proche du Tamisacan où aborde tous les étrangers, afin que tout le monde la vît et admirât sa magnificence. le Tamisacan est un grand bazar [….]La sépulture de cette Bégum ou Sultane Reine est au Levant de la ville, le long de la rivière, dans une grande place fermée de murailles, sur lesquelles règne une petite galerie comme sur les murailles de plusieurs villes d’Europe. Cette place est une manière de jardin faite par compartiments comme nos parterres ; mais au lieu que  nous y mettons du sable, ce n’est là que du marbre blanc et noir. On entre dans cette place par un grand portail, et d’abord on voit à main gauche une belle galerie qui regarde la Mecque, ou il y a trois ou quatre niches où le Mufti se vient rendre aux heures accoutumées pour faire la prière.

maison d'hôtes près de la rivière

Un peu plus avant que le milieu de la place du côté de l’eau, on voit élevées l’une sur l’autre trois grande plate-formes, avec quatre tours aux quatre cois de chacune, et l’escalier du dedans pour crier à l’heure de la prière. Il y a au-dessus un dôme qui n’est guère moins superbe que celui du Val-de-Grâce à Paris. Il est revêtu dedans et dehors de marbre blanc, le milieu étant de brique. Sous ce dôme il y a un tombeau vide, car la Bégum est enterrée sous une voûte qui est au-dessous de la première plate-forme. Les mêmes changement qui se font au bas dans ce lieu souterrain se font en haut autour du tombeau ; car de temps en temps on change de tapis, de chandeliers et d’autres ornements de cette nature et il y a toujours quelques Mollahs pour prier. J’ai vu commencer et achever ce grand ouvrage auquel on a employé vingt-deux ans et vingt mille hommes qui travaillaient incessamment, ce qui peut faire juger que la dépense en a été excessive. On tient que les seuls échafaudages ont plus coûté que l’ouvrage entier, parce que manquant de bois, on a été contraint de les faire de brique, de même que les cintres des voûtes, ce qui a demandé un grand travail et de grand frais. Cha-Gehan avait commencé de fa&ire sa sépulture de l’autre côté de la rivière ; mais la guerre qu’il eut avec ses fils rompit ce dessin, et Aureng-zeb qui règne présentement ne s’est pas soucié de l’achever. Un  eunuque qui commande deux mille hommes est commis par la garde, tant de la sépulture de la Bégum que du Tamisacan dont elle est proche….. »

Nous n’avons pas vu le Tamisacan, non plus les tapis et les chandeliers…

Delhi Avec Tavernier (1676) pour guide

LE VOYAGE EN ORIENT

Diwan i am

« Gehanabad de même que Delhy est une grande villace, et une simple muraille en fait séparation. Toutes les maisons des particuliers sont de grands enclos au milieu desquels est le logis, afin qu’on ne puisse approcher du lieu où les femmes sont renfermées. La plupart des seigneurs ne demeurent pas dans la ville, mais ils ont leur maison dehors pour cause de la commodité des eaux. [….]

Le Palais du Roi a une bonne demi-lieu de circuit. les murailles sont de belle pierre de taille avec des créneaux, et de dix en dix créneaux il y a une tour. les fossés sont pl;eins d’eau et revêtus de pierre de taille. En entrant dans la troisième cour, on a en face le Divan où le Roi donne audience. C’est une grande salle élevée de quatre pieds au dessus du rez de chaussée et ouverte de trois côtés. Trente deux colonnes de marbre soutiennent autant de voûtes et ces colonnes sont d’environ quatre pieds en carré avec leur pied d’estail et quelques moulures.

C’est au milieu de cette salle et près du bord qui regarde la cour comme une manière de théâtre, qu’on dresse le trône où le Roi vient donner audience et rendre justice. C’est un petit lit de la grandeur de nos lits de camp; avec quatre colonnes, le ciel, le dossier, un traversin et la courte pointe, tout cela est couvert de diamants. Il est vrai que lorsque le Roi vient s’y asseoir, on étend sur le lit une couverture de brocart d’or ou quleque autre riche étoffe piquée; et il y monte par trois petites marches de deux pieds de long. A côté du lit, il y a un parasol élevé sur un bâtons de la longueur d’une demi-pique, et à chaque colonne du lit est attachée une arme du Roi, à l’une sa rondache, à l’autre son sabre puis son arc, son carquois et ses flèches et autres choses de cette nature.

Il y a dans la cour au-dessous du trône une place de vingt pieds carrés entourée de balustres, qui en certain temps sont couverts de lame d’argent et en d’autres de lames d’or. C’est au quatre coins de ce parquet où sont assis les quatre secrétaires d’État qui, tant pour le civil que pour le criminel font aussi la fonction d’avocats. Plusieurs seigneurs se tiennent sur la balustrade, et c’est aussi où se place la musique qui se fait entendre pendant que le Roi est au Divan. Cette musique est douce et agréable, et fait si peu de bruit qu’elle ne peut distraire les esprits des sérieuses occupations qu’ils ont alors […]

Vers le milieu de cette même cour, on trouve un petit canal de 6 pouces de large ou environ, où pendant que le Roi est dans son lit de Justice tous ceux du dehors qui viennent à l’audience doivent s’arrêter. Il ne leur est pas permis de passer outre sans être appelé, et les ambassadeurs ne sont pas exempts de cette règle. Quand un ambassadeur est venu au canal, celui qui fait la  charge d’introduction crie vers le Divan où le Roi est assis, que tel Ambassadeur demande à parler à Sa Majesté. Alors un secrétaire d’État  le redit au Roi, qui bien souvent ne fait pas semblant de l’entendre, mais quelque temps après il lève les yeux, et les jetant sur l’ambassadeur, il lui fait signe par le même secrétaire qu’il peut s’approcher. »

Les Voyages en Orient du Baron d’Aubonne 1605-1689 Jean Baptiste Tavernier

VOYAGE EN ORIENT

En 1676, Jean Baptiste Tavernier publia une relation de ses 6 voyages en Turquie en Perse et aux Indes. L’ouvrage que présente Favre en est un abrégé.

Dès l’âge de 15ans Tavernier parcourt l’Europe, page au service des Princes. Il se fait marchand de pierres précieuses et d’objets susceptibles de plaire aux souverains orientaux. Il partage ainsi les caravanes des marchands, racontant la vie des caravaniers. Il traverse ainsi la Turquie, l’Arménie, la Perse et finalement l’Inde.

Ses récits sont synthétiques, il ne s’attache pas à un voyage particulier. En textes courts et précis, il   donne une description très vivante des curiosités qu’il a observées.

Certains détails sont pratiques : la gomme à mâcher (mastic) de Chios, la recette du caviar d’Ephèse. Quand il raconte la vie de caravane ou de caravansérail, ses indications sont précises, utiles aux voyageurs et aux marchands.

Dans son négoce, il a l’occasion de fréquenter les Grands de Perse ou des Indes. Nous le suivons dans l’intimité des rois et ministres et découvrons une Perse administrée d’une main de fer, le Shah n’hésitant pas à se promener incognito sur les marché pour vérifier l’exactitude des balances, rendant la justice. De nombreuses anecdotes égaient la lecture.

A l’occasion Tavernier décrit les mœurs et les religions : Sunnites et Chiites, mais aussi Gaurs (parsis) en Perse, Hindous qu’il appelle idolâtres. A l’occasion, il fait une visite à l’Inquisiteur de Goa où sa Bible protestante n’est pas la bienvenue.

En Inde, il assiste à la construction du Taj Mahal, rencontre Aurengzeb et assiste à sa pesée, visite les mines de diamant, raconte le martyre des Satis qui sont brûlées avec leurs maris…

Ce qui est un peu étrange c’est la fréquence avec laquelle l’auteur traite de boissons alcoolisées, surtout en Perse ou chez le Moghol.

Lecture jubilatoire et facile. Un vrai plaisir!

Devdas – Sanjay Leela Bhansali -(DVD) Bollywoodissime!

SAISON INDIENNE

jaquette du DVD

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Présenté à Cannes en 2003, adaptation d’un roman célèbre, film-culte indien….

Je m’attendais à passer une excellente soirée, et pourtant après 2heures (les films indiens sont plus longs que les occidentaux), j’ai éteint le poste de colère.

Devdas est une tête à claques!

Enfant gâté, fils à maman,   aristocrate sans caractère, fils de propriétaire méprisant sa charmante amie d’enfance, Paro, de caste est inférieure, macho insupportable insultant la belle Chandramukhi, la traitant de prostituée avec mépris, arrivant ivre aux funérailles de son père, trainant des regards langoureux. Quel détestable amoureux! Et on voudrait croire à la passion? A d’autres!

La collègue qui m’avait prêté le DVD m’a demandé : mais as-tu vu la fin?

J’ai remis le film dans le lecteur : fin très morale, Devddas s’enfonçant dans l’éthylisme et l’abjection….

la jolie Paro et sa lampe

 

 

 

 

 

 

 

Un héros détestable ne fait pas forcément un mauvais film!

Les décors sont flamboyants, scintillants, dignes des plus beaux palais des maharajahs! Les scènes de danses et la musique sont extraordinaires. Parallèles entre la mythologie et l’histoire : c’est la passion de Krishna et de Rhada qui est évoquée.

Chandramukhi danse Rhada et Krishna

La danse de Chandramukhi est un véritable chef d’oeuvre (à mon sens, je ne suis cependant pas spécialiste)

L’Equilibre du Monde

SAISON INDIENNE

J’aime m’immerger dans un roman-fleuve, 900 pages presque, pendant une semaine fréquenter assidument les personnages, les retrouver après la journée de travail, ou le matin.

Je me suis attachée aux tailleurs, Ishvar et Omprakash, son neveu. Le père d’Ishvar et de son frère Narayan, a eu l’audace de sortir du destin de sa caste, des cordonniers intouchables, pour mettre ses fils en apprentissage chez un tailleur musulman. On ne quitte pas sa caste impunément. Même dans l’Inde démocratique, on ne réclame pas son droit de vote sans mettre sa vie en danger.Le roman nous conduit dans un village où ces coutumes sont encore vivaces.

Si le système des castes est encore vivace dans les années 70, un autre phénomène va menacer les tailleurs : l’arrivée du prêt-à-porter qui ruine les artisans et pousse Ishvar et Om vers la grand ville, Bombay, à la recherche d’un avenir meilleur.

Deux Parsis, plus favorisés, vont croiser leur destinée. Dina Dalal, veuve courageuse, a préféré un mariage d’amour et son indépendance à l’avenir que lui offrait son frère, un mariage arrangé avec un homme d’affaires. La vie n’est pas facile pour les femmes seules et Dina Dalal se retrouve ruinée et déclassée avec pour seule richesse un appartement bien situé en location et ses talents de couturière à domicile, et quelques relations. Elle va saisir l’occasion du prêt à porter pour transformer son appartement en atelier de couture et prendre un locataire : l’étudiant Maneck, également parsi  et d’origine bourgeoise. L’épicerie de son père dans les montagnes enneigées n’est plus source de richesse comme aux générations précédentes. La spécialité familiale, une limonade artisanale : le Coca Kohla(le nom de famille de Maneck est Kohla) subit la concurrence des sodas industriels. Il part donc en ville étudier la climatisation, métier d’avenir. C’est une coïncidence : je venais de fermer le livre qu’à la télévision, on annonçait que, après le Kerala, le Rajasthan, assignait Coca-Cola en justice pour utilisation abusive de l’eau.( leMonde du 03052011)

Les quatre personnages se lieront après de nombreuses péripéties, découvriront la solidarité symbolisée par le couvre-lit en patchwork que Dina confectionne avec les chutes de tissu.

La richesse du roman est la variété des personnages, issus de milieux sociaux, de religions différentes: on croise des hindous mais aussi une famille musulmane, des parsis un chauffeur de taxi sikh, des personnages aux professions improbables comme des mendiants, des facilitateurs auprès des autorités, des policiers véreux, des médecins du Planning Familial, un crieur de slogans politiques, ancien correcteur d’imprimerie, nouveau juriste….

Si les prémisses du romans se situent du temps de Gandhi et de la Partition, l’essentiel de l’action se déroule sur une année 1976 qui est celle de l’État d’Urgence décrété par Indira Gandhi, alors premier Ministre. La violence d’État est inimaginable, destruction des bidonvilles, arrestations arbitraires, stérilisations forcées, corruption à tous les niveaux de l’Etat.

Les deux tailleurs seront les victimes de cette violence. Maneck et Dina, d’origine bourgeoise, s’en sortiront mieux.

 

 

Delhi : tombe d’Humayun

CARNET INDIEN

Tombe d'Humayun

9h, un autre chauffeur d’Holiday India  nous conduit par les larges avenues de New Delhi à la tombe de Humayun, le premier Moghol à être enterré en Inde. Babur fut ramené à Kaboul. Comme la tombe d’Akbar à Sikandra, le mausolée se trouve à l’écart de la ville dans de très beaux jardins ; les jardins sont la figuration terrestre du Paradis. Comme au Taj Mahal, construit pour l’amour de Mumtaz, ici la veuve  offre au repos d’ Humayun un monument dans un jardin irrigué de petits canaux d’eau courante. Humayun n’est pas seul dans son cénotaphe. Le parc contient plusieurs pavillons et de nombreux tombeaux. Deux dômes sont vernissés de bleu, rappelant l’Asie Centrale. Le site est en rénovation par la Fondation de l’Agha Khan. Certains pavillons sont cachés par des palissades.

Humayun : mausolée

Trois couleurs : le grès rouge, le marbre et un grès jaune. Les motifs décoratifs sont simples. Etoiles de David? boutons vernissés sur les façades, découpes dans les coupoles, colonnettes de grès rouges finement taillées et claustras de marbre. Les pierres tombales sont très simples : blanches avec des inscriptions en arabe (persan ?) . De grands arbres portent de grosses fleurs rouges dont les étamines forment une brosse rigide. Nous avons vu les mêmes à Assouan.

La promenade est tranquille. Il fait frais.. Les touristes sont peu nombreux. On photographie une petite fille craquante dans une jolie robe jaune vif à volants. Son papa est très fier. Il veut se faire photographier avec nous. Ce sont des provinciaux venus en vacance visiter Delhi. Ils veulent rapporter des souvenirs. Rencontrer des touristes étrangères fait partie des charmes de leur voyage.

Retour à Delhi – promenade en touktouk à Old Delhi

CARNET INDIEN

vol Udaipur/Delhi : arrivée sur Delhi

6 heures, encore la nuit noire, la voix du muezzin. Son appel sonne étrange. Je ne reconnais pas toutes les paroles. Chante-t-il en arabe, en ourdou ?ce premier appel du matin m’émeut toujours.

7heures : je me perche sur la banquette de la niche cachée par les épais double-rideaux, je me niche dans les coussins pour dessiner. Le soleil perce dans le creux d’une crête puis s’élève lentement ; le spectacle est magnifique mais il perturbe mon dessin ; le crêtes s’embrument et perdent leur netteté ; les immeubles de la ville deviennent très sombres à contre-jour, les reflets brouillent le lac Swaroop.

Le petit déjeuner est à la hauteur du décor : choix de plats indiens, jus de fruit, papayes.

En attendant le départ, je fais les derniers croquis sur la terrasse. En quinze jours, l’été s’est installé. La terrasse est une fournaise à 9h30.

Le petit aéroport d’Udaipur est vide. L’avion d’Air India arrive de Bombay au ¾ plein. 30 minutes de vol et escales à Jodhpur dans le grand aéroport voulu par le maharadja Umaid. 477km et 42 minutes entre Jodhpur et Delhi. Avant Delhi, le paysage reverdit.

A la sortie de l’aéroport, personne ne nous attend. Un homme me prête son téléphone cellulaire pour que j’appelle Kamlesh. Curieusement, lorsque quelque chose ne va pas,  son téléphone est brouillé par de la friture et je ne comprends rien.  Nous poireautons déjà depuis plus d’une heure, découragées, lorsqu’une sorte de diablotin noir saisit nos valises et court jusqu’à un taxi. C’est sa chevelure hérissée qui lui donne cet air diabolique. Il parle bien anglais et il est très vif et jovial. Tout le long du trajet, il nous fait la conversation :

–          « Comment ! vous avez raté Jailsamer, la ville jaune ! ». Jailsamer semble être sa ville préférée.

Il se préoccupe de notre opinion sur l’Inde, les autres villes. Comme nous aurions aimé avoir un tel chauffeur !

le singe géant Hanuman de Karol Bagh photo de Fabien

merci à Fabien

Nous retrouvons avec plaisir l’Aster Inn. Revenir dans un hôtel connu, retrouver le personnel qui se souvient de nous a toujours quelque chose de chaleureux.

le touktouk et son compteur

Trop tard pour le tourisme, mais trop tôt pour s’enfermer dans la chambre ! nous prenons un touktouk pour Old Delhi . Un des garçons nous accompagne à la station des touktouks et négocie pour nous 120 roupies.  Le touktouk emprunte un parcours différent de celui du taxi qui passait toujours par Connaught Circle. Devant les portes de la Vieille ville nous sommes pris dans un embouteillage monstrueux : touktouks vert et jaune, sont carrosserie à carrosserie, on pourrait toucher les clients du touktouk voisin. Des voitures à bras nous dépassent. Un cycliste livrant des piles de tissus a mis pied à terre. De la mosquée toue proche on entend le muezzin. Un cheval trottine. Nous passons devant le Fort rouge, nouvel arrêt devant l’Hôpital des Oiseaux. Le chauffeur du touktouk ne sait pas où nous décharger ; nous non plus ! Il s’arrête devant la gare où il trouvera d’autres clients.

Karol Bagh et la statue géante d'Hanuman

Il fait maintenant nuit noire. La Gare de Delhi est un exemple d’architecture victorienne. L’occident s’arrête là. L’urbanité aussi. On se croirait dans une peinture de l’Enfer ; Une foule compacte se presse chargée souvent de ballots. Les marchands ambulants occupent le trottoir. Sur les charrettes, de gros blocs de dattes séchées agglomérées, des tours à clairevoie de fruits confits, les gros blocs blancs de watermelon sont empilés, montagne de graines. La foule vaque à ses occupations sans se soucier de nous. Mais nous, que venons nous faire nous ici ? Nous cherchons un  autre touktouk pour rentrer à l’hôtel. Je tends la carte d’Aster Inn à plusieurs chauffeurs qui refusent. Le dernier considère le carton avec perplexité. Presbytie ou illettrisme ? Il la regarde de très loin dans le noir. Je lui donne deux indices Karol Bagh, la station de métro et la statue géante d’Hanuman. C’est la statue qui le décide. Ce sera 100 roupies, compteur bloqué. Il part dans le noir dans la foule et fait demi-tour, nous nous retrouvons au point de départ devant la gare. Pourquoi ce détour ? A-t-il compris ? Je commence à douter. Nous nous enfonçons dans le Bazar Azad dans une rue spécialisée dans les couvertures et ls bâches. Pas un touriste. Aucun repère. Il emprunte des ruelles ; A un carrefour, On lit »Karol Bagh », nous voila rassurées et reprenons confiance. Le touktouk cale à chaque feu de circulation et même en plein  carrefour.  Nous ne sommes passés ni au Fort rouge, ni à Connaught circle. En revanche je reconnais bien l’hôtel Alaska tout proche d’Aster Inn. Nous sommes arrivées. Derrière nous, le singe géant. Le chauffeur a pris des raccourcis et a mis deux fois moins de temps que le précédent. J’en suis pour ma frayeur. Devant la réception de l’hôtel, je sors 20 roupies supplémentaires qu’il refuse avant d’accepter.

Lire ICI un article intéressant

Udaipur : promenade tranquille à pied

CARNET INDIEN

le Palais-Hôtel du Lac Picchola

Nous renonçons à la promenade en bateau sur le lac Pichola (500 roupies/1 heure et par personne c’est vraiment cher). Nous avons photographié le beau palais-hôtel, situé sur une île, des fenêtres du City Palace.

Je préfère profiter de la piscine.

A 5h je pars à pied explorer les quartiers proches du lac Swaroop dont le bord est garni de meurtrières en ciment rouges. Udaipur a prévu des poubelles(c’est la première fois que je remarque les containers depuis notre arrivée en Inde); Au sol,  il y a toujours des ordures par terre qui font la joie des animaux.  Une famille-cochons dispute ce qui est comestible à une famille-chiens. La truie avec ses mamelles gonflées donne un coup de museau à un chiot trop entreprenant.

Je passe un pont sur la rivière où des femmes font la lessive sur les marches d’un ghat. Courbées elles frottent puis essorent et étalent les tissus colorés. A Udaipur, deux couleurs sont très portées par les femmes :rose fuchsia et  rouge vif. Le guide nous a fait remarquer que les saris du Rajasthan sont plus courts que dans le reste de l’Inde.

Sur les bords du lac Swaroop

La ville est très tranquille, sauf les motos qui déboulent absolument n’importe où de droite comme de gauche dans mes pieds. L’une d’elle m’a donné une belle frayeur. Des enfants m’appellent, ce n’est ni pour mendier ni pour m’embêter, seulement pour le plaisir de dire bonjour. Les maisons sont à flanc de collines des ruelles très étroites grimpent. La rue principale mène à une place un peu plus touristique avec trois boutiques de textiles qui vendent des jupes imprimées d’éléphants (j’en ai eu une dans les années 70 et achetée en 1997 en Thaïlande), des sarwals aux couleurs criardes. Un groupe de touristes francophones du 3ème âge stationne, perplexe, devant ces boutiques ; les cordonniers ont des marchandises beaucoup plus alléchantes : sandales multicolores avec des fils colorés et des perles qui ne sont pas spécialement destinées aux touristes. Je remonte une rue qui conduit à la mosquée. On y vend des tuyaux, des bassines, des chaînes, des cantines en fer blanc, des instruments de musique, du matériel de construction. Rien qui puisse m’intéresser. On me laisse donc passer bien tranquillement.

Une promenade bordée de guérites en marbre blanc, sur le bord du lac Swaroop, se voit de nos fenêtres. Elle se trouve dans un jardin fleuri. Je la parcours à la tombée du jour .

coucher de soleil sur le lac Swaroop

Au dîner :

–          Reshmi Kabab : bouchées de poulet servi sous une décoration de barbe-à-papa caramel avec une coupelle de sauce verte à la menthe (colorant sûrement artificiel)

–          Mutton Sagwala : délicieuse purée d’épinards à l’ail avec plus d’os que de viande

–          Riz blanc

–          Masala tea

 

Udaipur : City Palace

CARNET INDIEN

City Palace d'Udaipur, au premier plan curieux dispositif pour la fête de Holi

Nous avions prévenu le chauffeur : nous ne voulons pas de guide ! Après avoir bien lu le guide Bleu, nous descendons, légères, libres et indépendantes…pour découvrir un guide assis sur le siège avant du passager. Francophone : cela permet à D de libérer sa rancœur vis-à-vis des guides, plus soucieux de leurs commissions dans les boutiques, que de nous faire connaître les monuments. Le monsieur accepte d’une humeur égale la philippique. Ils ne nous emmènera nulle part où nous ne le voulons pas. Il déclare :

–          « A Udaipur, les guides n’ont pas le droit de pénétrer dans les magasins ! »

Il nous promet trois visites : City Palace, un jardin et … ? Dans la  voiture il nous explique que nous pouvons aller seules à pied au marché de l’hôtel. Tout peut se visiter à pied ! Nous aurons le temps pour nos courses cet après-midi !

City Palace, jaune pâle, est de taille imposante mais ne peut pas rivaliser avec le Fort d’Amber ou celui de Jodhpur. Pas de Maharaja(grand roi)non plus. Ici, règne le Maharana(grand ministre) le roi suprême c’est Shiva ! S’ils ne sont pas rois, les souverains d’Udaipur, n’en sont pas moins de longue lignée. Ils règnent sur le Mevar (alors que Jodhpur et Jaipur sont dans le Marwar). Avant d’être à Udaipur, la capitale du Mevar fut à Eklinada puis à Chittorgarth. Udai Singh (1537-1572) fonda Udaipur (la ville d’Udai). A l’occasion, le guide nous fait remarquer que les villes hindoues se terminent pas « pur » tandis que les villes musulmanes par « bad ». la légende dt qu’au 16ème siècle, la forêt couvrait la région et que le Maharana venant y chasser, rencontra un moine qui le bénit et lui assura que son palais ne serait jamais pris par un envahisseur. Il fonda d’abord un temple de Douni puis son palais.

mosaïques et miroirs

 

Dans la cour se trouve une drôle de sculpture en paille :c c’est le symbole de la Fête de Holi qui aura lieu la semaine prochaine.

Après avoir passé la porte de Ganesh puis une deuxième consacrée à la triade Brahma-Vishnou-Shiva, nous entrons dans une très vaste cour bordée d’une rangée de magasins face au palais. A la suite ,face au lac, des arcades où le guide nous installe pour nous montrer le monogramme des Mevar : deux soldats et un soleil, le soldat tenant une flèche représente la campagne tandis que l’autre portant une épée, la ville. La dynastie régnante adore le soleil. Pendant la mousson, les nuages cachant le soleil, on imagina un soleil artificiel à l’extérieur du palais pour que le peuple puisse lui rendre le culte. A l’intérieur du Palais, la famille régnante adore un autre soleil d’or pur.

Pour adorer le soleil même par temps de mousson

Dans la cour, deux fresques encadrent la porte : le cheval incarne la force et l’éléphant la chance (j’aurais pensé le contraire). Dans le hall d’entrée deux autels consacrés à Ganesh et à Laxmi sont entourés de mosaïque en pâte de verre. Ganesh pour la chance, Laxmi, pour la prospérité. Au dessus du temple bâti par Udai se trouve un bassin carré qui était rempli de pièces d’or le jour de l’anniversaire du maharana afin qu’il les jette au peuple réuni dans la cour.

Les portes du palais sont toutes basses et il faut se baisser pour les passer, en signe de respect mais aussi de manière défensive : il est plus facile de décapiter un assaillant qui courbe la tête.

Nous arrivons dans une belle cour plantée de grands arbres bien que nous ayons grimpé 4 étages. Les arbres d’enracinent dans le sol : le Palais est adossé à une colline. Cette cour a pour nom : Bari mahal (Palais du jardin) . Du temps des maharanas on y fêtait le Holi.

C’est aussi l’occasion pour le guide de nous montrer la subtile différence entre les arches hindoues, figurant une trompe d’éléphant relevée et celles qui ont musulmanes où on voit plutôt une fleur.

Le Palais présente une collection de miniatures du 18ème au 20ème siècle. Elles n’ont pas la qualité de celles de Delhi ou du fort de Mehrengarh mais elles racontent très bien la vie au palais, les combats d’éléphants (les éléphants ne s’affrontent que par la trompe, ils sont retenus chacun de chaque côté d’un mur qui les sépare), les fêtes à la cour, les fêtes au village, la chasse au tigre ou à l’ours. Une miniature de 1755 donne tous les détails d’une cérémonie de mariage, de l’arrivée du fiancé à cheval aux feux d’artifice.

l;es mosaïques de la cour des paons

La visite du Palais se poursuit entre pièces carrelées (certains carreaux offerts par les Japonais ou les belges ou des Chinois) d’autres pièces entièrement revêtues de miroirs colorés ; Le Palais d’Udaipur n’est point fait de matières nobles de marbre, de pietra dura ou de pierres précieuse. Ici c’est la mosaïque en pâte de verre ou le miroir qui plait, qui brille reflète la lumière. Le sommet de cet art est atteint dans la cour des paons. Moins solennel que le fort d’Amber ou les Palais de Jodhpur, ici c’est la vie quotidienne des Maharanas qui est livrée à notre curiosité et le guide livre de nombreuses anecdotes : divertissement des femmes avec des jeux peints sur les planchers- échiquier ou marelle-  et même une petite balançoire d’intérieur.

miroirs des maharanas

Le Jardin de Shilyauku Bari  était aussi dédié au divertissement des femmes qui sortaient du zenana pour apprécier la fraîcheur des cinq fontaines : la Fontaine de la Pluie, la Fontaine de la Mousson, ou du Lotus…Ce jardin très fleuri est très agréable à visiter.

Fin de la visite guidée après que j’ai décliné la visite à une bijouterie !