Jaipur – Jodhpur : 7 heures de route sans arrêt

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encore quelques images de Jaipur...

Le petit déjeuner se déroule sous l’œil attentif du vieux maître d’hôtel très attentionné et ému quand je lui demande qui est la beauté figurant sur toutes les photographies du restaurant. C’est la dernière Princesse de Jaipur, princesse et golfeuse célèbre. Sur une photographie je l’avais confondue avec Jacqueline Kennedy. En son honneur le restaurant s’appelle « chamber of the Princess ».

Il faut une bonne heure pour sortir de Jaipur et trouver l’autoroute d’Udaipur. Les quartiers semblent juxtaposés sans aucun plan d’urbanisme. Le degré zéro de l’urbanisme est atteint quand un quartier de beaux pavillons entouré de murs et de barbelés fait face à un dépotoir ou deux vaches piétinent les sacs en plastique. On s’est pressé de construire mais il n’y a ni assainissement ni voirie. Et cela, sur des kilomètres.

La campagne est beaucoup plus aride. Dans la plaine desséchée et sableuse, arbres et arbuste épineux sont dispersés. Au loin, les collines ressemblent à des chicots ébréchés. Le blé paraît clairsemé. Je ne reconnais pas les cultures. De temps en temps, un projet immobilier s’annonce sur des panneaux géants : portique d’entrée de l’ »enclave » ou des « luxury village ». L’autoroute est bien roulante. Les camions sont nombreux, même le dimanche. La voiture dépasse un autobus, foulards et saris colorés volent au vent. Des troupeaux de moutons paissent dans les champs desséchés qui alternent avec les champs de blé ;. Parfois les acacias ou sensitives laissent la place à de gros buissons de plantes grasses vertes et charnues. Encore une université sort du néant.

Ajmer: une heure d'emboutillage derrière les camions!

30km avant Ajmer, fin de l’autoroute, le chantier continue. Nous approchons des crêtes pointues de la Chaîne des Aravelli, montagnes arides, rougeâtres, piquetées d’arbres dispersés et de blocs de granite arrondis.

Ajmer est le site d ‘un pèlerinage musulman fameux, place forte disputée entre Rajpoutes et Moghole. Elle est aussi qualifiée de « marble city ». Sur les bas côté de la route, sur des kilomètres des plaques de marbres de toute dimension et de beaux bloc blancs sont à vendre – éclatant comme des morceaux de sucre géants. Nous sommes coincés dans un embouteillage monstrueux entre les camions de chantier. « Blow Horn » et « Please Horn » peints à l’arrière du camion peint en couleurs vives, inciterait à nous manifester bruyamment. Peine perdue. On n’avance plus du tout. Il faudra une bonne heure pour sortir d’Ajmer et franchir une barre rocheuse largement entaillée par de nombreuses carrières de pierre de taille ou de granulats.

emprunté avec l'accord de http://www.moneyticketspassport.com

 

 

 

 

 

 

Quelques cultures irriguées, des poulaillers industriels, se succèdent.  Le paysage devient désertique. Les travaux de l’autoroute ont complètement défoncé la route. Au choix : rouler vitres montées et étouffer ou ouvertes et manger de la poussière. J’ai déjà l’œil droit tout injecté de sang, j’aimerais garder le gauche en bon état ! J’envie les porteuses de sari qui ont enveloppé intégralement leur visage dans la gaze transparente. Des étals proposent aux camionneurs toutes sortes de décorations : guirlandes colorées de fleurs artificielles, pompons noirs ou plumeaux multicolores.

Quittant la direction d’Udaipur au sud, nous obliquons vers l’ouest. La route franchit un  petit col dans un chaos granitique spectaculaire : grosses boules, creux en cupule, flancs de la montagne complètement lisses. De petits villages aux maisons basses en ciment cubiques sont dispersés sur les épaulements. Dans un  village d’épais tapis noirs sont suspendus : tissu grossier ou toisons de moutons ?

A 14h après 6h de route, nous ne savons plus comment rester assises sur la banquette. Il faudrait se dégourdir les jambes. Le petit déjeuner est loin. La révolte couve. Le chauffeur slalome dans la circulation, attentif aux véhicules, mais complètement indifférent à ses passagères pour qui il n’a pas plus de considération que pour de vulgaires sacs de patates. Et si nous avions envie de pipi ? Et si nous avions faim ? Soif ? Je me décide.  Nous voulons acheter quelque chose pour déjeuner. Justement on traverse un marché. 10 roupies pour une livre de bananes, 20 pour une livre de mandarines, 10 pour 2 paquets de chips « le livre de la Jungle » qui sont des céréales soufflées très très épicées.

Blow Horn! (je ne m'en lasse pas ) merci à fabien

photo

Encore deux heure de route. Nouvelles carrières. Des poteaux de granite rose découpés bornent les parcelles agricoles ou font des palissades en ville et bien sûr se vendent par camions entiers.

Dans la montagne, les hommes un peu âgés portent tous d’épais turbans,  le plus souvent rouge mouchetés, parfois blancs ou même jaune fluo. Il semble que le turban peut remplace le casque à moto !

Jaipur : promenade dans les rues de la ville rose

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les rues roses de Jaipur

Suite de la journée : visite libre du marché et le soir dîner « culturel ».

Dans la ville rose, nous nous apercevons qu’à la place de tourner vers le City Palace, le chauffeur prend la direction de l’hôtel. Il faut insister pour l’arrêter et lui expliquer que ce n’est pas pour prendre une photo mais pour une heure au moins de promenade. Demi-tour dans les embouteillages.

Passer la Porte du City Palace est particulièrement difficile : une seule voiture passe à la fois, et, s’agglutinent les motos, piétons et cyclopousses pied à terre à cause de la pente.  Mais nous la tenons enfin, notre promenade en liberté dans la ville rose!

Comme nous ne souhaitons rien acheter, nous tournons le dos aux boutiques de textiles et de bijoux pour touristes et marchons le long de la chaussée, évitant les dépôts d’ordure trop importants et les endroits boueux. Pour éviter la poussière, la municipalité arrose les artères fréquentées et les commerçants les abords de leurs boutiques. Les voitures ne sont pas trop à craindre mais les motos sont redoutables.

la vache au parking du City Palace de Jaipur

Arrivées aux portes de la ville, nous bifurquons dans les ruelles. Des surprises nous y attendent : de l’eau court dans des caniveaux ; un cantonnier les débouche, il ramasse à la main les détritus. L’eau se teinte en bleu. Y-a-t-il des teinturiers dans le quartier ? On ne le trouvera pas. Nous passons devant de véritables merveilles. Ces masures furent il y a 2 siècles des palais somptueux peints à fresque et aux façades ouvragées. Il ne faut pas stationner trop longtemps, des habitants balancent   leurs ordures par la fenêtre. Les habitants sont un peu étonnés de nous voir ici « où allez- vous ? C’est une impasse ! » . Les rues se rétrécissent en couloir comme dans les médinas marocaines. Le plan orthogonal de la ville rose n’a cours que dans les artères principales.

porteur de pain et charrette à bras des beignets

A midi, nous retrouvons le chauffeur au City Palace. Il faut ¾ d’heures pour atteindre l’hôtel. Ce sera une après-midi de repos au Khandwa Haveli puisque nous sortons ce soir. Je déjeune dans les jardins du même curry de légumes que j’ai testé la veille, les naans sont chauds et craquants, on les a fait cuire exprès pour moi. Comme dessert je prends deux tasses de Masala tea comme à chaque repas depuis que nous sommes en Inde.

Le chauffeur nous a donné rendez vous à 17h30 pour une nouvelle traversée de Jaipur. Il a découvert un itinéraire agréable passant par les beaux quartiers. Les balcons de très hauts immeubles neufs sont surchargés de plantes vertes. Les centres commerciaux de verre sont tout neufs.  Sur une place je remarque une boutique de joaillers « since 1775 », moins originales les enseignes internationales, Reebook, Bata, Levi’s, Lee Cooper…Samsung, LG. Toutes ces marques que nous connaissons et qui ne nous dépaysent pas. Quelle catégorie d’Indiens les achètent ? Même si la fraction est faible, rapporté à la population totale cela représente une clientèle énorme.

Nous arrivons à la sortie de Jaipur. La voiture se gare le long d’un long mur. Le chauffeur paie le droit d’entrée 400Rs.  Pas de prix foreigner et pour cause. Deux jeunes filles nous accueillent : elles nous jettent des pétales de fleur orange (œillets d’Inde) qu’elles puisent dans une corbeille et peignent un point orange sur notre front.  Puis, files – comme d’hab – fouille des sacs. L’hôtesse est particulièrement pointilleuse.

L’ espace est éclairé par de petites loupiotes. Déception : ce n’est pas un village comme annoncé par le programme de l’Agence ! C’est un parc d’attraction et même pas un grand: jardin d’acclimatation en petit ! Trois restaurants – plutôt cantine – trois kiosques avec des musiciens costumés et une piste de danse sous la paillote. Un malheureux dromadaire. Un stand avec des tissus pour se déguiser ou enrouler un turban, un autre stand pour se faire peindre les mains au henné, un massage du cuir chevelu, une rivière enchantée, quelques bicoques imitant la terre battue…Des torches fument et empestent. On entend des feulements et grognements inquiétants sortant d’une grotte où sont cachés dinosaure et animaux en ciment. Le magicien est la seule attraction qui a retenu mon attention .  Il présente exactement les mêmes tours que ceux de l’enfant du waterpalace, mêmes yeux, même chevelures, plus de décorum, de belles mains fines. Nous faisons un tour des attractions, étonnées et déçues, puis un deuxième pour passer le temps. On s’embête mais polies, vis-à-vis du chauffeur qui a traversé toute la ville, on attend.

Les familles indiennes arrivent et le parc s’anime. Père, mère enfants et même la grand-mère. Pépé et Mémé font d dromadaire aussi ravis que les petits. Les tout petits ont noué des turbans, ils font les fiers. Les restaurants sont encore vides. Vers 8h, le parc se remplit de jeunes adultes, vingt-trente ans habillés à l’européenne. Ceux-là sont venus pour danser. Filles et garçons mélangés, ils dansent comme dans les films de Bollywood. Il y a beaucoup plus de garçons que de filles. Le spectacle devient plus amusant pour nous. Ces gens ont payé 400Roupies pour danser et manger assis par terre avec les doigts les mêmes plats que dans la rue dans de petites coupelles qui ressemblent à des feuilles d’arbre moulées. Méfiantes, nous zappons le dîner.

20h30, on peut décemment rejoindre la voiture. Je me console  en terminant la soirée sur Internet (100Roupies).

Jaipur : fort d’Amber

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la porte de Ganesh entre les cuisines et le hammam s'ouvre sur les parties privées du palais

Dans la place d’armes, nous sommes à nouveau assaillies par les marchands. L’un d’eux veut absolument me vendre des marionnettes. Je m’en débarrasse « later » (ce qu’on ne doit jamais dire) il me prend au mot. » Vous me reconnaîtrez je suis Johny Halliday » Johny indien, brun aux yeux noirs mais une vague ressemblance tout de même. Il ne manque pas d’humour !

Lalil nous montre où le chauffeur nous attendra et nous plante là. Nous sommes libres et ravies !

les miroirs de la salle d'audience privée

Quatre cours se succèdent : la vaste esplanade jaune par laquelle nous sommes arrivées par la porte de la Lune ou celle du Soleil. A côté du temple de Kali (que nous ne visiterons pas) on monte par des marche à la cour où se trouve le Diwan-i-Am, le hall des audiences publiques possédant une belle colonnade où marbre gris et grès rose alternent. Les chapiteaux sont amusants ce sont des têtes d’éléphants mais il y a aussi des motifs floraux et des paons gravés sur des médaillons. Au font de cette cour la Porte de Ganesh  permet d’accéder à la troisième cour, au jardin et au Diwan-i-Kast et aux appartements privés. De chaque côté de la porte se trouvent les cuisines et le Hammam.  La salle d’audiences privées est somptueuse toute tapissée de miroirs et de mosaïques. Des éclats de miroir figurent des fleurs, d’autres fleurs sont en pietra dura comme au Taj Mahal, on y a ajouté des abeilles, des papillons donnant fantaisie et légèreté. Tout invite à la douceur de vivre. Face à cette salle d’audience, le jardin privé est conçu autour d’un bassin en étoile avec des fontaines rafraîchissantes.

reflets dans les miroirs

Les appartements privés se répartissent sur plusieurs niveaux accessibles par des escaliers dérobés ou des rampes labyrinthiques. Lorsqu’on s’engage dans un couloir on ne sait pas où on va aboutir. Ayant oublié nos livres dans la voiture, lâchée par notre guide, nous nous perdons avec délice dans les longs couloirs aux murs de marbre du hammam, découvrons des clochetons aux plafonds délicatement décorés. On peut vraiment s’y égaré. J’ai eu un instant de panique, ne retrouvant plus Dominique. D’un belvédère, nous photographions la montagne fortifiée avec  sa longue muraille et découvrons une fenêtre qui donne sur une quatrième cour : celle du Zenana, le gynécée. Cour rose sur plusieurs  niveaux. Des surprises nous attendent : ici, une fresque fine et charmante, une princesse chevauche un félin accompagnée de ses amies et eunuques, là une frise avec des médaillons de cavaliers. On découvre aussi des citernes, des bassins. Un beau moucharabieh domine les parties publiques. Là on a mis en cage un basilic, plante sacrée, objet de véritables rites.

J’aimerais bien confirmer l’idée que Jodhaa, la princesse du film, était bien la fille du maharadja rajpoute de Jaipur

. Le guide Bleu précise que le jardin à la moghole, Darelam, aurait été installé en l’honneur d’Akbar, son mari, venu en visite à Amber. Les bâtiments plus prestigieux !Diwan-i-Am et Diwan-i-Kast sont postérieurs de près d’un siècle, construits par le prince Rajpoute Jai Singh (1621-1667)

Une inscription en  arabe faisant référence à une date après l’Hégire me trouble un peu. Les Rajpoutes, fins politiques, étaient alliés des Mogholes musulmans.

Si nous avions eu notre guide Bleu, nous aurions pu visiter le Jas Mandir, Hall de Gloire, lui aussi couvert de mosaïque et nous aurions cherché les trous permettant d’humecter les tentures ainsi que le chenal traversant le Sikh mandir, salon des plaisirs. La cascade de marbre ciselée allant dans le jardin, nous l’avons vue !

 

A la fin de notre visite Lalil réapparait comme par magie. Il présente la suite de la journée : visite libre du marché et le soir dîner « culturel ».

Jaipur : les éléphants du fort d’Amber

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les éléphants du Fort d'Amber

mariages indiens

L’hôtel a beaucoup de charme avec ses photos anciennes, ses galeries à arcs hindous, ses plantes vertes, sa robinetterie ancienne…mais il n’a pas de double vitrage. Les feux d’artifices et les chants des mariages nous ont amusées un temps. Heureusement, autrefois, Air France offrait une pochette avec un masque bleu et des bouchons d’oreille. Merci à Air France sinon je n’aurais pas fermé l’œil !!

Réveil 6h, petit déjeuner 6h30.

au lever du soleil le fort d'Amber

Le fort d’Amber est perché sur la colline ; Il est doré au soleil levant. Il n’est point d’ambre comme son nom pourrait ne faire croire mais de marbre et peint en jaune.

7H30 nous sommes prêtes au départ des éléphants. Pas de guide.

8h, toujours pas de guide. Le chauffeur me tend son téléphone. Avec le bruit, les marchands qui tentent de me faire acheter 5 éléphants, 30 éléphants…je ne comprends rien. Le chauffeur nous conduit à la tour pour embarquer sur l’éléphant : nous retrouverons le guide au fort. Un groupe de Français monte avant nous. Selon la taille de l’éléphant il aborde soit au haut parapet soit plus bas. On relève le garde-corps et il suffit de s’asseoir en amazone. Nous nous installons : on nous réclame 900 Rs. Pas question ! la Compagnie l’a inclus dans les attractions prépayées dans le forfait. Je ne paierai pas ! On nous demande de descendre ; Nous voilà chassées comme des voleuses.

cornac et turban

Le chauffeur a disparu. Nous voilà seules devant la Suzuki. Un homme s’approche, belle prestance, beaux yeux verts. Il aurait conduit notre chauffeur en jeep au fort. Si  nous lui donnons 300Rs, il nous emmènera là-haut. Je ne paierai pas une roupie de plus. Nous recommençons à nous énerver. Le bellâtre aux yeux verts insiste. Heureusement, un autre chauffeur s’en mêle et nous montre la gargote où les chauffeurs se restaurent. Le nôtre y est sûrement. En effet, et par magie surgit le guide.

– « Pourquoi n’êtes vous pas montées ? »

 – « pas de voucher »

–  « Holiday India ne vous en a pas envoyé un ?  Je paierai de ma poche pour que vous soyez contentes »

Entre-temps une queue impressionnante s’est formée aux éléphants. D’autorité Lalil nous fait passer avant les autres : la queue nous l’avons déjà faite ! Notre éléphant est avancé. Nous n’avons même pas eu l’idée de photographier son maquillage. Les éléphants ont la tête peinte de couleurs vives. Le cornac est vêtu de blanc avec un turban rouge. Il est jeune, gringalet, le visage chafouin.

jardin moghol

Les éléphants se suivent sur une rampe qui grimpe. Nous admirons le merveilleux jardin sur une île dans une pièce d’eau. Les massifs sont délimités par de petits murets aux gracieux entrelacs. A une porte le cornac demande quelque chose à son éléphant. Il a fait tomber son téléphone et voudrait qu’il lui ramasse avec sa trompe. Le pachyderme, de toute évidence ne comprend pas.

Jaipur : ville rose

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les fenêtres des femmes au Palais, comme les alvéoles d'un gâteau de cire

Le guide n’arrive toujours pas. Nous l’attendons depuis plus d’une heure. Le chauffeur nous dépose dans le lobby de l’Holiday Inn : un guide sympathique, canadien nous rejoint. Son téléphone sonne, il nous fausse compagnie. Un autre guide attend sur le parking du City Palace. Nous commençons à nous impatienter. Le chauffeur tourne dans les mêmes rues de la ville historique : ville rose aux maisons basses et aux nombreuses boutiques. Dans Lonely Planet un  itinéraire nous plait. Nous nous passerions volontiers du guide, ce que traduit (peut être ?) le kiosquier à qui nous demandons d’expliquer au chauffeur. Sur ces entrefaites arrive Lalil « bien décidé à remplir son devoir »

le plus grand des cadrans solaires

Jantar Mantar est un observatoire astronomique construit en  1734 par le Maharadjah Jai Singh II : observatoire monumental permettant aussi bien de calculer l’heure avec précision que d’étudier les planètes et les astres. Son cadran solaire, 27m de haut avec un gnomon incliné à 27°, la latitude de Jaipur, est capable de donner l’heure  avec une incertitude de 2 secondes seulement. Des astrolabes de marbre permettent de calculer la position d’un astre repéré dans un cadre métallique suspendu. Un plan incliné donne l’étoile polaire. D’autres dispositifs incurvés disposés en cercle représentent le zodiaque hindou.

Astronomie: viser l'étoile par le trou du rectangle, et situer l'astre

Nous arpentons les ruelles et arrivons à une belle avenue bordée de maisons roses décorée de motifs blancs, très commerçante. Les libraires voisinent avec les ferronniers dinandiers et commerces de textiles. Des ustensiles de laiton, fer blanc ou aluminium  sont entassés ou suspendus. Il y a même de grosses cantines brillantes en fer blanc travaillées artisanalement. Pour serrer quels trésors ? Quels bagages pour quel hypothétique voyage ?par hasard, nous découvrons sous un porche un petit temple – fermé – en revanche une annexe de la poste est cachée là. J’achète donc des timbres pour l’Europe dans cette enceinte sacrée. Au dessus du rez de chaussée occupé par les commerces, le premier étage a de très beaux claustras. Le temple de Krishna ressemble à un palais.

l'enrée du Palais des Vents

Le palais des Vents – Hawa Mahal – a été construit en 1799 par le maharadjah Pradap Singh. Dans une première cour danseurs et musiciens se produisaient les spectateurs aux balcons pouvaient assister aux spectacles ; La cour suivante est creusée d’un bassin carré  avec des fontaines, destiné à rafraîchir l’air. La température de Jaipur peut atteindre 48° à 50° en saison chaude. Le bâtiment du fond comporte 5 étages ; il ressemble à une l’intérieur d’une ruche ou à des nids de guêpe avec des milliers d’alvéoles : les moucharabiehs permettant aux femmes d’assister à la vie de la ville et aux sans être vues. Aussi bien aux spectacles se déroulant dans la cour qu’au commerce de la rue Tripolia où s’ouvrent de minuscules volets par lesquels elles pouvaient découvrir la marchandise vendue au bazar. Pour faciliter la montée une rampe remplace les escaliers.

Le maharadjah est toujours à Jaipur. Il réside au City Palace où une entrée privée lui est réservée. Il possède de nombreuses boutiques.

water palace

Nous nous attarderions volontiers dans la ville close rose mais Lalil veut nous montre Water Place, pavillon au milieu d’une pièce d’eau accessible en barque mais qui ne se visite pas ; Le lac artificiel date de 1561 mais le barrage de 1944.

Un petit gamin propose un spectacle de magie. Une pièce d’une roupie se dédouble, disparaît pour se retrouver dans les plis de ma jupe. Deux coupelles métalliques font une sorte de bonneteau où il n’y a rien à gagner. Il fait disparaître et apparaître des boules d’argile en bonimentant en anglais « la boule va à Agra, l’autre à Delhi… » Cette magie est amusante et sympathique.

le petit magicien

Lalil nous entraîne dans une boutique d’épices – épice bio, de luxe – On nous fait humer cardamome, vanille, badiane et différents parfums. On nous offre ensuite un délicieux « thé au safran » sans sucre ni thé mais très savoureux. J’ai émis le désir d’acheter les ingrédients pour faire du Masala Tea. trois sachets sont nécessaires : le mélange d’épices broyées et deux variétés de thé qu’il faut mélanger ; l’ensemble s’élève à 2400 roupies qui représentent une somme folle. Le marchand refuse de séparer le lot . « Ce serait dommage, vous seriez déçue ! ». J’essaie de marchander. Finalement il en vend 2 au prix de 3, ce qui est encore très cher !

Lalil nous fait monter au Fort d’Amber pour voir les éléphants (nous préfèrerions visiter les musées de City Palace). La colline est fortifiée avec un mur qui ressemble à la muraille de Chine. Les éléphants ne sont pas rentrés du travail. Il ne reste qu’un bébé aux pattes entravées, énorme bébé calin qui me tend sa trompe. Pour la photo il la redresse : bakchich.

On rentre, crevées, au coucher du soleil. La grosse boule rougeoie dans la pollution et se couche à 18h14.

Diner : Navratan Curry (160 Rs) légumes mélangés, haricots verts, chou-fleur, fruits dans une sauce à la noix de cajou, à peine épicé. Et Dali baigan Lazzatdar aubergines dans une sauce au cumin et au yaourt.

Jaipur est très bruyante, ce soir de nombreux mariages de déroulent dans les environs ; Nous avons vu passer en ville la cavalcade du marié sur un cheval paré de manteau brodé ainsi que des fanfares costumes blancs et turbans colorés. La nuit résonne de chants et de feux d’artifice. Arriverons-nous à dormir ?

Jaipur : Khandwa haveli

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…Finalement la voiture s’arrête devant un  très joli palais tout blanc à l’entrée en arche hindoue s’ouvrant sur une allée blanche bordée de plantes vertes en pots : Khandwa Haveli

Notre chambre 302 donne sur une galerie ouverte autour d’un patio arboré dominant des terrasses à clochetons. Des photos anciennes sont exposées partout : maharadjahs en turbans et perles,  photos sépia de familles nombreuses, retour de la chasse au  tigre, maharanis costumées. L’hôtel a un charme fou.

Notre chambre est vaste et claire. Le sol en marbre est orné de dessins géométriques. La robinetterie aux formes rebondies semble d’un autre temps. Seul apport de la modernité : une télévision à écran plat et la clim que nous éteignons.

On the road again….de Ranthambhore à Jaipur

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au cul du camion : blow horn!


Au petit déjeuner, le serveur est prévenant : « repeat juice ? » – « repeat toast ? », la formule m’amuse.

A la sortie de Ranthambore,la route passe par des vergers d’arbres fruitiers, quelques vielles maisons sont couvertes de tuiles. J’admire le  galbe des pots à lait en laiton brillant, très renflés vers le bas au col étroit s’évasant à l’embouchure pour permettre d’empiler un autre pot au dessus. Nous suivons des camions chargés de foin ou de son dans des sacs de toile qui débordent de tout côté comme des ventres. Un  cycliste passe,  en dhoti, un grand châle sur les épaules. Au café, toute une assemblée enturbannée dans des turbans blancs éclatants.

Huit grands troupeaux de moutons se succèdent, les bergers vêtus de blanc, enturbannés avec de grands bâtons ; Deux escouades de petits ânes gris chargés de bidon les suivent.

11h : aux portes de Jaipur, une très grande ville, 2.5 millions d’habitants selon le guide Bleu, 5 d’après Lalil, le guide. Les quartiers périphériques s’étendent loin,  encore ruraux : des dromadaires au poil soigneusement rasé avec des motifs compliqués tirent des carrioles. Les vaches se trainent au milieu des déchets et des papiers gras. Concessionnaires auto, ferrailleurs, tout se mélange dans un embouteillage sérieux. La situation se complique en centre-ville avec le chantier du métro. Des piles de ciments s’élèvent haut, comme à Delhi. La circulation est dense, le chauffeur s’égare…Finalement il s’arrête devant un  très joli palais tout blanc à l’entrée en arche hindoue s’ouvrant sur une allée blanche bordée de plantes vertes en pots : Khandwa Haveli

Le fort de Ranthambhore et le temple de Ganesh

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le fort de Ranthambhore perché sur la colline

L’après midi se passe à la piscine. Je me méfie du soleil, à l’ombre il fait plutôt frais.

Rendez-vous avec le chauffeur pour nous conduire au fort à 16h.

Achat d’eau dans la rue 15Rs au lieu de 61Rs prix de l’hôtel.

La petite route qui monte au fort passant par la Réserve, est très escarpée et pleine de nids de poule. La Suzuki Swift Marutti cale à plusieurs reprises. Le chauffeur recule pour reprendre de l’élan. Les 7km paraissent interminables. La piste se termine sur une petite place d’où part un escalier . Un homme se présente comme guide. Je n’avais pas pensé à prendre un guide, celui là est le bienvenu. Nous montons 4 à 4 les marches et passons par 3 portes, chacune savamment conçue pour repousser un assaillant. L’une d’elle fait un angle droit pour empêcher le passage d’un éléphant, devant la suivante se trouve un gros rocher, un visage grossièrement sculpté, le guide jette un caillou à la face du traitre qui aurait vendu le fort, ce serait une coutume locale de lapider le méchant homme. A chaque tournant, sous un petit abri un rocher est peint en orange avec des yeux et des oreilles d’éléphant représentant Ganesh, des petits Ganesh sur le chemin du temple.

les singes montent la garde

La forteresse est très ancienne. Ses heures de gloire se situent au 13ème siècle avant la conquête de Ala-ud- din-Khalji en 1301. Il repassa sous la domination d’un clan Rajpoute. Passée la porte d’entrée, sur une esplanade, se trouvent les palais du roi Hamir et de vastes bassins carrés, réservoirs très profonds où prospère un  végétal rose qui cache le liquide. Un très joli palais à coupoles et colonnes coiffe la colline. On y accède par un escalier très raide.

Plus loin, sont éparpillées des maisons, une petite mosquée reconnaissable à sa coupole trapue encastrée et ses drapeaux verts.

Encore plus loin le Temple de Ganesh est précédé d’une sorte de marché, ensemble d’auvents de tôle, de branchages. On y vend toutes sortes d’objets et des beignets. Je refuse le collier des roses qu’on me propose. Une vache et son veau divaguent librement.

Pour entrer dans le temple on se déchausse et il faut également se laver les mains. Le guide a fait emplette de touffes d’herbes verte et d’un sachet de beignets ; Il sort un billet qu’il place  sur le plateau d’un prêtre qui le bénit et lui met une tache orange entre les yeux. C’est maintenant mon tour : tache orange, donation, bénédiction. Mon guide est dévot : il s’allonge par terre devant la divinité, place sa touffe verte et le sachet. A la sortie, le prêtre de Shiva se trouve dans une petite case : offrande, tache rouge, bénédiction. Le prêtre noue une ficelle rouge à mon poignet. Me voici doublement bénie. Je décline la proposition d’aller me recueillir à la mosquée fréquentée par des jeunes en  kurta blanche, pantalon blanc et barbe caractéristique.

perruches

Un groupe d’Américains admire le panorama sur la Réserve. Sur le bord d’un des deux petits lacs, ils ont repéré les canters et sont très excités. Avec les jumelles surpuissantes et leurs téléobjectifs XXL, ils prétendent avoir découvert un tigre. Je reste sceptique et descends en vitesse les marches. Il faut avoir quitté la Réserve avant 17h30.

Ranthambhore : safari

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cerfs indiens : combat des mâles

Il faut se lever tôt pour voir des animaux !

A 6h30,  nous attendons notre jeep en compagnie d’un couple d’Indiens d’Allahabad, passionnés d’observation de la nature qui racontent leurs safaris au Kenya et à Madagascar. C’est leur 3ème safari ici à Ranthambhore. Ils ont pris hier de magnifiques photos d’un tigre et d’un léopard .

7h, pas de jeep. Un canter s’arrête, sorte de camion tout-terrain où une vingtaine de personnes peuvent prendre place. Je n’ai pas compris tout de suite que c’était notre véhicule parce que je suis inscrite sous mon deuxième prénom. Une fois dans ma vie, je me serai appelée Louise ! Tape-cul à toute vitesse sur des pistes défoncées pour faire le tour des hôtels et remplir le canter, certains sont des hôtels de toile (tentes grand luxe) . Il faut avoir sur soi son passeport. On remplit des formulaires de décharge en cas d’accident ou de perte des jumelles et des appareils-photos. Inde à la fois bureaucratique et désorganisée !

Avant d’atteindre la Réserve, le canter traverse des villages à grande vitesse. Nous regrettons de ne pas pouvoir photographier les animaux domestiques sous leurs abris, des galettes de bouse, des murs roses décorés de fins dessins d’animaux en une sorte de dentelle blanche. L’orée du parc National, au flanc d’une colline de grès rose, nous parait pelée. Ce n’est pas ainsi que j’imaginais la jungle ! Je l’imaginais  plus verte et plus luxuriante. La végétation sèche correspond plutôt à des broussailles ou un maquis peu dense.

On entre dans la montagne en suivant une étroite vallée. Une rivière, barrée par une digue forme un réservoir carré. La Réserve n’existe que depuis 1955. Les installations hydrauliques sont antérieures. Remontant le cours d’eau, je retiens mon souffle : les animaux viendront peut être boire ? L’instinct de chasse, primordial, déclenche une excitation quasi-animale. Quelle bête s’offrira à nos regards ? Arriverons-nous à la photographier? La chasse au tigre est une tradition indienne. Les miniatures en témoignent. J’avais remarqué le joli départ des princesses pour la chasse aux tigre au Musée de Delhi. C’est bien sûr le tigre que nous convoitons, quoique, un léopard, ne serait pas mal non plus !

Les arbres épineux ont perdu leurs feuilles  en saison sèche. Un premier cervidé se laisse entrevoir tandis que ma voisine de Bombay est particulièrement enthousiasmée par les paons, magnifiques en liberté, leur plumage métallique paraît tout neuf (il l’est, les paons muent). Pas de roue, ce n’est pas la saison.

Le canter s’immobilise devant un troupeau de cervidés que le Ranger appelle Indian Deers : ils sont mouchetés comme des daims, les bois des mâles sont très fins, très longs recourbés et effilés.  Certains mâles se défient, les bois s’entrechoquent. Au dessus de nous, grande agitation dans les feuillages qui se secouent bruyamment. Une troupe de singes est installée. Ils mangent des feuilles, des fruits et sautent de branche en branche. Singes et cerfs sont associés. Ce sont les proies du léopard. Les singes donneront l’alerte si un prédateur s’approche. Le ranger guette leurs cris  Il fait faire demi-tour au canter et l’immobilise près d’un gros arbre feuillu. Feulement et aboiement se répondent. Les singes s’agitent frénétiquement ; on imagine le gros félin tout proche. Après avoir attendu un bon quart d’heure il faudra se contenter des traces des griffes du léopard sur les branches d’un gros banyan. De l’autre côté de la piste deux sambars nous regardent , leurs oreilles rondes leur donnent un air un peu égaré., proie de choix pour le tigre ils sont aussi gros qu’un âne.

Banyan - arbre qui marche

Nous commençons à être blasées. Cerfs et biches ne nous étonnent plus, ni même les paons, pourtant toujours aussi beaux.  Une cigogne noire patauge dans une flaque perchée sur ses longues pattes rouges, elle prend son envol à notre passage.

Notre plus belle rencontre est inattendue. Derrière de petits arbres épineux, une masse noire bouge. J’ai d’abord du mal à mettre au point les jumelles. Il se tourne, lève sa grosse tête, c’est un ours noir, énorme, magnifique. Il creuse avidement une termitière et doit se régaler de termites dodus. Puis il se met en marche. On le voit maintenant très bien. Son  museau est clair (peut être la poussière). Il creuse avec ses griffes à la manière des chiens. Puis s’éloigne indifférent à notre présence. Dans le canter des Indiens évoquent le Livre de la Jungle. J’avais pensé à Kim, j’avais oublié la Jungle !

La forêt devient plus dense avec de nombreux feuillus persistants. Un énorme banyan retient notre attention. Ses racines aériennes ont enserré le tronc et se sont enracinées en plusieurs endroits telles des colonnes verticales, doubles, triples, multiples. Les branches horizontales qui courent entre les colonnes mesurent 4m 6, peut être 210. Le ranger qualifie cet arbre d’ »arbre qui marche » dans d’autres contrées on l’avait appelé « arbre étrangleur ». Ma voisine de Bombay me raconte que ces arbres sont sacrés. Des femmes les entourent de tissus, rubans en faisant le vœu de garder leur mari pendant 7 réincarnations. Un bon mari est si précieux ! La ramure du banyan peut fournir un abri pour un léopard. Animal nocturne, c’est maintenant trop tard pour le croiser. Peut être dort-il tout près d’ici ?

Dernière étape : un lac de barrage à la rivière. De gros rochers arrondis émergent. Sur un banc de sable trois crocodiles dorment au soleil. Ils n’ont pas faim les oiseaux les approchent de près, petits limicoles variés aux longues pattes fines et becs pointus, un héron gris…

pie indienne bleue

Sur l’arbre surplombant le canter de beaux oiseaux ressemblant à des pies se sont perchés. Ventre jaune-orangé, « queue de pie » longue, noire et blanche, bec fort noir ils attendent que les touristes les nourrissent. Au début tout le monde est ravi de les voir de si près, familiers. Rapidement l’un d’eux fiente sur le pantalon rouge d’une grosse anglaise blonde plus du tout ravie. Nous prions pour que les 3 ou 4 oiseaux au dessus de notre siège s’abstiennent !

Des soldats armés de bâtons nous arrêtent sur le chemin du retour. Le Premier ministre du Rajasthan est en safari. Il faut laisser passer son escorte. On attend dix bonnes minutes en plein soleil.

Brunch copieux à 11h : omelettes, toasts, paratha aux pommes de terre, safran coriandre avec des yaourts et un délicieux thé masala.

d’Agra à Ranthambhore, premières impressions du Rajasthan

CARNET INDIEN

 

traversant un village du Rajasthan


Sortie d’Agra  par des bases militaires puis des quartiers populeux. A 8h30, les marchands ambulants ont installé leurs charrettes à bras. Les enfants partent pour l’école en rickshaws, jupe grise pull rouge, les cheveux lissés. Les rideaux de fer des boutiques sont encore baissés.  Vaches qui mangent les ordures, chiens très maigres, chevaux et ânes qui tirent des carrioles occupent la rue. Il y a également beaucoup de vélos ce matin.

Après ¾ d’heure, la roue traverse enfin des champs. Un tracteur tire une remorque où une dizaine de femmes ont pris place debout. Elles se tiennent par le cou et chantent. Les tissus colorés volent au vent ; Un buffle passe, au cou,  un collier de perles. La route traverse une campagne plate assez poussiéreuse,  campements de fortune. La route de Bikaner est une 4 voies à chaussées séparées, presque une autoroute, sauf que les vaches s’y promènent; le chauffeur les contourne en klaxonnant.

On entre par erreur dans le site de Fathepur Sikri, qui  n’est pas à notre programme. Dommage ! La route est longue,  nous n’insistons pas.  Les murailles sont surmontées de créneaux et des meurtrières. Dans les champs,des paillotes en branchages ont des paraboles pour la télé.

Au milieu de la route, un poste de police rudimentaire est installé sous un auvent. Les policiers ont allumé un petit feu. Ils ont de grands bâtons que j’avais pris pour des symboles d’autorité. Non ! Ils s’en servent et tapent si les voitures ne s’arrêtent pas.

Le Rajasthan paraît plus sec que les environs de Delhi ou d’Agra. Des montagnes se profilent à l’horizon. De plus en plus de dromadaires tirent des carrioles agricoles, l’air hautain, le museau orné d’un beau pompon rouge. Sur l’épaulement d’une crête un petit fort a été construit. La montagne a été entamée par une carrière de grès rose. . Dans les villages les galettes de bouse sèchent sur les toits.

Droamdaire tirant une carriole

Pause dans une sorte d’auberge pour touristes. Le gardien du parking arbore un beau turban multicolore.

A nouveau, une crête montagneuse porte un fort. Les maisonnettes de villages sont décorées.

Dans les champs, je n’arrive pas à identifier les cultures : colza ? pois ou pois chiche ? millet ?

Des marbriers se sont installés en bord de route. Je peux observer le travail de la pierre : plaques de grès très clair, éléphants, autels, portes, claustras bordent la route.

Touktouk et turban

A Dassa on quitte la route principale. Des touktouks sont magnifiquement décorés. La ville est très déstructurée. Lalsot, un pont enjambe un fleuve très large mais pratiquement à sec.

Il est passé midi, il fait très chaud. Enfin Ranthambhore avec ses jeeps et « canters ». Les  lodges, resorts, hôtels ont ouvert pour les safaris dans le Parc National, avec l’équipement hôtelier ont suivi les boutiques, les couvre-lits suspendus, les écharpes…

Notre hôtel  Safari Lodge appartient à une chaîne:  Camps of India. Il est composé de plusieurs petits bâtiments formant un ensemble compliqué de maisons orange pâle reliés par ds passerelles autour d’un patio  de gazon entouré de rosiers et de passages couverts avec des massifs de fleurs. Un peu plus loin il y a une jolie petite piscine.

Safari Lodge Ranthambhore

Notre chambre est dallée de marbre.Les lourdes tentures grenat et les draperies compliquées donnent un aspect solennel, vieillot, inattendu dans un « nature camp » ou un Safari Lodge. Un petit salon est assorti aux rideaux. La salle de bains est vaste et claire mais un peu déglinguée. Nous affectionnons ce genre d’hôtel plus destiné à une clientèle locale qu’au tourisme de masse international.

Une dame enveloppée dans une étole de cashmere fait un brin de conversation. Elle nous recommande la  visite du fort.

Nous passons l’après midi à la piscine étonnée de la température après avoir eu aussi froid à Delhi. Pendant que je nage, une partie du personnel passe armé de piquets rouges et de bats de cricket. Plus tard ils sont repassés très joyeux mimant les gestes du jeu.

Le riz biryani avec du mouton est vraiment très épicé. Heureusement que j’avais acheté une grenade à Agra pour faire passer toutes ces épices.