Les femmes du bus 678 – film de Mohamed Diab – printemps pour les Egyptiennes?

ENFIN!

 

Alors que chez nous on invalide le recours à la loi pour « harcèlement sexuel », ce motif a été reconnu en 2008 en Égypte. Fait divers et procès, qui a inspiré le réalisateur Mohamed Diab.

Le cinéaste a voulu montrer que le harcèlement concerne toutes les femmes égyptiennes : Seba et Nelly appartiennent à une bourgeoisie très favorisée, Fayza, au contraire est fonctionnaire et doit prendre quotidiennement le bus 678 où elle se fait quotidiennement harceler. Deux d’entre elles se font agresser sous les yeux de leurs compagnons. Une seule osera à déposer une plainte.

Tant qu’il n’y aura pas de plainte, le délit sera nié.

C’est ce raisonnement qui permettra aux harceleurs de continuer, mais aussi aux trois femmes d’agir, chacune à sa manière….et à l’inspecteur perspicace de les laisser en liberté.

Ne pas SPOILER! je n’en dirai pas plus. Allez voir ce film!

Il est réjouissant d’apprendre que le succès du film en Égypte a été considérable. La réaction machiste a aussi été virulente mais le cinéaste a gagné tous ses procès. Se garder de tout triomphalisme : la Révolution n’a pas libéré les femmes. Des femmes se sont fait violer place Tahrir. Les succès des islamistes en Tunisie ou en Égypte ne leur faciliteront probablement pas la vie. Mais ce film montre le chemin…

 

Un article intéressant :

Amal film de Richa Mehta (DVD) Inde/Canada

SAISON INDIENNE

Sometimes the poorest of men are the richest

Est le sous-titre de ce film.

 

 

 

Film Indien ou Canadien?

Indien puisque une bonne partie des dialogues est en Hindi, et que l’action se déroule à Delhi! Canadien par son format, son rythme et l’absence des ingrédients de Bollywood : chants et danse.

A bord du rickshaw d’Amal je vois mieux Delhi que du taxi de notre voyage. Amal accompagne les enfants riches à l’école chaque matin, il effectue toute les livraisons de la jolie épicière, et entre les clients réguliers charge des inconnus. Il passe dans les ruelles poussiéreuses et étroite du vieux Delhi et par les larges avenues de New Delhi. J’ai reconnu seulement India Gate. Amal est heureux et fier de conduire le rickshaw de son père qu’il gagera pourtant pour obtenir un prêt qui lui permettra de payer l’hôpital d’une petite fille accidentée sous les yeux.  Amal ne sait pas qu’il est passé à côté de la fortune. Il conduit à nouveau à bord d’un rickshaw retapé. A l’autre bout de l’échelle sociale, des riches se déchirent pour toucher l’héritage d’un vieil homme. Et le film va de l’extrême richesse à la grande pauvreté. A l’image de Delhi.

Et pourtant un autre changement menace : le métro!

La Terre outragée film de Michale Boganim

TOILES NOMADES

25 avril 1986, la veille

Un an après Fukushima, 25 après Tchernobyl…

Je suis entrée dans le cinéma animée d’une curiosité ressemblant à celle des visiteurs de la Zone touristes de catastrophe dans une excursion organisée, avec Anya pour guide.

Non, ce film n’est pas un documentaire sur l’accident nucléaire, c’est une fiction. Non pas d’images des liquidateurs, ni du sarcophage, pas d’explication scientifique, pas les monstruosité attendues. Pas non plus, ma secrète attente, de nature livrée à elle-même, une fois les hommes évacués.

Pas un film-catastrophe non plus. La catastrophe est à peine visible. Les gens ne la devine même pas.Les lueurs irradiant la centrale semblent une magnifique aurore boréale. La pluie noire dégouline sur le gâteau du mariage, personne ne semble la voir. Non plus que les poissons morts ou les feuilles rougies.

C’est une fiction avec des personnages. 1986 une histoire d’amour, un mariage,  une histoire de famille, un enfant plante un pommier, journée de détente, un père et son fils. Image d’un certain bonheur soviétique dans la ville « privilégiée » qu’était Prypiat. Une évacuation vite-faite. 10 ans plus tard. Anya n’a toujours pas fait son deuil de Piotr, son mari parti « éteindre un feu » le jour du mariage. Elle hésite entre l’exil avec son fiancé français et l’attachement à la Zone. Exil impossible.

Double vie. Les radiations imposent des allers-retours de Prypiat contaminée à la ville la plus proche qui ne l’est pas. Aller-retours entre la vie ordinaire et la ville vitrifiée où tous les souvenirs restent comme fossilisés. Ville morte? Voire. Des gens travaillent au sarcophage, d’autres n’ont seulement pas voulu abandonner la terre. Une petite fille erre insouciante.Des survivants offrent un repas aux morts, les liquidateurs. Séquence poignante. Valery, l’enfant qui avait planté le pommier recherche son père. Impossible deuil encore.

Anya, personnifie cette vie impossible dans la Zone et l’exil impossible aussi.

 

 

 

 

Water – film de Deepa Mehta (DVD)

 

SAISON INDIENNE

Dernier film de la trilogie de Deepa Mehta : Fire, Earth et Water. Ce n’est pas du cinéma de Bollywood. Réalisé avec la télévision canadienne,  tourné en partie au Sri Lanka, hors des conventions habituelles du cinéma indien, il aborde le sujet douloureux des veuves.

Chuya, la petite veuve

Quel âge peut avoir la petite veuve dont on rase la tête et qu’on habille de blanc? Sept ou huit ans. Son père l’abandonne dans la maison-refuge des veuves parmi des femmes de tout âge. La plantureuse matrone qui règne sur la cour ne l’impressionne pas, Chuya de fureur, lui mord la cheville de ses jeunes dents de « petite souris ». Elle est pleine d’énergie et capable des colères puissantes des jeunes enfants.

Kalyani, la  seule qui soit coiffée d’une abondante chevelure, vit à l’écart à l’étage. Elle élève en cachette un chiot et consolera Chuya lui faisant partager ses dévotions à Krishna. Je ne comprendrai que plus tard son éloignement des autres femmes. Une autre veuve exerce une autorité naturelle : dévote, austère, elle est aussi la seule femme instruite de l’ashram. Certaines sont infantiles, mariées enfants, elles n’ont rien connu du monde et rêvent de sucreries…Dans la résignation et la dévotion l’énergie de Chuya explose.

Film d’eau qui commence dans un champ de lotus, se poursuit le long du fleuve où se déroulent crémations et ablutions.  Obsession des purifications, pureté des castes. Le contact fortuit avec une veuve apparaît comme une souillure. Film de pluie bienfaisante qui apporte une joie éphémère pendant l’averse.

Film bleu. Bleu, la couleur de Krishna, dit Kalyani. Une lumière bleutée baigne la cour aux murs grisâtres, les saris blancs des veuves. Traces de peinture bleue qui s’écaille sur les planches patinées de l’étage. Le rouge n’apparaît qu’en flash-back: images de ces noces funestes qui ont lié ces femmes à un homme autrefois. Jaune et rose de la fête de Holi, un instant de bonheur. Ambiance nocturne souvent.

Recherche esthétique : certaines scènes sont sublimes : la rencontre de Kalyani de de Narayan sous un ciel rosissant, le jeune homme joue de la flûte comme Krishna.

 

Lire également cette critique

 

 

 

La figure de Gandhi se profile : l’action se situe en 1938. Évoqué par les deux amis diplômés, par les veuves de l’ashram qui n’apprécient pas son action en faveur des Intouchables. Plus défavorisés que les veuves, les Intouchables, voire….Joie de la population quand Gandhi est libéré de prison,  la foule converge vers la gare où se trouve le train de Gandhi, porteur de tous les espoirs!

 

La Maison et le Monde – Satyajit Ray (DVD)

SAISON INDIENNE

 

1984, film en couleur d’après le roman de Rabindranath Tagore. Est-ce un film historique racontant un épisode de l’histoire de l’Inde ?
La partition du Bengale en 1905 par Lord Curzon entre Musulmans et Hindous entraîna une réaction des  nationalistes et le boycott des produits anglais par le mouvement swadeshi.
Est-ce un drame entre trois personnages dans un palais indien?
Nakhil, le mari, homme moderne et ouvert, veut que sa femme soit libre. Il lui offre l’instruction et surtout la conduit en dehors des appartements réservés aux femmes dans une scène magnifique : le couple progresse lentement sur une galerie, majestueusement. Bimala,  élevée dans la réserve convenant à une femme indienne, apprend vite. L’anglais, le piano et le chant, certes, mais aussi la politique. Quand Nakhil veut lui faire rencontrer Sandip, leader nationaliste, qui est également son ami, son opinion est faite et ce n’est pas celle de son mari! les deux hommes sont d’abord émerveillés de cette indépendance d’esprit. Sandip veut utiliser Bimala pour ployer Nakhil qui s’oppose au boycott sur son domaine. Leur collaboration ne restera pas longtemps dans le champ intellectuel pur. Il s’éprend de la jeune femme. Résistera-t-elle à la séduction de cet homme qui joue aussi de séduction (si ce n’est de démagogie) quand il manie les foules.? Le film tourne au « mélo flamboyant« (dixit Télérama). Ne pas spoiler!
L’art de Ray, que j’ai découvert dans le Salon de Musique en noir et blanc, s’est enrichi de  couleurs mais le soin des plans, du cadrage et surtout des jeux d’ombres et de lumières est toujours magistral. Merveilleuse scène de la sortie du gynécée, merveilleuse image des raies d’ombres des stores sur le visage de Bimala qui écoule le discours nationaliste à la fenêtre. Magnifique moment où Bimala plie son sari en chantant, d’abord la mélodie anglaise puis un chant hindou, le temps s’étire sur toute la longueur des 6 mètres de soie
Bimala et Nakhil
A la fin du film, je me pose des questions: est-ce que le rejet du démagogue intéressé est le rejet du nationalisme qui joue sur l’affectif avec des slogans simplistes plutôt que sur la réflexion?
Dans le boycott des produits importés on retrouve les campagnes de boycott de Gandhi, Gandhi serait-il dénoncé ici?
La trahison de Bimala vis à vis de son mari est-elle  fortuite ou est-elle une preuve de la faiblesse féminine?
Un excellent article analysant le livre de Tagore apporte des réponses.
Extrait

 

Révisions

Jodhaa Akbar – film de Ashutosh Gowariker (DVD)

SAISON INDIENNE

Jalalludin, empereur moghol, musulman, épouse Jodhaa, princesse Rajpoute, hindoue, pour conclure une alliance politique. Jalal (Hrithik  Roshan) est jeune, beau, valeureux, c’est un souverain magnanime qui veut conquérir l’Hindoustan. Hodha (Aishwarya Rai) est belle, instruite, elle sait lire et calligraphier, cuisiner et manie le sabre.

Couverts de joyaux, dans les palais merveilleux, le film s’annonce comme une romance des Mille et Unes nuits, un conte oriental, coloré et romantique. Les batailles mettant en scène des milliers de figurants, des éléphants, chevaux et dromadaires annoncent la superproduction dans les déserts du Rajasthan et dans les montagnes arides.

A 4 semaines de notre départ pour Delhi et le Rajasthan, cela aurait suffit pour mon plaisir! Introduction magnifique à nos visites aux forts et aux palais. Il était temps que je m’intéresse aux Moghols avant d’aller voir le Taj Mahal!

3h20 de film. Il m’a fallu interrompre la lecture pour terminer le lendemain. Interruption bienvenue parce que je me suis documentée entre temps sur la véritable histoire d’Akbar.

Akbar ,un  des plus grand empereurs moghols,  est né en 1542, fils d’Humayun, chassé d’Inde par un aventurier Afghan. Jalal a 14 ans quand il accède au trône en 1556. Le film commence par la bataille de Pânipat qui a opposé les Afghans et 30 ooo Rajpoutes avec 1500 éléphants, gagnée par les Moghols. Pour conquérir l’Hindoustan, Jalal préfère les alliances aux effusions de sang. C’est pour sceller une de ces alliances que le roi d’Amber (Jaipur) offre sa fille la princesse Jodhaa en mariage. Jodhaa pose ses conditions, elle conservera sa religion hindoue et emportera au Fort rouge d’Agra sa statue de Krishna à qui elle pourra rendre sa dévotion. Jalal, amoureux de la princesse, mais aussi magnanime et tolérant, cède à ces conditions et attendra patiemment l’acceptation de la princesse pour consommer le mariage. Au palais rouge d’Agra, Jodhaa n’est pas la bienvenue, les conseillers musulmans, la nourrice, les serviteurs sont méfiants. Des pièges se tendent….mais Jalal deviendra Akbar, aimé de tout son peuple, tolérant toutes les religions, abolissant l’impôt sur les pélerinages hindouistes. Un grand empereur. Là, le réalisateur  laisse la romance pour l’hagiographie!

Cette grosse production a les qualités de ses défauts : des longueurs, dans les combats (je ne suis pas fan) même s’ils sont très esthétisants, des séquences musicales interminables et une musique martiale plutôt pompier, mais aussi des déploiements de couleurs vives, une séquence de derviches tourneurs, des décors somptueux, des étoffes, des bijoux merveilleux, des animaux. la séance de dressage de l’éléphant est impressionnante. Toujours garder présent à l’esprit que le temps de Bollywood n’est pas celui du cinéma occidental!

Ashutosh Gowariker est le réalisateur de Swades que j’avais beaucoup aimé, et de Lagaan. C’est un cinéaste indien reconnu. J’ai lu que Jodhaa Akbar avait été retiré de l’affiche au Rajasthan

Fire – un film de Deepa Mehta (DVD)

SAISON INDIENNE

 

 

 

Après La Famille Indienne et le Mariage des Moussons, films Bollywoodiens, et autres Noces indiennes, ce film n’a pas pour but de glorifier la famille indienne, les noces, arrangées mais triomphantes, au contraire!

La famille de Fire vit au dessus du restaurant de fast-food à l’indienne, et du magasin de location de vidéo. Elle se compose de deux couples mariés, Ashok et Rhada, les ainés, Jatin et Sita, nouveaux mariés, de la mère Biji, mutique après une attaque, et du serviteur Mundu. Un panneau,  dans la salle à manger familiale, »Home, Sweet home » donne le ton. Peu de douceur dans ce foyer. Jatin a dit « Oui à Sita » sur l’injonction de son frère et de sa mère, pour avoir l’héritier qu’Ashok et Rhada n’auront pas puisque Rhada est stérile.  Jatin ne renonce pas à l’amour de Julie, une Chinoise qui rêve de devenir une starlette de cinéma à Hong Kong.

Rhada et Sita  – Sita est la femme de Râma dans le Râmayana tandis que Rhada est l’amante de Krishna – se retrouvent seules à la maison délaissée tandis que Jatin est avec Julie et qu’Ashok est le disciple du gourou Swamiji qui lui enseigne principalement le renoncement, et surtout le renoncement au désir sexuel. Entre elles nait un amour qui n’est pas celui qui uniraient deux belles-sœurs.

Sita est jeune et pétulante, elle aurait aimé que son mari soit amoureux d’elle. Elle ne se contentera pas du rôle de génitrice que la famille lui assigne. Elle veut danser et vivre. Rhada a intégré le renoncement depuis qu’elle sait qu’elle n’aura pas d’enfant. Elle se soumet à l’étrange exercice spirituel que lui impose son mari, mettre à l’épreuve la chasteté d’Ashok en se couchant près de lui (j’ai lu une chose analogue à propos de Gandhi et je n’avais rien compris).

Rhada découvre le désir, elle ne soupçonnait même pas qu’une femme puisse avoir désir ou plaisir sexuel. Cette découverte la déconcerte. le désir est à l’opposé de ce que son mari lui impose et s’impose à lui-même « le désir est la ruine » affirme-t-il tandis qu’elle répondra à la fin du film que « le désir est la vie et je désire vivre ».

Pendant la durée de la projection, je me suis interrogée sur ce titre Fire. Une scène m’a donné un indice : l’épreuve du feu que Râma impose à Sita pour prouver sa pureté. La dernière scène justifie davantage le choix du titre. (mais je ne veux pas dévoiler l’histoire).

Ce film lesbien recommandé par Têtu et primé à Toronto, est-il vraiment un film indien? Deepa Mehta, née en Inde a quitté son pays pour le Canada en 1973. A sa sortie en 1996, il a provoqué en Inde un tel scandale qu’il a été retiré de l’affiche.

 

 

Le Havre – Kaurismäki – Le cinéma des braves gens

TOILES NOMADES

Les braves gens sont solidaires!

Tout un quartier se mobilise autour du couple que forme Marcel Marx, cireur de chaussures et Arletty pour faire partir Idrissa, enfant évadé d’un container,  pour Londres.La boulangère et l’épicier, la tenancière du bar, les piliers de bistro, Little Bob le rocker, tous protègent l’enfant poursuivi par la police. Darroussin joue le commissaire Monet. Darroussin peut-il être foncièrement mauvais?

La ville du Havre est aussi la vedette du film. Le port, bien sûr, mais aussi un quartier populaire de petites maisons basse derrière leurs courettes.

Les braves gens sont démodés : décor désuet, vieille épicerie années 50, bar et boulangerie à l’ancienne, , téléphone noir du dénonciateur, vieilles voitures. Clin d’œil à Colombo, la vieille R16 de l’inspecteur? Pourtant, la liquidation de la jungle de Calais fixe une date précise (2009) à l’action et les uniformes des policiers sont bien actuels.

Les braves gens sont démodés : décor désuet, vieille épicerie années 50, bar et boulangerie à l’ancienne, , téléphone noir du dénonciateur, vieilles voitures. Clin d’œil à Colombo, la vieille R16 de l’inspecteur? Pourtant la liquidation de la jungle de Calais fixe une date précise (2009) à l’action et les uniformes des policiers sont bien actuels

Le Havre est aussi le cadre d’un film récent : La Fée qui aborde le thème des migrants vers l’Angleterre et que j’avais beaucoup aimé. Curieusement, Kati Outinen (Arletty) ressemble à Fiona Gordon (la Fée). Les braves gens du Havre font aussi  aussi à ceux de Marseille des Neiges du Kilimandjaro, ces derniers, moins naïfs et plus actuels m’ont plus touchée.

Le mariage des moussons – film de mira nair

SAISON INDIENNE

Des six DVD indiens empruntés à la médiathèque, c’est celui qui est le plus proche du cinéma d’auteur. Récompensé à la Mostra de Venise par un Lion d’or 2001. je l’avais vu il y a une dizaine d’années et revu avec un égal plaisir.

Comme le cinéma de Bollywood, c’est un film festif et coloré, dominantes or, rouge et jaune, camaïeu de tentures, saris, et guirlandes d’œillets d’indes orange qu’un personnage croque sans réserves. Musical aussi, les jours précédent les noces se déroulent dans les danses et les chants. Exubérance des embrassades, des retrouvailles à Delhi des parents dispersés, de Californie, Australie, Dubaï ou Mascate.Comme toujours dans le cinéma indien il y aura des danses soigneusement chorégraphiées.

Mais Le Mariage des Moussons a un rythme beaucoup plus entrainant que les autres films de Bollywood que j’ai visionnés. Le film ne dure que 1h58.

Il bouscule aussi les traditions de pruderies bienpensantes. Il s’agit d’un mariage arrangé. Les deux fiancés ne se connaissent pas. Ils sont jeunes, beaux et de bonne famille. Mais Aditi, la fiancée a une relation avec un animateur de la télévision, elle renonce à cet amour, devinant que Vikram, marié ne divorcera jamais. Sa cousine Ria, sa confidente, est célibataire et elle met en garde Aditi contre les mariages sans amour. Tout au long du film on doute: le mariage aura-t-il bien lieu? Dans le cocon de la famille élargie, bienveillante, chaleureuse un autre soupçon s’insinue : l’oncle généreux n’abuse-t-il pas de la gamine effrontée? Ria, la célibataire fait éclater le scandale : avant sa petite sœur, elle aussi a été victime de l’inceste.

Au mariage des Pensabi riches se superpose une autre intrigue, celle de Mr Dubey, l’organisateur du mariage, personnage un peu bouffon, un peu pitoyable qui organise les noces des autres mais n’a pas trouvé l’âme sœur. Il tombe amoureux d’une servante, Alice, chrétienne, peut être Intouchable. L’entrepreneur hâbleur, frimeur, devient d’une timidité touchante quand il offre son  cœur : coussin d’œillets d’Inde dans un décor floral à) sa bienaimée.

http://www.dailymotion.com/swf/video/x8gquf<br /><a href= »http://www.dailymotion.com/video/x8gquf_le-mariage-des-moussons-ba-vost-fr_shortfilms &raquo; target= »_blank »>Le Mariage des moussons – BA – Vost FR</a> <i>par <a href= »http://www.dailymotion.com/_Caprice_ &raquo; target= »_blank »>_Caprice_</a></i>

 

 

La Famille Indienne – DVD

SAISON INDIENNE – FILM

Par un dimanche très pluvieux je me suis immergée dans ce sirupeux et interminable (3h30) film bollywoodien.

Pour le folklore, l’essentiel du film se déroule en intérieur dans un château mi-château de la Loire mi-manoir écossais, en grand. Pelouses impeccables, arrivée du fils en hélico, salons glamour, saris luxueux…. et cricket (l’Inde gagne invariablement le match contre l’Angleterre!).

Cette famille indienne a de la classe et ne veut pas de mésalliance. Le Rahul, le grand frère, un enfant adopté, est renié par son père parce qu’il est amoureux d’une fille charmante, ravissante, mais de basse extraction (et un peu gaffeuse) . Le couple, chassé de son palais émigre à Londres (dans les beaux quartiers quand même). Le départ de son grand fils brise le cœur de la mère. Le petit frère, dix ans plus tard tentera une réconciliation. L’intrigue est donc minimaliste, le rythme de l’action plus que lent.

Et pourtant cela fonctionne! Comme tous les films indiens, les danses et les chants occupent une place importante. Le comble du ridicule est atteint quand les deux amoureux se déclarent sur fond de pyramide et de désert blanc! Pire encore les séquences londoniennes! Mais les danseurs sont nombreux, les costumes variés, les chorégraphie élaborées, malgré tout retiennent notre attention. Plaisir de la VO : le mélange hindi et anglais! Je guette les expressions anglaise étonnée de ne plus rien comprendre à l’instant d’après

Cependant, s’il ‘avait fallu visionner qu’un seul film indien, Swades, vu samedi était beaucoup plus intéressant et exotique.