3.Marrakech : tombeaux saadiens

MARRAKECH ET LA VALLÉE DU DRAA

tôt le matin dans les souks
tôt le matin dans les souks

 

5h05 – appel à la prière

5h35 – 6h  nous entendons l’imam de la mosquée toute proche. Etrange que Canetti, dans les Voix de Marrakech  n’ait pas fait mention de cette polyphonie qui traverse la nuit.

8h30 – petit déjeuner servi dans le salon, ciel limpide, beau soleil mais il fait vraiment très frais.

9h – les boutiques sur la rue Riad Larousse fermées vendredi ouvrent. Canisses et branchages font des ombres intéressantes sur les murs et la chaussée. Nous prenons en photos des personnages à la silhouette pittoresque encapuchonnés sous le burnous. Les petits taxis jaunes sont garés devant la pharmacie de Riad Laarousse. Ce sont tous des DACIA , montés au Maroc. Marchandage vite conclus « tlaatin »  sans doute 20 auraient suffi. On passe devant la Koutoubia puis le long des remparts

Le taxi passe devant Bab Agnaou (12ème siècle) avec ses entrelacs de marbre bleu et s’arrête devant la Mosquée de la Kasbah (aux Pommes d’Or selon le guide Bleu) précédée par une vaste esplanade.

tombeau saadien
tombeau saadien

Une ruelle en chicane conduit aux Tombeaux saadiens. Un guide local explique à des touristes canadiens que l’Aéropostale aurait redécouvert cette nécropole cachée par une haute muraille  vue d’avion en 1917. Qui sont donc ces Saadiens ? C’est une dynastie ayant régné sur Marrakech entre 1549 et 1654. Ahmed-El- Mansour aurait conquis Tombouctou sur la route de l’or d’où son surnom le Doré . La nécropole comporte trois salles richement décorées et des jardins où les tombes carrelées sont entourées de roses et d’arbres fruitiers, néfliers, aux feuilles épaisses, figuiers très vieux aux troncs noueux, grenadiers presque défeuillés aux petites feuilles roussies, les orangers portent e grosses oranges, le jasmin est en fleur. Dégringolant d’un mur en escalier, une rigole bizarre se trouve sous un palmier unique.

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La première salle est celle du Mihrab. Quatre piliers soutiennent la coupole. Le guide des canadiens détaille la symbolique des nombres du décor : 4 pour les quatre éléments : l’eau l’air le feu et la terre. Sur la porte il trouve des décors d’étoile à 5 branches pour les 5 piliers de l’Islam …. Symbolique des couleurs des zelliges. Une épidémie de peste dans les premières années du 17ème siècle aurait contraint à transformer le mausolée en cimetière. Les tombes des princes sont signalées par des plaques de marbre sur le carrelage. Elles sont dirigées ans tous els sens sans doute pour gagner de la place.

stucs, stalactites
stucs, stalactites

A l’entrée de la seconde salle, deux conduits d’air, comme des cheminées assurent la ventilation de bois précieux des plafonds.  Je suis fascinée par les découpes des stalactites et par la finesse des stucs. Un troisième mausolée est encore plus finement décoré.

Les énormes murs de terre brute enfermant le jardin contrastent avec la finesse des stucs. En sortant, les marchands nous appellent :

          « si vous avez le billet des tombeaux, vous pouvez visiter le marché ! »

Aujourd’hui, foot, finale de la coupe du Monde des clubs. Le Rajah de Casablanca (vert et blanc) affronte  le Bayern de Munich (rouge). Les supporters allemands aux écharpes rouges ont envahi la ville. Nous croisons leurs longues colonnes dans la médina. Les vendeurs et faux guides nous abordent en Allemand. L’un d’eux essaie de me vendre un T-Shirt rouge, je refuse poliment :

          « le rouge cela déteint en machine.

          « pas de problème je l’ai en blanc et vert ! »

2.Jardin Majorelle

MARRAKECH ET LA VALLÉE DU DRAA

 

Jardin Majorelle

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Les cafétérias ont installé leurs terrasses devant le Jardin Majorelle. Nous choisissons « La Pause Gourmande » commandons une salade crevettes- avocat-cœur de palmier, relevée par des quartiers d’orange, une belle omelette et des crêpes marocaines, deux carrées au miel, deux rondes spongieuses parfumées à la fleur d’oranger. Des nuages occultent de temps en temps le soleil. A l’ombre, il fait très frais.

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On entre par un massif de bambous très hauts, très rafraîchissants sans doute en été. De très hauts palmiers dominent le jardin de leurs fines colonnes un  peu déplumées. Au dessous  figuiers, bougainvilliers roses et orange. Le bassin, bordé de murets bleu Majorelle, reflète les feuillages, long et étroit il rappelle l’Alhambra de Grenade. Carré avec une fontaine bleue, un petit pont couvert d’une tonnelle de bougainvillier. Contrastant avec les murets bleus, les potiches jaunes vif ou orange sont alignées sur le bord des allées. Le jardin renferme une collection de cactées, succulentes et plantes grasses venant du monde entier, des Canaries, du Mexique ou d’Australie. Sous les cactus, le gravier est ratissé soigneusement.

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Musée Berbère

 La  Maison Majorelle art déco, bleue aux fenêtres grillagées, abrite le Musée Berbère à visiter absolument. (25 dirhams en sus des 50 dirhams pour entrer au jardin). La première pièce présente des photos sur des écrans numériques : photos anciennes (1920),  portraits berbères de Besancenot en noir et blanc somptueux, drapés, bijoux et tatouages, mystère des voiles ou sourire fier de la jeune femme parée. Photos en couleur de paysages.

Les objets des vitrines sont tous originaux : coffrets rustiques, bijoux sophistiqués. Terres cuites énigmatiques percées de nombreux trous : les enfumoirs des apiculteurs. Très ouvragées, les lourdes fibules rondes ou triangulaires en argent métal forgé ou métal niellé ou fabriquée avec une étrange technique « du ver » aujourd’hui perdue. Je ne connaissais pas les marteaux destinés à casser le cône de sucre, en bois ou en métal finement ciselés, présentés avec  les théières. Les bijoux sont dans une pièce au plafond constellé des milliers d’étoiles : huit silhouettes de velours noir sont parées de leurs plus belles parures  qui se reflètent à l’infini. Lourdes parures d’argent, d’ambre ou de coquillages et de perles émaillées. Comment les femmes pouvaient elles porter de si lourds bijoux ?

Une troisième salle est consacrée aux costumes d’une diversité étonnante. La plupart des habits sont faits de lainages. Le coton n’est parvenu qu’au 19ème siècle. Les techniques sont également variées : tissage ou tricot. Laines écrues ou brunes aux couleurs naturelles des moutons, mais aussi rayures rouges et blanches du rif, robes bleues rappelant celles des hommes bleus du désert. Merveilleux haïk d’une femme juive, voile aérien blanc grège à fines rayures. La librairie contient des « Beaux Livres «   mais aussi des ouvrages savants de collections anciennes.

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Sous le soleil, nous faisons une orgie de photos.

A la sortie, nous demandons au chauffeur de taxi de nous conduire sur la place de Riad Larousse devant la Poste et la Pharmacie et suivons l’itinéraire dans le souk couvert de branchages bien inutiles aujourd’hui. De nombreuses échoppes ont baissé leur rideau aujourd’hui vendredi. Les bouchers découpent les carcasses sous nos yeux. J’achète 1kg de très grosses oranges à un petit pépère. Babouches et couvre-lits, écharpes en pashmina sont à la disposition des touristes mais il n’y en a pas. La rue est livrée à la circulation des motos. Gare au piéton que ne se range pas. Le long du mur de la mosquée Zaouiat  Lahder, les mendiantes sont alignées, assises sur le bord du trottoir faisant une haie lamentable à l’heure de la prière, ne sont plus là. Le marchand d’antiquité nous gratifie d’un « bonjour voisines ! » a rentré tapis et kilims et ferme boutique. Nous retrouvons la porte du riad dans le dédale de couloirs et ouvrons avec notre clé ornée d’un pompon soyeux.

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Ahmed nous accueille avec un thé dans la petite alcôve aux coussins de brocard doré sur la jolie table octogonale marquetée. L’hiver, une bâche de plastique transparent est tendue au dessus du patio et une curieuse gouttière transparente conduit l’eau de pluie dans le bassin bleu semé de pétales de roses.

Catastrophe ! L’appareil-photo a disparu. L’a-t-on oublié au Jardin Majorelle ? A-t-il glissé dans le taxi ? Avec une grande gentillesse, Yannick appelle le Jardin Majorelle. On le retrouve juste avant dîner, le pompon jaune le cachait. Nous allons dépenser le prix du remplacement de l’appareil. Restau et cadeaux à volonté !

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Ahmed a fait une très jolie table. Avec du thé, il a dessiné un  cœur et écrit POUR VOUS. Vaisselle de céramique verte, belle soupière de faïence. Une petite lampe à abat-jour de perles avec des pendeloques de gouttes miel. Nous découvrons la Harira qui est une soupe très consistante aux pois chiches, lentilles, tomate parfumée à la coriandre. Dans une coupelle, quelques dattes fraîches et un citron coupé en quartiers l’accompagnent. La salade de fruit est servie dans un gobelet métallique : pommes, poire, kiwi et de nombreux grains de grenade bien rouge et bien sucrée, un petit bouquet de menthe parfume et décore le tout.

1. – vol et arrivée au Riad Jenaï

MARRAKECH ET LA VALLÉE DU DRAA 2013

 

Marrakech vue du hublot
Marrakech vue du hublot

En vol

Le soleil s’est levé sur l’Espagne  au dessus des côtes de la Cantabrie ou de la Galice. Entre deux bancs de nuages, un rai rouge orangé a précédé la grosse boule d’or. Puis c’est l’éblouissement, l’Espagne s’est déroulée, sans  voir  autre chose que le miroir des barrages. A nouveau la mer : Méditerranée ou Atlantique ? Les eaux paresseuses d’un delta brillant métallique. L’avion survole l’Atlantique et ne piquera vers les terres qu’à l’approche de Marrakech. Terre hivernale. Les montagnes se profilent. Quelques orangeraies, des olivaies et des cultures sous plastique.

Arrivée au riad

le patio du Riad
le patio du Riad

9h25 – taxi du riad :  Impossible d’arriver au riad sans être accompagné. Caché au plus profond de la médina, inaccessible aux voitures. Le taxi nous a laissées après manœuvres et reculades acrobatiques. Ahmed a empoigné nos valises et nous montre la Fontaine Chouf et Chrob . Nous le suivons sans rien reconnaitre. Enfin si!  la place triangulaire de la mosquée Zaouiat Lahder, le marchand de souvenirs, et le dédale de couloirs. Même le scooter semble être le même !

Riad Jenaï

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Le patio est inchangé, les pétales de roses dans le bassin bleu nuit les lanternes, les canapés rouges….Seuls les orangers ont grandi. Yannick nous offre le thé et les cornes de gazelles, dans le salon doré. Combien d’années ont passé ? Il me semble que c’était hier !  Stucs et peintures,  c’est aussi beau que dans mon souvenir.

Nous n’occuperons pas la chambre rouge, Marrakech,  si belle que nous n’osions pas

Mogador la chambre jaune
Mogador la chambre jaune

déballer nos valises.

C’est Mogador (Essaouira), la chambre jaune et or (s’accordant à son nom), qui nous est destinée. Elle est plus vaste. Le lit king size est recouvert de chintz doré. Au dessus des fenêtres demi-lunes- stuc et découpes orientales. En décembre, j’apprécie les petits volets de bois qui s’ouvrent de l’intérieur.

  Deux tapis marocains couvrent le sol. La commode et la table de nuit, de facture européenne, s’accordent avec les petits cadres dorés suspendus par une faveur contenant des dessins coquins sur la commode, une divinité de marbre repose à moitié dévêtue sous le tableau d’une dame en robe jaune. Le plafond est une splendeur, médaillons colorés et filets  jaunes.

salle de bain
salle de bain

La salle de bain est jaune. L’évier est en mosaïque jaune et verte. Le revêtement mural et le sol sont brillants typiquement marocains en tadelakht – enduit à la chaux lissée avec un galet plat qui rend l’enduit très dense. Autrefois le blanc d’œuf servait de liant, maintenant on fait briller au savon noir. Le bac de la douche a une forme originale. La robinetterie ancienne rajoute au cachet.