Une pierre
deux maisons
trois ruines
quatre fossoyeurs
« Prévert était Palestinien? » demande Naïm
Je n’aurais voulu pour rien au monde rater la sortie d’Une bouteille à la mer , ma critique ne sera en rien objective.
http://www.dailymotion.com/swf/video/xnerjm<br /><a href= »http://www.dailymotion.com/video/xnerjm_une-bouteille-a-la-mer-bande-annonce_shortfilms » target= »_blank »>UNE BOUTEILLE À LA MER : BANDE-ANNONCE</a> <i>par <a href= »http://www.dailymotion.com/baryla » target= »_blank »>baryla</a></i>
Première raison : Hiam Abbass, je suis fan! je vais voir tous ses films et jamais elle ne m’a déçue. Elle incarne la dignité, la volonté, le courage.
Deuxième raison : toutes les initiatives visant à établir un dialogue entre Gaza et Israël, même les plus naïves, sont les bienvenues. Chanter ensemble comme D’une seule voix, rire comme dans le Cochon de Gaza sont à encourager.
Troisième raison : Tal, l’héroïne du film, est née à Créteil, ma ville, elle aurait pu être une de mes élèves, ma voisine…
Fleur bleue? Eau de rose? le dialogue par Internet de Tal, 17 ans, de Jérusalem qui a fait lancer par son frère une bouteille à la mer et de Naïm, le beau Gazaoui aux yeux bleus, qui a ramassé avec des copains la bouteille, comme Jaafar, le pêcheur ramassait des tongs dépareillées. Les scènes de bombardements pendant l’Opération plomb durci compensent largement la bluette. On reçoit en pleine figure les bombes, on tremble avec la famille de Naïm réfugiée dans l’appartement quand on voit les chars foncer vers leur maison. On ressent aussi la peur de Tal dans l’autobus à la vue d’un homme suspect qui serre un trop gros sac sur ses genoux.
Le film sonne juste. A Gaza, je ne peux pas bien me rendre compte. Mais à Jérusalem le ton est parfait. Parfaite cette souccah: « pourquoi est -on ici? » demande le père qui attend une explication religieuse « parce que tu n’as pas pu construire de cabane en France! » lui répond du tac au tac sa fille. Juste aussi, l’enthousiasme forcé du nouvel émigrant, l’accent français de Tal, le père qui chante la mélodie orientale…..Touchante, la réflexion du frère revenant de Gaza, qui détecte la tristesse et la colère de sa sœur.
Je me suis demandée comment ou avait pu tourner les images de Gaza: le dossier pédagogique indique que le tournage à Gaza est impossible mais que les images de Gaza vue de loin sont bien authentiques. Authentiques aussi, les images d’archives du meeting de l’anniversaire de la mort de Rabin, les images du journal télévisé de France 2 pendant l’opération Plomb durci. Le cochon de Gaza avait été tourné à Malte. Tournées sur place, les images du checkpoint d’Erez. Séquence presque au ralenti du départ de Naïm, départ pour l’exil. Ces images auraient pu être joyeuses, le départ vers une nouvelle vie, la rencontre furtive avec Tal. Elles sont plutôt nostalgiques.
Le Monde est plus sévère : les bons sentiments ne feraient pas les bons films, d’après la critique.