l’Abbaye de Saint Maur-des-Fossés

TOURISTE DANS MA VILLE

Tour Rabelais

La Société d’Histoire et d’Archéologie de Saint Maur des Fossés organise des visites guidées tous les 2èmes samedi du mois. Je me suis inscrite grâce à Explore Paris. Bravo à notre conférencier qui a fait revivre les vestiges dans le square et le parc de Saint Maur!

En dehors de la Tour Rabelais qui se dresse dans le square de Saint Maur, les vestiges dispersés sont assez peu lisibles pour le promeneur ignorant. Des panneaux avec QR code sont prévus pour une visite individuelle libre. Cependant, rien ne vaut le commentaire pour accrocher l’attention.

L‘Histoire de l’Abbaye de Saint Maur est très ancienne. l’Abbaye bénédictine fut prestigieuse en son temps et le pèlerinage très fréquenté. S’il reste peu de vestiges sur place, les archives à Paris sont très importantes et les manuscrits du scriptorium sont conservés  à la BNF. L’histoire est aussi documentée par des miniatures, gravures jusqu’au 18ème siècle qui donnent une image très précise de l’Abbaye et du Château de Saint Maur détruit à la Révolution. La toponymie a gardé le souvenir : La rue Saint Maur à Paris qui reliait l’Abbaye à Saint Denis est l’une des plus longues rues de la capitale. 

Chronologie

occupation gauloise du site

639, sous les Mérovingiens, fondation du Monastère des Fossés

Il fut victime des invasions vikings

868 sous les Carolingiens le monastère reçu les reliques de Saint Maur. Reliques miraculeuses guérissant de la goutte, auxquelles un pélerinage important est consacré.

1281 : il prend le nom de Saint Maur des Fossés. Au XIIIème : développement du scriptorium où de précieux manuscrits religieux mais aussi profanes sont copiés. 

1350-1360 fortification de l’Abbaye par le dauphin (Charles V) pour préparer la Guerre de Cent Ans.

1530 les chanoines remplacent les moines, les maisons des chanoines remplacent les bâtiments monastiques qui vont se dégrader au fil du temps

1750 : démolition de l’Abbaye.

promenade guidée :

La Tour médiévale ronde (1350-1360) est intacte. Il faut juste imaginer la toiture conique qui la coiffait. Archères et canonnières et mur de fortification. Actuellement elle paraît isolée mais deux maisons des chanoines étaient accolée à la tour, elle-même abritant aussi des chanoines. Rabelais, secrétaire de Jean du Bellay, y séjourna, d’où le nom de Tour Rabelais. 

A l’intérieur de la Tour, on découvre des petits bas-reliefs comme cette procession des pèlerins, une scène de chasse au cerf …

bas relief de la procession des pèlerins

La Tour fut aussi utilisée comme prison.

Square (1920-1930) l’aspect hygiéniste de l’époque aménagea un jardin à la française en respectant l' »allée royale » qui menait autrefois au Château de Saint Maur , bâti par Catherine de Médicis qui appartint aux Condé dont  il reste des représentations à Chantilly.

par de belles grilles on pénètre dans le Parc ouvert au public en 1982, « parc historique » , évocation végétale de la vaste Abbatiale maintenant disparue dont il ne reste qu’un pilier (XIIIème s.). Cette grande église avait une nef de 86 m. Des archéologues  a retrouvé des fondations et des carreaux du pavage. Il faut imaginer les procession des nombreux pèlerins, 2000 personnes, riches marchands du nord (la goutte ne touchait que les riches); les processions tournaient autour des reliques et les guérisons miraculeuses avaient lieu la nuit. 

jardin des simples, cloître roman, N.D. des Miracles

Au fond du jardin des simples bien reconstitué et fleuri dès aujourd’hui en avril on voit la Galerie du cloitre qui relie le Cellier roman à la Chapelle  Notre Dame des Miracles (XIIème s.) . Ce cloître roman date de 1908, il a été élevé par le propriétaire de l’époque Maujan, (1853-1914) sénateur, homme de théâtre qui en fit un décor de théâtre. 

Auparavant, le pharmacien Bourrières fit construire une villa et collectionna les restes de l’abbaye. 

Sans l’aide de notre guide, je serais vraiment perdue entre vestiges antiques, décors de fantaisie (une échauguette) des décors sur Notre Dame des Miracles.

Mur du cellier XIIème)

A côté du cellier se trouve l’entrée des galeries souterraines qui servaient de cave à vin. Dans chacune des alvéoles on peut imaginer un gros tonneau de vin. Le vin était essentiel dans la vie monastique. Les moines cultivaient leurs vignobles à proximité sur le coteau de Saint Maur. Le galeries étaient aussi des carrières de calcaire lutécien jusqu’au XVIIIème siècle. La descente dans les carrières très fraiches et humides donnent un caractère aventureux à notre visite.

Une histoire que je ne soupçonnais nullement!

 

 

 

Marguerite Matisse – Le regard d’un père – au MAM

CHALLENGE PRINTEMPS DES ARTISTES 2025

Initié par La boucheaoreille 

Exposition temporaire jusqu’au 24 aout 2025

marguerite au chat noir (1910)

Je ne me lasse jamais de Matisse qu’il me semble chaque fois redécouvrir. Ses couleurs, son dessin très pur. Je ne sais pas si je préfère dessin ou tableau

L’exposition du MAM a pris pour thème le regard de Matisse sur sa fille. La présentation est chronologique. Nous allons voir grandir la fillette

1905-1906 Fillette lisant

Née en 1894, en 1905 elle a 11 ans. En 1901, à la suite de la diphtérie, elle subit une trachéotomie qui lui cause une vilaine cicatrice. Elle portera jusqu’en 1920 un ruban noir au cou.

Nous allons aussi suivre la famille dans ses déplacements, à Collioure, Issy-les-Moulineaux, Etretat et Nice. Les tableaux peints à Nice sont particulièrement colorés et séduisants

Le paravent mauresque 1921

Après son mariage, Marguerite prend son indépendance, elle n’est plus le modèle privilégié. Elle gère les affaires de son père, le représente à l’étranger. Elle peint elle-même, réalise des modèles de couture.

Claude 1945

Pendant la guerre, elle éloigne son fils Claude et entre en Résistance. Arrêté, elle est emprisonnée et échappe miraculeusement à la déportation. De retour Matisse réalise encore son portrait.

J’ai beaucoup aimé cette exposition : les tableaux de Matisse mais aussi la découverte d’une personnalité intéressante.

Je n’ai mis que quelques clichés, il y a 110 tableaux et dessins…A vous de choisir vos préférés.

 

Trésors sauvés de GAZA – 5000 ans d’Histoire – à L’IMA

Exposition temporaire à l’Institut du Monde Arabe jusqu’au 02 novembre 2025

Un patrimoine en exil 2006, 529 œuvres rejoignent Genève pour une exposition. Elle devaient constituer le futur musée archéologique de Gaza.

Cette exposition s’inscrit dans une démarche de préservation des trésors culturels du monde. Dans le même esprit, j’avais beaucoup apprécié l’exposition Cité millénaires – Voyage virtuel de Palmyre à Mossoul à l’IMA en 2018 ICI

Dromadaire chargé d’amphores

Les images de Gaza sont désolation et ruines, on n’imagine pas que sous les décombres une histoire très riche se cache. Gaza, oasis, à la limite du désert et de la mer, fut selon Strabon la plus grande ville de Syrie. Elle est entrée dans l’Histoire avec Thoutmosis (1504 – 1450). Au mur, une immense carte incluant la Méditerranée et  l’Arabie montre les routes commerçantes convergeant vers cette cité maritime. 

Des ancres de pierre, des anneaux d’amarrage témoignent de cette vocation maritime dès l’Age de Bronze. Egyptiens, Hittites, Philistins, Nabatéens y convergèrent. Alexandre de Macédoine livra bataille pour la conquérir. De la période hellénistique l’exposition présente une série d’amphores et une jolie statue d’Aphrodite (ou Hécate)

97 av. JC, Gaza est conquise par un royaume Juif puis laissée à l’abandon. En 61 av. JC, Pompée s’en empare et construit une cité romaine. De cette époque témoignent de très fines lampes à huile

Cupidon lance ses filets dans les vagues

Au IVème siècle  s’installent. le monachisme se développe avec le monastère de Saint Hilarion, l’église Saint Porphyre.

Une belle mosaïque occupe le centre de la pièce avec des motifs d’animaux exotiques, girafes, éléphants, béliers, aigle et des grappes de raisin séparant les médaillons.

631 : la ville est conquise par les armées musulmanes, la population étant majoritairement chrétienne avec de petites communautés juives et samariennes.

Gaza : une ville commerçante balance romaine, pièces de monnaie et trésor de pièces agglomérées

Les Croisades 1149 et 1187 induisent une nouvelle période de violence.

Les Mamelouks l’occupent (1260 – 1279).

En 1516 Gaza devient ottomane

Gaza au début du XXème siècle

La deuxième partie de l’exposition contient des photographies anciennes de l’Ecole Biblique et Archéologique française de Jérusalem (1905-1922). Elles montrent les monuments et surtout une campagne paisible ainsi que les monuments.

Au centre de la pièce, des photos récentes en couleur (2022 à 2025) Certaines témoignent des destructions récentes. Le Qasr al Basha, siège du pouvoir mamelouk était le musée depuis 2010. Bonaparte y a passé trois jours;

Photo émouvante de la cérémonie de Noël célébrée dans l’église orthodoxe Saint Porphyre le 7 janvier 2025.

Une vidéo en images de synthèse reconstitue le monastère Saint Hilarion.

Enfin au mur on voit la cartographie des sites archéologiques bombardés.

Autour du Périphérique du Pont du Garigliano à la Porte d’Ivry

TOUR DU PERIF AVEC LE VOYAGE METROPOLITAIN #5

Départ : Pont du Garigliano soleil et froid vif

Ce cinquième épisode boucle pour le Voyage Métropolitain le Tour du Périphérique. Il semble que le sujet soit à la mode. J’ai écouté  un podcast passionnant de France Culture : Le périph, après tout en 4 épisodes de 60 mn ICI  en convoquant les souvenirs des 4 marches avec le Voyage Métropolitain.

Prologue : pour rejoindre le point de rendez-vous j’ai choisi d’emprunter le tramway T3, de Porte de Charenton au terminus. Il suit les boulevards des Maréchaux, de porte en porte, je révise et anticipe la marche.

Au Pont du Garigliano, nous avons rendez-vous sur la terrasse dominant la gare du RER C . Le soleil fait miroiter les vitres des buildings de France.tv et de l’immeuble Safran. Le groupe s’engage dans le quartier d’affaires d‘Issy les Moulineaux, désert le samedi matin.  on passe devant Microsoft. Premier passage sous le périf : une station-service avec lavage-auto y est coincée .

héliport et ministère de la Défense

Retour Paris XVème : nous entrons dans le grand Parc Suzanne Lenglen, grand Parc de sport de la Ville de Paris et parc de promenade avec vue sur l’Héliport et l’Hexagone Balard, Ministère de la Défense,  équivalent du Pentagone américain. Il y a aussi une ferme pédagogique, qui a dû fermer pour garantir le bien-être animal, l’enfer est parfois pavé de bonnes intentions! Cette grande plaine de Grenelle a été attribuée à l’armée en compensation de la construction de la Tour Eiffel sur le Champ de Mars qui était alors un terrain de manœuvres. Ce terrain a été un lieu d’essais aéronautiques . La toponymie du quartier garde le souvenir des exploits des pionniers de l’aviation. Cette plaine facilement inondable a aussi donné des idées pour la construction d’un canal droit qui relierait Paris à la Mer, drôle d’idée, la Seine remplit déjà cet office. On a aussi pensé à y faire des naumachies. Si le bassin des naumachies n’a pas été réalisé le complexe d‘Aquaboulevard se dresse à la sortie du parc.

le tobogan d’aquaboulevard

Porte de Versailles

Nous passons devant le Monument Farman : stèle commémorant l’exploit de l’aviateur sur Biplan Voisin le 13 janvier 1908. Le chantier de la Tour Triangle est en pleine activité. Alors qu’on bétonne les étages supérieures, la muraille de verre penchée est déjà posée. Sous certains angles la tour apparait comme une seule arrête coupante

la Tour Triangle en construction

Le Parc des Expositions a pris un coup de vieux à côté de l’insolente « modernité » de la Tour. Est-elle vraiment moderne ou est-ce une relique de l’ancien monde qui bétonne à tout vat? 

par des Exposition et Tour Triangle

Rue de Vaugirard, un escalier nous mène à la Petite Ceinture près de l’ancienne gare aménagée Ligne 15 . La Petite Ceinture a été ouverte aux voyageurs de 1854 à 1934. la friche a été réhabilitée en une promenade piétonne sur des planches. Occasion pour Jens de nous signaler le Projet Aramis, qui a expérimenté un transport par petites rames autonomes. Bruno Latour a analysé l’échec d’Aramis dans son livre Aramis ou l’amour des techniques faisant d’Aramis le personnage principal de l’ouvrage. 

Le parc Georges Brassens occupe l’emplacement des anciens abattoirs de Vaugirard. C’est un joli parc bien en pente, nous descendons le long d’une sorte de ruisseau jusqu’à un beffroi, clocher pointu et horloge sonnant les heures rythmant le travail des abattoirs. Des porches monumentaux ornés d’un bœuf et plus loin d’un cheval rappellent le passé. Vaugirard  (1814 – 1976)était connu comme abattoir hippophagique. La mort animale, comme à la Villette était rejetée aux limites de la ville. les animaux arrivaient par train ; La rampe qu’ils descendaient était marquée de reliefs arrondis pour que les animaux ne glissent pas, est encore visible. 

Sous les anciennes halles métalliques se tient un marché aux livres d’occasion très bien fourni.

Jens nous signale le film Le Sang des Bêtes de Franju et nous fait la lecture d’extraits du livre de Murielle Pic, En regardant le Sang des Bêtes. Sujet trop dur!

Malakoff : pavillons et jardin au fond très grand ensemble

Malakoff est une commune récente qui s’est détachée de Vanves en 1883. Son nom provient d’un parc d’attraction au thème de la Guerre de Crimée qui possédait une tour : la tour Malakoff. Finalement, le village a pris le nom du parc. Banlieue de la ceinture rouge, la toponymie en garde le souvenir, elle est en voie de boboïsation. Ses rues tranquilles avec les petites maisons dans les jardins, les sentes, les cafés sympas, boutiques de thés et centres d’art en font un environnement prisé. Nous sommes invitées dans le jardin du Centre d’Art où nous piqueniquons. 

Ce Centre d’Art se livre à une expérience écolo : « sans fluides », sans eau et sans électricité, ni téléphone, ni ordinateur, peut-on encore vivre?  Nous sommes invités à visiter l’exposition en cours Les Moulineuses ayant pour thème les grèves des travailleuses ainsi que la visite de la Cuisine sans fluide. Des panneaux de toile de jute marron portent des champignons, la culture des pleurotes comme œuvre d’art? ou comme culture sans eau ni chauffage? A vrai dire, je ne suis pas très convaincue par la composante artistique ni par le vocable de « chercheureuse » comme féminin de chercheur. Pourquoi pas chercheuse? A moins qu’il n’y ait un point au milieu. L’écriture inclusive se lit mais se prononce mal.

le Beffroi de Montrouge

Montrouge se distingue de Malakoff, en passant d’une commune à l’autre on perçoit la différence. Surtout que nous longeons tout un quartier enclos dans d’élégant grillages, mais grillages quand même qui interdisent de profiter des jardins qui entourent les bâtiments du Crédit Agricole. L’emprise foncière de cette banque est telle que la municipalité a dû la limiter. Le Centre de Montrouge comporte des bâtiments imposants comme le Beffroi de briques – centre culturel construit en 1933. Un autre monument remarquable est l’église Saint-Jacques-le-MajeurNous avions d’abord remarqué les coquilles Saint-Jacques emblème des pèlerins de Compostelle sur le trottoir. La grande église de béton n’a pas de campanile, on ne l’identifie pas de l’extérieur comme église. Elle fut construite de 1934 à 1940 mais fut rapidement détériorée. Une restauration a été effectuée en 2013.

Saint jacques le Majeur

Une fresque de 300m2 occupe tout un côté de la nef, elle a été réalisée par un collectif d’artistes ce qui est assez étrange parce que l’ensemble est très   cohérent

fresques de Saint jacques le Majeur

une frise de vitraux en coquilles saint jacques borde toute la nef et illumine l’ensemble.

Halte devant l’entrée d’une cour des HBM en briques construites dans les années 30 le long des boulevards des Maréchaux. Marion nous raconte la vie dans ces immeubles, appartements vastes et traversants, rencontres et jeux d’enfants dans les cours. Des logements bien conçus!

cité universitaire sous les cerisiers

Nous traversons la Cité Universitaire Internationale, campus dans un parc aux cerisiers en pleine floraison. Les bâtiments, derrière les frondaisons, sont variés, certains de style anglosaxons. En cette belle après midi, une grande pelouse est envahie d’une foule paisible comme en plein été. 

Eglise du Sacré Cœur de Gentilly

La passerelle du Cambodge enjambe le périphérique jusqu’à la grande église du Sacré Cœur de Gentilly à l’aplomb de la route. Cette église néo-byzantine avec ses grands anges verts m’a toujours étonnée. Construite en 1933-1936 pour les étudiants, elle a été désertée surtout après la fermeture de la passerelle dans les années 60. En 1979, elle a été affectée à la communauté portugaise qui l’anime. Nous franchissons la passerelle du Cambodge, longeons l’église et découvrons une autre passerelle au-dessus de l’autoroute A6. L’église est donc un îlot entre deux voies de circulations majeures.

Gentilly est une ville très pentue. Après avoir descendu un raidillon dans des quartiers très tranquilles et silencieux malgré la proximité des axes majeurs. On arrive sur la Place Doisneau, puis par le passage des Lavandières de la Bièvre sous la médiathèque, à la Maison de la Photographie où se déroulent des expositions de photographes (en ce moment Harold  Feinstein).

Nous retournons vers Paris par le Parc Kellermann construit en terrasses arborées d’où on a une belle vue sur le périphérique et au delà sur la banlieue. Panorama idéal pour une vue d’ensemble sur la géologie de Paris et de sa région. 

Joie collective – Apprendre à Flamboyer au palais de Tokyo

Exposition temporaire 21/02 – 11/05/25

André Tot

Joie collective sur les Champs Elysées, années 70, manifestations heureuses.

 

Bandes portées au Carnaval de Sao Salvador de Bahia

Joie collective du Carnaval!

Le Palais de Tokyo est un lieu très cool. L’art contemporain n’est pas du tout rébarbatif ou difficile d’abord. On y est très bien accueilli. Des médiateurs.trices prennent en charge les visiteurs pour une visite de 30 minute personnalisée.

Moki Chery : textile

Des espaces invitent le public à participer dans une expérience collaborative. La couleur violette indique qu’on attend une participation active du public. Sur une petite scène une adolescente joue à la vedette. On peut colorier une œuvre qu’un plasticien, Dimitri Milbren a dessinée

Babyfoot panafricain de Bocar Niang (Sénégal)

Le babyfoot panafricain de Bocar Niang invite au jeu collectif . pas de boules pour jouer mais on peut voir de près les personnages, reconnaître Rosa Park ou Nelson Mandela.

Cosmorama Montreuil

Oeuvre collective que le Projet participatif à Montreuil dans le quartier Morillon où les habitants ont suspendu un maillot de foot de l’équipe malienne . Et où les enfants ont décoré la porte bleue

les enfants devant la porte bleue

Musique en vidéo sur un très grand écran des tubas cuivres et contrebasses se répondent à la Nouvelle Orléans. On regarde, on écoute, on commente on bavarde avec des inconnus;

Cindy Bannani – manifestation marche de 1983

Notre visite se termine en broderie. la brodeuse Cindy Bannani a imaginé une installation avec ses tableautins brodés des marcheuse en manif. sur une table une banderole doit être brodée : il y a du matériel, coton à broder, cercles de bois ajustables, aiguille, j’ai réclamé un dé. Chacun, chacune plutôt peut mettre son point à la création collective. En brodant on échange, on bavarde, on se lie. La plasticienne n’a pas pu afficher de keffieh, cela fait débat! 

on nous a tant promis. on nous a menti

je ne vous ai pas parlé des expos photos, des vidéos, de la musique….

Apocalypse à la BnF

CHALLENGE PRINTEMPS DES ARTISTES 2025

initié par La boucheaoreille 

Exposition temporaire jusqu’au 8  juin 2025 à la Grande Bibliothèque

Anne Imhof – 2022 – huile sur toile dimension XXL

La toile d‘Anne Imhof – l’affiche de l’exposition – m’a induite en erreur. Je m’attendais à des documents sur la fin du monde, guerres, inondations, cyclones, ce que l’actualité télévisée nous sert quotidiennement et qui devient apocalyptique.

Kiki Smith – tapisserie – guide l’aigle du malheur

Les conservateurs de l’Exposition mettent dès l’entrée les pendules à l’heure. Dans le monde contemporain, l’Apocalypse évoque des catastrophes, mais  il n’en a pas toujours été ainsi. Au sens étymologique, elle correspond plus à une révélation ou un dévoilement et annonce le Royaume de Dieu.

jean le visionnaire – tapisserie – Angers

Les premières salles vont donc raconter l’Apocalypse telle que l’a écrite Jean de Patmos, comme la Tapisserie de l’Apocalypse du Château d’Angers.  Des œuvres modernes illustrent cet effroi comme l’aquarelle de Gustave Moreau ou la petite peinture d’Henri Michaux, la lettre du voyant de Rimbaud ou les textes d’Antonin Artaud. 

Unica Zürn

N’oublions pas que l’exposition se tient à la Grande Bibliothèque, qui présente naturellement de merveilleux manuscrits enluminés 

BEAtus de Saint Sever

Collection merveilleuses de gravures de Dürer  qui a dessiné toute une série 

Dürer les quatre cavaliers de l’Apocalypse

Sans parler de celles de Goya, j’ai eu bien du mal à choisir mes préférées , bien grinçantes fantastiques 

Goya

Etonnantes aussi celles d’Odilon Redon. L’ordre chronologique adopté par l’Exposition 

Odilon Redon

Au XXème siècle, l’Apocalypse n’est plus le texte de Jean mais la Grande Guerre. Otto Dix s’en est inspiré

Otto Dix  – Errinnerungen an die Spielsale von Brüssel

On voit également des photos de Brassai, une grande tapisserie de Lurçat

La fin de l’exposition présente des œuvres contemporaines intéressante comme les aquarium d’Hicham Berrada que je retrouve avec beaucoup de bonheur

Hicham Berrada

Je découvre  l’énorme tapisserie d’Otobung Nkanga sur des thématique marines : surexploitation des fonds océaniques

Otobong Nkango : Unearched midnight

 

je me suis laissée surprendre!

Wax au musée de l’Homme

Exposition temporairejusqu’au7 septembre2025

Photo Thandiwe Muriu

l’Exposition Wax se déploie sur deux niveaux : au foyer au 1er étage et autour du Balcon des Sciences au second. Je vous conseille de commencer au balcon où vous apprendrez l‘histoire du wax 

Histoire du wax

L’histoire du wax est d’abord une histoire coloniale. Elle commence en Indonésie avec le Batik traditionnel. Impression à la cire qui a donné son nom au tissu imprimé. Le wax fut ensuite exporté en Afrique de l’Ouest où il a gagné un beau succès. Le wax fut fabriqué principalement aux Pays Bas (Vlisco) ainsi qu’au Royaume Uni où les filature de Manchester trouvèrent des débouchés en particulier au Nigéria. Dans les années 60, avec les Indépendances, le wax devint le symbole de l’africanité. La fabrique Vlisco s’installa en Côte d’Ivoire et le commerce de ce tissu fut à l’origine de la fortune des Nanas Benz  du Togo

Les Nanas Benz, riches commerçantes posant devant leur Mercédès Benz

Si vous voulez acheter du tissu, point n’est besoin de prendre l’avion pour Cotonou ou Lomé. Il suffit de descendre à la station de métro Château Rouge.

 

Wax de Château Rouge

Cependant, porter un vêtement de wax à Paris, ne va pas de soi. D’abord il est merveilleusement frais sous les latitudes tropicales, mais ici, sous la pluie…Ensuite vous serez peut-être accusés d’appropriation culturelle. Ce tissu étant considéré par certains de marqueur identitaire. Pour ma part, le concept d’appropriation culturelle m’agace. Comme si il fallait être violée pour parler de viol, mexicain pour tourner une comédie musicale fantaisiste mexicaine à Bry sur Marne….et australopithèque pour faire « revivre » Lucy . 

motif pintade

Sur le balcon vous pourrez vous familiariser avec les différents motifs. Certains sont tout à fait codés avec des allusions à la vie conjugale

L’oiseau qui s’échappe de la cage serait un avertissement pour un mari volage!

Le sac à main de Michelle obama

Certains motifs sont politiques : les candidats ou présidents n’hésitent pas à imprimer leur portrait, y compris à côté de Valery Giscard d’Estaing, des pagnes comme affiches électorales. D’autres sont féministes comme le portrait du Prix Nobel Denis Mukwege. D’autres montrent les congrégations religieuses

Toniya Nneji : tableau représentant un pagne en wax de sa mère

Au Foyer, l’exposition est celle de la création artistique contemporaine avec les grandes photos de Thandiwe Muriu

la série de ventilateurs du plasticien camerounais Lamine M symbolisant ses interrogations au sujet du réchauffement climatique. 

les créations des stylistes montrent une utilisation très contemporaines de ces tissus comme le bomber

Bomber au motif des léopards du Bénin (qui ressemblent plutôt à des dinosaures)

une exposition colorée qu’on peut voir en complément de celle sur les Migrations

Art « Dégénéré » : le procès de l’Art moderne sous le nazisme – Musée Picasso

Exposition temporaire du 18 février au 25 mai 2025

Georg Grosz : Metropolis (1919-1917)

Le concept de dégénérescence : Entartrung correspond à une publication de Nordau en 1892, avec la publication de Kunst und Rasse en 1928, la dégénérescence fut intégrée à l’idéologie raciste.

Ernst Ludwig Kirchner : rue de Berlin avec auto

 

 

En 1937 fut inaugurée à Munich une exposition d’Art dégénéré, en parallèle à la Grosse Deutsche KunstAusstellung, art officiel du Reich. L’exposition du Musée Picasso présente les tableaux sur les murs qui rappellent cette exposition et où sont visionnées des scènes de rue de la visite de Hitler, des processions avec drapeaux nazis, un drakkar accompagné de jeunes filles, des cavaliers…

Fragments de sculptures trouvées dans une fouille pour le chantier du métro de Berlin

Le visiteur est accueilli par 4 très belles sculptures, 16 fragments de sculptures retrouvées dans une fouille archéologique avant la construction du métro de Berlin. Sculpture martyres détruites dans la purge nazie attribuées à Karel Niestrath, Emy Roeder, Marg Moll et Richard Harzman.

Paul Klee : légende des Marais

Kandinsky, Paul Klee, enseignants reconnus du Bauhaus, subirent cet ostracisme. 

Deux amies – Karl Hofer

Je découvre ici Karl Hofer, renvoyé de l’Académie des Beaux Arts en 1934 à cause des origines juives de sa femme Mathilde, assassinée à Auschwitz en 1942. 

Chagall le Rabbin La Prise

Sans surprise Chagall est « dégénéré » mais pas seulement , il est pris comme exemple dans la propagande antisémite, il illustre une nouvelle de Peretz ; le rabbin vend son âme à Satan pour une pincée de tabac. 

 

Otto Freundlich : Hommage aux peuples de couleur

A partir de 1924, Otto Freundlich vit en France mais il fait partie des 1935 du collectif des artistes allemandes antifascistes. Dans une vitrine on peut lire quelques lettres de sa correspondance avec Picasso. D’une famille juive convertie au protestantisme, il se réfugie dans les Pyrénées Orientales mais il est arrêté, conduit au camp de Gurs puis à Drancy et meurt à Sobibor .

Max Beckmann ; Cabine de bain

20 000 oeuvres furent retirées des musées allemands : Berckmann, Picasso, Kandinsky,  Nolde, Hofer .Goebbels développe une exploitation lucrative de cette purge en mettant aux enchères les œuvres les plus connues : Van Gogh, Matisse, Gauguin, Picasso etc…furent vendus comme La Famille Soler qui fut acquis par le Musée de Liège.

Picasso : La famille Soler

j’attendais Otto Dix, sans surprise à côté d’un masque à gaz, cette sortie d’usine: 

Otto Dix : Fin de la journée des ouvriers de la Métallurgie

 

 

Salgado à la galerie Polka Genesis Platinum

Exposition temporaire jusqu’au 15 mars

Passant Rue Saint Gilles, je suis entrée dans la Galerie Polka et j’ai eu l’excellente surprise de trouver l’Exposition Salgado dont la renommée est telle qu’il est inutile de le présenter.

J’avais été impressionnée de son exposition Amazonia à la Philharmonie CLIC

Le photographe brésilien a photographié tous les continents : des glaces des icebergs aux populations et animaux de l’Afrique . Photographie à toutes les échelles : j’ai adoré la patte de l’iguane et les textures des fougères.

La belle surprise  : la cour de Venise, cachée derrière le portail du 12 rue Saint Gilles. Il faut passer par la galerie pour découvrir ce bel espace paisible, pavés et jardins. Un arbre vénérable est protégé par une grille.

Musée Historique du Gaz de Ville –

TOURISTE DANS MA VILLE

Lustre à gaz

Sur les bords de Seine, 25 quai de la Révolution, à Alfortville, sur l’emplacement de l’ancienne usine à gaz, se trouve un Musée du Gaz de Ville géré par l’association AFEGAZ-COPAGAZ. La visite est accompagnée, le site est sensible, il faut donc réserver. 

Le Gaz de Ville ou gaz manufacturé provient de la distillation de la Houille. Son inventeur est Philippe Lebon (1767-1804) qui déposa en 1799 le brevet de « thermolampe« ., ouvrant ainsi la voie à l’éclairage à gaz. Parallèlement cette technologie se développa en Angleterre. 

maquette d’une petite usine à gaz – à côté maquette des fours- morceau de coke obtenu après chauffage.

Les premières usine à gaz d’éclairage se trouvaient à Paris en centre ville. Ces petites usines en ville donnèrent le nom de ce gaz manufacturé de Gaz de Ville. Et Paris qui fut équipée en éclairage urbain gagna celui de Ville-lumière.

 Le gaz était obtenu dans des fours où était chauffée la houille. Le gaz obtenu était un mélange d’hydrogène, de gaz, de monoxyde de carbone (5 à 8%). Le résidu solide était le coke, d’autres produits résiduels, goudrons, brai et divers produits chimiques utilisés par les industries chimiques, premiers début d’une industrie pharmaceutique. 

La houille arrivait de Lorraine et le coke y retournait pour les aciéries. Ces usines à gaz étaient donc également des cokeries. La toponymie garde le souvenir de la Cokerie, l’arrêt de l’autobus 103 s’appelle justement « Cokerie ». L’usine d’Alfortville était de très grande dimension; elle ne fut active qu’entre 1950 et 1970. La houille arrivait par le rail et par voie fluviale, un port avait été aménagé à proximité dans une darse sur la Seine.  L’arrivée du Gaz Naturel ou Gaz de Lacq ayant provoqué sa fermeture. A noter que la composition du Gaz naturel est tout à fait différente de celle du gaz de ville. 

Au cours du XIXème siècle le réseau du gaz s’est étendu dans la ville de Paris. Tout d’abord les tuyaux étaient en bois, puis utilisa la fonte, la tôle bitumée et même le carton bitumé. Actuellement, ils sont en polyéthylène. Les usines à gaz quittent progressivement le centre de Paris pour la Banlieue, principalement Saint Denis, Gennevilliers et Alfortville. Quand les usines s’agrandissent les canalisations se compliquent et s’enchevêtrent : ce qui a donné l’expression bien connue d »usine à gaz » désignant une organisation très complexe.

Nos conférenciers sont d’anciens gaziers qui donnent leur expertise et leur sincérité à leur discours passionnant. A l’aide de photographies d’époque, ils décrivent la pénibilité des travaux et de la manutention.

L’utilisation du gaz d’éclairage changea complètement la vie quotidienne et permit avec l’éclairage des ateliers et par là la Révolution Industrielle. Le musée présente une magnifique collection d’objets usuels. Une curiosité : une sorte de bouteille de grès avec un purgeur pour recueillir l »eau dans le gaz » en effet, ce gaz de ville était très humide et la condensation de la vapeur en liquide pouvait obstruer le conduit. Encore une expression que l’on emploie sans en connaître l’origine!

Rééverbère

l‘éclairage urbain avec ses réverbères (et ses allumeurs de réverbères) est bien représenté. Une démonstration d’allumage avec une haute canne montre le procédé.

lampe de salon

Une recherche de meilleur éclairage, en orientant les becs, en ajoutant des manchons, des réflecteurs, est couplée avec une recherche esthétique . les lampes à gaz sont de véritables œuvres d’art déco. Grande technicité aussi pour les lampes destinées aux dentistes et aux ophtalmologistes.

gazinières émaillées en couleur

Gaz pour l’éclairage mais aussi pour le chauffage et la cuisine. Le gaz apporte le confort dans les maisons et les ateliers (terrifiant casque de coiffeur).

Publicité!

le musée montre aussi une collection de publicités d’époque souvent croquignolesques

Publicité pour un chauffage tout à fait sophistiqué (mais les gaz de combustion se dispersaient dans la pièce)

Dans la salle de bain aussi :

Chauffe eau!

Une visite surprenante! J’attendais un site industriel et je vois une collection de beaux objets! Deux siècles de modernité?