C’est davantage une leçon d’Histoire illustrée qu’une exposition de peinture classique. D’ailleurs, les objets, les explications tiennent plus d’importance que les tableaux qui sont soit très connus, soit de moindre importance.
Meissonier : les ruines ddes Tuileries
A l’entrée, paradoxalement , le tableau de Meissonier représente les Ruines des Tuileries, marquant la fin du règne de Napoléon III avec la Commune.
La Fête impériale doit éblouir l’Europe dans le luxe et l’éclectisme.
Winterhalter : Eugénie
La première salle présente les portraits officiels de l’Empereur et d’Eugénie, de Winterhalter, diffusés à multiples copies tandis que Gérôme a peint la réception officielle des ambassadeurs siamois qui rampent en présentant leurs présents. Commande officielle, pour laquelle l’artiste s’est aidé des photographies des protagonistes.
Gérôme : réception des ambassadeurs du Siam
En face, autre tableau de commande : L’Empereur visitant les inondés de Tarascon par Bouguereau, autre facette pouvoir, l’Empereur le détenant directement du peuple (par le suffrage universel). Les couronnes d’Eugénie et une pendule complètent des attributs de l’empire. Le Berceau offert par la Ville de Paris s’inspire du berceau du Roi de Rome. C’est une nacelle (rappelant Fluctuat nec Mergitur) décorée par les meilleurs artistes parisiens. Il est amusant de remarquer que le Préfet de Paris était Haussman et l’architecte Baltard.
Résidences impériales
Des dessins de projets et des photographies montrent les travaux aux Tuileries et au Louvrequi furent alors réunis. L’inauguration du Canal de Suez et nombreux décors éphémères de célébrations impériales sont illustrées par des photos et des aquarelles. De grands tableaux montrent les autres châteaux occupés par la famille impériale : une résidence par saison, les Tuileries en hiver, Saint Cloud au printemps, Fontainebleau l’été et Compiègne à l’automne.
Portraits
Cezannes : portrait d’Achille Empéraire
Une grande salle tendue de grenat montre les portraits d’une société narcissique (selon l’audioguide) de James Tissot qui flattait ses modèles, d‘Ingres (l’affiche de l’exposition) mais aussi moins officiel : Courbet représentant Proudhon, ou Cézanne qui a peint son ami, le peintre Empéraire, jouant avec l’homophonie Emperaire/Empereur parodie de portrait officiel, Empéraire en robe de chambre à la place du manteau d’apparat….Je reconnais aussi le Balcon de Manet, un Degas, bien à leur place à Orsay, un peu plus loin Lola de Valence de Manet …
Les tendances de l’architecturede l’époque sont détaillées dans les salles suivantes :
Style Néogothique avec Viollet-le-Duc
Orientalisme avec des meubles éthiopiens dans le château néo-gothique
La villa pompéiennedu prince Napoléon occupe toute une salle.
Villa pompéienne avenue Montaigne
Le château de Ferrière des Rothschild…
Toute une section est dédiée aux spectacles: théâtre et Opéra, aux grands Boulevards, aux Salons pour les peintres, et aux Expositions universelles.
Tandis que les nouveaux loisirs se déroulent hors Paris grâce au chemin de fer, courses, bains de mer avec l’architecture balnéaire à Trouville ou ailleurs.
On assiste à la naissance de l’Impressionisme dans ces nouveaux lieux à la mode comme Bougival ou les plages (je pense à l’exposition Sorolla, vue il y a peu).
Avec cette exposition, on passe en revue, non seulement les lieux de pouvoir mais aussi la vie quotidienne des classes privilégiées enrichies par la prospérité économique.
« Le Voyage métropolitain questionne, explore et révèle les territoires de la métropole. Des marches exploratoires et collectives, une attention à ce qui nous entoure, mais aussi le partage d’impressions et de connaissances…. »
la rampe du parking des Arcades : vertèbres d’un énorme dinosaure
Nous sommes sortis du RER A au Mont d’Est à Noisy -le -Grand par un très beau jour de Novembre sous un soleil éclatant. Nous nous promenons d’abord sur la dalle jusqu’à un étonnant carrefour des miroirs, descendons une rampe en colimaçon, aux bizarres vertèbres de reptile géant, descendant aux parkings du centre commercial des Arcades. Ce centre commercial, sous la dalle est discret, rien ne permet de le soupçonner au premier abord.
Il fait sombre dans la cour du Théâtre
Important le soleil pour découvrir le Palais d’Abraxas de Ricardo Bofill!
Palais, Théâtre, Arc.
18 étages, 600 logements concentrés dans un ensemble impressionnant. Un palais rose, aux fenêtres toutes pareilles. Une dame noire opulente dans sa robe rouge est accoudée, dès qu’elle perçoit notre présence, elle rentre. Dommage, j’aurais aimé une figure humaine pour la photo. Parce qu’il semble que l’architecte ait oublié les humains! Qui peut vivre dans ce monument? La réponse s’impose : des pauvres gens! Cela se voit aux rideaux, si on peut appeler rideaux, ces chiffons, ces pagnes, et même le papier journal collé sur les carreaux. Trois petites filles blackettes aux cheveux tressés jouent en bas, dans le théâtre. J’ai aimé découvrir cette réalisation architecturale, la photographier sous le soleil. Mais je suis saisie à l’idée que des gens puissent habiter, ainsi. Pas un balcon, des vis à vis gênants (d’où les rideaux). Et encore! il fait beau. On peut imaginer sous la pluie, comment le Palais a gagné le surnom d’Alcatraz. Je ne peux nier l’intention esthétique de l’architecte. Intention généreuse de ne pas construire des tours et des barres comme dans les années 60 ou 70. Offrir aux banlieusards un palais….qui maintenant se délabre. On a même envisagé en 2006 de le détruire. Dans un article du Monde daté 8.2.2014, une interview de Bofill: d’après lui, l’expérience est en partie réussie, en partie ratée.
palais d’Abraxas
Réussie, techniquement : les espaces d’Abraxas inaugurent un nouveau système de fabrication : le préfabriqué.
Ratée socialement « ratée car quand on est jeune et très utopique, on pense qu’on va changer la ville et finalement rien ne s’est passé[…]dans ces quartier, les gens brûlent leurs logements. Ils les haïssent »
La condition de la réussite était de mêler les catégories sociales et de ne pas dépasser les 20% d’immigrés. Les populations ne se sont pas mélangées.
Les Camemberts ou les Arènes de Picasso
Les Camemberts de Noisy
Ils se remarquent de loin. Le soir, de mon balcon de Créteil, ils brillent en reflétant le soleil couchant. Deux disques encadrent une place octogonale, la place Pablo Picasso comprenant 540 logements mais aussi une crèche, un groupe scolaire, et des boutiques. Ils sont l’oeuvre de Manuel Nunez Yanowsky, natif de Samarcande(1942), mais arrivé en Espagne en 1957, il est diplômé de Barcelone et fait partie du « Taller de Arquitectura » avec Bofill.
Les Arènes de Picasso
A l’intérieur d’un groupe de statues féminines étranges, naïades aux chairs généreuses et à la longue chevelure qui leur sert de support, on a gravé le portrait de Picasso. Je ne m’expliquerai cette bizarrerie qu’en apprenant de retour à la maison quel’ensemble s’appelle les Arènes de Picasso.
Le portrait de Picasso au coeur des opulentes chevelures
Noisy le Grand est diverse, et variée. Non loin des expériences architecturales, on traverse un quartier de pavillons. Retour de la voiture, grosse cylindrée familiale garée devant le pavillon. Puis on atteint la médiathèque avec façade de verre en avant du corps de bâtiment, très actuelle (je commence à me lasser de ces façades de verre devant les gares, les médiathèques….) la rue principale du village ancien est bouchée par la mairie de briques et pignons, irruption d’un siècle précédent. Sur cette rue, une brocante et un rassemblement de voitures anciennes. Enfin, une foule sympathique venue flâner devant les étals, faire des selfies devant les belles voitures rutilantes.
Bains douches
Des Bains-douches se font remarquer à l’angle d’une rue en pente, jolie vue sur la Marne. Nous descendons une promenade pavée avec bassins de granite et ruisselet qui s’appelle Promenade François Mitterrand (tiens! comme chez nous à Créteil). Avant d’arriver à la Marne, la marque jaune du PR nous fait faire le détour qui nous fera découvrir un petit bassin rond au dessus d’une grotte – une source peut être?- avec une arche romane à l’entrée.
Bassin et reflets
La promenade longe maintenant la Marne, très belle sous les ors et les rouges de l’automne. On croise une procession silencieuse de moines bouddhistes.
Péniche ou house-boat?
Une tour sans grâce est accompagnée d’un bel arbre. Sûrement pas un chef d’oeuvre à primer, mais une belle vue sur une pelouse et la rivière. Si j’avais à choisir entre le Palais de Bofill ou cette banalité sur Marne, que choisirais-je? Il faut aussi compter avec la proximité du métro.
Tour banale, mais peut être plus habitable que les Palais de Bofill
Champs-sur-Marne peut aussi s’enorgueillir d’immeubles originaux : les Pyramides , chaque appartement possède une terrasse-jardin. Ces Pyramides auraient pu aussi s’appeler les jardins suspendus. En revanche le Centre Commercial des Pyramides précédé d’un parking en surface fort étendu, ne brille pas par l’originalité. Et le rond point décoré de pyramides beiges, non plus.
Pique-nique dans le parc du Château de Champs sur Marne
Nous contournons par une rue provinciale et charmante le parc du château de Champscaché par un grand mur, meulière et silex. Nous pique-niquons dans le parc autour d’une statue de Diane chasseresse confortablement assis sur des marches.
Je pensais qu’on descendrait directement à la Chocolaterie Menier sur le bord de la rivière au bout du parc. J’avais oublié que des architectes ont organisé la promenade. Ils font le détour pour observer le château d’eau entouré d’un cadre de croisillons de bois formant une Tour de Babel végétalisée de 35 m de haut. La végétation est clairsemée elle ne semble pas avoir colonisé les étages supérieurs on a installé les ampoules de Noël.
Cité ouvrière de Noisiel : réfectoires
Crochet pour découvrir la Cité Ouvrière Menier de Noisiel. Les patrons de la chocolaterie, paternalistes, avaient intégré tout le quotidien de leurs employés logements mitoyens avec des petits jardins pour les ouvriers, maisons plus grandes aux coins des rues pour les ingénieurs, crèche,lavoir, dispensaire. Autour de la grande place on peut encore voir le réfectoire, l’école et les cafés. La statue de Menier se trouve sur un socle où des bas reliefs montrent les installations industrielles.
Chocolaterie Menier
La Chocolaterie est maintenant le siège des bureaux de Nestlé. Le bâtiments sont magnifiques. Nouveauté! On peut maintenant visiter la Chocolaterie en s’y prenant à l’avance et en réservant ici. Des bords de la Marne en grimpant un peu on a une belle vue.
La randonnée s’est poursuivie en bord de Marne jusqu’à Chelles par les îles encore un peu sauvages et nous avons grimpé la Montagne de Chelles jusqu’au fort.
Exposition de photos : très belles photos animalières du japonais Manabu Miyazaki » un ours noir joue avec un appareil photo », « Geai et Mésange variée »
Vidéogrammes : Les Oiseaux artistes. Sur des écrans plats, des parades nuptiales de Paradisiers, d’un ménure tout à fait spectaculaire, de jardiniers qui décorent leur nid et offrent des cadeaux à leurs belles….
Les bruits de la nature – JP Mika
Peintures : principalement africaines.
Je reconnais les motifs d’Abomey par le béninois Cyprien Tokoudagba. Un amusant Concert de la Sape, de Pierre Bodo me rappelle une exposition de peinture africaine Beauté Congo présentée ici même, grands acryliques très colorés
Dans une autre salle une fresque spectaculaire du chinois Cai Guo-Quang rappelle étrangement l’art pariétal préhistorique. Une vidéo montre la réalisation de cette oeuvre « à la poudre à canon » dans un hangar un premier modèle posé au sol permet de réaliser des pochoirs, puis on saupoudre de poudres diverses le support qui est caché par du carton. Le feu se propage, le résultat est étonnant et ressemble plus aux techniques préhistoriques qu’aux fresques actuelles. Autour d’une mare blanche les animaux, grandeur nature, girafe, rhinocéros, tigres etc…viennent se désaltérer, on voit en bleu le reflet de leurs silhouettes.
Le plus étonnant, et aussi très intéressant, écolo-militant, dans une salle noire, photos et graphiques montrent le déclin de la biodiversité. Les courbes sont éloquentes, toutes les familles déclinent. Une illustration sonore réalisée par Bernie Krause montre le déclin des bruits de la forêt enregistrés à quelques années d’écart.
Le spectacle le plus original est dans une salle noire où l’on peut entendre une symphonie planctonique : Chroniques du Plancton. Des microphotographies de diatomées, radiolaires, larves d’oursins, méduses sont projetées sur des écrans au sol, ces micro-organismes déformés ou simplement agrandis, nageant, disparaissant, forment un spectacle zen.
Un spectacle étrange, contemplatif, écolo, militant!
Deux expositions presque simultanément sur les lieux consacrés à Monet et à l’Impressionnisme: Sorolla à Giverny et Monet, Munch, Hodler à Marmottan. La mode cette année est-elle de faire dialoguer les peintres? Je goûte énormément ces rencontres qui offrent un point de vue nouveau sur des écoles qu’on imagine séparées.
Hodler (1858-1918), Monet(1840-1926) Munch (1863-1944) contemporains ne se sont jamais rencontrés, chacun a effectué des recherches originales dans des voies différentes, mais chacun dans la lumière et la couleur.
hodler
Peindre l’impossible est le sous-titre de l’exposition
« J’ai repris encore des choses impossibles à faire : de l’eau avec de l’herbe qui ondule dans le fond… c’est admirable à voir, mais c’est à rendre fou de vouloir faire ça» Monet
En introduction, une courte présentation des trois peintres : trois autoportraits. L’essentiel de l’exposition s’organise autour de ces thèmes impossibles à rendre : les montagnes, l’eau, la neige, le soleil et la lune, pour terminer par Couleurs.
Le grand maître des montagnes est sans conteste le suisse Hodler. Dans le Lac de Thoune ou le Lac Léman les sommets se reflètent, ou émergent d’une mer de nuages ou de bancs de brume. Le contraste entre le tracé extrêmement précis, structuré, presque géologique, des sommets et le flou de la brume est surprenant.
Lac de thoune et chaîne du stockhorn
Le premier tableau : Le Lac de Thoune et la Chaîne du Stockhorn est construit en couches parallèles bleues ou jaunes , 7 lignes bleu-clair, de brume traversent le tableau et la montagne. Au premier plan, de très petites taches vertes donnent du relief. De nombreux tableaux de montagnes sont accrochés : Le Mont Mönch net et structuré, le bâti est souligné d’un trait bleu ou rouge, surmonté de jolis nuages blancs en forme de virgule. La Jungfrau, l’Eiger et le Mönch au dessus de la mer de brouillard .
Monet : Mount Kolsaas
Monet s’est aussi essayé avec bonheur à peindre le Mont Kolsaas(Norvège) là où je ne l’attendais pas du tout.
paysage de Thuringe
Pour la neige, c’est Munch qui excelle avec des personnages très colorés qui se détachent. En regardant avec plus d’attention, je découvre les flocons tombant sur cette Neige fraîche sur l’avenue que l’on a choisie comme affiche de l’exposition. Et j’ai eu un coup de cœur pour le Paysage de Thuringeoù les limites des champs enneigés sont soulignés de rouge, brun ou vert. Monet, bien sûr n’est pas de reste….
Monet
Le thème de l‘eau n’échappe pas à Monet avec une barque dansle courant de l’eau souligné par les ondulations des végétaux. Peinture de maître!
Autre thème : les astres , coup de cœur cette fois-ci pourMunch, et à plusieurs reprises! Sa nuit étoilée a une parenté avec celles de Van Gogh!
munch soleil
Pour terminer, Couleurs glorifie les teintes chaudes de rouge et d’orange!
Une très belle exposition, donc. Seul Bémol, les salles sont exiguës à Marmottan et si trois groupes suivent leurs conférencières, les visiteurs individuels ont du mal à accéder aux tableaux. J’ai donc fait la visite dans le désordre pour revenir aux salles moins embouteillées.
Sorolla, le peintre valencien, très parisien également, que j’ai cherché à Valence s’expose à Giverny chez Monet. Ce matin, dernier jour de l’exposition, et sous un ciel sans nuage, nous avons donc fait le voyage et ne l’avons pas regretté.
Sorolla au Musée Impressionniste, impressionniste? Pas vraiment, le peintre s’en est défendu, a même renié l’impressionnisme, le qualifiant de « toquade » et « d’invasion de fainéants ». Contemporain de Monet, s’intéressant à la couleur, à la lumière, aux reflets sur l’eau , il trouve sa place à Giverny.
La Traite des Blanches
L’exposition se compose de 3 grandes salles et d’une galerie d’études, respectant d’une part l’ordre chronologique et d’autre part, groupant les tableaux par sujets.
Sorolla au Salon : il exposa à Paris d 1863 à 1909. De grands tableaux d’inspiration réaliste, même naturaliste, de dénonciation sociale sont très loin de l’impressionnisme. J’ai beaucoup aimé La traite des blanches : 4 jeunes campagnardes dorment dans un train sous l’oeil d’une sévère maquerelle. Trois autres toiles racontent la vie de la campagne valencienne : Préparation des raisins, Préparation des raisins secs, et des piments. un très grand tableau raconte le Retour des pêcheurs : 2 boeufs tirent la barque, la voile est gonflée, les hommes occupés aux tâches diverses et l’eau des vagues traitée avec un soin particulier.
Pêcheuses valenciennes
Cousant la voile raconte un autre aspect de la vie des pêcheurs, occasion de montrer la lumière dans la blancheur des voiles. J’ai moins aimé Triste Héritage : un curé surveille des enfants nus squelettiques et malades qui viennent prendre un bain de mer, thalassothérapie de ces miséreux qui ont hérité leurs tares de l’alcoolisme, de la misère ou de la syphilis de leurs parents, dénonciation sociale très dure.
Bateau blanc à Javea
Bords de mer est une collection lumineuse et légère des baignades, surtout des baigneuses de la plage de Valence ou des rivages rocheux de Javea. Ces derniers sont traité à la manière impressionniste, on perçoit la diffraction de la lumière, les reflets sur l’eau. Les taches de lumière sur les fichus des pêcheuses valenciennes, les foulards blancs, les ombrelles sont particulièrement plaisantes.
Portraits intimes : le modèle favori est sa femme Clotilde, ses enfants et ses amis.
Autoportrait
Enfant de Velazquez est le titre de la sallesuivante. A Madrid, Sorolla a copié, photographié de nombreuses oeuvres du maîtres. Les spécialistes retrouvent l’influence de Velazquez dans les portraits présentés dans cette collection. N’étant pas très versée dans la peinture espagnole, je n’ai pu que retrouver le clin d’oeil aux Ménines dans l’autoportrait de Sorolla (grâce à l’épreuve d’Histoire des Arts du Brevet des collèges, les élèves aimant analyser les Ménines)
Enfin, j’ai adoré le côté spontané et coloré des études peintes sur de très petits formats, bois, carton, papier. Je les aurais toutes photographiées.
drapeau, UNIA (1990) sunthèse du drapeau américain et de l’Universal Negro Improvement Association
Coïncidence? Deux expositions américaines se font face. Rive droite, à l’Orangerie, les Peintres des années 30, Rive gauche, The Color Lineprésente les artistes afro-américains au cours du 20ème siècle jusqu’à aujourd’hui. Ces deux expositions se complètent en donnant une lecture politique au travaux des artistes.
The Color Line est une grosse exposition. Prévoir du temps. Et ne pas commettre l’erreur de rester trop longtemps et d’étudier trop en détail chacun des documents du début, des tableaux de statistiques (au demeurant édifiants) pour, ensuite passer trop vite devant les tableaux, sculptures présentées en fin de parcours. Ce serait dommage.
spectacle raciste
L’exposition montre la situation des noirs à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème, affiches de spectacle illustrent la section intitulée MINSTRELS, BLACKFACES & VAUDEVILLE des blancs, grimés, caricaturent et se moquent des noirs qu’ils appellent « coons ». Dans les années 1990 les artistes afro-américains se réapproprièrent ces images et détournèrent l’imagerie raciste.
Détournement de l’imagerie raciste et réappropriation des clichés
PREMIERS COMBATS CONTRE LA SEGREGATION montre les luttes contre les « lois Jim Crow » et présente les personnalités des leaders Du Bois et Booker T Washington qui présentèrent (entre autres) la condition des afro-américains à l’Exposition Universelle de Paris. Un peintre noir Henry Ossawa Tanner fut un artiste reconnu en France, peignant des sujets universels et ne se limitant pas au folklore noir.
LA GRANDE GUERRE : 200.000 soldats afro-américains traversèrent l’Atlantique, combattirent sous l’uniforme américain. Ce qui n’empêcha pas le racisme de sévir. le réalisateur Griffith dans Birth of a Nation montre même le KuKluxKLan comme des héros sur l’affiche du film.
LE SPORT, en revanche fut émancipateur. l’exposition montre des couvertures de magazines, des photos de sportifs et des peintures.
Strange fruit
STRANGE FRUITS montre des représentation des lynchages
Meditation – mob victim
APRES LA GRANDE MIGRATION(migration du sud des USA vers les nord moins ségrégationniste) est illustré par un mur où sont projetées 60 tableaux Migration series 1940-41) de Jacob Lawrence, petits tableaux très colorés avec ds à-plats comme des collages.
HARLEM ON THEIR MINDS introduit une autre thématique, vie quotidienne, danse et musique.
BLACK IS BEAUTIFUL rassemble ds tableaux plus récents très variés.
pour finir deux grandes salles montrent des oeuvres contemporaines, peintures, mais aussi tapisseries, un mobile fait avec des masques africains suspendus, des sculptures….
Une exposition très copieuse, historique, politique, certes, mais avant tout avec de très belles choses à voir!
PARIS EN EXPOS / EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 30 janvier 2017
Grant- Wook american gothic , l’affiche de l’exposition
Je ne connais rien à la peinture américaine, surtout de cette époque. Cette exposition est donc pour moi une véritable découverte.
C’est aussi une leçon d’histoire. Les années 30 qui on débuté avec le krach de 1929 et se sont terminées avec l’entrée en guerre des Etats Unis ont été des années très intéressantes pour la création artistique mais aussi des années de grande inquiétude : chômage de masse (29% quand Roosevelt a été élu), mais aussi grande sécheresse avec le « Dust Bowl » qui a ruiné une partie de l’agriculture américaine, arrivée des idées communistes et aussi fascistes. La littérature de cette époque témoigne aussi de cette période de crise.
Charles Sheeler
C’est aussi à cette époque que les musées se constituèrent autour de la peinture américaine, Roosevelt dans le cadre du New Deal et des grands travaux fit aussi réaliser des Travaux pour l’embellissement des monuments.
Giorgia O’keefe Red Hills (Nouveau Mexique)
je suis allée de découvertes en découvertes de peintres majeurs dont je n’avais jamais entendu même le nom.
Marvin cone : Méandre de la rivière (Iowa)
L’Exposition s’organise autour des thèmes de l’Industrialisation et du chômage de la puissance américaine industrielle par comparaison avec une agriculture encore très traditionnelle.
Les préoccupations sociales et souvent très militantes m’ont frappée dans cette retrospective, entre autres l’influence du Parti Communiste, les communautés d’artistes. La dénonciation du racisme est aussi présente au moins dans deux tableaux : La Justice américaine et les Cotton Pickers de Thomas Benton.
Thomas Benton : cotton pickers
La section : La ville-spectacle montre que l’on s’étourdissait dans des Marathons de danse (on achève bien les chevaux) l’essor du jazz , j’ai bien aimé le tableau abstrait Swing Music (Louis Amstrong) .
swing music
Enfin, un autre thème est de revisiter le passé
American justice
Comme une conclusion : Cauchemar et réalité montre une sorte de surréalisme que je n’ai pas du tout aimé
Lenine in the desert Guguielmi le mur en miette est lea fresque Murale de Diego riveraMother Earth d’Alexandre Hogue rappelle l’érosion suite au Dust Bowl
En épilogue, les peintres plus récents et plus connus Hopper et Pollock etl’essor du cinéma américain.
Comment réaliser une exposition pour présenter un écrivain?
Depuis quelques temps, Oscar Wildem’intéresse, je me suis même inscrite au MOOC qui lui est consacré. Je redoutais toutefois une accumulation de manuscrits, lettres ou photographies anciennes. Ou pire! des pages et des pages d’exégèses sur des panneaux.
La mort et le sommeil portant Sarpédon
Oscar Wilde, le dandy, l’esthète, a lui-même mis en scène sa vie, ce qui a facilité la scénographie de l’exposition. Scénographie rythmée par ces citations ou aphorismes spirituels appropriés à chaque étape de son existence.
En introduction à l’exposition, le visiteur lit :
UNE BONNE REPUTATION. C’EST UNE DES CONTRARIÉTÉS A LAQUELLE JE N’AI JAMAIS ÉTÉ SOUMIS
ON NE DOIT JAMAIS FAIRE SES DEBUTS PAR UN SCANDALE. IL FAUT RÉSERVER CELA POUR L’INTÉRÊT DES VIEUX JOURS.
Plusieurs documents, photographie, de Sarah Bernhard ainsi qu’un sonnet manuscrit que Wilde lui a offert nous projettent dans l’univers de l’écrivain, théâtre, mondanité.…je découvre sa belle écriture régulière.
Dans la seconde partie, nous découvrons Wilde, critique d’art, sur un portrait de groupe à la Grosvenor Gallery, 1877. La plupart des tableaux ont des sujets mythologiques comme La Mort et le Sommeil portant le corps blessé de Sarpédon de William Blake Richmond, Orphée et Euridyce de Watts. Wilde était fasciné par Rome peinte par Heilbuth.
night and sleep
Sous Night and Sleep d’Evelyn de Morgan on peut lire le commentaire de Wilde. J’ai aussi aimé le tableau Préraphaélite de Stanhope, Love and the Maiden, la Renaissance de Vénus de Walter Crane…
1882 : conquête de l’Amérique
S’AIMER SOI MÊME C’EST SE LANCER DANS UNE BELLE HISTOIRE D’AMOUR QUI DURERA TOUTE LA VIE
L’écrivain , déjà célèbre, y fait une tournée de conférences. A cette occasion le photographe Napoleon Sarony tire une série de portraits dont celui de l’affiche de l’exposition. La citation introduit ces photographies ainsi que des caricatures et même des cartes publicitaires qui utilisèrent la figure de Wilde pour vendre un peu n’importe quoi.
Paris-Londres (1883-1889)
Reçu par Victor Hugo, rencontrant Verlaine, Paul Bourget, Gide, Wilde est introduit dans la société littéraire parisienne. Dans cette salle une vitrine consacrée à sa famille nous montre sa femme Constance et une lettre à son fils Cyril. Un panneau de Toulouse Lautrecdécorant la baraque de la Goulue, la danse mauresque illustre cette période.
Les années créatrices (1890-1895)
IL N’EXISTE PAS DE LIVRE MORAL OU IMMORAL. UN LIVRE EST BIEN ECRIT OU MAL ECRIT. UN POINT C’EST TOUT
LE PUBLIC FAIT PREUVE D’UNE TOLERANCE ÉTONNANTE. IL PARDONNE
Salomé
Salomé pièce écrite en français, a l’honneur d’une piece à elle-seule. Au sol sont projetés les deux films de Charles Bryantet d’Al Pacino. les illustrations de Bearsdsley : 17 estampes sont de toute beauté
J’ADORE LE THÉÂTRE, IL EST TELLEMENT PLUS VRAI QUE LA VIE
Le Procès, la prison et l’Exil (1895-1900)
VIVRE EST LA CHOSE LA PLUS RARE AU MONDE. LA PLUPART DES GENS SE CONTENTENT D’EXISTER
Une vitrine montre les éditions des oeuvres publiées après sa sortie de prison signées C.3.3 ou même « L’auteur de l’éventail de Lady Winthermer »
Un grand portrait d’André Gide qu’il a rencontré quand Gide avait 22 ans et qui lui est resté fidèle.
NOUS SOMMES TOUS DANS LA BOUE. MAIS CERTAINS D’ENTRE NOUS REGARDENT LES ETOILES
La peinture moderne espagnole est très riche, mais et j’aimerais beaucoup la connaître davantage. Sans parler des illustrissimes Picasso, Miro ou Dali, j’avais été bluffée l’an passé à la fondation Manriqueà Lanzarote des collections de Manrique, bien sûr, mais aussi Tapies, Manuel Valdes.…et bien d’autres.
L‘exposition Barceloau Musée Picasso : Sol y Sombraest l’occasion de faire la connaissance d’un autre plasticien : Miquel Barcelo. J’y ai couru en urgence puisque l’exposition prend fin le 1er octobre, et j’ai raté l’autre partie de l’exposition à la Grande Bibliothèque.
L’exposition s’intitule Sol y Sombra en référence aux places de l’arène – allusion à la tauromachie – thème cher à Picasso .
Arène
Un singe hirsute accueille le visiteur en haut de l’escalier qui mène au sous-sol où se trouvent les salles de l’exposition. Dans la première salle sont accrochés deux grands tableaux, plutôt clairs (sol plutôt que sombra,).
Atelier avec 6 taureaux :
Atelier avec 6 taureaux : détail d’un taureau
Un cercle jaune en à-plat, occupe le centre de la toile : sable de l’arène, peut être? entouré par des masses irrégulières, empâtements, encroûtements, accumulations de matière – plâtre ou peinture . je cherche longuement les taureaux. Un seul apparaît au premier regard, j’en découvre ensuite un gros, noir qui occupe le coin gauche en bas. Des personnages à peine esquissés, de dos, blanchâtres, fantomatiques émerge à l’observation plus prolongée. Je découvre enfin à droite une autre arène où se déroule une corrida. plutôt ombre que lumière, l’opposition est à-plat/masse de matière parfois charbonnée.
Table aux têtes
Encore un grand tableau où règne la confusion qu’il faut examiner avec attention! La table rouge est figurée par un trait un peu de travers (champ?) et un pied contourné. les têtes sont celles d’animaux, des têtes humaines sont aussi schématisée dans un coin.
Dans la salle suivante, sur une véritable table sont posées des têtes en plâtre avec des animaux fantomatiques qui ont peuplé les deux tableaux.
Dans un couloir des céramiques ressemblant à des assiettes sont accrochées au mur : assiettes de terre brute, colorées de noir, blanc, craquelées, je reconnais des motifs marins: poissons verts et crevettes jaunes. Ces assiettes sont peut être un clin d’œil aux céramiques de Picasso qui sont accrochées plus haut dans le Musée.
Taulera
Taulera II et Taulera II : 3 tableaux marrons sales représentent une pièce avec des tables grisâtres.
Des fragments de terre cuites pour la Cathédrale de Palma de Majorque sont un peu étranges, terre craquelée où surgissent des poissons noirs ou gris de la paroi.
mur de brique
Cette exposition fait vraiment la part belle à la terre malgré son titre évoquant la lumière. Une salle voûtée est divisée d’un mur de briques déformées, coulées, écrasées ou étirées, briques de construction industrielle ou têtes en brique avec toujours les mêmes couleurs rouge brique, blanc, terre brute, noir. On entre dans une salle dédiées aux urnes, amphores, pots ou gargoulettes comme la poterie usuelle traditionnelle posées sur une grande table de contreplaqué et sur une étagère ordinaire.
Dans l’exposition Picasso trois tableaux gris et blancs sont dans une pièce lambrissée.
La confrontation Barcelo/Picasso est naturelle : les thèmes de la tauromachie et les tons terre-blanc-noir se retrouvent. La céramique aussi. On comprend la parenté. Mais cette confrontation est au désavantage de Barcelo. Le génie de Picasso éteint l’inspiration de Barcelo. La pureté du dessin, l’invention est celle du maître.
La Mairie du 13ème propose un circuit de découverte des fresques murales. Par une belle après-midi d’Automne, j’ai mis mes baskets, imprimé le plan, sans oublier l’Olympus bleu ni le Pass Navigo.
Le tram t 3a, sur son tapis de gazon a un air de vacances.
Bld Massena halle Geoge Carpentier
Descendue Porte de Choisy, j’ai cherché la première peinture au Stade Georges Carpentier, une femme porte un chapeau orné d’arbres qui perdent leurs feuilles (normal, c’est l’automne) malheureusement des taggers sont intervenus et ont apposé leur trace en bas de l’oeuvre. Question existentielle : où commence une oeuvre d’art? taguer un mur, est-ce permis? taguer un graf?
Un poisson sur un transformateur n’est pas répertorié sur le plan. Il est pourtant joli, tout dégoulinant de peinture.
Boulevard Massena les hautes tours ne m’auraient jamais attirée pour une promenade. Je goûte l’exotisme des boutiques asiatiques. Une agence de voyage a affiché des promotions pour des destinations mystérieuses, écrites en chinois.
Seconde étape: Porte d’Italie, entre les maréchaux et le périf. Je ne trouve pas, j’arrive au périf et ce n’est que quand je me retourne que je découvre la fresque immense, une femme sur une balançoire porte un lapin blanc sur les genoux et un oiseau sur la tête. Elle me plait bien. Elle occupe tout un mur aveugle sur 5 étages. Les proportions sont bizarres quand on se tient à ses pieds qui sont énormes.
Je remonte l’avenue d’Italie, les restaurants turcs font concurrence aux chinois. En face du Métro Maison Blanche, un immeuble de 14 étages est décoré : sur un fond jaune trois personnages sont superposés, le plus haut, un homme coiffé d’un chapeau, une femme porte aussi un feutre un peu comme les indiennes d’Amérique du sud avec fichu, collier de piment et épi de maïs dans la poche, un petit homme tête nue complète le tableau. En lettres capitales : OUR UTOPIA IS YOUR FUTURE. Intention sympathique mais pas terrible du point de vue esthétique.
En face de la fresque, il y a un joli jardin qui m’attire. Je laisse l’avenue d’Italie bruyante et laide pour emprunter des petites rues tranquilles : la rue Bourgon et la Rue de l’Industrie qui a gardé ses pavés d’antan. Elles sont bordée de maisons basses de deux ou trois étages, les bars de quartiers sont un peu désuets. La poursuite du Street Art m’intéresse moins que la découverte de ces quartiers qui font penser à des villages, rue Damesme et rue Dieulafoy, les maisons colorées dans de petits jardins sont toutes ornées d’un pignon trapézoïdal au dessus de fenêtres à l’arrondi art-déco. L’enseigne de la pharmacie est Le village des Peupliers . La place de l’Abbé Hénoque est tout à fait charmante avec son jardin rond bordé d’un cercle de platanes avec de beaux bâtiments de brique : Hôpital des Peupliers et Mutuelle des chemin de fer.
Une fresque est signalée rue Bobillot. Est-ce la devanture de l’épicerie italienne(à céder) ou plutôt un mur très coloré avec un personnage à abondante chevelure noire, lèvres épaisses et quatre yeux qui tient un crâne blanc. sur une table des fruits colorés, des gâteaux, un sablier. Sur un livre posé à l’envers, je déchiffre VANITAS VANITATUM ET OMNIA VANITAS et bizarrement, sur une bouteille NIKI DE ST PHALLE et en dessous 2015WOMEN’S FORUM!
Remontant la rue Bobillot, j’arrive à la piscine de la Butte aux Cailles, des femmes remplissent des gourdes à la fontaine du square (nappe de l’Albien, eau très pure)
Après la Place d’Italie, le boulevard Vincent Auriol est riche d’oeuvres de street art (doit on appeler ainsi ces fresques immenses?) Un chat, une vignette républicaine, un homme noir et blanc…Une école maternelle a été complètement peinte en bleu blanc rouge (elle va être démolie et remplacée par un modèle d’écotruc avec façade en bois brut, toit végétalisé…)
Bld Vincent Auriol
Je prends par erreur la Rue du Chateau des Rentiers (ce nom m’a toujours fait rigole) puis suis la rue du Chevaleret qui conduit à la Grande Bibliothèque, je ne reconnais pas la Rue Dunois, le théâtre Dunois existe encore, mais c’est partout le chantier.
Rue Chevaleret
Encore des fresques monumentales sur des immeubles « anciens » (années 60 ou 80). Le 21ème siècle est métallisé doré ou vert, façade de verre occultée par une improbable moucharabieh de « bâtons » ou étages décalés. Le quartier de la Grande Bibliothèque mériterait à lui-seul une balade-photos!
Enfin je reprends le tram, le podomètre marque pres de 10km et deux heures de marche