Gauguin l’alchimiste au Grand Palais

EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 22 janvier 2018

Que dire de plus sur Gauguin et cette magnifique et très riche exposition.

Gauguin l’alchimiste qui joue avec les techniques, qui expérimente en peinture, mais aussi en sculpture sur bois, de céramique, de gravure….avec des explications techniques sur de belles vidéos qui racontent les étapes d’une gravure, grossissent craquelures et rajouts sur une céramique. On ressort plus savant!

Gauguin le voyageur, qui a commencé le voyage tout enfant avec ses parents au Pérou, Gauguin le danois, par mariage, Gauguin qui partit en Bretagne à une époque où Pont Aven était encore exotique, à la Martinique, puis encore plus loin à Tahiti et aux Marquises

Gauguin le voyageur a tenu un magnifique carnet de voyage, s’est intéressé à tous les aspects de la culture océanienne (encore un beau vidéogramme)

Et puis le choc des œuvres réunies, certains que j’ai vues à Orsay, d’autres plus secrètes.

Dommage qu’il y ait une foule serrée audioguide à l’oreille, smartphone brandi, la communion avec les œuvres en est troublée.

 

 

 

Collection ORDRUPGAARD – le jardin secret des Hansen à Jacquemart André

Exposition temporaire du 15.09.17 au 22.01.18

 

Gauguin : arbres bleus

Est-il bien nécessaire de faire le détour par Jacquemart André alors qu’il y a tant de belles expositions à Paris en ce moment, Gauguin, Derain, Degas, Corot…..?

Sisley : le garage des bateaux mouches

 

Hansen (1868-1951) est un collectionneur danois qui a réuni les meilleurs peintres français : Monet, Corot, Sisley, Pissaro, Degas, Courbet , Renoir, Berthe Morisot, Cezanne et Gauguin. 

Degas à la Nouvelle Orléans

Le musée est tout à fait charmant, les collections permanentes toujours un plaisir (un Mantegna, Della Robbia, Canaletto… et la belle fresque de Tiepolo. Le restaurant est très agréable, service parfait et des salades merveilleuses (j’ai pris une Mantegna avec pamplemousse, mangue, sésame poulet et épinards tout frais). Nous avons passé un joli dimanche.

Berthe Morisot

Anders Zorn (1860-1920)- un peintre suédois au Petit Palais

Exposition temporaire (15/09/2017 au 17/12/2017) 

J’aime découvrir des peintres dont je n’ai jamais entendu parler ;  Zorn fut mondialement très célèbre en son temps et le reste dans son pays, la Suède. C’est donc  une belle surprise.

La première section de l’exposition : Débuts entre Suède, Espagne et Londres présente surtout des portraits à l’aquarelle. C’est mon premier sujet d’étonnement et d’admiration! J’associe plutôt aquarelle à des paysages.

Zorn excelle dans les portraits et dans le rendu des drapés, des plis des vêtements. Ces aquarelles sont d’une précision et d’une densité remarquables.

Point de flou artistique, de coulures ou de couleurs fondues, de la maîtrise parfaite de la précision, dans tous les détails de la physionomie comme des feuilles des jardins.La densité des couleurs contraste avec la transparence habituelle dans cette technique.

Un saisissant portrait de Viktor Rydberg dans son bureau en grisaille et sépia est d’une précision photographique.

 

 

 

 

 

Deuxième collection : Les grandes aquarelles et les effets d’eau d’Istanbul à Saint Ives, est la partie de l’exposition qui m’a le plus bluffée. Le Port D’Alger, d’Istanbul, de Hambourg ainsi que des parties de canotage pout les Vacances d’été sont autant d’occasion de révéler la virtuosité dans les reflets, les clapotis, les vaguelettes à la surface de l’eau. Je photographie de tout près et en gros pan les différentes techniques qui varient à chaque tableau.

A Saint Ives et à Londres, Zorn peint à l’huile.

 

 

 

Dans une salle toute tendue de rouge avec moquette rouge est exposée La décennie Parisienne (1888-1895)  ou le peintre participa à paris à de nombreuses expositions. On voit ici de grands portraits. J’ai préféré les portraits d’enfants, des petites filles et encore à l’aquarelle. Les grands tableaux des femmes dans les cafés ou l’omnibus, portrait d’un Paris noctambule me plaisent moins.

Le sujet a été déjà traité avec plus d’ originalité. les Portraits de société, portraits de célébrités, hommes politiques, banquiers ou magnats de l’industrie m’ont paru ennuyeux sauf peut être ceux de Mrs Richard Lowe en belle robe rose ou Elisabeth Sherman Cameron dans un décor japonisant.

Zorn et sa femme

Une salle ronde dans la pénombre est dédiée à Zorn, Graveur à succès . les portraits sont croqués sur le vif, réalisés très rapidement : celui de Marcellin Berthelot fut réalisé en 20 minutes!  je retrouve des études pour les femmes de l’omnibus ou les grands portraits, plus vivants, que sur les grands tableaux…

Rodin

 

Une troisième section est consacré à la Suède traditionnelle .Dans la  salle tendue de bleu tirant vers le vert d’eau. On y voit des scènes villageoises avec de grands tableaux dans une autre aux teintes de bois de pin, des scènes intérieures, le grenier à foin, des jeunes filles de Dalicarlie tricotant, une petite brasserie.

la dernière salle : nus et baigneuses montre des scènes de sauna, et des baigneuses nues dans la nature.

Le Second Empire à Orsay

affiche
affiche de l’Exposition : Ingres

C’est davantage une leçon d’Histoire illustrée qu’une exposition de peinture classique. D’ailleurs, les objets, les explications tiennent plus d’importance que les tableaux qui sont soit très connus, soit de moindre importance.

Meissonier : les ruines ddes Tuileries
Meissonier : les ruines ddes Tuileries

A l’entrée, paradoxalement , le tableau de Meissonier représente les Ruines des Tuileries, marquant la fin du règne de Napoléon III avec la Commune.

La Fête impériale doit éblouir l’Europe dans le luxe et l’éclectisme.

Winterhalter : Eugénie
Winterhalter : Eugénie

La première salle présente  les portraits officiels de l’Empereur et d’Eugénie, de Winterhalter, diffusés à multiples copies tandis que Gérôme a peint la réception officielle des ambassadeurs siamois qui rampent en présentant leurs présents. Commande officielle, pour laquelle l’artiste s’est aidé des photographies des protagonistes.

Gérôme : réception des ambassadeurs du Siam
Gérôme : réception des ambassadeurs du Siam

En face, autre tableau de commande  : L’Empereur visitant les inondés de Tarascon par Bouguereau, autre facette pouvoir, l’Empereur le détenant directement du peuple (par le suffrage universel). Les couronnes d’Eugénie et une pendule complètent des attributs de l’empire. Le Berceau offert par la Ville de Paris s’inspire du berceau du Roi de Rome. C’est une nacelle (rappelant Fluctuat nec Mergitur) décorée par les meilleurs artistes parisiens. Il est amusant de remarquer que le Préfet de Paris était Haussman et l’architecte Baltard.

Résidences impériales

inauguration-du-canal-de-suez

Des dessins de projets et des photographies montrent les travaux aux Tuileries et au Louvre qui furent alors réunis. L’inauguration du Canal de Suez et nombreux décors éphémères de célébrations impériales sont illustrées par des photos et des aquarelles. De grands tableaux montrent les autres châteaux occupés par la famille impériale : une résidence par saison, les Tuileries en hiver, Saint Cloud au printemps, Fontainebleau l’été et Compiègne à l’automne.

Portraits

Cezannes : portrait d'Achille Empéraire
Cezannes : portrait d’Achille Empéraire

Une grande salle tendue de grenat montre les portraits d’une société narcissique (selon l’audioguide) de James Tissot qui flattait ses modèles, d‘Ingres (l’affiche de l’exposition) mais aussi moins officiel : Courbet représentant Proudhon, ou Cézanne qui a peint son ami, le peintre Empéraire, jouant avec l’homophonie Emperaire/Empereur parodie de portrait officiel, Empéraire en robe de chambre à la place du manteau d’apparat….Je reconnais aussi le Balcon de Manet, un Degas, bien à leur place à Orsay, un peu plus loin Lola de Valence de Manet

Les tendances de l’architecture de l’époque sont détaillées dans les salles suivantes :

Style Néogothique avec Viollet-le-Duc

Orientalisme avec des meubles éthiopiens dans le château néo-gothique

La villa pompéienne du prince Napoléon occupe toute une salle.

Villa pompéienne avenue Montaigne
Villa pompéienne avenue Montaigne

Le château de Ferrière des Rothschild…

Toute une section est dédiée aux spectacles :  théâtre et Opéra, aux grands Boulevards, aux Salons pour les peintres, et aux Expositions universelles.

Tandis que les nouveaux loisirs se déroulent hors Paris grâce au chemin de fer, courses, bains de mer avec l’architecture balnéaire à Trouville ou ailleurs.

On assiste à la naissance de l’Impressionisme dans  ces nouveaux lieux à la mode comme Bougival ou les plages (je pense à l’exposition Sorolla, vue il y a peu).

Avec cette exposition, on passe en revue, non seulement les lieux de pouvoir mais aussi la vie quotidienne des classes privilégiées enrichies par la  prospérité économique.

 

 

Sorolla à Giverny

CARNET DE VALENCE

Cousant la voile
Cousant la voile

Sorolla, le peintre valencien, très parisien également, que j’ai cherché à Valence s’expose à Giverny chez Monet. Ce matin, dernier jour de l’exposition, et sous un ciel sans nuage, nous avons donc fait le voyage et ne l’avons pas regretté.

Sorolla au Musée Impressionniste, impressionniste? Pas vraiment, le peintre s’en est défendu, a même renié l’impressionnisme, le qualifiant de « toquade » et « d’invasion de fainéants ». Contemporain de Monet, s’intéressant à la couleur, à la lumière,  aux reflets sur l’eau , il trouve sa place à Giverny.

La Traite des Blanches
La Traite des Blanches

L’exposition se compose de 3 grandes salles et d’une galerie d’études, respectant d’une part l’ordre chronologique et d’autre part, groupant les tableaux par sujets.

Sorolla au Salon : il exposa à Paris d 1863 à 1909.  De grands tableaux d’inspiration réaliste, même naturaliste, de dénonciation sociale sont très loin de l’impressionnisme. J’ai beaucoup aimé La traite des blanches : 4 jeunes campagnardes dorment  dans un train sous l’oeil d’une sévère maquerelle. Trois autres toiles racontent la vie de la campagne valencienne : Préparation des raisins, Préparation des raisins secs, et des piments. un très grand tableau raconte le Retour des pêcheurs : 2 boeufs tirent la barque, la voile est gonflée, les hommes occupés aux tâches diverses et l’eau des vagues traitée avec un soin particulier.

Pêcheuses valenciennes
Pêcheuses valenciennes

Cousant la voile raconte un autre aspect de la vie des pêcheurs, occasion de montrer la lumière dans la blancheur des voiles. J’ai moins aimé Triste Héritage : un curé surveille des enfants nus squelettiques et malades qui viennent prendre un bain de mer, thalassothérapie de ces miséreux qui ont hérité leurs tares de l’alcoolisme, de la misère ou de la syphilis de leurs parents, dénonciation sociale très dure.

Bateau blanc à Javea
Bateau blanc à Javea

Bords de mer est une collection lumineuse et légère des baignades, surtout des baigneuses de la plage de Valence ou des rivages rocheux de Javea. Ces derniers sont traité à la manière impressionniste, on perçoit la diffraction de la lumière, les reflets sur l’eau. Les taches de lumière sur les fichus des pêcheuses valenciennes, les foulards blancs, les ombrelles sont particulièrement plaisantes.

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Portraits intimes : le modèle favori est sa femme Clotilde, ses enfants et ses amis.

Autoportrait
Autoportrait

Enfant de Velazquez est le titre de la salle suivante. A Madrid, Sorolla a copié, photographié de nombreuses oeuvres du maîtres. Les spécialistes retrouvent l’influence de Velazquez dans les portraits présentés dans cette collection. N’étant pas très versée dans la peinture espagnole, je n’ai pu que retrouver le clin d’oeil aux Ménines dans l’autoportrait de Sorolla (grâce à l’épreuve d’Histoire des Arts du Brevet des collèges, les élèves aimant analyser les Ménines)

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Enfin, j’ai adoré le côté spontané et coloré des études peintes sur de très petits formats, bois, carton, papier. Je les aurais toutes photographiées.

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Morlaix

RETOUR A ROSCOFF(2014)

 

Morlaix et son viaduc
Morlaix et son viaduc

 

8h,  il pleut à verse et le vent secoue les arbres.9h30, au moment de partir, le ciel se dégage.  De grands lambeaux  bleus apparaissent.

roscoffdtmorlaix 027 - Copie

 

 

Le GPS nous conduit dans les rues et venelles tournicotantes du centre ville de Morlaix jusqu’à ce qu’on trouve le parking sur la place Viarmes, proche de la Place des Jacobins où se trouve le Musée. Les collections permanentes doivent être transférées à la Manufacture.

 

 

 

le musée abrite une exposition est consacrée à Elodie Le Villette et Caroline Espinet, sous-titrée « Etre femme-artiste au XIXème siècle », deux sœurs nées à Strasbourg qui ont épousé des marins. Elodie exposa de 1870 à 1914.

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Sujets bretons et marines. Dans les tableaux  d’Elodie Le Villette, une femme est peinte,  de dos, au premier plan :une jeune fille sous un chapeau, une paysanne avec sa brouette.

 

Caroline Espinet a peint une série de bateaux aux voiles rouges et aux ciels roses.

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Au rez de chaussée  les sujets sont plus campagnards : paysages d’automnes dans les tons marron, clairières et brouillards hivernaux. Un âne traîne une charrette noire dans le brouillard. .

De 1888 à 1914, l’atelier de Portivy réunit des peintres et des musiciens.

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Le billet du musée est combiné à celui de la Maison à Pondalez 9 rue Grande à proximité. Le curieux nom pondalez correspond à ces passerelles corridors reliant les chambres de la façade aux chambres de l‘arrière. Ces grandes maisons construites du XVème au XVIIème siècle étaient celles des marchands de Morlaix. Pour devenir négociant, les nobles devaient déroger : rendre leur épée et perdre leurs privilèges. La splendeur des demeures témoigne de leur noble lignage. La maison à pan de bois en encorbellement est décorée de sculptures sur bois à chaque étage, d’anges musiciens au premier, de saints avec leurs attributs au dessus.

 

l'escalier de bois
l’escalier à vis d

 

A l’intérieur elle s’organise autour d’un grand vide : la salle manoriale chauffée par une grande cheminée de granite et d’un magnifique escalier à vis en bois. De hautes poutres verticales finement sculptées s’élèvent d’un seul tenant sur toute la hauteur de la construction. A chaque étage une passerelle relie les chambres de l arrière à celles  de la façade. De belles cheminées, les latrines et un mobilier servent de décor à une exposition racontant le lin. Plus on monte, plus la façade de la maison d’en face se rapproche, on croirait la toucher.

 

 

 

 

Musée du Lin

Richesse de Morlaix, la toile de lin s’exportait en Espagne et au Portugal depuis le XV ème siècle et ensuite aux Amériques. Les semences, elles, venaient des Pays Baltes. La maison Pondalez montre les outils du travail du lin. De nombreux panneaux explicatifs racontent :

la cheminée de la cour manoiriale
la cheminée de la cour manoiriale
  • les 100 jours du lin : semis  en Mars/avril, croissance mai/juin, floraison en juin/juillet, les capsules apparaissaient en juillet/Aout. L’arrachage se fait à la main quand les capsules remplacent les fleurs.
  • De la fibre à la toile : rouissage, teillage, peignage, filage, blanchiment dans les maisons kanndi avec de la cendre de hêtre, tissage à la campagne et en ville et finalement pliage et empaquetage.
  • Le lin actuellement : de nouvelles utilisations en plus du textile : oméga3 présentes dans les graines, fibres composites : raquettes de tennis ou coques d’iphone, fabrication de papiers spéciaux mais aussi éco-construction, litière pour les animaux, paillis….

Nous terminons la matinée dans les rues anciennes, achetons des gâteaux : gâteau breton à la framboise et gâteau à la pomme et au beurre. La rue Grande aboutit à une vaste esplanade où se déploie le marché le samedi  au dessus le quartier Saint Mathieu est plus tranquille, la grand église Saint Mathieu est imposante. Au loin le viaduc domine l‘horizon visible de partout.

Le trajet du retour est moins direct : nous longeons les quais, la Manufacture et le port, puis l’estuaire de vase luisante à marée basse. C’est une jolie route tranquille qui nous conduit à Carantec où nous reprenons le Pont de Corde et la grande route avec ses ronds-points

De l’Allemagne au Louvre – 1800-1939

EXPO ROMANTIQUE?

140 ans de peinture allemande, forcément des choix, la période est longue, variées les inspirations.

Inspiration antique : découverte de l’Italie et de la Renaissance, historicisme, cathédrales gothique, plusieurs vues de la cathédrale de Cologne. L’historicisme m’ennuie prodigieusement. Tableaux bien faits, trop bien faits.

Retour à la nature : face à face, l’herbier de Goethe et celui de Klee. J’ai aimé, surtout Klee.

Grands et beaux tableaux de Caspar David Friedrich. Montagnes romantiques, arbre aux corbeaux, paysages surgissant de la brume. C’est pour moi une belle découverte.

XXème siècle, horreurs de la Grand Guerre Otto Dix, Metropolis, Beckmann, art décadent? Un choc.