El Verdugo/L’élixir de longue vie – Balzac

LECTURE COMMUNE : Balzac

Deux longues nouvelles, contes, courts romans, publiés tous deux en 1830, se déroulant en Espagne, toutes les deux sur le thème de de la mort du père. Assez loin du réalisme de la Comédie Humaine, plutôt dans le domaine fantastique.

El Verdugo, publié dans les Souvenirs Soldatesques se déroule pendant les Guerres Napoléoniennes en Espagne. Massacres, scènes sanguinolentes. Heureusement c’est court; mais je n’ai pas trop accroché.

L’Elixir de longue vie est beaucoup plus complexe.

Il se déroule selon deux parties, la première Festin raconte la mort du père de Don Juan Belvito, mort souhaitée par Don Juan qui est pressé d’hériter. Fils tardif, il est pourtant choyé et son père lui passe tous ses écarts.

« Jamais sur terre un père si commode ne s’était rencontré! »

Le père a découvert un moyen de ressusciter : un flacon de cristal qui contient un élixir : L’élixir de longue vie qui a donné son nom au livre.

Que va faire Don Juan? A vous de lire!

« Pour les négociants, le monde est un ballot, ou une masse de billets en circulation ; pour la plupart des jeunes gens, c’est une femme ; pour quelques femmes, c’est un homme ; pour certains esprits, c’est un salon, une coterie, un quartier, une ville ; mais pour don Juan, l’univers était – lui! »

Dans la seconde partie, en Espagne, Don Juan a épousé Dona Elvire. Cela ne vous rappelle rien? Le ton change, les allusions à la littérature sont jubilatoires. Jubilatoires aussi les blasphèmes et la scène grand-guignolesque que je ne veux pas vous dévoiler.

Un Balzac romantique? Sûrement!

 

Merci aux copines qui m’ont incité à lire cette nouvelle. Lue avec du retard. Lire Maggie et Cleanthe

De l’Allemagne au Louvre – 1800-1939

EXPO ROMANTIQUE?

140 ans de peinture allemande, forcément des choix, la période est longue, variées les inspirations.

Inspiration antique : découverte de l’Italie et de la Renaissance, historicisme, cathédrales gothique, plusieurs vues de la cathédrale de Cologne. L’historicisme m’ennuie prodigieusement. Tableaux bien faits, trop bien faits.

Retour à la nature : face à face, l’herbier de Goethe et celui de Klee. J’ai aimé, surtout Klee.

Grands et beaux tableaux de Caspar David Friedrich. Montagnes romantiques, arbre aux corbeaux, paysages surgissant de la brume. C’est pour moi une belle découverte.

XXème siècle, horreurs de la Grand Guerre Otto Dix, Metropolis, Beckmann, art décadent? Un choc.

 

Combourg et Dol de Bretagne Sur les pas de Chateaubriand

CARNET DU MONT SAINT MICHEL A SAINT MALO

 

le château de Combourg


Sous la pluie, nous traversons champs de poireaux et de choux.  On récolte les choux-fleurs. Passons par Dol de Bretagne.

Combourg

Le château, en Octobre, n’ouvre que l’après midi pour deux visites guidées 14h et 15h30.  L’Office de Tourisme édite un plan de la ville avec les  maisons remarquables.

la maison de la lanterne

Le circuit commence justement à la Maison de la Lanterne, siège de l’office de Tourisme,   très belle maison de pierre flanquée d’une tourelle fine, bâtie en 1597 par Perrine Jonchée, « dame de la chasse » comme nous l’apprend une inscription gravée. Fille d’armateurs malouins, son frère reprit Bréhat aux Anglais en 1591, selon le guide Gallimard. La lanterne  attachée à la maison était censée éclairée le corps de garde à l’occasion de la fête de l’Angevine (Gallimard).

combourg : relais des Princes

Une autre maison remarquable est le Relais de Princes : un restaurant dans une maison à pans de bois peint rouge foncé:

Au XVIIème siècle, Benoit, le propriétaire du relais des diligences de Combourg. Ce relais, fort réputé à l’époque, au pied du vieux château féodal s’appelait déjà relais des Princes.

Cette auberge du relais de poste étaie déjà i, lieu où il faisait bon séjourner. Elle devint plus célèbre encore lorsque le cousin de Madame de Sévigné, le Marquis Pierre-Philippe de Coulanges, homme plein de vertu et bon vivant, l’adopta comme rendez-vous de chasse.

Plus tard, l’auberge fut cédée à Bonnaventure  Courtel qui fit supprimer le relais de poste pour prendre à son compte le transport des voyageurs. Il possédait deux diligences et son personnel ne se composait pas moins de garçons et de 4 Postillons.

Au XIX ème siècle, les écuries du Relais tenues par Lydie Corvoisier étaient familières des Combournais. Au fil des siècles les diligences, les postillons et les chevaux ont disparu, mais les pierres sont restées.

Nous avons cherché la Maison du Pendu qui a aussi une histoire : rivalité amoureuse de deux amis qui se termine mal : un duel, l’un des deux amis succombe, l’autre défiguré se pendit.

Le circuit passe devant la statue de Chateaubriand, inévitable! Sur un  mur, en trompe l’œil, Chateaubriand est à la fenêtre.

Un détour par l’Abbaye nous promène dans une rue tranquille bordée de très belles maisons de granite fleuries avec des portes cintrées.

Rien d’extraordinaire, mais une balade très sympathique sous un ciel voilé.Le soleil fait de rare. Le village, La Chapelles aux Fitzméens  a une église au toit remarquable avec  des mansardes en relief assez étrange. A la sortie du village, le Logis, un château du XVIIème a belle allure, juste derrière, un camping de luxe est installé. Nous pique-niquons dans son parking.

Château de Combourg

château de Combourg vu du parc

Le château de Combourg, propriété des Chateaubriand depuis les Croisades, se visite accompagné.  Avant la visite je parcours le parc sur des allées sablées entre des châtaigniers  et découvre l’étang beaucoup plus sauvage et joli que le lac qui borde la ville. Revenant sous une allée de beaux chênes je vois traverser un écureuil à la queue fournie. Cette rencontre m’enchante. A mon approche il grimpe sans se presser le tronc d’un chêne s’arrête à la fourche d’une branche à 3 ou 4 mètres. Assis, il tient entre ses petites mains un gland qu’il croque tranquillement en me regardant.

Un  haut escalier droit conduit au perron. L’entrée est décorée au goût du XIXème avec murs peints et trophées de chasse.  Dans la chapelle, la mère de l’écrivain, très pieuse, passait  beaucoup de temps à méditer et prier.  La cour, ouverte au temps de François-René a été couverte lors de la restauration un escalier de bois monumental.  De même, la grande salle, où Chateaubriand enfant, passait des soirées interminables auprès de sa mère et de sœur tandis que son père arpentait la pièce  jusqu’à ce que la cloche du village sonne l’heure du coucher, a été partagée en salle à manger et salon, deux cheminées Renaissance de belle pierre blanche. L’atmosphère assez lugubre du temps de l’enfance de Chateaubriand ne subsiste plus. De beaux tableaux décorent les murs : un Bellini me plait particulièrement.

La salle des archives occupe l’étage d’une tour. C’est émouvant de lire la grande écriture pointue  de Chateaubriand, de voir son portefeuille ministériel comme ministre des Affaires Etrangères, un cartable de maroquin, ainsi que des documents romains de son Ambassade à Rome. Par escalier en colimaçons et courtines nous accédons  à lachambre d’enfant de Chateaubriand justement dans la Tour du chat : tour hantée par un chat  noir et un fantôme à jambe de bois. L’enfant de huit ans dormait loin de tout. (Lire le texte du blog de Claudialucia ici)

voici comment Chateaubriand présente le château :

Le château se montrait entre deux groupes d’arbres. Sa triste et sévère façade présentait une courtine portant une galerie à mâchicoulis, denticulée et couverte.

…le château entier avait la figure d’un char à quatre roues….

Mêlez à cela dans les diverses parties de l’édifice, des passages et des escaliers secrets, des cachots et des donjons, un  labyrinthe de galeries couvertes et découvertes, des souterrains murés dont les ramifications étaient inconnues ; partout silence, obscurité et visage de pierre : voilà le château de Combourg;

Dol

Dol rue ceinte

Dol est une jolie ville animée. Nous cherchons les maisons remarquables Grande-Rue-Des- Stuarts, certaines à pans de bois d’autres à piliers de granite. La petite Rue Ceinte avec ses pavés semble d’un autre âge. La Cathédrale a une allure originale de forteresse avec une tour bizarre qui dépasse, l’intérieur est gothique et ne rappelle en rien l’extérieur.