Saga Egyptienne : Gilbert Sinoué

LIRE POUR L’EGYPTE

La Saga Égyptienne se compose de deux  gros livres : L’Egyptienne (688p.)  et La Fille du Nil (456p) Cette saga au long cours se déroule pendant un siècle : de 1790, à la veille de l’Expédition en Egypte de Bonaparte  (2 juillet 1798) elle se termine par l’inauguration du Canal de Suez (15 Août 1869) , l’épilogue final est le bombardement d’Alexandrie par les Anglais (11 juin 1882). C’est un roman historique très bien documenté. Gilbert Sinoué a écrit la biographie de Méhémet-Ali (1770- 1849) : Le dernier pharaon  que j’ai lu et relu avec toujours autant de plaisir que d’intérêt. 

Cette saga familiale met en scène une famille de riches propriétaires terriens : les Chédid   dans leurs domaines, Sabah à Guizeh et la Ferme des Roses dans le Fayoum. Chrétiens, ils sont proches des Mamelouks qui règnent sur l’Egypte et fréquentent les négociants européens. Youssef et Nadia, les parents sont exemplaires, mais ils rejettent Samira leur fille aînée, qui s’éprend d’un officier turc donc musulman. Nabil est actif dans les cercles d’étudiants nationalistes qui prennent exemple dans la Révolution française. L’Egyptienne, l’héroïne qui a donné son nom au livre et que nous suivrons pendant toute la saga, c’est Shéhérazade, flamboyante, passionnée, intelligente. Amoureuse de Karim,  fils du jardinier, mais musulman, ,elle épousera, Michel Chalhoub, chrétien à qui elle était promise qui lui donnera un fils Youssef. Son grand amour de maturité sera Ricardo, vénitien, proche de Mohamed-Ali….La Fille du Nil, Giovanna, fille de Shéhérazade et de Ricardo, est forte personnalité qui épousera le fils du Vice-roi, Saïd (une liberté que l’auteur a pris avec la grande histoire). Les grandes passions, les histoires d’amour, ne m’intéressent pas tellement  celle-ci tient la route et porte le roman historique sans trop l’envahir

Le roman historique, est passionnant et tout à fait précis (il ne faut pas sauter les notes de bas de pages, très documentées). Nous comprenons comment les mamelouks règnent sur l’Egypte, presque indépendamment de la Sublime Porte, souveraine en titre. L‘expédition de Bonaparte est racontée par le menu. Abounaparte, aussi surnommé le joueur est décrit comme un conquérant sanguinaire peu soucieux de mission civilisatrice que parfois on lui attribue. Il n’en est pas de même pour Kléber  qui apparaît plus sympathique . Et les savants de l’expédition, ceux qui ont décrit l’Egypte? On retiendra ici plutôt les ingénieurs. Bonaparte aura une influence indirecte : il servira d’inspiration à un autre conquérant : Mohamed-Ali macédonien comme Alexandre le Grand, qui conservera au cours de son règne sa francophilie.

Le héros de la saga est Mohamed-Ali . Sa conquête du pouvoir est cruelle, machiavélique. Il ne se contente pas de régner, il veut moderniser l’Egypte : « nationalise » les terres pour rationaliser l’agriculture, se préoccupe d’irrigation, de canaux, barrages. Il fait venir des experts européens. 

Arrivent les Saint-Simoniens les invités surprises du roman avec leurs idéaux progressistes, abolition de la corvée, féminisme, leur folklore et aussi leur quête un peu délirante de la Mère ou de l’Épouse.

On en arrive à Ferdinand de Lesseps et enfin au Canal de Suez dont le projet occupe la deuxième partie de la Saga. Mais ce n’est plus Mohamed -Ali qui verra sa réalisation mais le Khedive IsmaÏl , son petit-fils qui l’inaugurera en présence de l’impératrice Eugénie. 

En revanche, le rêve de Mohamed-Ali : l‘indépendance de l’Egypte ne pourra pas être réalisé. Le jeu diplomatique des grandes puissances européennes hostile au démembrement de l’Empire ottoman mettra en échec tous les efforts, les guerres en Grèce, en Turquie des armées égyptiennes, même victorieuses.  L’intervention britannique de 1882 fera de l’Egypte une colonie britannique.

Pizzo

CARNET DU MEZZOGIORNO (CALABRE)

Pizzo : château aragonais

Pizzo, comme Tropea est construite sur la falaise dominant la mer. Au programme de la visite : le château aragonais où Murat fut fusillé en 1815, le fameux tartufo : truffe de chocolat glacé qu’on déguste sur les terrasses de la Place de la République et une grotte transformée en chapelle.

Le Centro storico est interdit aux voitures qu’il faut laisser au parking. Un parcours piétonnier est balisé par des sentes et escaliers. La ville est petite, j’arrive rapidement à la Fontaine Garibaldi – autre figure historique avec Murat. Garibaldi, ce n’est pas très original, j’ai même vu la maison où il a fait une sieste !

Dans les rues sans voitures, les habitants ont sorti des chaises sur le pas de la porte et installé de grosses potées de plantes vertes ou fleuries. Comme à Tropea, les porches des maisons et des palais sont sculptés et imposant. Quand ils sont en granite c’est souvent un bossage en pointe de diamant ; Devant le Palazzo Zimatore (hôtel) des jasmins grimpent à la façade et embaument.

Le Corso Garibaldi est animé avec quelques boutiques pour touristes avec des oignons de Tropéa en guirlandes avec les piments rouges de Calabre. Joaillerie à base de corail, des vêtements.  Les chaussures sont particulièrement bon marché. Il y a des sandales pour 20€ et des robes de plages pour 10€, si les valises étaient moins pleines, je me laisserais bien tenter.

La Piazza República est occupée par de belles terrasses où l’ont sert le fameux Tartuffo . Ce n’est pas l’heure, dommage.

Au fond, une petite esplanade avec une estrade pour les festivités. De là, la vue est belle sur le château et la mer.

Le petit château (50mx74mx38m) est situé en contrebas. Ses murs sont agrémentés de plantes qui égaient le granite gris. La première construction angevine ne comprenait que la grande tour et faisait partie du système de défense angevin contre les incursions des Sarrazins. Cent ans plus tard, Ferdinand d’Aragon a continué la fortification de nombreux châteaux de Calabre de 1481 à 1485 lui adjoignant deux tours rondes et des pièces d’artillerie. Une partie du château fut détruite par un séisme en 1783, reconstruit en 1790.

Le procès de Murat

L’épisode de la captivité de Joachim Murat. Succédant à Joseph Bonaparte comme Roi de Naples en 1806, Murat a refusé les conclusions du congrès de Vienne. De Corse, il organisa une expédition militaire pour reconquérir son royaume. Le 8 Octobre 1815, une flotte composée de 3 bâtiments aborda le rivage de Pizzo. Murat voulu se faire reconnaître de ses sujets « vous ne reconnaissez pas votre roi ? ». Il fut capturé et emprisonné. On a reconstitué la cellule où ses compagnons furent incarcérés, celle de Murat et la pièce où le tribunal a siégé. Murat, ayant refusé de comparaître à son procès, il fut condamné par contumace puis fusillé. On peut lire la lettre que Murat écrivit à Caroline Bonaparte, sa femme et à ses 4 enfants. J’aime bien visiter les lieux habités par une histoire.

Piedigrotta

La chapelle est située à 1km au nord de Pizzo. Un grand parking et un escalier sont aménagés. La légende raconte qu’en 1632, un navire venant de Naples transportant le tableau de la Madone fit naufrage pendant une tempête. L’équipage nagea ainsi que la cloche du bateau et le tableau. Malgré deux orages, la Madone retourna à la grotte. (j’ai déjà entendu une histoire similaire !)

Pizzo : piedigrotta

A la fin du 19ème siècle Angelo Baron a élargi la grotte et commencé à sculpter les statues. L’ensemble est saisissant dans le style naïf.

Au pied de la chapelle deux très jolis bassins ronds sont ourlés de sable blanc. L’eau est turquoise et me fait très envie.

PIzzo : piscines naturelles sous la Grotte

Nous allons chercher une plage avec un parking accessible, une terrasse ombragée. Nous remontons sur la S22 et nous trouvons tout de suite le restaurant qui est complètement vide ; je suis surprise qu’on nous accueille et que els plats figurant au menu soient servis. Les gnocchi et les langoustines sont nappés d’une sauce au curcuma savoureuse Les langoustines sont fendues en deux. Mes pâtes sont enveloppées dans une papillote géante en aluminium qui contient beaucoup plus de fruits de mers que pâtes (linguines) couteaux que ne n’avais jamais goûtés, un peu élastiques mais bons, de nombreuse peties palourdes (vongole) des moules , 4 crevettes roses et des poulpes très tendres.

 

 

 

 

Le Modèle Noir de Géricault à Matisse – Musée d’Orsay

marie Guillemine Benoist : Portrait de Madeleine

EXPOSITION TEMPORAIRE du 26 mars au 21 juillet au Musée d’Orsay

 

C’est une grande exposition, prévoyez du temps!

Si vous prenez l’audio-guide vous serez guidé par Lilian Thuram et Abdelmalik. 

François-Auguste Briard : L’Abolition de l’Esclavage dans les Colonies Françaises

Elle couvre la période historique allant de la Première Abolition de l’Esclavage (1794) au XXème siècle. Exposition chronologique, sous un aspect historique où l’histoire de l’Esclavage et son Abolition occupe une place centrale.  Tableaux et gravures voisinent avec les décrets d’Abolition, des éditions originales, le manuscrit de Bug-Jargal de Victor Hugo.

On peut aussi adopter plutôt un regard plus pointu sur le Modèle Noir dans la peinture comme nous l’invite le titre de l’exposition.

L’ambition est de redonner un nom à ces grands oubliés du récit des avant-gardes en plaçant l’histoire de l’art en miroir de l’histoire des idées; des sensibilités et des représentation »

Joseph : étude d’homme par Géricault

Les conservateurs qui ont organisé l’exposition on fait des recherches pour nous présenter ces modèles, leur donner un nom, une identité au lieu des titres anciens « portraits de Nègre » ou de « mulâtresse »….Nous découvrons des personnages comme Madeleine, la jeune femme de l’affiche, domestique affranchie du beau-frère de Guillemine Benoist. Joseph, modèle de Géricault qui en a fait le marin central du Radeau de la Méduse, était aussi le modèle de Chasseriau

Etude d’homme noir par Chasseriau pour une composition d’Ingres

Joseph, acrobate et mélomane était très apprécié dans le milieu artistique, une vrai vedette à l’époque.

Je m’intéresse à la personnalité des modèles presque autant qu’à celle des peintres connus comme Géricault, Delacroix ou Chasseriau, qui soutenaient dès le début du XIXème siècle la cause abolitionniste.

Delacroix : Jeune Homme en buste coiffé d’un turban rouge

Le Jeune noir à l’Epée de Puvis de Chavanne a déchaîné l’admiration d’Abdelmalik dans le commentaire, pas le mien, je n’aime pas beaucoup ce peintre.

Le Châtiment des quatre piquets démontrant la cruauté de l’esclavage fut refusé au Salon de 1843 et la date de 1849 (après l’Abolition) est inscrit .

Châtiment des 4 piquets

Au milieu du XIX ème siècle l’anthropologie tenta de caractériser les types et les races (souvent pour établir une hiérarchie justifiant le colonialisme). Sans tomber dans ce travers négatif Charles Cordier produisit alors des bustes saisissants

Cordier : buste d’une femme des Colonies
Cordier : Vénus africaine

La salle suivante s’intitule Métissage littéraire un mur entier est dévolu à Alexandre Dumas d’abord caricaturé en exagérant ses traits africains puis portraituré comme un blanc quand il devient célèbre et respecté.

caricature de Dumas

Je découvre Jeanne Duval, la muse de Baudelaire

Jeanne Duval peinte par Manet

et dessinée par Matisse dans les illustrations  pour les Fleurs du Mal

matisse : illustration des Fleurs du Mal

D’autres personnages de couleur ou métisses sortent de l’ombre : Ira Aldridge acteur noir américain shakespearien qui émigra à Londres et triompha dans Othello. la musicienne havanaise : Maria Martinez, Miss Lala, acrobate peinte par Degas

Degas : Miss Lala

Autour d’Olympia est le thème d’une salle . On a retrouvé le modèle de la servante noire d’Olympia qui brandit un bouquet : elle s’appelle Laure.

Esther de François-Léon de Benouville
Bazille : jeune femme aux pivoines

On arrive au XXème siècle, une salle avec des vidéos est consacrée aux tirailleurs sénégalais (Valotton) et, après la Grande Guerre Joséphine Baker est célébrée ainsi que le jazz (Fernand Léger)

Paul Colin : La Revue nègre

Le jazz inspire Fernand Leger tandis que la dernière salle présente des collages colorés de Matisse. 

MEIJI – Splendeurs du Japon impérial (1868-1912) au Musée Guimet

Exposition temporaire jusqu’au 14 janvier 2019

Le pont aux glycines Kameido

C’est d’abord une leçon d’histoire : l’ère Meiji correspond au règne de l’empereur Mutsuhito (1868-1912) correspondant à l’ouverture du Japon sur le monde, à son industrialisation et son impérialisme avec des conquêtes militaires. Le costume occidental est adopté et le régime se dote d’une constitution.

La première salle peinte en rouge est sous le signe de la Modernisation;

industrialisation et urbanisme

Moderniser/industrialiser Le Japon se dote d’une industrie, des photographie montrent des filatures, des bâtiments de briques, des ponts métalliques.

Propagande militariste presque un manga!

Moderniser/Militariser

estampe militariste

Le Japon se dote d’une flotte moderne. L’empire se militarise à grands pas vers la guerre. L’iconographie militariste revêt plusieurs styles. Ci-dessus, on dirait un manga, sans doute de la propagande (je ne sais pas lire le japonais)! Des estampes esthétisantes n’en sont pas moins guerrières : une armée se reflète dans le miroir de l’eau, au loin une ville brûle.

estampe militariste
bataille navale

En plus de ces très belles estampe on présente deux pochoirs pour l’impression de textiles d’une grande finesse sur papier enduit de jus de kaki. La grande délicatesse du dessin ne doit pas faire oublier le motif guerrier :  des canons.

Dans la salle suivante,  une photo agrandie de l’Exposition universelle de Paris avec la Tour Eiffel illustre le thème : Construire une image artistique et industrielle.

Le mont Fujiyama

Le Japon participa aux nombreuses Expositions Londres 1862, Paris, 1867 1900, Vienne 1873, Chicago, Philadelphie. il importait de donner une image flatteuse du Japon grâce à des images typiques comme le pont des glycines ou le Mont Fujiyama. Il fallait aussi présenter des objets variés d’une qualité artistique remarquable: bronzes, laques, porcelaines émaux….

D’énormes brûles parfum en bronze, des objets délicats, des paravents ouvragés. tous les arts décoratifs sont menés à un degré de perfection.

paravent représentant des divinités shintoïstes.

Souvent les motifs sont floraux . Les décors font aussi appel au panthéon shintoïste (la religion d’Etat pendant l’ère meiji. Certains artistes s’inspirent aussi des représentations bouddhistes ou au folklore populaire avec des dragons, des démons. D’autres peignent des animaux, surtout des oiseaux à la perfection.

orchestre de petits démons ou de monstres

Tous les arts décoratifs sont d’un raffinement inouï, les techniques sont parfois superposées, de laque, d’émaux cloisonnés, d’incrustations, de joaillerie ou de nacre

éléphant

On ne peut qu’être admiratif devant une telle maestria, un tel luxe et une telle perfection.

boites laquées

L’artisan sait aussi jouer du dépouillement et de la simplicité de ce liseron parfait sur le rouge de la laque.

vases à décors floraux

La fin de l’exposition Les lendemains du Japonisme montrent les influences, de l’art Japonais sur Van Gogh, Monet, Degas. Sur les cartels je n’ai pas trouvé de mention de l’Art Nouveau même si la parenté est criante.

J’étais venue à Guimet pour l’exotisme. Je n’ai pas été déçue. Pourtant l’impression à la sortie est la parenté entre le développement industriel du Japon, sa militarisation avec ce qui s’est passé presque simultanément dans la Grande Bretagne victorienne, ou dans la montée en puissance de la Prusse. Ère Meiji, Empire victorien, même Russie des Tsars…on voit l’industrialisation, la militarisation qui va déboucher sur la Guerre et l’impérialisme.

La perfection japonaise fait la différence, mais la valorisation des arts décoratifs présentés aux grandes expositions universelles, est-ce le début d’une certaine mondialisation?

Athènes : Lykaion et Musée Benaki

CARNET DES CYCLADES

Athènes néo-classique :le Musée Bénaki

20 minutes pour arriver au Musée Bénaki : par Syntagma puis Vassilis Sophias. Je passe devant l’Ambassade d’Egypte, l’Institut culturel français, italien…je me régale d’affiches, d’expositions et de concerts, Debussy… Le Musée Benaki est très bien logé dans un hôtel particulier le perron donne sur un jardin planté d’orangers avec une pergola de bougainvillées. Il n’ouvre qu’à 10h alors que mon téléphone magique avait annoncé 9h. Toujours sur Vassilis Sophias, le Musée Cycladique ouvre aussi à 10h.

Lykaion

De l’autre côté de l’avenue, le Lykaion est un site archéologique dans un jardin assez ombragé et agréable. Le site n’est pas spectaculaire : un quadrilatère en creux. Des vitres protègent les fouilles. De jeunes oliviers, des fenouils libèrent leur arôme. Le site fut découvert en 1996 lors de la construction d’un centre d’art contemporain (abandonné après identification du Lykaion).

Les panneaux explicatifs détaillés parlent à mon imagination :

Le premier gymnase date du 6ème siècle. Des terrains de sports étaient situés près de l’Ilyssos, non loin de l’Olympéion. Une photographie ancienne de 1910 des rives de l’Ilyssos montre un paysage bucolique. On retrouve des fossés de drainage et des canalisations antiques L’eau était indispensable pour les soins du corps partir de.  A partir du 5ème siècle il existait des bains publics, mais de dimensions restreintes Les bains ne devinrent populaires qu’à l’époque hellénistique.  Le plus grand bâtiment était la palestre, vaste cour presque carrée entourée de portiques, autour, des pièces fermées : éphebéion, Elasthesion ( ?) .

lykaion fleuri

C’est ici que fut lue l’œuvre de Protagoras comme Platon l’a rapporté. Le site était fréquenté par Socrate. Platon y a établi l’Académie, Aristote, le Lycée. D’après Aristophane et Xenophon, le terrain d’entrainement des hoplites. Un panneau dédié à Aristote nous apprend qu’il entra à l’école de Platon et y resta jusqu’à la mort de ce dernier en 347. Aristote marchait avec ses élèves (péripato). Après la mort d’Alexandre (323av JC) le climat d’Athènes lui devint hostile et Aristote retourna à son lieu de naissance en Chalcidie.

Il y avait également un sanctuaire d’Apollon : Apollo Lykieos.

Musée Benaki

Exposition Joan Fermor

Exposition temporaire The Photographs of Joan Leigh Fermor

Joan Leigh Fermor, née en 1912, photographe a rencontré Paddy Fermor au Caire en 1944 après des missions à Alger et à Madrid. Elle a cessé la photographie dans les années 60 sauf pour prendre en photo leur maison de Kardamyli ( Magne). En 1996, Joan et Paddy Fermor ont fait donation de la maison à la Fondation Benaki.

Cette visite est une promenade merveilleuse dans les paysages de la Grèce encore intacte des années 50. Elle livre aussi des photos de vacances. On croise Margot Fonteyn…

Le 3ème étage du Musée Benaki est dédié aux Guerres d’Indépendance de la Grèce au 19ème siècle

Exposition Guerres d’indépendance de la Grèce

Des tableaux montrent les massacres de Chios, l’évacuation de Parga (1819, CF Ali Pacha), Missolonghi où est mort Byron. Certains sont   peints par des artistes connus -Vernet ou Scheffer – ou inconnus (de moi,  par des artistes locaux et il y a  même des peintures populaires naïves. Grands  portraits d’hommes en costume oriental, fez rouge et turbans, fustanelles ou costumes européen. Batailles  navales qui me rappellent le musée de Kotor vu l’an dernier.

musée Bénaki : costumes

De grandes vitrines contiennent des mannequins présentant les costumes folkloriques parfois très variés de l’Epire, la Thrace, la Macédoine ou des îles. Les personnages sont mis en scène devant des paysages d’époque. Je suis émerveillée par la qualité des reconstitutions, l’abondance des collections. Je filme et oublie de prendre des notes. Comment décrire toute cette accumulation de meubles, gravures, panneaux peints, broderies, assiettes…Des salons entiers sont remontés avec meubles, boiseries et plafonds (un peu comme en Bulgarie), murs peints, cheminées ottomanes, tables basses, cuivres….

musée Bénaki

Une église entière a été remontée avec son iconostase. Aux murs, une collection d’icônes. Ma préférée est l’Adoration des Mages. L’Hymne acathiste ressemble à une bande dessinée rouge et dorée d’une infinie finesse.

Musée Bénaki : art populaire

Au rez-de-chaussée : Antiquité et période Byzantine

Après les visites dans les étages, ma concentration s’est émoussée. Je note les éléments les plus spectaculaires qui m’ont étonnée :

Un epitaphios, sorte de linceul pour le Vendredi Saint brodé de croix dorées et de fils d’argent est un véritable trésor.

Les portraits du Fayoum.

Je passe blasée devant la vaisselle antique peinte, j’ai eu mon content d’Antiquité sur l’Acropole hier !

Musée Bénaki : antiquité

Il faudrait revenir.Comment suis-je passée toutes ces années à Athènes sans visiter le Musée Benaki ?

Le Second Empire à Orsay

affiche
affiche de l’Exposition : Ingres

C’est davantage une leçon d’Histoire illustrée qu’une exposition de peinture classique. D’ailleurs, les objets, les explications tiennent plus d’importance que les tableaux qui sont soit très connus, soit de moindre importance.

Meissonier : les ruines ddes Tuileries
Meissonier : les ruines ddes Tuileries

A l’entrée, paradoxalement , le tableau de Meissonier représente les Ruines des Tuileries, marquant la fin du règne de Napoléon III avec la Commune.

La Fête impériale doit éblouir l’Europe dans le luxe et l’éclectisme.

Winterhalter : Eugénie
Winterhalter : Eugénie

La première salle présente  les portraits officiels de l’Empereur et d’Eugénie, de Winterhalter, diffusés à multiples copies tandis que Gérôme a peint la réception officielle des ambassadeurs siamois qui rampent en présentant leurs présents. Commande officielle, pour laquelle l’artiste s’est aidé des photographies des protagonistes.

Gérôme : réception des ambassadeurs du Siam
Gérôme : réception des ambassadeurs du Siam

En face, autre tableau de commande  : L’Empereur visitant les inondés de Tarascon par Bouguereau, autre facette pouvoir, l’Empereur le détenant directement du peuple (par le suffrage universel). Les couronnes d’Eugénie et une pendule complètent des attributs de l’empire. Le Berceau offert par la Ville de Paris s’inspire du berceau du Roi de Rome. C’est une nacelle (rappelant Fluctuat nec Mergitur) décorée par les meilleurs artistes parisiens. Il est amusant de remarquer que le Préfet de Paris était Haussman et l’architecte Baltard.

Résidences impériales

inauguration-du-canal-de-suez

Des dessins de projets et des photographies montrent les travaux aux Tuileries et au Louvre qui furent alors réunis. L’inauguration du Canal de Suez et nombreux décors éphémères de célébrations impériales sont illustrées par des photos et des aquarelles. De grands tableaux montrent les autres châteaux occupés par la famille impériale : une résidence par saison, les Tuileries en hiver, Saint Cloud au printemps, Fontainebleau l’été et Compiègne à l’automne.

Portraits

Cezannes : portrait d'Achille Empéraire
Cezannes : portrait d’Achille Empéraire

Une grande salle tendue de grenat montre les portraits d’une société narcissique (selon l’audioguide) de James Tissot qui flattait ses modèles, d‘Ingres (l’affiche de l’exposition) mais aussi moins officiel : Courbet représentant Proudhon, ou Cézanne qui a peint son ami, le peintre Empéraire, jouant avec l’homophonie Emperaire/Empereur parodie de portrait officiel, Empéraire en robe de chambre à la place du manteau d’apparat….Je reconnais aussi le Balcon de Manet, un Degas, bien à leur place à Orsay, un peu plus loin Lola de Valence de Manet

Les tendances de l’architecture de l’époque sont détaillées dans les salles suivantes :

Style Néogothique avec Viollet-le-Duc

Orientalisme avec des meubles éthiopiens dans le château néo-gothique

La villa pompéienne du prince Napoléon occupe toute une salle.

Villa pompéienne avenue Montaigne
Villa pompéienne avenue Montaigne

Le château de Ferrière des Rothschild…

Toute une section est dédiée aux spectacles :  théâtre et Opéra, aux grands Boulevards, aux Salons pour les peintres, et aux Expositions universelles.

Tandis que les nouveaux loisirs se déroulent hors Paris grâce au chemin de fer, courses, bains de mer avec l’architecture balnéaire à Trouville ou ailleurs.

On assiste à la naissance de l’Impressionisme dans  ces nouveaux lieux à la mode comme Bougival ou les plages (je pense à l’exposition Sorolla, vue il y a peu).

Avec cette exposition, on passe en revue, non seulement les lieux de pouvoir mais aussi la vie quotidienne des classes privilégiées enrichies par la  prospérité économique.

 

 

Les Buddenbrooks – Thomas Mann

Lübeck, 1835 – 1875, le déclin d’une famille de négociants. Saga de 630 pages qui se lisent avec  grand plaisir.

Lübeck, ville hanséatique, ville libre dans une Allemagne pas encore unifiée, pas encore industrialisée. Glissement vers un monde moderne déjà prévisible en 1835 quand le souvenir du passage des armées de Napoléon est encore perceptible, vers une Prusse qui va prendre la tête, en attendant l’unité le Zollverein est dans l’air. Johann Buddenbrooks,  négociant en grains fournit les armées. Consul des Pays Bas,  commerçant avec toute la Baltique de Riga au Danemark, et à la Suède, même plus loin vers Amsterdam ou Londres. Lübeck,  ville provinciale, est ouverte sur le monde, Christian est envoyé apprendre le commerce à Londres, il ira même à Valparaiso. 1830-1875, c’est aussi l’essor des chemins de fer.Période bâtisseuse où les notables quittent les maisons à pignons pour  construire des hôtels de prestige, galeries et colonnes…. Période des révolutions de 1848, Lübeck n’est pas épargnée par le bouillonnement révolutionnaire, le livre raconte comment les sénateurs et notables vécurent ces journées.

En dehors du contexte géographique et historique, ce roman est une formidable histoire familiale avec tous les ressorts psychologiques habilement disséqués par l’auteur. Thomas Mann prend son temps pour présenter ses personnages : les  35 premières pages racontent un repas de famille, au cours desquels il  présente les protagonistes et donne un luxe de détails aussi bien sur le décor, la maison des Buddenbrooks,que sur les costumes et les divers travers de tous les membres de la famille et leurs proches.

Une autre fête de famille, un réveillon de Noël marquera la chute de la maison Buddenbrooks. Magnificence de la fête, des cadeaux que l’enfant Hanno recevra : un théâtre miniature et un harmonium, cadeaux de rêve pour celui qui choisira la voie artistique plutôt que celle du négoce pour suivre l’affaire familiale et succéder à son père….Description des décors de Noël, menu de fête, toilettes…..

On peut aussi s’attacher à chacun des personnages dont le destin est raconté en finesse. J’ai suivi avec émotion Tony, la jeune fille heureuse de vivre qui sacrifiera son premier amour par obéissance à son père, en se mariant à un négociant, comme si ce destin était immuable. Tony deux fois mal mariée….

Déchéance de Christian qui n’était pas fait pour être commerçant…Encore un mauvais mariage-de-raison pour Erika, la fille de Tony… Dans les dernières pages on suit Hanno, le musicien de santé débile, impossible successeur de son père Thomas.

Les évènements se succèdent en douceur, logique implacable de ce déclin, sans éclat, l’analyse psychologique est toujours suggérée dans une foule de détails pittoresques, villégiature sur le bord de la Baltique, ou promenade en campagne.

 

un peu d’Allemand….