Cézanne et les maîtres – Le rêve italien -Musée Marmottan

Exposition temporaire jusqu’au 5 juillet 2020

 

Cézanne n’est jamais allé en Italie, pourtant cette exposition  le décrit comme  Italien par la lumière qui inonde ses tableaux, lumière de Provence. Italien parce qu’il connait les peintres italiens et s’en est inspiré! L’exposition 2020 au Musée Marmottan fait suite à une exposition de 2014 que j’ai trouvée racontée sur un blog que j’aime beaucoup ICI

1) Cézanne l’Italien.

L’exposition du Musée Marmottan  présente les tableaux par paires : La Descente de Croix du Tintoret qui a inspiré un petit tableau La Femme étranglée où la composition se trouve inversée (explication et schéma sur les cartel : passionnant!). Aucun rapport pour le sujet profane mais l’analogie est remarquable.

 2)Cézanne regarde Venise et Naples

occasion d’apparier les tableaux La déploration du Christ du Tintoret  et Le Meurtre  de Cézanne. 

le meurtre Cézanne

Occasion de découvrir un aspect de la peinture de Cézanne que j’ignorais complètement : ces peintures sombres  que je n’imaginais pas du tout, loin des paysages lumineux de la Sainte Victoire ou des tranquilles natures mortes.

La toilette funéraire ou l’Autopsie Cézanne

Cette toilette funéraire est appariée à la Déposition du Christ de Ribera, même si les personnage ont été réduits de six à trois et que le sujet est bien profane.

Ce jeu des paires marche aussi pour une tête de vieillard de Cézanne inspiré du Portrait d’Antonio da Ponte de Bassano, ou de deux jeunes filles l’une du Gréco (magnifique mais interdit de photographier). La parenté entre la Préparation du banquet et la Cène du Tintoret n’est pas aussi évidente.

En tout cas : Cézanne connaissait la peinture vénitienne et napolitaine!

3) Cézanne regarde Rome

Pastorale

Plusieurs paysages dans cette section: surtout des Poussins – archétype du paysage classique – qui invente un paysage idéal tandis que Cézanne peint sur le motif. Cette Pastorale est accrochée à côté d’un Poussin Paysazge avec Bacchus et Cérès.

Cezanne : le château noir

Le Château  noir correspond plus à ma vision de  la peinture de Cézanne. C’est d’ailleurs un des tableaux que j’ai préféré dans l’exposition.

4)Cézanne regarde la nature morte en Italie

nature morte ou vanité? Je découvre la Vanité avec Crane de Salvator Rosa que je ne connaissais pas du tout.

Cristoforo Munari

 

Cristoforo Munari (encore une découverte pour moi) a peut être inspiré Cézanne

5) Cézanne vu par les Italiens

Si les maîtres italiens ont inspiré Cézanne, la réciproque est aussi vraie: Soffici, Carrà, Morandi, Sironi et Pirandello sont présent dans le jeu des paires.

Sironi : Portrait du frère Ettore/ Cézanne
Cézanne : la bouteille de liqueur
morandi

baigneuses de Cézanne et baigneuses de Pirandello

Baigneuses de Pirandello

Cette exposition m’a beaucoup plu, non seulement les tableaux sont magnifiques et certains inconnus mais encore la démarche de faire dialoguer les œuvres, de mettre en évidence les analogies, les compositions, les parentés est très formatrice pour l’oeil.

Fénéon (1861-1944) Les Temps nouveaux de Seurat à Matisse

Exposition à l’Orangerie du 19/10/2019 au 27/01/2020

Fénéon par signac

J’ai rencontré Félix Fénéon au Quai Branly dans l’Exposition Les arts lointains et j’avais apprécié sa critique de la Colonisation et ses questionnaires « Entreront-ils au Louvre » en parlant des oeuvres d’art africains. Je m’étais promis de le retrouver à l’Exposition prévue à l’Orangerie.

 

L’exposition présente ses années anarchistes de 1892 à 1894 pendant lesquelles Fénéon est accusé d’avoir participé à un attentat. Son procès est même mis en scène. Les dessins de Luce le montrent en prison. Des coupures de journaux témoignent de cette épisode. L’anarchie est peinte dans un tableau idyllique de Signac : Au temps d’Anarchie rebaptisé plus tard Au temps d’harmonie, l’âge d’or n’est pas dans le passé, il est dans l’avenir.

Signac :  Au temps d’anarchie

Critique d’art, collectionneur, journaliste, galeriste, Félix Fénéon a joué un rôle important en soutenant les néo-impressionnistes, Seurat, Signac, Cross, mais aussi en organisant une exposition pour les Futuristes italiens et plus tard d’autres artistes novateurs.

Secrétaire de la Revue Blanche, il a aussi joué le rôle d’éminence grise en publiant des oètes symbolistes : Stephane Mallarmé, Paul Verlaine, puis Proust, Gide Oscar Wilde, Charles Péguy….

La lecture Rysselberghe

L’exposition montre une grande variété d’oeuvres, de merveilleux tableaux pointillistes colorés de Seurat et Signac,  mais aussi des dessins très sombres de Seurat avec des préoccupations sociales.

Usine à Courbevoie

 

Après les tableaux futuristes, il y a aussi des Bonnard, Vuillard, Matisse….l’occasion de voir de belles choses.

Après le bel article de lisapascaretti, j’ai eu bien du mal à rédiger mon article!

 

Foujita OEuvre d’une vie (1886 -1968) – Maison de la Culture du Japon à Paris

Exposition temporaire jusqu’au 16 mars 2019

Rassemblant 36 tableaux divers du peintre de son arrivée à Paris en 1913 à son dernier retour à Paris (1950-196) sa conversion au catholicisme en 1959.

60 ans de création de ce Japonais amoureux de Paris dont il a connu les plus belles heures de l’Ecole de Paris, le cubisme, le Douanier Rousseau, les fêtes de Montparnasse….Deux tableaux de sa première visite (1913 ) représentent la proche banlieue, les fortifications et les usines dans un style naïf et des harmonies de camaïeu gris.

 

A son retour à Paris en 1921-1931, il adopte un style très personnel aussi bien dans sa peinture que dans son personnage de dandy au train de vie luxueux. Il peint des femmes nues où la recherche se fait surtout sur la blancheur de la peau et les poils que sur les rondeurs ou les formes. Réminiscence d’Olympia, femme allongée sous de la toile de Jouy….et puis, avec un peu d’attention, on découvre un chat. les chats sont très présents dans les œuvres de Foujita. Je n’ai jamais vu de chats aussi réussis. Douceur et espièglerie, mais pas que, la bataille de chats est impressionnantes, 14 chats se déchaînent, griffes et crocs, il y en a même un borgne.

La crise de 12929 le ruine et Foujita quitte Paris pour des voyages en Amérique du sud et au Japon. Sa peinture se colore, elle devient presque Mexicaine avec des ocres, des oranges, des jaunes et des verts. Il peint aussi le Japon et la Chine. J’aurais aimé en voir plus.

Face à la Guerre (1939 -1949) Foujita est incorporé dans l’armée impériale pour des peintures de guerre monumentales, deux sont présentées là, brunes, héroïques, elles occupent tout une cimaise et ne m’ont pas plu (ce n’est pas le travail de Foujita qui me rebute mais le genre). A côté, un Rêve d’une femme nue entourée de nombreux animaux fantastiques a attiré mon attention. Foujita ne peint pas que des chats, il excelle aussi dans la représentation des singes, lapins ou chiens

Retour à Paris (1950-1968) atmosphère de bistrots, même à New York il peint un café parisien. Il obtient la nationalité française et en 1959 se converti au catholicisme. Un tableau le représente, lui et sa femme en tenue monastique avec la vierge (qui a une physionomie curieuse, peut être japonaise. Ce tableau s’inspire des flamands, seuls les oiseaux, mésanges, pic vert.. m’ont intéressée.

Au plus humides jours de janvier, il faudra remettre à plus tard les visites de maisons d’artiste en Vallée de Chevreuse mais je retiens celle de Fujita pour le printemps prochain à Villiers-le-Bâcle sur la route de Gif sur Yvette!

Mexique au Grand Palais (1900-1950) Le Mexique et la Révolution

(suite de l’article précédent, depuis que je suis passée à Windows10 j’ai des problèmes incessants avec le traitement des images)

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La Révolution zapatiste fut sanglante et certains tableaux sont effrayants.

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Les tableau d’Orozco aux teintes terreuses marron/gris noir sont extrêmement violents.

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Femmes soldats

Je découvre aussi Siqueiros (sous-titré : La Lutte des classes) . Selon les explications, il privilégie la peinture murale, mais aucune image de ces fresques n’est donnée ici

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la Mère prolétarienne Siqueiros

Dans le même thème, les photos de Bravo sont très belles. Un long extrait de Que Viva Mexico d’Eisenstein est projeté. Magnifique! on peut le visionner sur YouTube.

L’utopie sociale est représentée par Rivera dans la Rivière Juchitan (1953-1955) apporte les couleurs vives qui contrastent avec ces images bien sombres

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Mexique (1900- 1950) Au Grand Palais (1) les mexicains à Paris

LE MONDE EN EXPOS

 

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J’ai gardé le plus vif souvenir de l’exposition de l’Orangerie en 2013 consacrée à Frida Kalho et Diego Rivera. L’exposition actuelle, bien qu’elle expose quelques tableaux qu’on y avait déjà vus, n’est nullement redondante. Même si Frida et Diégo étaient les vedettes les plus connues, ils n’étaient pas seuls, loin de là. Cette peinture est très riche. L’exposition de 1913 était surtout centrée autour de le personnalité de Frida et Diégo et leur relation de couple. Celle de 2016 est organisée autour de thèmes très variés. Il ne faut donc pas faire l’impasse au prétexte qu’on a vu celle de l’Orangerie

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Diego Rivera : Femme au puits

 

LES MEXICAINS A PARIS présentent une série de gravures de Roberto Montenegro d’inspiration symbolistes où je retrouve une parenté avec les illustrations de Salomé de Beardsley vues à l’Expo Oscar Wilde mais avec des thèmes bien mexicains, têtes de morts et squelettes  Vulnerant omnes ultima necat de Roberto Montenegro ainsi qu’un Saint Sebastien. Zarraga dans la Femme et le pantin montre un clown grimé comme une tête de mort.

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Rivera, Zàrraga, Montenegro ont une bonne connaissance des avant-gardes parisiennes, s’essaient au cubisme dans la Femme au puit de Rivera, le Paysage zapatiste. J’ai du mal sans l’aide des cartels à distinguer les peintures de Rivera de celles de Zarraga. Les thèmes mexicains et la révolution zapatiste dominent. j’ai aussi aimé la footballeuse de Zarraga  ainsi que les deux tableaux où figure la même indienne aux tresses attachées et à la jupe rouge flamboyante.

Zarraga Footballeuse
Zarraga Footballeuse

 

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Zarraga

 

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Monet, Munch, Hodler au Musée Marmottan – Peindre l’impossible

RENCONTRES  CHEZ MONET

Munch : neige fraîche sur l'avenue
Munch : neige fraîche sur l’avenue

Deux expositions presque simultanément sur les lieux consacrés à Monet et à l’Impressionnisme : Sorolla à Giverny et Monet, Munch, Hodler à Marmottan. La mode cette année est-elle de faire dialoguer les peintres? Je goûte énormément ces rencontres qui offrent un point de vue nouveau sur des écoles qu’on imagine séparées. 

Hodler (1858-1918), Monet (1840-1926) Munch (1863-1944) contemporains ne se sont jamais rencontrés, chacun a effectué des recherches originales dans des voies différentes, mais chacun dans la lumière et la couleur.

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hodler

Peindre l’impossible est le sous-titre de l’exposition

« J’ai repris encore des choses impossibles à faire : de l’eau avec de l’herbe qui ondule dans le fond… c’est admirable à voir, mais c’est à rendre fou de vouloir faire ça» Monet

En introduction,  une courte présentation des trois peintres : trois autoportraits. L’essentiel de l’exposition s’organise autour de ces thèmes impossibles à rendre : les montagnes, l’eau, la neige, le soleil et la lune, pour terminer  par Couleurs. 

Le grand maître des montagnes est sans conteste le suisse Hodler. Dans le Lac de Thoune  ou le Lac Léman les sommets se reflètent, ou émergent d’une mer de nuages ou de bancs de brume. Le contraste entre le tracé extrêmement précis, structuré, presque géologique, des sommets et le flou de la brume est surprenant.

Lac de thoune et chaîne du stockhorn
Lac de thoune et chaîne du stockhorn

Le premier tableau : Le Lac de Thoune et la Chaîne du Stockhorn est construit en couches parallèles bleues ou jaunes , 7 lignes bleu-clair, de brume traversent le tableau et la montagne. Au premier plan, de très petites taches vertes donnent du relief. De nombreux tableaux de montagnes sont accrochés : Le Mont Mönch net et structuré, le bâti est souligné d’un trait bleu ou rouge, surmonté de jolis nuages blancs en forme de virgule. La Jungfrau, l’Eiger et le Mönch  au dessus de la mer de brouillard . 

Monet : Mount Kolsaas
Monet : Mount Kolsaas

Monet s’est aussi essayé avec bonheur à peindre le Mont Kolsaas(Norvège) là où je ne l’attendais pas du tout.

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paysage de Thuringe

Pour la neige, c’est Munch qui excelle avec des personnages très colorés qui se détachent. En regardant avec plus d’attention, je découvre les flocons tombant sur cette Neige fraîche sur l’avenue que l’on a choisie comme affiche de l’exposition. Et j’ai eu un coup de cœur pour le Paysage de Thuringe où les limites des champs enneigés sont soulignés de rouge, brun ou vert. Monet,  bien sûr n’est pas de reste….

Monet
Monet

Le thème de l‘eau n’échappe pas à Monet avec une barque dans le courant de l’eau souligné par les ondulations des végétaux. Peinture de maître!

Autre thème : les astres , coup de cœur cette fois-ci pour Munch, et à plusieurs reprises! Sa nuit étoilée a une parenté avec celles de Van Gogh!

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munch soleil

Pour terminer, Couleurs glorifie les teintes chaudes de rouge et d’orange!

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Une très belle exposition, donc. Seul Bémol, les salles sont exiguës à Marmottan et si trois groupes suivent leurs conférencières, les visiteurs individuels ont du mal à accéder aux tableaux. J’ai donc fait la visite dans le désordre pour revenir aux salles moins embouteillées.

 

 

 

The color line – Les artistes afro-américains et la ségrégation – au Quai Branly

PARIS EN EXPOS….

exposition temporaire jusqu’au 15/01/17

drapeau, UNIA (1990) sunthèse du drapeau américain et de l'Universal Negro Improvement Association
drapeau, UNIA (1990) sunthèse du drapeau américain et de l’Universal Negro Improvement Association

Coïncidence? Deux expositions américaines se font face. Rive droite, à l’Orangerie, les Peintres des années 30, Rive gauche, The Color Line présente les artistes afro-américains au cours du 20ème siècle jusqu’à aujourd’hui. Ces deux expositions se complètent en donnant une lecture politique au travaux des artistes. 

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 The Color Line est une grosse exposition. Prévoir du temps. Et ne pas commettre l’erreur de rester trop longtemps et d’étudier trop en détail chacun des documents du début, des tableaux de statistiques (au demeurant édifiants) pour, ensuite passer trop vite devant les tableaux, sculptures présentées en fin de parcours. Ce serait dommage.

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spectacle raciste

L’exposition montre la situation des noirs à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème, affiches de spectacle illustrent la section intitulée MINSTRELS, BLACKFACES & VAUDEVILLE  des blancs, grimés, caricaturent et  se moquent des noirs qu’ils appellent « coons ». Dans les années 1990 les artistes afro-américains se réapproprièrent ces images et détournèrent l’imagerie raciste.

Détournement de l'imagerie raciste et réappropriation des clichés
Détournement de l’imagerie raciste et réappropriation des clichés

PREMIERS COMBATS CONTRE LA SEGREGATION montre les luttes contre les « lois Jim Crow » et présente les personnalités des leaders Du Bois  et Booker T Washington qui présentèrent (entre autres) la condition des afro-américains à l’Exposition Universelle de Paris. Un peintre noir Henry Ossawa Tanner fut un artiste reconnu en France, peignant des sujets universels et ne se limitant pas au folklore noir.

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LA GRANDE GUERRE : 200.000 soldats afro-américains traversèrent l’Atlantique, combattirent sous l’uniforme américain. Ce qui n’empêcha pas le racisme de sévir. le réalisateur Griffith dans Birth of a Nation montre même le KuKluxKLan comme des héros sur l’affiche du film.

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LE SPORT, en revanche fut émancipateur. l’exposition montre des couvertures de magazines, des photos de sportifs et des peintures.

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Strange fruit

STRANGE FRUITS montre des représentation des lynchages

Meditation - mob victim
Meditation – mob victim

APRES LA GRANDE MIGRATION(migration du sud des USA vers les nord moins ségrégationniste) est illustré par un mur où sont projetées 60 tableaux Migration series 1940-41) de Jacob Lawrence, petits tableaux très colorés avec ds à-plats comme des collages.

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HARLEM ON THEIR MINDS introduit une autre thématique, vie quotidienne, danse et musique.

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BLACK IS BEAUTIFUL rassemble ds tableaux plus récents très variés.

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pour finir deux grandes salles montrent des oeuvres contemporaines, peintures, mais aussi tapisseries, un mobile fait avec des masques africains suspendus, des sculptures….

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Une exposition très copieuse, historique, politique, certes, mais avant tout avec de très belles choses à voir!

A l’Orangerie, Peintres américains des années 1930 : Age of Anxiety

PARIS EN EXPOS / EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 30 janvier 2017

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Grant- Wook american gothic , l’affiche de l’exposition

Je ne connais rien à la peinture américaine, surtout de cette époque. Cette exposition est donc pour moi une véritable découverte.

C’est aussi une leçon d’histoire. Les années 30 qui on débuté avec le krach de 1929 et se sont terminées avec l’entrée en guerre des Etats Unis ont été des années très intéressantes pour la création artistique mais aussi des années de grande inquiétude : chômage de masse (29% quand Roosevelt a été élu), mais aussi grande sécheresse avec le « Dust Bowl » qui a ruiné une partie de l’agriculture américaine, arrivée des idées communistes et aussi fascistes. La littérature de cette époque témoigne aussi de cette période de crise.

Charles Sheeler
Charles Sheeler

C’est aussi à cette époque que les musées se constituèrent autour de la peinture américaine, Roosevelt dans le cadre du New Deal et des grands travaux fit aussi réaliser des Travaux pour l’embellissement des monuments.

Giorgia O'keefe Red Hills  (Nouveau Mexique)
Giorgia O’keefe Red Hills
(Nouveau Mexique)

je suis allée de découvertes en découvertes de peintres majeurs dont je n’avais jamais entendu même le nom.

Marvin cone : Méandre de la rivière (Iowa)
Marvin cone : Méandre de la rivière (Iowa)

L’Exposition s’organise autour des thèmes de l’Industrialisation et du chômage de la puissance américaine industrielle par comparaison avec une agriculture encore très traditionnelle.

Les préoccupations sociales et souvent très militantes m’ont frappée dans cette retrospective, entre autres l’influence du Parti Communiste, les communautés d’artistes. La dénonciation du racisme est aussi présente au moins dans deux tableaux : La Justice américaine et les Cotton Pickers de Thomas Benton. 

Thomas Benton : cotton pickers
Thomas Benton : cotton pickers

La section : La ville-spectacle montre que l’on s’étourdissait dans des Marathons de danse (on achève bien les chevaux)  l’essor du jazz , j’ai bien aimé le tableau abstrait Swing Music (Louis Amstrong) .

swing music
swing music

Enfin, un autre thème est de revisiter le passé

American justice
American justice

Comme une conclusion : Cauchemar et réalité montre une sorte de surréalisme que je n’ai pas du tout aimé

Lenine in the desert Guguielmi le mur en miette est lea fresque  Murale de Diego rivera
Lenine in the desert Guguielmi le mur en miette est lea fresque Murale de Diego rivera
Mother Earth d'Alexandre Hogue rappelle l'érosion suite au Dust Bowl
Mother Earth d’Alexandre Hogue rappelle l’érosion suite au Dust Bowl

En épilogue, les peintres plus récents et plus connus Hopper et Pollock et l’essor du cinéma américain.

Hopper gas station
Hopper gas station

 

Arnold Schoenberg au Mahj – Peindre l’âme

EXPOSITION TEMPORAIRE AU MUSÉE D’ART ET D’HISTOIRE du JUDAÏSME

28 septembre 2016 – 29 janvier 2017

Schönberg peint par Egon Schiele
Schönberg peint par Max Oppenheimer

Je ne connaissais Schönberg que comme musicien. D’ailleurs, c’est France-Musique qui m’a donné envie d’aller voir l’exposition après une semaine autour de sa musique et celle de son cercle (dodécaphonistes : Berg, Webern) mais aussi Mahler et d’autres influences.

On entre dans l’exposition dans une galerie de portraits des familiers de Schönberg, peints par Schönberg lui-meme ou par Egon Schiele, Gerstl, Kokoschka…

Cette première salle a pour titre : Vienne un renouveau artistique 

La vie artistique est brillante autour de 1910 à Vienne, Schönberg fréquente les plus grands, en 1911 il part à Berlin, pour revenir après un engagement dans l’armée autrichienne pendant la Première Guerrre mondiale, à Vienne d’où il s’exile vers les Etats Unis avec la montée de l’antisémitisme.

Schönberg, Kandinsky, convergences et recherches esthétiques

284En 1911, Kandinsky  correspond avec Schönberg, les recherches esthétiques  des correspondances entre ouïe et vision sont fructueuses, pour illustrer cette collaboration, une salle est ornée de très petites pièces, gouaches, dessins, ou xylogravures.

 

 

Deux grands tableaux colorés de Kandinsky complètent cette collection.

Kandinsky : bild mit rotem Fleck
Kandinsky : bild mit rotem Fleck

 A la Recherche de l’Oeuvre d’art totale : Gesamtkunstwerk 

L’oeuvre qui synthétise tous les arts est peinture, musique mais aussi théâtrale et lyrique

Les salles suivantes présentent des aspects amusants des recherches de Schönberg : un livre d’enfant : La Princesse ,jeu de carte, méthodes graphiques d’enseignement de la musique, ou des correspondances dodécaphonistes et même un jeu d’échec à 4 joueurs, 4 couleurs et des figurines correspondant à la guerre moderne avec avions et sous-marins.

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La fin de l’exposition met l’accent sur Judaïsme, identité et politique

Né dans une famille juive, Schönberg se convertit en 1898 au protestantisme et revient au judaïsme ; en 1933 il se re-convertit au judaïsme. Même avant ce retour, il a souvent utilisé des thèmes bibliques et son oeuvre Moses und Aron est un opéra témoignant de sa réflexion sur le judaïsme (extraits projetés) ainsi que ses oeuvres se référant à la Shoah. 

autoportrait
autoportrait

L’exposition se termine par une série d’autoportraits et de tableaux sur le regard; peindre, l’âme avez-vous dit!

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Barcelo au Musée Picasso à Paris

A LA VEILLE DU VOYAGE EN ESPAGNE

Atelier avec 6 taureaux
Atelier avec 6 taureaux

La peinture moderne espagnole est très riche, mais et j’aimerais beaucoup la connaître davantage. Sans parler des illustrissimes Picasso, Miro ou Dali, j’avais été bluffée l’an passé à la fondation Manrique à Lanzarote des collections de Manrique, bien sûr, mais aussi Tapies, Manuel Valdes.…et bien d’autres.

L‘exposition Barcelo au  Musée Picasso : Sol y Sombra est l’occasion de faire la connaissance d’un autre plasticien : Miquel Barcelo. J’y ai couru en urgence puisque l’exposition prend fin le 1er octobre, et j’ai raté l’autre partie de l’exposition à la Grande Bibliothèque. 

L’exposition s’intitule Sol y Sombra en référence aux places de l’arène – allusion à la tauromachie – thème cher à Picasso . 

Arène
Arène

Un singe hirsute accueille le visiteur en haut de l’escalier qui mène au sous-sol où se trouvent les salles de l’exposition. Dans la première salle sont accrochés deux grands tableaux, plutôt clairs (sol plutôt que sombra,).

 Atelier avec 6 taureaux :

Atelier avec 6 taureaux : détail d'un taureau
Atelier avec 6 taureaux : détail d’un taureau

Un cercle jaune en à-plat, occupe le centre de la toile : sable de l’arène, peut être? entouré par des masses irrégulières, empâtements, encroûtements, accumulations de matière – plâtre ou peinture . je cherche longuement les taureaux. Un seul apparaît au premier regard, j’en découvre ensuite un gros, noir qui occupe le coin gauche en bas. Des personnages à peine esquissés, de dos, blanchâtres, fantomatiques émerge à l’observation plus prolongée. Je découvre enfin à droite une autre arène où se déroule une corrida. plutôt ombre que lumière, l’opposition est à-plat/masse de matière parfois charbonnée.

Table aux têtes

Encore un grand tableau où règne la confusion qu’il faut examiner avec attention! La table rouge est figurée par un trait un peu de travers (champ?) et un pied contourné. les têtes sont celles d’animaux, des têtes humaines sont aussi schématisée dans un coin.

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Dans la salle suivante, sur une véritable table sont posées des têtes en plâtre avec des animaux fantomatiques qui ont peuplé les deux tableaux.

Dans un couloir des céramiques ressemblant à des assiettes sont accrochées au mur : assiettes de terre brute, colorées de noir, blanc, craquelées, je reconnais des motifs marins: poissons verts et crevettes jaunes. Ces assiettes  sont peut être un clin d’œil aux céramiques de Picasso qui sont accrochées plus haut dans le Musée.

Taulera
Taulera

Taulera II et Taulera II : 3 tableaux marrons sales  représentent une pièce avec des tables grisâtres.

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Des fragments de terre cuites pour la Cathédrale de Palma de Majorque sont un peu étranges, terre craquelée où surgissent des poissons noirs ou gris de la paroi.

mur de brique
mur de brique

Cette exposition fait vraiment la part belle à la terre malgré son titre évoquant la lumière. Une salle voûtée est divisée d’un mur de briques déformées, coulées, écrasées ou étirées, briques de construction industrielle ou têtes en brique avec toujours les mêmes couleurs rouge brique, blanc, terre brute, noir. On entre dans une salle dédiées aux urnes, amphores, pots ou gargoulettes comme la poterie usuelle traditionnelle posées sur une grande table de contreplaqué et sur une étagère ordinaire.

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Dans l’exposition Picasso trois tableaux gris et blancs sont dans une pièce lambrissée.

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La confrontation Barcelo/Picasso est naturelle : les thèmes de la tauromachie et les tons terre-blanc-noir se retrouvent. La céramique aussi. On comprend la parenté. Mais cette confrontation est au désavantage de Barcelo. Le génie de Picasso éteint  l’inspiration de Barcelo. La pureté du dessin, l’invention est celle du maître.

Picasso : guitare
Picasso : guitare
Picasso
Picasso