L’Envers du Décor au Palais de la Porte Dorée Musée national de l’Histoire de l’Immigration

L’exposition Persona Grata est démontée, bien sûr il reste de belles collections permanentes, mais pour 3 jours (vendredi 1, samedi 2 et dimanche 3) le Palais est ouvert aux visiteurs et ceci, gratuitement, comme vide. Des installations, performances s’y déroulent dans un aimable désordre (bien organisé).

Le Palais de la Porte Dorée a été construit pour l’Exposition Coloniale de 1931, tous les décors, bas-reliefs extérieurs et fresques intérieures, sont à la gloire de l’Empire Français, exhibant les richesses apportées par les colonies à la métropole.

Ce week-end est une occasion de réfléchir au colonialisme et à ses méfaits. Une visite guidée satirique a conduit un groupe de visiteurs dans les salles, escaliers et coursives : intitulée L’inconscient colonial sur le divan. Utilisant un vocabulaire psychanalytique ronflant, les guides décodent fresques et grilles (montrant dans les cercles, des allusions aux entraves des esclaves) dans les fers forgés les barreaux d’une prison… Une montée de contrition puis de catharsis a terminé la visite.

Une très belle installation Les statues meurent aussi (visible jusqu’au 3 mars) m’a beaucoup plu. Oeuvre de trois artistes allemands Jan Mammey, Falk Messerschmidt, Fabian Reimann. les plasticiens ont photographié les vestiges de l’Exposition coloniale et des statues, des plaques commémoratives. Ils projettent sur de nombreux écrans tandis qu’une tête de statue trouvée dans le Bois de Vincennes raconte son voyage au dessus de Paris, texte poétique. j’ai beaucoup aimé  cette performance.

Différents spectacles musicaux se déroulent dans la grande salle vide, meublée uniquement d’un tapis bleu et de quelques bancs. Un percussionniste joue, une danseuse l’accompagne. puis de la musique arrive de quelque part. Nous levons les yeux vers les galeries, un chef de choeur dirige des choristes invisibles. Consultant le programme j’en déduis qu’il s’agit d’une Intervention musicale dirigé par le metteur en scène Antoine Gindt, le chef d’orchestre Léo Warynsky avec les chanteurs Métabole.

Malheureusement à l’heure où paraîtra le billet toutes les performances sont finies, il reste le superbe bâtiment et Les statues meurent aussi. Vous pouvez toujours faire un tour au Bois de Vincennes.

 

Persona Grata au MacVal

LE MONDE EN EXPOS

Kimsooja

Deux parties pour Persona Grata : au Musée de l’Immigration de la Porte Dorée et au MacVal à Vitry. Il n’en faut pas moins pour célébrer l’Hospitalité ou dénoncer sa carence! Ce sujet m’importe, j’ai donc pris l’autobus pour Vitry afin de compléter la visite. Le MacVal offre de vaste salles très claires pour des installations de grandes dimensions.

Je pourrais faire l’énumération  séries de photos de Calais (Serralongue) ou de Sangatte (Jacqueline Salmon), ou l’étude photographique sur les habitants du Val de Marne – commande du  département – de Sabine Weiss ou les vidéos. Je préfère présenter quelques œuvres qui m’ont parlé.

Mona Hatoum

Suspendu 2009-2010  de Mona Hatoum , artiste palestinienne, née à Beyrouth, en exil depuis 40 ans. Elle a suspendu 40 balançoires avec des chaines métalliques. Le siège revêtu de plastique rouge est gravé de manière à figurer les plans de 40 villes avec les rivières, les bras de mer et les rues principales. Je reconnais Paris mais pas Dakar ni Athènes, Le Caire ou Rome, encore moins Canberra  ou Hanoï. Ces balançoires m’ont fait imaginer la précarité de l’errance, le fragile équilibre. puis j’ai découvert le cartel qui a confirmé mes impressions et un très beau texte de Charles Robinson « sous influence », une invitation à un auteur pour livrer un texte personnel  dont je copie le début :

« Qu’est-ce qui rapproche Alger, Bamako, Beijing, Beyrouth, Dakar, Le Caire, Mexico, paris Tokyo, Tunis, Varsovie Wellington?

Que les villes-mondes soient des Eldorados flottants.

Des métropoles fantasmatiques aux chants de sirène….

[….]La balançoire est nostalgique. Dessinée pour les enfants, il suffit de silence pour que sa présence pince le cœur. l’oreille se dresse, e attente du grincement de sa chaîne. la mémoire s’affole, elle hallucine des souvenirs d’amitié et de jeux, de rires et de joies. La balançoire est un rêve d’innocence. »

Ce texte est à l’unisson de mon impression première. Je l’aime beaucoup.

Ben : Marianne en deuil pour non-respect du droit des peuples

Une autre oeuvre m’a émue: Esther Shalev Gerz : First Generation 2004_2006. Cette installation occupe tout un mur avec 43 photographies de fragments de visage, oeil, commissures des lèvres, peaux de différentes pigments….et de textes, réponses à 4 questions que la plasticienne a posé aux habitants d’une banlieue de Stockholm, émigrants de 1ère génération :

qu’avez-vous perdu?

qu’avez-vous trouvé? 

Qu’avez-vous reçu?

qu’avez-vous donné

J’ai recopié certaines réponses, ou fragments de réponses :

« Le Chili et la Suède sont comme deux personnes que j’aime »

« aux deux pays je dis : apprenez à m’aimer pour ce que je suis »

« mes enfants sont nés ici, que sont-ils? Des suédois ou des étrangers? je ne sais pas à vrai dire. Quand on demande d’où ils viennent, ils répondent d’Algérie. mais ce n’est pas vrai, ils sont nés ici. »

Avec les Bulgares, je suis Bulgare

Avec les Turcs, je suis turque

Avec les Suédois, je ne suis pas Suédoise »

 

Une autre oeuvre marquante a été choisie pour affiche : celle de Kimsooja qui a silloné en 1957 la Corée sur un camion sur une pile de bottaris : baluchons traditionnel. En 2007 cette performance est réactualisée avec des bottaris récoltés chez Emmaüs et le voyage prend fin à l’église Saint Bernard, lieu symbolique des sans-papiers. La photo est une allégorie de la migration et aussi de la résistance collective.

Basquiat à la Fondation Vuitton

Exposition temporaire jusqu’au 14 janvier 2019

C’est une exposition très riche :  les tableaux sont grands, colorés, très nombreux. On pourrait déambuler sans chercher à comprendre, seulement séduit par les couleurs, les motifs variés, les textes (ou plutôt listes de mots) comme des rébus ou des messages secrets. Et cela suffirait sûrement à notre plaisir!

Nous avons eu la chance de suivre des micro-visites gratuites (15 minutes dans une salle) avec un médiateur passionnant qui nous a donné des clés pour comprendre l’intention, le message (un des messages) contenus dans les tableaux.

Irony of negro police

On reconnait bien sûr la préoccupation majeure de Basquiat : le racisme et la violence que subissent les noirs de la part de la police éventuellement. Plusieurs tableaux représentent des policiers, leurs insignes, les symboles de l’Etat Américain….

les tableaux de Basquiat contiennent de nombreux mots, onomatopées, lettres. On peut imaginer que cette peinture est bruyante. Cependant les bouches des noirs sont souvent verrouillées par des cages, symbolisant l’esclavage ou le silence qui leur est imposé.

Autre motif récurrent : l’auréole qui surmonte les têtes, auréole des martyres ou couronne d’épine du Christ. Le boxeur est aussi un personnage que Basquiat affectionne, repérésenté parfois uniquement avec son short.

Per capita

Dans ce tableau « per capita’ on reconnait le boxeur à son short, l’auréole, « ex pluribus… » est le début de la devise américaine mais il manque « unum » l’unité, les noirs, la diversité ne seraient ils pas compris dans ce « pluribus« . Per capit& par tête introduit la lise de revenu brut par habitant selon les Etats des USA ,  on voit la différence entre les états peuplés de nombreux noirs, ce tableau dénonce la spéculation initiée par Reagan qui augmente la pauvreté et les inégalités. Dans un quadrillage des S peuvent symbolise Sugar ou Sacks(de coton) et les échanges commerciaux. La torche peut être celle de la Statue de la Liberté que voient les immigrants en arrivant à New York, elle peut aussi être la torche olympique de Jesse Owens, premier sportif noir médaillé olympique. Quelle richesse dans le contenu de cette toile. Et nous aurions pu passer sans rien voir d’autre que des graffitis ou des couleurs sans l’intervention du médiateur!

Zydeco 1984

Triptyque comme un retable d’église, à la limite de la sculpture : référence à la musique. Les allusions à la musique sont nombreuses!

Slave auction

L’escalvage est clairement le thème du tableau : le bateau doré au centre : traversée transatlantique puis le marchand d’esclave avec la mention « not for sale »

Encore un triptyque, retable, en plus des symboles chrétiens, on voit des masques africains et Ogun le dieu Yoruba qui est aussi vénéré dans le vaudou d’Haïti (le père de Basquiat était haïtien), on voit aussi des motifs avec les bras en l’air courants en Afrique de l’Ouest et toujours des graffitis qu’il faudrait prendre le temps de lire et de déchiffrer.

Dos Cabezas : Andy Warhol et Basquiat

 

Ces deux portraits ont été peints en 1h30! et inaugurent une collaboration entre Warhol – star de la peinture new-yorkaise et de Basquiat qui ont peint ensemble, exposé ensemble. Cette association s’est mal terminée, chacun pensant que l’un tirait profit de l’autre.

Riding with death (1988)

Un des dernier tableaux de l’artiste, ne rien voir de prémonitoire. Basquiat est mort d’overdose mais il avait encore plein de projets, entre aute ce nouveau style avec un fond uni!

Nous avons passé plus de trois heures dans l’exposition sans nous ennuyer ni nous fatiguer! Passionnant! Mais il faut avoir les clés pour déchiffrer les messages.

Exposition Persona Grata – au Musée National de l’Immigration – Palais de la Porte Dorée

WELCOME! SOYONS HOSPITALIERS!

Persona Grata, locution latine employée en diplomatie pour signifier qu’un diplomate est agrée, le contraire de Persona non grata, expression plus usitée pour signifier qu’une personne n’est pas la bienvenue.

Persona Grata exposition sur l‘Hospitalité, se décline en deux expositions, l’une à Vitry-sur-Seine au MacVal. par laquelle commencer? les deux sont à égale distance de Créteil.

Au hasard, j’ai pris le métro vers la Porte Dorée. Avant même de pénétrer dans le Palais, j’ai fait une halte dans une sorte de dôme blanc, un peu comme un igloo ou un chapiteau de cirque. De joyeux cris s’en échappaient, portes ouvertes sur l’Atelier du Good Chance Theatre qui répétait ce qui va donner le spectacle HOPE SHOW prévu samedi 17 novembre à 16h. Des danseurs de tous âges (plutôt jeunes mais pas que) de toutes couleurs et de toutes langues tapent sur des bâtons et sont assis en rond. L’un d’eux met la musique : surprise de ma part!

C’est en hébreu Echad mi yodea traditionnel juif. De retour à la maison je trouve facilement la chorégraphie c’est celle de Ohad Naharin de la troupe israélienne Batsheva

chorégraphie très tonique, très énergique, très gaie qui rassemble sur un texte de la Haggadah de Pessah migrants et accueillants, de toutes nationalités et religions. Moi qui comprends je suis sidérée de les voir célébrer Dieu unique et toutes les bases du judaïsme. Ouverture d’esprit!

je suis très bien accueillie, on me demande seulement de ne pas prendre des photos pendant la répétition.

L’exposition Persona Grata occupe le niveau supérieur du Palais de la Porte Dorée.

Avec l’art contemporain j’ai parfois du mal à apprécier les œuvres, mais je fais des efforts (il me semble que j’ai déjà écrit cela une paire de fois!).

On est accueilli par ELDORADO de Lahouari Mohammed Baki, simplement écrit en néon comme les enseignes publicitaire dans une salle sombre. Si toutes les œuvres me portent à réfléchir, j’avoue qu’un néon publicitaire comme un monochrome noir, ou un autre tableau noir sur lequel on a peint (comme dans une carte à gratter de mon enfance) une porte fermée, ne déclenchent aucun plaisir (ni déplaisir) esthétique. Un bateau noir éclairé d’ampoule est peut être plus suggestif, comme un phare rouge en vidéo dont le pinceau lumineux tourne.

En revanche j’ai été touchée par des vidéos, celle de Koropa de Laura Henno montrant un enfant de 11 ans, enfant passeur devant « assumer » le voyage des Comores à Mayotte. On lit sa frayeur dans la nuit sur son visage. Enfant, il ne risque pas la prison, seulement d’être battu, lui explique le commandant. Autre vidéo envoûtante celle de l’albanais Ami Sala « Le Clash » où un homme déambule, une boite dans les bras, boîte à musique, devant une salle de concert désaffectée.

J’ai été assez peu sensible aux installations ou au dôme de bois entouré de verre pilé de l’égyptien Montaz Nasr.

Une salle est dédiée à la jungle de Calais : série de tableaux à l’huile peints d’après des captures d’écran par Pascale Cossigny et surtout le reportage photo de Bruno Serralongue sur le démantèlement de la Jungle . Un interview du photographe nous apprend qu’il travaille à la chambre et ne prend qu’une ou eux photos par jour. Après ma visite à l’exposition de Ron Amir, photographe israélien qui photographie également des migrants de la même manière, je m’interroge sur ces images d’artistes. Alors que nous vivons dans un univers d’images numériques prises à la va-vite avec les smartphones , il existe d’autres images, prise après réflexion, cadrage, véritable travail professionnel qui n’ont rien à voir avec nos photos-souvenirs.

 

 

Ajaccio

CARNET CORSE

Ajaccio

Premières découvertes autour de la Résidence des Crêtes. Nous allons jusqu’au bout de la route à La Parata pour nous renseigner sur l’excursion aux îles Sanguinaires. Nous pensions y passer la journée. On nous dissuade : sur la grande île Mezzu Mare, il n’y a rien, pas une buvette, même pas un banc, ni de l’ombre ; si je veux faire la promenade au Sémaphore Dominique attendra en plein soleil une bonne heure jusqu’à l’arrivée du bateau suivant.

Dans la belle Maison du Grand Site on trouve des dépliants des promenades à la Pointe de la Parata. Une navette électrique conduit gratuitement les personnes mal-marchantes au restaurant.

Ajaccio : Casino

Dominique me dépose à Ajaccio sur la Place Miot, non loin de la Grande Roue. Je marche le long de la mer sur le Boulevard Rossini, belle corniche bordée de hauts palmiers et de maisons décorées de stucs et frises.

Oscar Rabine – Tatiana Polischuk

A côté du casino jaunes relevé de guirlandes blanches, se trouve L’Espace Diamant, de construction moderne sans charme mais hébergeant une exposition temporaire de Oscar Rabine et Tatiana Lysak-Polischuk « Sur les chemins de la Liberté ». Oscar Rabine a eu deux carrières.

Oscar Rabine (période soviétique)

La première en URSS avec une seule et unique exposition des peintres non conformistes écrasée par des bulldozers, la seconde après 1978, après son voyage à Paris, il se trouva privé de passeport et de sa nationalité soviétique. Les tableaux peints en URSS ont une dominant très sombre, les thèmes récurrents : vodka et harengs. Pendant s période parisienne sa peinture devient plus lyrique avec du champagne. Je ne suis pas sûre d’apprécier ces tableaux très empâtés (un peu comme Soutine) très sombres.

Oscar Rabine (période parisienne)

En sortant de l’exposition dans la pénombre, sur le front de mer je suis éblouie, étonnée de la transparence de l’eau, de la blancheur de la plage, en pleine ville. Un gros bateau de croisière est arrivé, il est monstrueux.

Ajaccio

La citadelle ne se visite pas – terrain militaire.

Cathédrale d’Ajaccio

La Cathédrale est un peu en retrait. Cathédrale baroque terminée en 1597, peinte en trompe-l’œil. Le décor est 19ème . Par chance un groupe visite avec un conférencier et je glane discrètement quelques explications. Il insiste sur l’autel et le tableau « offert » par Elisa Bonaparte, provenant de Lucques (c’est-à-dire razzié comme les Bonaparte en étaient coutumiers).

chœur cathédrale Ajaccio

Ce tableau sombre ne m’intéresse pas spécialement. Devant la chapelle de l’Immaculée Conception, le guide insiste sur la relation de la Corse à la Vierge. Toute tentative nationale est sous l’égide de la Vierge, le blanc du drapeau corse fati référence à l’immaculée conception, l’hymne corse Salve Regina…Puis il montre le baptistère où Napoléon a été baptisé. Partout à Ajaccio, on troue prétexte pour évoquer Napoléon ?

Maison des Bonaparte

 

A une très courte distance de là je me retrouve devant la maison natale de Napoléon. Cette Maison Bonaparte occupe un bloc entre deux rues. Presque un siècle pour que la Casa Bozzi devienne Casa Bonaparte. Pour qu’un bien immobilier reste dans une famille il fallait faire des contreparties aux filles mariées et faire entrer dans les ordres les garçons. La maison a été redécorée par Napoléon III, les peintures murales ont été redécouvertes en 2003.

Chambre de l’alcôve

De nombreux documents historiques sont présentés comme cette lettre de Charles Bonaparte (père de Napoléon) à Paoli.

En revanche il y a très peu de souvenir de Napoléon qui a quitté la Corse à 9ans, comme se deux ainés, il a obtenu un bourse grâce à Marbeuf pour étudier au Collège d’Autun puis à l’école militaire de Brienne. Dans la « Chambre de l’Alcôve » Bonaparte aurait dormi lors de son dernier séjour en Corse au retour de la Campagne d’Egypte. Au 1er étage quelques pièces sont meublées avec les meubles de Madame Mère ; une jolie crèche rapportée d’orient, de belles commodes. Napoléon III aurait racheté les meubles en 1860 au cours d’un voyage. Dans une petite pièce on voit la trappe qui a permis à la famille Bonaparte de quitter discrètement la Corse.

A la sortie de la Maison Bonaparte, j’arrive au Port puis au Marché Central où on trouve tous les produits alimentaires corse : charcuterie, fromages, confitures, mais aussi légumes frais et olives. C’est là que je vais trouver mon piquenique : une Bastella aux blettes et bruccio, pâte feuilletée. A Piana c’était de la pâte à pain. Pour le dessert je m’installe à la terrasse d’un glacier rue Fesch.

Je termine ma visite d’Ajaccio par le Musée Fesch installé dans un palais de taille impressionnante qui comprend le musée et également un mausolée dans la chapelle pour plusieurs membres de la famille Bonaparte. Le Cardinal Fesch, d’une richesse immense, souhaitait constituer un véritable musée s’inspirant du Musée du Louvre. Il possédait à Rome une collection de 16.000 tableaux majoritairement de la peinture italienne mais pas que. Certains retables sont de taille énorme, on passe dans les salles « caravagesques » mais sans un seul Caravage, un « d’après Preti ». Dans la « salle florentine » , une découverte pour moi : Jacopo da Empoli (1551-1640), avec des allégories qui m’ont bien plu. Dans la salle Renaissance un Botticelli se remarque tout de suite .

jacopo da Empoli allegorie de l’enfance

Dans un couloir, je vois une plaque honorant Jean Henri Fabre  qui enseigna ici les Sciences Physiques(1849-1853). Je suis sortie au bout d’une heure et demie un peu déçue. Si la quantité est au rendez-vous, les chefs d’œuvres véritables ne sont pas si nombreux. Tendant l’oreille, j’entends une guide expliquer que Fesch achetait des lots de peinture, peintures inégales à l’intérieur des lots, sans doute.

Jacopo da Empoli : maturité

Trois autobus desservent notre Résidence des Crêtes. Impossible de se tromper d’arrêt : il faut descendre à un rond -point juste après les immenses cimetières (on dirait une véritable ville, les tombes ont souvent des pignons pointus mitoyens). Je rentre assez tôt pour songer à une baignade ; la plage est située juste en dessous à 200 m du studio. Malheureusement pour se baigner il faut des chaussons pour marcher sur les rochers et comme l’eau est peu profonde j’ai peur de me râcler les cuisses et les genoux en nageant, une baignade pour me rafraîchir, donc mais pas pour le sport.

Gordon Matta-Clark – anarchitecte – au Jeu de Paume

EXPOSITION TEMPORAIRE DU 05/06/18 – 23/09/2018

Qu’est-ce qu’un anarchitecteUn architecte anarchiste, peut-être?

Un architecte construit, l’anarchitecte déconstruirait-il?

Ou promènerait-il un regard d’architecte sur des destructions?

Chacune de ces hypothèses pourrait être vérifiée dans cette exposition.

Le commentaire propose une autre piste : un détournement d’un titre du Corbusier « vers l’architecture » Gordon Matta Clarke s’inquiétait de la façon dont les utopies de l’architecture moderne laissaient de côté le citoyen lambda.

 

Dans l’oeil d’artiste sur les destructions ces Wallpapers (1973) : GMC photographie des immeubles abandonnés du Bronx , murs intérieurs ayant gardé leurs papier peints ou des installations sanitaires, il utilise ses photos pour faire un véritable mur de photo. Se promenant dans les décombres il photographie des découpes de planchers. Il faut être architecte pour être sensibles à des structures à travers des ruines et les partager avec des spectateurs moins avertis. 

Pour les déconstructions, GMC a pratiqué des découpes dans d’immenses halles  sur un quai effondré de la rivière Hudson, il a offert aux habitants un accès à l’eau dans un « temple du soleil et de l’eau ». Le site fut rapidement fermé. L’exposition montre des photos de ce Day’s End (1975)

Déconstruction que ce Conical Intersection (1975) : découpe d’un vieil immeuble en face du chantier de construction du Centre Pompidou cherchant à pratiquer une lentille à travers l’ancien Paris des Halles pour voir le chantier du futur musée. Il a filmé cette démolition selon une découpe savante.

Cette exposition montre surtout des photos et des vidéos, quelques réalisation physiques, mais peu. Elle pratique des ouvertures, dans les maisons anciennes, les friches industrielles mais aussi dans l’esprit du spectateur.

A voir!!!

 

Naxos -Tour Bazeos – Exposition du Festival de Naxos

CARNET DES CYCLADES – NAXOS

Tour Bazeos

La Tour Bazeos est située après Halki sur la route d’Agiassos. L’édifice carré se voit de loin.

Elle est encore ouverte à 16h45 ?

Construit vers 1600, le Monastère Sainte Croix (Timios Stavros) fortifié, d’architecture vénitienne, impressionnant.  Abandonné par les moines en 1834, racheté à l’Etat Grec par la famille Bazeos qui l’a restauré vers 1990.  il accueille le Festival de Naxos.

Dans le cadre du Festival de Naxos, une exposition se tient du 27 mai 2018 au 27 septembre 2018. Cinq plasticiens inspirés par Naxos ont investi la Tour pour une installation intéressante en parfaite harmonie avec le monument.

Tour Bazeos

Les artistes :

  • WD -Wild-Drawing vit à Athènes et vient du Street-Art, Patricia Garcia Gomez (USA) photographe, vidéaste s’est intéressée aux sons et « invite les gens à écouter le monde »,
  • Lisa Marie Kaftori (USA) se définit comme sculptrice, sociale et artiste écologique,
  • Aris Marakis (Italie)est un sculpteur qui explore la sculpture et le son en créant des « vasophones » produisant des sons d’après l’intraction entre la forme et les vibrations, il vit entre Pavie, Milan et Naxos.
  • Laurent Reynes (Franceà mélange les Arts Plastiques et l’Architecture, combine peinture et sculpture s’inspirant de l’architecture et du paysage.

L’installation

vasophone : Notos

Sur le mur en face de la tour on est accueilli par les aérides : les trois vents Notos, Boreas et zephyrus perchés sur le mur face à la tour sont des vasophones. Boreas aurait dû vibrer aujourd’hui peut être lui faut-il plus que la « Jolie Brise » pour produire un son perceptible.

temple aux dieux oubliés

Le travail de Laurent Reynes occupe la pièce d’entrée dans la tour. J’aime beaucoup ses temples aux dieux oubliés,. Alors que les dieux de l’Olympe ont leurs sanctuaires, certains « dieux » – héros de notre culture n’ont pas d’édifice qui leur serait dédié. Reynes a donc construit trois maquettes en belles plaques de marbre blanc en l’honneur de Sisyphe, Ulysse et Ictinos (l’architecte du Parthénon). Volumes élégants, matière séduisante (marbre blanc de Naxos). L’ensemble est coloré par le Diptyque de Naxos : deux tableaux dans les bleus et les verts évoquant la mer, les algues, les poissons. J’ai moins aimé la seconde installation à l’étage : l’artiste a suspendu des galets par des fils de nylon aux poutres du plafond.  quoique le texte les accompagnant m’a bien intéressée.

Diptyque de Naxos

Aerials

Les pierres voyagent dans le temps et l’espace. L’érosion les déplace, modifie leur aspect physique, les pousse à aller plus loin [….]

La forme et l’histoire des cailloux contiennent notre terre et plus que cela encore

Ghost of Medusa

A ‘arrière des temples aux dieux oubliés, une pièce aveugle est occupée par Ghost of Medusa de Collin Mura-Smith (USA) : un bateau blanc repose sur un océan de bouteilles d’eau dans la pénombre. L’installation est sonorisée par la vidéo de Patricia Garcia Gomez, bruits de vagues accompagnant trois images de vagues et de baigneurs. Un accompagnement très planant pour ce fantôme blanc.

Le travail de Lisa Marie Kaftori  Winged Word s’inspire de la calligraphie

Des sortes de calligrammes sont gravés sur des plaques de marbre blanc

Winged words

Words

Fly

Fly

La Foret Naxienne de Patricia Garcia Gomez est accompagnée par une vidéo. Cette « foret » sèche est composée d’épineux, de chardons, une vieille porte et des débris de jarre cassée l’accompagnent. Mon impression de Naxos est beaucoup plus verte. Ceci correspond peut-être à une saison plus tardive et desséchée.

Forêt naxienne

La visite se termine au deuxième étage dans une grande salle exposant les tableaux très colorés de WD que je n’ai pas beaucoup apprécié en dehors de la photo prise à Alyko.

WD – Street-Art à Alyko