Japon – Japonismes Objets inspirés (1867 – 2018) au Musée des Arts Décoratifs

Exposition temporaire jusqu’au 3 mars 2019

Attention! C’est une très grande et belle exposition!

Réservez donc du temps et de la disponibilité si vous souhaitez la voir en entier. Elle s’étale sur 3 étages et les organisateurs ont choisi de légender très peu les objets mais de mettre à disposition des cartons mobiles, il faut un certain temps de repérage pour chaque oeuvre.

La présentation est aussi assez complexe : chronologique mais pas toujours, œuvres japonaises et occidentales japonisantes sont confrontées dans les mêmes vitrines, certains objets anciens de l’ère Edo sont parfois dispersés au gré des thèmes et ce n’est pas toujours facile à deviner laquelle est d’une criante modernité et celle qui est vraiment contemporaine, surtout quand il s’agit de céramique.

made in Japan ou made in France?

Pendant deux siècles le Japon s’est complètement fermé aux étrangers (1635, interdiction de sortie aux Japonais, 1639 expulsion des étrangers du Japon). L’ouverture de l’archipel n’aura lieu qu’au milieu du XIXème siècle avec l’industrialisation et la participation aux Expositions Universelles.

l’éventail de l’Exposition universelle

L’exposition s’ouvre donc par trois vitrines consacrées aux Expositions Universelles. Des objets japonais de toute beauté sont présentés avec des affiches et éventails publicitaires. Il s’agit avant tout de vendre aux Parisiens des objets.

En, parallèle sur ds carrés blancs sont rangés des objets traditionnels : bols pour le thé, boites carrées que l’on portait à la ceinture, peignes finement décorés et tsubas, gardes de sabres des samouraïs, objets déjà tombés en désuétude au Japon mais très appréciés en Occident.

tsuba : garde de sabre

la délicieuse facture des objets me laisse admirative. Il y en tant et si variés!

Peigne

Face aux vitrines des Expositions Universelles de grands espaces sont consacrés aux Voyageurs et collectionneurs : Cernuschi, Guimet, Krafft

ou marchands et collectionneurs les objets les plus beaux rapportés du Japon voisinent avec des tissus Art Nouveau ou des vases de Gallé, objets conçus par Majorelle et les plus grands décorateurs européens.

Art Nouveau : Japonisme

Il est temps pour moi de comprendre ce qu’est le Japonisme : Le japonisme est l’influence de la civilisation et de l’art japonais sur les artistes et écrivains, premièrement français, puis occidentaux. 

Gallé : glycines
Gallé : glycines

Cette exposition est donc celle des japonismes autant que celle du Japon.

Les vitrines suivantes ne distinguent plus objets japonais de japonistes. Les thèmes sont floraux : Iris et chrysanthèmes  sous forme de broches, papier peint ou vases

Bambous et Glycines : vannerie ou robes…

Nénuphars et Ombelles

ou animaux : paons, langoustes et crevettes

Des manuels de dessins sont édités, copiés avec les motifs japonisants. Les décorateurs occidentaux s’en inspirent largement. Que serait l‘Art Nouveau sans le modèle japonais?

papier -peint

L’exposition se poursuit à l’étage. le classement des objets est différent, moins axé sur la grammaire des motifs il raconte la vie quotidienne au Japon : théâtre avec les masques,

théâtre : masqsues

ou vie quotidienne racontée par des estampes

estampes

Un palanquin entier fait rêver.

Le troisième étage présente des objets contemporains, japonais ou japonisant.

Design des enceintes électroniques, robots

chien robot

ou mode qui est très représentée par des vêtements traditionnels ou par des créations de stylistes

 japonisant, cet éventail origami de Sylvain Le Guen

Origami – Sylvain Le Guen

De retour à la maison j’ai trouvé sur Youtube des vidéos passionnantes que j’ai mises en ligne sur mon blog blogstpot qui les accepte cliquer ICI

Budapest : Musée des Arts Appliqués IPARMÜVESZETI MUZEUM

CARNET DE BUDAPEST – Toussaint 2008

Tram 4-6 sur Ferenc Korüt jusqu’à Ulloi utca où se trouve le Musée des Arts Appliqués Iparmüveszeti Muzeum.

les toits en céramique de Zsolnay

Le bâtiment est l’œuvre d’Odön Lechner, le principal architecte de la Sezession hongroise . A lui seul, il vaut le déplacement. Les tuiles vernissées colorées (comme celles des Halles Centrales) brillent sous le soleil, les coupoles jaunes en céramique de Zsolnay sont très décorées. Des panneaux floraux en céramique décorent la façade.

blancheur éblouissante des dentelles mauresques

L’intérieur, en revanche, est d’une blancheur surprenante. Un feston d’arcades aux dentelles mauresques entoure une cour couverte d’une verrière. Les collections permanentes s’organisent sous les arcades au premier étage. La logique du regroupement des objets est étrange : c’est la chronologie des acquisitions qui préside au rangement et non pas le style ou la fonction. Viennent donc curieusement mélangés, des faïences florentines, des bijoux Lalique ; une pendule 1900, des meubles Biedermayer et des coupes ciselées anciennes. Peut être ce désordre apporte-t-il de la fantaisie ? Ce serait peut être ennuyeux de voir tous ensemble  les vases de Gallé, de Zsolnay ou d’autres hongrois ?

 

vase aux papillons

Nous n’aurons pas le temps de tout voir : nous voulons arriver à temps aux bains Kiraly.

zsolnay

Budapest : Musée Kiscelli

CARNET DE BUDAPEST – Toussaint 2008

le pont de barques sur le Danube

Pluie du matin n’arrête pas le pèlerin !

Sous un fin crachin, nous prenons le métro bleu à Ferenciek Ter, changeons pour le rouge à Deák ter jusqu’à Batthyány, HEV jusqu’à Margit Hid, enfin le tram 17 qui remonte Fränkel Leo puis Becsi utca où nous habitions.

Nous reconnaissons les bains Lukacs que nous aimions bien, la maison et son jardin, le centre commercial beaucoup mieux achalandé que ceux du centre de Pest, les maisons colorées d’Obuda.

Le Musée Kiscelli occupe un ancien Couvent de la Trinité en haut d’une colline plantée de marronniers et de frênes.  On se croirait à la campagne ! les bâtiment jaunes aux portes magnifiques donnent dans une cour fermée par des constructions basses aux grandes portes arrondies (des écuries ?)

Deux expositions :

–  The Antiquity of the Capital (1780-1873)

– Public Places – Private Spaces ( fin 19ème début 20ème)  racontent l’histoire de Budapest. Non pas la grande histoire des souverains, des gouvernants, des révolutions ! Celle des boutiquiers avec leurs enseignes, des banquiers avec leurs coffres et leurs titres dans la première, de la construction des ponts sur le Danube… et des architectes et des maisons dans la deuxième partie Art Déco aussi bien dans la construction que dans l’ameublement.

Tiffany?

Des plans de Budapest, des tableaux montrant les rives du Danube sans ses ponts, le château sans sa coupole, le « pont » de barques fut une surprise.

poêle en faïence

Les plus beaux objets sont sans doute les hauts poêles cde faïence bleus, blancs, brunes, l’un d’eux me plait particulièrement les carreaux caramel portent des

détail : lézards et grenouilles sur le poêle

animaux blancs en relief : des lézards qui mangent des raisins, des oiseaux dans un nid. Dans la section  Art Déco il y a des vitraux de Tiffany et une belle  collection de théières. Il est intéressant de s’arrêter sur les dessins d’architectes, les plans, les coupes des maisons. Il semble qu’on s’imprègne mieux de la ville en voyant les bâtiments tels qu’ils ont été rêvés par leurs concepteurs.

Les collections permanentes montrent toute une série de tableaux du 20ème siècle à nos jours. Nous retrouvons les peintres que nous avons découverts à la Galerie : Rippi Ronay ou Ferenczi Károlyi. Ils sont moins brillants (ou peut être simplement moins bien mis en valeur)

La visite se termine par le hall baroque où sont exposées des statues religieuses. Comme nous revenons au vestiaires chercher nos affaires un gardien nous accompagne spécialement au « templom »: une église d’un volume extraordinaire, dépouillée de son stuc et de tous ses ornements : arcades vides ou écroulées. Cette salle dans la pénombre est utilisée come salle de spectacle. Cette découverte st un véritable choc.

 

Retour le long du Danube

La pluie a cessé, le ciel se dégage. Vers midi, je rentre à pied en longeant le Danube du Pont de l’île Marguerite à la maison. Le soleil chauffe comme en été, il fait un temps magnifique. La promenade, toutefois, s’avère décevante :  le trottoir commun aux piétons et aux cyclistes  contourne le Parlement et se poursuit sur la voie sur berge envahie par un trafic infernal. C’est un peu comme se promener en semaine sur la voie Pompidou à Paris et c’est désagréable !

Riga : Balade Art Nouveau


Empruntant Dzirnavu iela vers l’ouest, vers le port, j’atteins rapidement les ensembles architecturaux Art Nouveau.

Antonjas 8, juste après la taverne russe, une façade porte un chat de pierre, assis, regardant les passants du haut de sa corniche et un ours au faite. L’ensemble architectural le plus spectaculaire se trouve rue Alberta. Plus que les motifs végétaux, ce sont les figures féminines parfois grimaçantes qui caractérisent ce mouvement Art Nouveau de Riga. La profusion, la démesure sont de mise surtout dans le dernier immeuble de la rue face au Musée de l’Art Nouveau. Une forêt de colonnes, une ornementation délirante. Je me prends à regretter les formes sobres et simples. J’ai découvert l’Art Nouveau à Vienne (je n’avais pas fait attention aux immeubles de Guimard et au bouches du métro parisien dans le quartier de mon enfance). A Vienne le mouvement Sécession réagissait contre les lourdeurs des historicistes viennois. En Hongrie, à Budapest, à Keszkemet ou à Pecs, nous avions photographié les immeubles Art Nouveau. Mais à Riga, c’est trop ! Trop délirant, trop décoré, surchargé !

Heureusement certains architectes surtout sur Ausekja ont construit des maisons plus sobres où l’Art Nouveau se caractérise alors par  certaines courbures, des frises. Mon immeuble préféré porte une seule grande femme blanche, apaisée sur la hauteur de la façade.

 

 

 

Musée Art Nouveau

Au coin de Alberta iela et Strelnieku iela, dans un immeuble jaune surmonté d’un clocheton où les balcons d’angle aux courbes gracieuses se décalent et où des motifs végétaux colonisent de larges surfaces. L’hôtesse du musée, coiffée d’un élégant chapeau 1900, met en route un audiovisuel pour me faire patienter. Un groupe russe occupe l’appartement guidé par une autre dame en chapeau 1900. Evidemment je ne comprends rien au commentaire mais je la trouve très couleur locale.

Nous visitons un appartement meublé et décoré dans lequel on a vécu. Le hall bleu a un décor de marguerites et un lacis enrubanné blanc au plafond. Une baie vitrée est séparée de la pièce par une boiserie aux formes arrondies.les lys blancs et orange se marient ave le décor. Dans la Salle de la cheminée, la couleur dominante est le vert. Une frise de feuilles de marronniers aux bogues ouvertes court tout autour de la pièce. La cheminée en faïence vert foncé porte également un décor de marronnier. Dans des cadres une chouette et un écureuil. Je remarque aussi un magnifique gramophone.

La salle à manger est au motif de la pomme de pin, les boiseries sont vertes sur une peinture vieux rose soutenu. La vaisselle est assortie. Les vitraux portent des iris, des grenouilles et des nénuphars. Des hortensias vert en bouquet.

La cuisine est plus classique mais sophistiquée pour l’époque : un gaufrier pivotant est encastré dans la cuisinière.

. On visite également la salle de bain et les toilettes ainsi que la chambre de bonne s’ouvrant sur la cuisine avec son lit étroit et son pot de chambre.

Musée Janis Rozenthal et Rudolfs Blaumanis

 

Janis Rozenthal (1866-1916) marié à une cantatrice finlandaise s’installèrent au 4ème étage dans un duplex. Je monte péniblement le magnifique escalier en colimaçon très décoré mais aux étages très hauts. En 1904, le confort moderne incluait toilettes à chasse d’eau, baignoire mais pas encore l’ascenseur. La visite de leur appartement est un peu décevante. Il y a peu de tableaux, surtout des photos. La vue, en revanche, sur l’immeuble d’en face à la forêt de colonnes aux figures féminines et expressives jusqu’à l’hystérie me permet de faire plein de photos.

Deux jours sont bien courts pour assimiler tout cet ensemble Art Nouveau. Il me vient l’envie d’approfondir. Atlantes, caryatides, sphinx et lourds décors sont ils vraiment Art Nouveau. Cette décoration boursouflée « baroque-Art Nouveau » est elle spécifique de Riga ?

Je suis ici plus réticente qu’à Budapest. J’aimerais creuser, architecte par architecte, du travail de recherche en perspective !

J’aimerais en savoir plus sur cette période 1900 qui est la période bâtisseuse : sur quoi reposait la prospérité ? Qui étaient les élites qui occupaient les demeures prestigieuses de ce quartier ? Des Lettons, des Russes ? Des juifs ? Comment la Révolution de 1905 a-elle-été vécue à Riga ?

Autre piste à suivre : celle du Russe, beaucoup plus présent à Riga que je ne l’imaginais. Au Centre Communautaire Juif, dans la rue, au Musée, j’entends du Russe. Sont-ils des Russophones de Lettonie ou des touristes russes. Quelle fraction de la population de Riga ?

Et l’Europe ? Sentiment très fort d’une culture européenne ici : fusion d’influences allemandes, russes, finlandaise (chez les peintres). Il me vient l’envie très forte de visiter Saint Saint-Pétersbourg de comparer. Toujours cet appel du voyage encore plus lointain !

Riga : Autour de la Place dela Cathédrale et de la place des Lives,

la Place de la Cathédrale vue du clocher de St Pierre

Je traverse la place sans un regard pour le buste de Herder dans la place éponyme pour retrouver D près d’un palais  caramel à  un angle du Dom Laukum (Place de la Cathédrale)  C’est le Palais de la Bourse, construit en 1855 par un Allemand de Saint Saint-Pétersbourg. S’inspirant d’un palais vénitien symbolisant la richesse et l’opulence, ce qui convient au siège de la Bourse. Actuellement c’est un Musée. Riga était alors la troisième ville de l’Empire Russe après Saint Saint-Pétersbourg et Moscou. Le carillon aigrelet de la Bourse tinte au coin de la rue dans une niche grillagée.

Sur la place, encombrée de cafés perchés sur des estrades de bois,  un orgue de barbarie  et une très jeune fille joue du cymbalon.

Maison des Chats

Autour de la place, les rues recèlent des surprises Art Nouveau : la Maison du Paon, La Maison des chats,  peinte en jaune vif, avec deux chats faisant le dos rond au sommet de leurs poivrières respectives, à l’angle d’une autre maison une femme est une sorte de figure de proue. Ironiquement, les chats perchés très haut imposeraient la supériorité de leur propriétaire aux maitres de la Grande Guilde.

Grande Guilde

 Petite Guilde et Grande Guilde se font face près de la Place des Lives. Construites au 14ème siècle pour réunir les artisans et les marchands de la ville. Malheureusement, rénovées au 19ème siècle, l’architecture historiciste en a fait deux châteaux gothiques peints en blanc cassé avec des fenêtres à ogives et des créneaux compliqués qui ont perdu tout charme médiéval. Ils évoquent plutôt le château de Blanche Neige que la réunion de marchands. Selon la plaquette distribuée à l’Office de Tourisme, les intérieurs seraient  fastueux. Ce n’est pas le moment d’aller les visiter. Des dizaines d’étudiants en toge noire, portant bonnet carré et écharpe violette et bleue traversent la rue Amatu des bouquets de fleurs dans les bras : c’est le jour de la remise des diplômes !

les jolies maisons de la Place des Lives

Nous déjeunons de sandwiches place des Lives face à un groupe de maisons colorées très pittoresques, la plus petite est peinte en bleu avec une vache grise comme enseigne et des fenêtres fleuries de géraniums. Elle encadrée à gauche par une façade rose aux trois niveaux de fenêtres soulignées de blanc tandis que celle de droite est jaune. Les toits de tuiles à forte pente s’emmêlent et se chevauchent avec les hautes cheminées et les fenêtres en chien assis.

s’alignent pour la photo ou forment des cercles parfaits. Sous la toge de satin noir, les filles portent des minijupes et leurs talons sont très hauts. Elles dépassent parfois d’une tête les garçons. Soit très blondes, soit aile-de-corbeau, les cheveux des lettones ne connaissent pas la nuance, sauf une version carotte. Elles provoquent relevant la toge pour montrer les cuisses enserrées dans des fourreaux roses ou noirs très sexys. Les défilés de porteurs de bouquets m’amusent. Je les compte au début puis laisse rapidement tomber.

 

les trois frères

Les Trois Frères sont trois vieilles maisons de Riga, non loin de la place du Dom, maisons de marchands très étroites à trois étage avec des crochets pour hisser la marchandise comme dans les maisons hollandaises.

Juste derrière se trouve l’église catholique Saint Jacques que rien ne distingue extérieurement des églises luthériennes : briques et fin clocher, ni intérieurement : nef haute et blanche sans ornement. Elle fut le théâtre de l’ »émeute du calendrier » quand les Réformés refusèrent le calendrier grégorien à l’initiative papale et saccagèrent les symboles papistes.

Retour par le chemin des écoliers au hasard des ruelles pour ne rien rater. On tourne un film devant le Parlement, encore un palazzo italiénisant dont le bossage imite celui du Palais Pitti de Florence. Le 19ème siècle historiciste a beaucoup copié l’Italie. Une tour ronde, la Tour des Poudre et des remparts de briques, rénovés récemment, trop neufs.

Arrivée à Riga

Lundi 4 juillet : Orly, Milan, Riga

Art Nouveau

L’avion survole des montagnes encore enneigées : Dolomites ou Autriche ? Les nuages cachent la Tchéquie et la Pologne.

Une annonce me tire de la lecture du guide Vert : la Mer Baltique sous le soleil,  la presqu’île de Courlande et le port de Klaïpeda. La campagne lituanienne se déroule, verte, avec des champs jaunes : du colza fleuri début juillet ! De vastes étendues sont boisées de résineux, plus loin vers le nord on voit des zones humides,  marécages ou tourbières ?

étiquette de l'eau minérale vendue dans l'avion

L’eau minérale d’ Air Baltic est géorgienne, j’achète un paquet joliment emballé de canneberges confites délicieusement acides. Sur les fauteuils de la rangée devant nous, un couple lit : elle, le journal, lui un ebook en Russe. Sont-ils Russes ou Lettons russophones ? Nouvelle annonce au micro, je saisis dans le flot de paroles incompréhensibles les noms de  Helsinki, Tachkent, Moscou, Kiev…  Comme un appel d’air, j’ai déjà ressenti une sensation analogue à Athènes, voyant les annonces de voyage pour Bucarest ou Chisinau.

La voiture est une Skoda, Roomster rouge.

Devant le parking, une forêt de mâts avec des drapeaux en berne : on commémore aujourd’hui la Shoah. En Hongrie, en Roumanie, une question me brûlait les lèvres : « Qu’avait- vous fait des Juifs ? ». Le livre de Sandra Kalniete « En escarpins dans les neiges de Sibérie » effleure le sujet : l’enfant découvre le charnier de Salaspils, mais l’auteur passe rapidement à autre chose. Le Guide Vert est plus critique et parle de « coupable indulgence » vis-à-vis de l’Allemagne de Hitler.

Nous traversons Riga sans trop regarder.

Tout est nouveau : la route, les magasins. Je bombarde Inèse, la guide, de questions.

Tout juste un coup d’œil à de magnifiques maisons de bois. On traverse la Daugava, très large de là la vue est superbe sur la ville ancienne dans la lumière du soir très douce.

L’hôtel Edvards est  situé Dzirnavu iela 45, une rue animée tout proche du centre historique dans le quartier 1900 des maisons Art Nouveau. On entre dans une cour qui permet un parking bien pratique. Il y a aussi dans la cour une terrasse avec trois tables et des parasols. Cet équipement champêtre m’étonne tout d’abord.

La chambre est jolie, très sobre, murs beiges, bois clair, des cadres contemporains : photos variations sur le thème des feuilles et galets. . On nous prête un ventilateur malgré les 23°C de la température extérieure.

Dans ce quartier central, il y a très peu de véhicules. Ils circulent vite mais laissent bien traverser les piétons. Les façades Art Nouveau sont signalées autour de Alberta iela. Certaines sont vraiment délirantes. L’une d’elles, surchargée de statues, caryatides, sphinx pote des ouvertures sur le ciel : étage qui manque ou sublime fantaisie ? Elle porte une plaque gravée en caractères hébraïques : Sir Isaiah Berlin a habité ici.

Alberta iela, architecte mikail Eisenstein

 

Je flâne dans ce quartier tranquille. Des gens attablés sur des terrasses de bois très fleuries installées sur les trottoirs dînent. On nomme ces établissements cafés mais ce sont des restaurants. Sur les tables décoration florale est sophistiquée : une vasque avec des nénuphars, de petits pots d’herbes aromatiques. Dans un seau à glace, rafraîchit le vin. On sert en plein air, des salades  ou des plats simples. Les menus proposent toutes sortes de soupes de salades et de poissons. Les prix sont proches des prix parisiens, pas moins de 3 lats pour une soupe (5€).

En face du luxueux et monumental Hôtel Albert, je trouve enfin de petits magasins qui vendent des fruits, des yaourts, des poissons fumés et des gâteaux : le pique-nique de ce soir.