Délos : quartier du théâtre et sanctuaires des dieux étrangers

Délos : quartier du Théâtre

tinos-2010-mp-016-copie.1289662612.JPG Delos

Sur le ponton de Délos, un tas de gilets de sauvetage. Quatre zodiacs tournent en bourdonnant. Archéologie marine ? Non ! Croisière de luxe. Un paquebot croise non loin  de l’île, beaucoup trop gros pour approcher. Les touristes repartent avant que nous n’accostions.
Le retour est prévu à 13heures. Deux heures seulement sur Délos, c’est bien court !Le grand circuit demande 5 heures. Nous n’aurons pas l’occasion d’une visite exhaustive.

Pour quitter la foule, nous prenons le circuit à l’envers en commençant par le quartier du Théâtre bâti des riches demeures hellénistiques ou romaines des commerçants lorsque le centre de pèlerinage – capitale des Cyclades – est devenu un port franc romain. De même, à Samos, à proximité de l’Héraion, un quartier de villas romaines s’était développé autour d’un port franc. A Samos elles étaient peu visibles pour les non-initiés. A Délos, au contraire, ces villas sont très bien préservées : l’encadrement des portes en marbre fin ou en granit, le placage intérieur imitant la pierre(les fresques sont conservées au Musée), même l’escalier qui conduisait à l’étage, sont bien visibles. On voit aussi des mortiers, les fours des boulangers et même un étal de boucher ou de poissonnier en marbre ressemblant à celui du marché au poisson moderne).
La Maison des Tridents, celle des Dauphins, celles des Masques doivent leur nom aux magnifiques mosaïques au centre de péristyles qui ont conservé les colonnes de marbre.

Avril met en valeur les sites antiques : les coquelicots rouge vif, les giroflées mauves, les anthémis jaunes apportent des couleurs à l’île pierreuse. Cette exubérance végétale nous distrait de la visite archéologique. Nous prenons plus de plaisir à photographier les immortelles blanches et violettes, l’amusante colonne de feuilles épaisses et veloutées d’une plante inconnue que les vestiges.

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Pressées par le temps nous négligeons la maison de Cléopâtre et ses statues. Le Théâtre est bien ruiné, il ne retient pas notre attention. En revanche les dimensions de l’Hôtellerie et de la citerne voisine sont impressionnantes. Si le temps n’était pas compté, nous aurions pu imaginer a foule des visiteurs venus de toute la Méditerranée s’y presser. Ici, peut-être, descendaient le Competaliastes, marchands romains  descendant d’esclaves affranchis qui adoraient les Lares des Carrefours. A l’entrée du quartier se trouve un autel proche de l’agora. Peut être l’hostellerie était le rendez vous des Phéniciens: la plateforme où s’élevaient les temples des Dieux Syriens est proche. Les Juifs logeaient certainement ailleurs : la synagogue est située à l’opposé à côté du stade.
L’énorme citerne laisse aussi imaginer toute l’intelligence dont ils ont fait preuve dans la gestion de l’eau sur cette île, aride et battue par les vents. Comment une population de 30 000 habitants survivait-elle alors qu’il ne pleut jamais pendant les longs mois d’été ?

Au dessus des villas, nous traversons l’aire consacrée aux dieux étrangers : Atagartis ; Sérapis et surtout le joli temple d’Isis dont on a reconstitué la façade. La déesse est vêtue à la grecque et ressemble peu aux Isis égyptiennes ; je vérifie deux fois croyant avoir confondu avec Héra qu’on adorait beaucoup

 

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Déjà, une heure a passé. Il faut renoncer aux sanctuaires grecs : à l’Héraion à la grotte d’Héraclès beaucoup plus haut sur le Mont Cynthe.

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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