Lesvos : premier matin à Eresou, plage

Lesvos- Eresos Terrasse

 

Curieux temps, nuageux et venteux. Sommes- nous remontées tellement au nord que l’éventualité de pluie existe ?

7h, je descends sur la plage, panta-court, chapeau et tongs.

La plage est colonisée par les terrasses des restaurants qui ont installé des pilotis sur le sable. Devant les restaurants la bande de sable sec est réduite à deux ou trois mètres, je passe ensuite à la plage « organisée » avec plusieurs rangs de lits et de parasols bien tassés. Je marche vers l’ouest dans la frange d’écume qui me  lèche les pieds.

Le sable est grossier. Je m’enfonce. Autrefois, la granulométrie m’avait paru ennuyeuse. J’en mesure l’utilité. A partir de quel diamètre les grains font-ils une couche assez compacte et solide sous les pieds ? S’ajoute aussi la pente qui rend le cheminement malaisé. J’ai expérimenté la marche sur ce type de sable à Plimmiri et il y a longtemps à Chypre. Marcher en s’enfonçant sur un plan très incliné devient rapidement fatigant. Expérience que j’associe (à tort ou à raison) aux îles. Ce type de gros grain correspond il à un transport limité par les courts cours d’eau des îles ?

Après la plage « civilisée », j’arrive dans une sorte de « camping à la plage ». Des gens dorment dans leurs sacs de couchage. Certains ont monté leur tente. D’autres ont perfectionné des abris de fortune avec des roseaux, des feuilles de palmes,galets entassés pour abriter l’entrée de la tanière,  galets empilés en rond pour faire un foyer, galets sur les serviettes, autour des parasols….L’usage des galets n’est pas choquant. Beaucoup plus laid, l’utilisation des bouteilles d’eau, certaines sont vides abandonnées et donnent un aspect sale à la plage, la plupart remplies de sable ou d’eau. Leur fonction est de stabiliser les parasols, d’immobiliser les matelas pneumatiques, empêcher les serviettes de s’envoler, version artificielle des galets. Impression de survivance des hippies. Déjà vu en Crète à Matala il y a dix ans. Eresos est il une survivance des années 70 ou une renaissance de l’esprit hippy ? Je marche toujours dans ma frange écumeuse. Un jeune barbu chevelu, slip petit bateau et marcel blanc, pisse dans l’eau. C’est un peu gênant. Dois-je  ralentir le pas pour le laisser terminer ?

Au bout de la plage à la peinture blanche on a tracé deux symboles femelles – féministe ? – qui ne sont pas du meilleur effet. Je croyais les peintures géantes sur les montagnes à la chaux réservées aux militaires.

La baignade du matin, dans l’eau paisible est toujours aussi agréable. Comme je suis seule dans l’eau je reste près du rivage et je nage le long du front de mer. Il n’y a pas une vague, nager est aussi facile qu’en piscine.

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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