
Une très belle journée s’annonce, pas de vent et une légère brume de chaleur s’exhale de la palmeraie.Nous allons faire un tour dans les Jardins Montaza (entrée payante 5LE). 9heures, calme absolu.
La route est bordée de rangées de roses trémières de toutes les couleurs, des capucines, des anthémis bordent le massif, relayé par des coléus aux feuilles rouges veinées de noir. Discrètement nous empochons des graines, espérant qu’elles donneront les variétés jaunes ou violettes. Rien n’est moins sûr ! Soit différence de climat, soit hybridation expliquent que des fleurs tout à fait ordinaires aient poussé à partir des graines rapportées de Turquie. Cette promenade dans le parc est délicieuse.
Le château de Montaza est une kitchissime construction italianisante avec une tour carrée, des colonnettes inspirées du Palazzo Vecchio de Florence sous influence turque, bâti par le Khédive Abbas, il a été habité par Fouad puis par Farouk. J’imagine les orgies de Farouk, le yacht sur lequel il a quitté l’Egypte…
Au bout du parc se trouve un hôtel de luxe, une petite baie ronde presque fermée par un ponton, une baignade privée, très sélect. Plus loin, un jardin désertique avec aloès, succulentes et pierres jetées de ci et de là, une rangée de villas (gros bungalows) s’aligne autour d’une autre anse, sur une presqu’île, une fausse ruine antique…

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La chaude matinée me laissait présager une belle baignade à la piscine. Hélas! Elle est bien peuplée : sur les bords, des familles avec des gamins, des voiles, dans l’eau quatre scaphandriers : combinaison noire opaque, bonnet noir opaque, une jupette noire par là-dessus. Cela me coupe toute envie de me baigner. J’imagine toutes les paires d’yeux regardant sévèrement mon maillot et mes cuisses dénudées. Jamais je n’aurais osé les braver ! La clientèle du Aïfou est essentiellement moyen-orientale. Pas forcément égyptienne, aussi libanaise et saoudienne. C’est ce qui explique peut -être la hauteur des prix pratiqués, plus cher qu’au Mercure de Minia et même qu’à l’Auberge du Fayoum. Si j’en crois le prix affiché à la réception notre chambre serait à 180$. La clientèle croisée à l’aube est d’une autre sorte : à la sortie du night club passablement éméchés, en compagnie de femmes très très maquillées. Nous n’avons rencontré que de rares européens : deux hommes d’affaires belges et une famille française, guide vert en main, et un anglais esseulé.