lire pour l’Egypte- Paula Jacques : Rachel-Rose et l’officier arabe – Gilda Stambouli souffre et se plaint

 Romans d’une Egypte disparue qui a bercé les récits de mon enfance, dont on retrouve les traces dans l’architecture du Caire, histoire vieille de moins de 50 ans qui reste encore dans les mémoires

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Rachel-Rose et l’officier arabe

Le Caire, 1956, fin d’une époque pour la communauté juive égyptienne. La famille Cohen, de nationalité égyptienne, exploitant un prospère magasin de meuble, ne peut se résoudre à l’exil, inévitable, mais sans cesse différé.

L’officier arabe, venu notifier l’ordre du commissariat au père de Rachel-Rose qui n’est pas venu à la précédente convocation, connaît très bien la maison. C’est le fils de la bonne qui logeait sur la terrasse décédée il y a longtemps. Mais personne ne le reconnaît.

Ce roman est-il le roman d’amour entre une jeune fille impatiente de devenir femme qui tombera amoureuse de celui qui persécute et protège sa famille ? N’est il pas plutôt le roman implacable d’une vengeance de celui qui a été humilié et qui détient maintenant le pouvoir de tenir à sa merci les responsables de son humiliation.

C’est un livre amer. Seule la vieille Nonna manifeste son sens de l’humour. J’avais pourtant beaucoup ri dans les autres ouvrages de Paula Jacques malgré le tragique du thème de l’exil toujours présent dans ses romans

Paula JACQUES : Rachel-Rose et l’officier arabe Mercure de France 414p

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Gilda Stambouli souffre et se plaint

Après Suez, les réfugies juifs d’Egypte vivent dans les hôtels du Faubourg Montmartre aux crochets d’organisations de bienveillance juives. Gilda Stambouli a laissé sa fille en Israël dans un kibboutz. Je me sens très proche des héros de l’histoire. Contrairement aux romans qui se passent en Egypte, pas d’humour, peu d’occasion de rire. L’atmosphère est pesante, Gilda est assez antipathique, hystérique, égoïste, mais pourtant très touchante. Le personnage de sa fille se sentant complètement abandonnée et refusant de s’acclimater en Israël est tragique.

Comme souvent dans les romans de Paula Jacques, cela finit très mal.

 

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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