24. Collines jumelles : Colline des Hommes et Collines des Femmes, singes et hévéas

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les pagodes de la colline des hommes

Il faut revenir en arrière en direction de Kompong Cham pour trouver les collines jumelles. Dans ce Cambodge si plat, les collines sont sacrées. Elles représentent le Paradis.  Les prières y sont plus efficaces. Mais il faut d’abord gravir de raides escaliers pour mériter ce paradis.

Khem nous compte la légende de ces collines

          « Autrefois, les femmes demandaient les hommes en mariage et devaient payer la dot. Contestant cette dot, elles organisèrent un concours. Hommes et Femmes construiraient une colline séparément les vainqueurs seraient ceux qui ont construit la plus haute.  Les hommes, persuadés de leur plus grande force laissèrent les femmes travailler la nuit. Tandis qu’eux s’arrêtaient à la première étoile, les femmes allumèrent un feu. La colline des femmes est donc beaucoup plus haute que celle des hommes. »

Lonely Planet raconte une version plus œdipienne de la légende : un fils voulant s’unir de force à sa mère, cette dernière inventa un stratagème pour ne pas se soumettre à cette union incestueuse : le concours de construction des collines….

Khem a-t-il censuré la version scandaleuse ou Lonely Planet a-t- il cherché une version sexy, plus vendeuse ?

Les singes

Nous accédons en voiture au sommet de la Colline des Hommes coiffée de deux pagodes en ciment, la plus ancienne datant de 1970. Les singes sont l’attraction touristique principale. Des vendeuses tiennent une petite cantine où nous achetons pour 2500 riels un régime de bananes. Les macaques accourent à notre approche. Ils saisissent doucement les bananes qu’ils épluchent puis mordent sans conviction. Les femelles qui allaitent leurs petits ne se dérangent même pas. Pèlerins et touristes sont nombreux. Les singes ne sont pas affamés. Un jeune perché sur une glacière vide consciencieusement la poubelle des canettes de coca-cola. Avant de jeter chacune d’elle, il vérifie qu’il ne reste plus rien.

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l’escalier qui monte à la colline des femmes

Au bas de l’escalier raide qui monte à la colline des Femmes, une femme est assise sur une plateforme, son singe attaché à une chaîne. Elle l’a recueilli blessé et soigné et le considère comme son enfant. Comme il est apprivoisé on peut le caresser et jouer avec lui. Khem lui apporte un fruit du lotus qu’il épluche soigneusement ;

          « quand je pense que je t’ai filmée dans la voiture ! le singe fait cela beaucoup mieux ! »

Ses doigts sont déliés et experts. Blasé, il dédaigne les bananes mais c’est un vrai goinfre avec les graines de lotus qu’il fourre comme un hamster dans ses abajoues. Quand sa maîtresse fait mine de lui retirer la tige il lui montre les dents dans une horrible grimace.

Je compte les marches de l’escalier de ciment : 150, ce n’est pas franchement un exploit ! La vue sur les environ est étendue.

Hévéas

De Kompong Cham à Kompong Thom il reste encore deux heures de route. Nous traversons les plantations d’hévéas qui s’étendent sur 80.000ha. Un arbre peut être saigné dès 6 ans mais son meilleur rendement se situe entre 15 et 35 ans. Après 55ans l’arbre doit être abattu. Deux usines traitent le latex au Cambodge mais la fabrication de pneus se fait à l’étranger.

Les arbres sont plantés serrés, alignés à perte de vue. L’incision fait une trace noire, un récipient rond est fixé en dessous. Le sol est très propre.

En traversant des villages on devine la vie des Cambodgiens : de gros tas de pierres sont entassés destinés à être vendus pour faire des fondations aux maisons de ciment. De hauts dattiers dépassent des maisons. Un camion passe, chargé de tiges de manioc destinés à faire des boutures, justement à proximité, d’une usine de farine de manioc. Des gendarmes arrêtent des camions pour vérifier qu’ils ne transportent pas de planche. Le gouvernement a décidé de lutter contre l’exploitation illégale de la jungle.

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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